liberation - chico xavier

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LIBÉRATION Libération 14x21 15/08/06 20:01 Page 1

Author: planete-revelations

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Tout au long d’une émouvante narration, André Luiz fait ressortir le travail des Esprits Supérieurs dans l’effort de conversion au bien de l’Esprit Grégorio, narration qui atteint son apogée lors de son inoubliable rencontre avec sa mère, Esprit d’élite, se rendant à l’irrésistible appel de l’Amour. Il fait également connaître les modes d’action des Esprits malheureux qui cherchent à envelopper les hommes dans leurs agissements. L’auteur spirituel donne des informations relatives au bénéfice des hommes, donnant des preuves de la miséricorde divine qui concède à chacun l’opportunité bénite de la libération par l’étude, le travail et par le service persévérant dans la pratique du bien.

TRANSCRIPT

  • LIBRATION

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  • FR A N C I S C O C N D I D O XAV I E R

    LI B R AT I O N

    PA R L ES P R I TAN D R LU I Z

    CONSEIL SPIRITE INTERNATIONAL

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  • Table des MatiresAVANT-PROPOS 7

    A PROPOS DES NOLOGISMES 9

    LEXIQUE 11

    FACE AUX PORTES LIBRES 14

    1. RCEPTION DEXPLICATIONS 23

    2. CONVERSATION AVEC LINSTRUCTEUR 39

    3. COMPRHENSION 53

    4. DANS UNE CIT TRANGE 71

    5. OPRATIONS SLECTIVES 87

    6. OBSERVATIONS ET NOUVEAUTS 103

    7. SITUATION DOULOUREUSE 117

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  • 8. INTERCESSION INESPRE 131

    9. PERSCUTEURS INVISIBLES 145

    10. EN APPRENTISSAGE 159

    11. PRCIEUSE EXPRIENCE 175

    12. MISSION DAMOUR 191

    13. CONVOCATION FAMILIALE 209

    14. UN SINGULIER PISODE 225

    15. FINALEMENT, LE SECOURS 241

    16. ENCHANTEMENT PERNICIEUX 255

    17. ASSISTANCE FRATERNELLE 269

    18. PAROLES DUNE BIENFAITRICE 285

    19. PRCIEUSE ENTENTE 299

    20. RETROUVAILLES 313

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  • AVANT-PROPOS

    Ce livre fait partie d'une srie de treize ouvrages quiseront traduits en franais au fil du temps. Ils ont tous

    t psychographis , c'est--dire reu par criture automa-

    tique voir ce sujet Allan Kardec, Le Livre des Mdiums

    sujet 157 , par le plus clbre des mdiums brsiliens,

    Francisco Cndido Xavier galement connu sous le surnom

    de Chico Xavier.

    Chico est n au Brsil, dans la ville de Pedro

    Leopoldo, tat du Minas Gerais, en 1910. Trs tt il travailla

    au dveloppement de sa mdiumnit. Durant toute sa vie, ce

    n'est pas moins de 410 ouvrages qu'il crira sous la dicte de

    divers Esprits, dont Emmanuel, son guide spirituel, et Andr

    Luiz, mdecin de son vivant qui vcut au Brsil o il exerait

    sa profession.

    Andr vcut sa vie sans s'inquiter des choses spiri-

    tuelles jusqu'au moment sa dsincarnation. Cette tape est

    conte dans le premier livre de la srie, le plus vendu ce

    jour, Nosso Lar : La vie dans une colonie spirituelle . On y

    dcouvre l'arrive du mdecin dans l'au-del aprs qu'il ait

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  • AN D R LU I Z8

    quitt son corps physique. Mdecin sur la Terre, perdu dansl'ternit, on le voit voluer, se questionner, remettre sescroyances en question et grandir spirituellement. Il nousraconte son histoire tel qu'il l'a vcue et ressentie.

    Cette srie a pour but de montrer aux incarns quenous sommes, que rien ne s'arrte la mort du corps phy-sique, loin de l.

    Ces lectures pourront certainement surprendre depar l'aspect extraordinaire des rcits. Pourtant, celui qui a luou lira Le Livre des Esprits, coordonn par Allan Kardec, avecattention, pourra y voir la concrtisation des prceptes et desfondements de la doctrine dlivre par les Esprits.

    La vie existe des degrs que nous ne souponnonsmme pas, et nos frres de l'invisible sont l pour nous clai-rer, nous guider, pour nous redonner un peu de confiance etde srnit face aux grands questionnements de la vie et dela mort.

    Chacun de ces treize ouvrages aborde un thme li auSpiritisme, la vie des Esprits dans leurs relations quoti-diennes entre eux mais aussi avec les incarns travers lamdiumnit.

    Ainsi, c'est une porte que nous voudrions ouvrir, auxlecteurs de langue francophone, sur un univers grandiose,tel qu'il est, dans toute son immensit, toute sa splendeur ;l'Univers qui nous entoure.

    LE TRADUCTEUR

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  • PROPOS DES NOLOGISMES

    Allan Kardec, lui-mme, disait dans I n t roduction l'tude de la doctrine spirite du Livre des Esprits que pour les choses nouvelles il faut des mots nouveaux .

    Le Spiritisme est une doctrine nouvelle qui exploredes domaines nouveaux. Ainsi, afin de pouvoir en parler clairement, nous avons besoin d'un vocabulaire limpide,parlant.

    De plus, dans le respect des livres originaux, ces tra-ductions ont eu besoin de l'emploi de mots n'existant pasdans la langue franaise pourtant si riche. D'autres termes,d'autres expressions ont, quant eux, un sens un peu diff-rent de celui gnralement attribu.

    Tout cela se trouve expliqu dans le court lexiquequi suit.

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  • LEXIQUE

    Ce petit lexique a pour but d'expliquer les nolo-gismes employs et le sens de certains mots dans leur accep-tion spirite.

    CLAIRAUDIANCE : proprit inhrente l'me etqui donne certaines personnes la facult de voir sans lesecours des organes de laudition. Nologisme.

    CLAIRVOYANCE : proprit inhrente l'me etqui donne certaines personnes la facult de voir sans lesecours des organes de la vision. (KARDEC Allan Instruction Pratique sur Les Manifestations Spirites,Vocabulaire Spirite).

    DSOBSESSION : Travail dassistance mdium-nique durant lequel une discussion s'tablie entre l'Esprit obsesseur et une personne charge de l'orientation spiri-tuelle. Nologisme.

    O B S E S S E U R : Esprit, incarn ou dsincarn, selivrant l'obsession d'une autre personne, elle-mme incar-ne ou dsincarne. Nologisme.

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  • AN D R LU I Z

    ORIENTATION SPIRITUELLE : discussion visant aider et clairer un Esprit souffrant sur sa condition et surles opportunits damlioration de son tat. Se pratique lorsdes sances de dsobsession , par des orienteurs incarnsou dsincarns.

    OBSESSION : Acte par lequel un Esprit exerce unjoug sur un autre Esprit (voir ce sujet Le Livre desMdiums, ch. 23 De lobsession - Allan KARDEC).

    P S Y C H O G R A P H I E : Du grec p s u k h (me) etgraphia (criture) ; fait d'crire sous la dicte d'un Esprit.Type de mdiumnit. Nologisme.

    psychographier

    P S Y C H O P H O N I E : Du grec p s u k h (me) etphnia (voix) ; fait de parler sous l'influence d'un Esprit.Mdiumnit d'incorporation. Nologisme.

    PRISPRIT : Enveloppe semi-matrielle de l'Esprit.Chez les incarns, il sert de lien ou d'intermdiaire entrel'Esprit et la matire ; chez les Esprits errants, il constitue lecorps fluidique de l'Esprit. (Le Livre des Mdiums, chapitre32 Vocabulaire Spirite)

    p r i s p r i t a l : qui est relatif au prisprit.Nologisme.

    SOMNAMBULISME : Le somnambulisme peuttre considr comme une varit de la facult mdiani-mique, ou pour mieux dire, ce sont deux ordres de phno-mnes qui se trouvent trs souvent runis. Le somnambuleagit sous l'influence de son propre Esprit ; c'est son me qui,dans les moments d'mancipation, voit, entend et peroit endehors de la limite des sens ; ce qu'il exprime, il le puise enlui-mme ; ses ides sont en gnral plus justes que dansl'tat normal, ses connaissances plus tendues, parce que

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  • son me est libre ; () l'Esprit qui se communique unmdium ordinaire peut tout aussi bien le faire un som-nambule ; souvent mme l'tat d'mancipation de l'me,pendant le somnambulisme, rend cette communication plusfacile. Beaucoup de somnambules voient parfaitement lesEsprits et les dcrivent avec autant de prcision que lesmdiums voyants ; ils peuvent s'entretenir avec eux et noustransmettre leur pense ; ce qu'ils disent en dehors du cerclede leurs connaissances personnelles leur est souvent sug-gr par d'autres Esprits. KARDEC Allan, Le Livre desMdiums (ed. Philman, 2000, Seconde Partie - Chapitre 14 :Des mdiums, sujet 172, p. 212).

    VAMPIRE : les vampires, dans le Spiritisme, sontdes tres qui absorbent l'nergie et les sensations des per-sonnes. Il ne s'agit plus de buveurs de sang mais de buveursde fluides qui sont, en ralit, des Esprits ignorants, encoretrs attachs aux sensations et la matire.

    VOLITION : Exercice de la volont dans une exp-rience parapsychologique. (Petit Robert) Acte par lequel lesEsprits se dplacent au moyen de leur volont. Ils flottentpour ainsi dire dans l'air, et glissent sur la terre.

    voliter

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  • FACE AUX PORTES LIBRES

    Face aux portes libres daccs au travail chrtien et la connaissance salutaire quAndr Luiz rvle, nous nous

    souvenons avec plaisir de lantique lgende gyptienne du

    petit poisson rouge.

    Au centre dun magnifique jardin se trouvait un grand

    lac pav de carreaux dun bleu turquoise.

    Aliment par un petit canal de pierre, ses eaux scou-

    laient de lautre ct travers une grille trs troite.

    Dans cet accueillant refuge vivait toute une commu-

    naut de poissons qui sabritaient, gras et heureux, en de tor-

    tueux abris, frais et sombres. Ils avaient lu, pour les charges

    de roi, un de leurs concitoyens nageoires, et ils vivaient l-

    bas, pleinement insouciants, entre la gloutonnerie et la

    paresse.

    Mais il y avait avec eux un petit poisson rouge, que

    tous mprisaient.

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  • AN D R LU I Z

    Il ne parvenait pas attraper la moindre larve, ni se

    rfugier dans les cachettes argileuses.

    Les autres, voraces et trs gros, prenaient pour eux les

    formes larvaires et occupaient, dplaisants, tous les endroits

    consacrs au repos.

    Le petit poisson rouge devait se dbrouiller par lui-

    mme. De ce fait, on le voyait engag dans une course

    constante, perscut par la canicule ou tourment par la faim.

    Ne trouvant pas de pied--terre dans cet immensment

    vaste domicile, le pauvre petit ne disposait pas de temps

    consacrer aux loisirs et il commena alors tudier avec un

    grand intrt.

    Il fit linventaire de tous les carreaux qui dcoraient les

    bords du plan deau, inventoria tous les trous qui y existaient

    et il savait, avec prcision, o se runissait la plus grande

    quantit de boue loccasion des pluies.

    Aprs une longue priode de recherche, il vint trouver

    la grille de lorifice dcoulement.

    Face lopportunit inattendue dune aventure bn-

    fique, il pensa en son for intrieur :

    Ne serait-il pas mieux de dcouvrir la vie et de

    connatre dautres chemins ?

    Et il opta pour le changement.

    Bien que labstention complte du moindre confort lait

    conduit une grande maigreur, il perdit plusieurs cailles

    dans une grande souffrance, lorsquil traversa le passage

    extrmement troit.

    Prononant des vux rnovateurs, il sengagea, opti-

    miste, le long du canal, enchant par les nouveaux paysages,

    riches de fleurs et de soleil qui surgissaient devant lui, et il

    avana, enivr desprance

    16

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  • Rapidement, il atteignit une grande rivire et y fit din-

    nombrables connaissances.

    Il rencontra des poissons appartenant de nom-

    breuses familles diffrentes, qui sympathisaient avec lui, lins-

    truisant quant aux difficults du chemin et lui rvlant le par-

    cours le plus facile.

    Extasi, il contemplait les hommes et les animaux, sur

    les rives, les embarcations et les ponts, les palaces et les vhi-

    cules, les cabanes et les bosquets darbres.

    Habitu peu, il vivait dans une trs grande simplicit,

    ne perdant jamais sa lgret et son agilit naturelles.

    De cette manire, il parvint atteindre locan, ivre de

    nouveaut et avide dtude.

    Mais demble, fascin par la passion dobserver, il

    sapprocha dune baleine pour qui toute leau du lac o il

    vivait ne reprsenterait rien dautre quune bien faible ration ;

    impressionn par le spectacle, il sen approcha plus quil ne

    laurait d et fut emport avec les lments qui constituaient

    la premire rfection de la journe du ctac.

    Se trouvant dans une situation difficile, le petit poisson

    se mit prier le Dieu des Poissons, lui demandant sa protec-

    tion lintrieur du ventre du monstre et, malgr les tnbres

    au milieu desquelles il demandait son salut, sa prire fut

    entendue car le brave ctac commena hoqueter puis finit

    par vomir, le rendant aux courants marins.

    Le petit voyageur, reconnaissant et heureux, se mit la

    recherche de compagnies sympathiques et apprit viter les

    dangers et les tentations.

    Pleinement transform dans ses conceptions du

    monde, il commena observer les infinies richesses de la vie.

    Il trouva des plantes lumineuses, des animaux tranges, des

    toiles mouvantes et des fleurs diffrentes au sein des eaux.

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  • AN D R LU I Z18

    Mais il dcouvrit surtout lexistence de beaucoup de petits

    poissons, aussi studieux et fins que lui, auprs desquels il se

    sentait merveilleusement heureux.

    Il vivait, prsent, souriant et calme, dans le Palace de

    Corail quil avait choisi, avec une centaine damis, comme rsi-

    dence bienheureuse, quand, se rfrant ses dbuts labo-

    rieux, il vint savoir que ce ntait que dans la mer que les

    cratures aquatiques disposaient de la plus solide garantie,

    du fait quau moment o lt se faisait le plus ravageur, les

    eaux dautres profondeurs continuaient courir vers locan.

    Le petit poisson pensa, pensa et sentant une

    immense compassion pour ceux avec qui il avait vcu dans

    son enfance, il dcida de se consacrer luvre de leur pro-

    grs et de leur sauvetage.

    Ne serait-il pas juste de revenir leur annoncer la

    vrit ? Ne serait-il pas noble de les soutenir, leur prsentant

    temps de prcieuses informations ?

    Il nhsita pas.

    Fortifi par la gnrosit de frres bienfaiteurs qui

    vivaient avec lui dans le Palais de Corail, il entreprit le long

    voyage de retour.

    Il revint la rivire partir de laquelle il se dirigea vers

    les ruisseaux, et des ruisseaux il prit la direction des petits

    canaux qui le conduisirent son premier foyer.

    Svelte et satisfait comme toujours, par la vie dtude et

    de travail laquelle il se dvouait, il franchit la grille et cher-

    cha anxieusement ses vieux compagnons.

    Stimul par la prouesse damour quil effectua, il ima-

    gina que son retour crerait surprise et enthousiasme gnral.

    Effectivement, la collectivit entire clbrerait son action,

    mais il observa bien vite que personne ne bougeait.

    Tous les poissons demeuraient l, lourds et paresseux,

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  • installs dans les mmes nids boueux, protgs par des fleurs

    de lotus, do ils sortaient seulement pour se disputer des

    larves, des mouches ou autres vers sans importance.

    Il cria quil revenait la maison, mais personne ne lui

    prta attention car personne, ici, ne stait rendu compte de

    son absence.

    Ridiculis, il alla alors la rencontre du roi aux

    normes oues, et lui raconta son aventure rvlatrice.

    Le souverain, quelque peu endormi par son habitude

    de la grandeur, runit le peuple et permit que le messager

    sexpliqut.

    Profitant de loccasion, le bienfaiteur mpris raconta,

    avec loquence, quil y avait un autre monde liquide, glorieux

    et sans fin. Cette mare tait insignifiante et pouvait dispa-

    ratre dun moment lautre. Au-del de la grille dcoulement

    toute proche se dployaient une autre vie et une autre exp-

    rience. L-bas, au-dehors, couraient des ruisseaux orns de

    fleurs, des rivires imptueuses remplies dtres diffrents et,

    enfin, la mer o la vie apparat chaque fois plus riche et plus

    surprenante. Il dcrivit le travail des mulets de mer et des sau-

    mons, des truites et des squales. Il donna des informations

    sur le poisson-lune, sur le poisson-lapin et le coq de mer. Il

    raconta avoir vu le ciel plein dastres sublimes et ajouta quil

    avait dcouvert des arbres gigantesques, des bateaux

    immenses, des villes ctires, des monstres terrifiants, des

    jardins immergs, des toiles de locan, puis il soffrit pour

    les conduire au Palace de Corail, o ils vivraient tous, pros-

    pres et tranquilles. Finalement, il les informa quune telle fli-

    cit avait malgr tout son prix : ils devraient tous maigrir, de

    manire suffisante, sabstenant de dvorer autant de larves et

    de vers dans les trous obscurs, et apprendre travailler et

    tudier autant quil le serait ncessaire pour laccomplisse-

    ment de lheureux voyage.

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  • AN D R LU I Z

    Comme il terminait, des clats de rire stridents couron-

    nrent son expos.

    Personne ne crut en lui.

    Quelques orateurs prirent la parole et affirmrent,

    solennels, que le petit poisson rouge dlirait, quune autre vie

    au-del de la mare tait franchement impossible, que cette

    histoire de ruisseaux, de rivires et docans tait une simple

    cration dun cerveau dment, et certains en vinrent dcla-

    rer quils parlaient au nom du Dieu des Poissons qui navait

    dyeux que pour eux.

    Le souverain de la communaut, pour faire preuve de

    plus dironie lencontre du petit poisson, se dplaa en sa

    compagnie jusqu la grille dcoulement et, essayant sans se

    forcer de la franchir, il sexclama, bouillant :

    Ne vois-tu pas que rien quune seule de mes

    nageoires ne passe pas ici ? Grand idiot ! Va ten dici ! Ne

    viens plus perturber notre bien-tre Notre lac est le centre de

    lUnivers Personne ne possde une vie gale la ntre !

    Expuls coups de sarcasme, le petit poisson ralisa

    le voyage de retour et sinstalla, dfinitivement, dans le Palace

    de Corail, attendant le temps.

    Aprs quelques annes, une scheresse effrayante et

    dvastatrice apparut.

    Le niveau de leau baissa. Et la mare o vivaient les

    poissons fainants et vaniteux se vida, si bien que la commu-

    naut entire prit, enlise dans la vase

    Leffort dAndr Luiz quand il cherche allumer la

    lumire dans les tnbres, est similaire la mission du petit

    poisson rouge.

    Enchant par les dcouvertes du chemin infini, rali-

    ses aprs de nombreux conflits dans la souffrance, il revient

    aux renfoncements de la Surface Terrestre, annonant aux

    20

    Libration 14x21 15/08/06 20:01 Page 20

  • anciens compagnons quau-del des cellules o ils se meu-

    vent, une autre vie resplendit, plus intense et plus belle, mais

    exigeant un perfectionnement individuel parfait, pour la tra-

    verse de ltroit passage qui donne accs aux clarts de la

    sublimation.

    Il parle, informe, prpare, claire

    Il y a malgr tout de nombreux poissons humains qui

    sourient et passent, entre la mchancet et lindiffrence,

    recherchant des trous provisoires et se disputant des larves

    temporaires.

    Ils attendent un paradis gratuit aux fantastiques mer-

    veillements aprs la mort du corps.

    Mais sans Andr Luiz, et sans nous, humbles servi-

    teurs de bonne volont, le Pasteur Divin a prononc pour tous

    les marcheurs de la vie humaine ces paroles indlbiles :

    Il sera donn chacun selon ses uvres.

    EMMANUEL

    Pedro Leopoldo, le 22 fvrier 1949.

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  • 1RCEPTION DEXPLICATIONS

    Dans la vaste salle de lcole qui nous runissait, leMinistre Flacus, qui nous fixait dun regard satur de douxmagntisme, nous invitait de prcieuses mditations.

    Seules quelques dizaines de compagnons se trou-vaient rassembles ici, avec pour objectif de recevoir les ins-tructions difiantes. Et, bien entendu, la leon se revtaitdun profond intrt.

    Nous pouvions poser autant de questions que nous levoulions, dans le contexte du sujet, et attendre toutes lesinformations compatibles avec le nouveau travail quil nousrevenait daccomplir.

    Jusqualors, nous avions cout des commentairesconcernant les colonies purgatoires, parfaitement organisespour le travail expiatoire auquel elles se destinent, runis-sant des milliers dtres attachs au mal ; cependant,

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  • AN D R LU I Z

    lInstructeur Goubio, qui se maintenait en silence noscts, nous avait concds la permission de laccompagnerjusqu une vaste rgion de cette espce.

    Captivs par les paroles fluides et dlicates de lora-teur, nous suivmes le cours des explications avec lattentejustifiable de llve qui ne dsire pas perdre la moindremiette de lenseignement, observant que la srnit et lat-tention transparaissaient sur les visages de tous les appren-tis, du fait que nous, qui tions dans ce lieu, tions candi-dats au service de secours envers les frres ignorants, tour-ments dans les tnbres

    Semparant de notre attention, le Ministre poursuivit,satisfait :

    Les suprieurs qui se disposent travailler aubnfice des infrieurs, dans une action persistante et richedenseignements, ne peuvent pas utiliser les armes, souspeine de se prcipiter leur bas niveau. La svrit appar-tiendra celui qui instruit, mais lamour est le compagnonde celui qui sert.

    Nous savons que lducation, dans la majorit descas, part de la priphrie vers le centre ; mais la rnovation,qui traduit le perfectionnement rel, se dplace en sensinverse. Cependant, les deux impulsions sont alimentes etcontrles par les pouvoirs pratiquement inconnus de lapense.

    Lesprit humain travaille avec la force mentale commeil manipule llectricit, mais la diffrence que sil a djappris gaspiller la seconde, dans le transformisme inces-sant de la Terre, il connat mal lexprience de la premire,qui prside tous les actes de notre vie.

    En ralit, nous navons pas de cercles infernaux cor-

    24

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  • LI B R AT I O N 25

    respondant aux modles de lancienne thologie, o se voientles gnies sataniques de toutes les poques, mais dessphres obscures o se rassemblent des consciences affai-blies dans lignorance, figes dans le repos blmable ouconfondues dans lclipse temporaire de la raison.Dsespres et insoumises, elles crent des zones de tour-ments rparateurs. Toutefois, de pareilles cratures ne sergnrent pas la force des paroles. Elles ont besoin dunsoutien efficace qui modifie leur niveau vibratoire, levantleur manire de sentir et de penser.

    Dminents philosophes du monde tracent des lignesdirectrices pour le salut des mes ; mais nous supposonsque nous possdons un nombre suffisant ditinraires allantdans ce sens, dans tous les secteurs de la connaissance ter-restre. En cet instant, nous rclamons que quelquun aide lapense de lhomme slever en direction dEn Haut. Faireune tentative, encourageant simplement les valeurs cultu-relles, reviendrait consacrer la technocratie qui cherche lasimple mcanisation de la vie, dtruisant ses graines glo-rieuses dimprovisation, dinfini et dternit.

    Le monde ne sera jamais dpourvu de grands politi-ciens et de vnrables dirigeants.

    Ils traversent la foule, la secouant ou lenrlant. Maisil faut reconnatre que lorganisation humaine, ne rpondpas par elle-mme aux exigences de ltre prissable.

    Pricls, lhomme dtat qui lgua son nom unsicle, ralisa un difiant travail ducatif auprs des Grecs ;cependant, sa manire dtre, belliqueuse, et les violentsdsirs de lhgmonie, ne sattnurent pas en lui, et il finitpar succomber lassaut dun affligeant dgot.

    Alexandre, le conqurant, organise un immensmentvaste empire, tablissant une civilisation respectable ; toute-

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    fois, il nempche pas ses gnraux de sadonner de san-glants conflits, rpandant le pillage et la mort.

    Auguste, le Divin, unifie lEmpire Romain sur desolides fondations, concrtisant un programme politiqueavanc au profit de tous les peuples, mais il ne parvient pas bannir de Rome le dlire par la domination tout prix.

    Constantin, le Grand, avocat des chrtiens sansdfense, offre un nouveau modle de vie la Plante ; mal-gr tout, il ne modifie en rien les dispositions dtestables detous ceux qui guerroyaient au nom de Dieu.

    Napolon, le dictateur, impose de nouvelles mthodesde progrs matriel, sur toute la Terre ; mais il nchappepas aux griffes de la tyrannie lie la simple ambition delaccs au pouvoir.

    Pasteur, le scientifique, dfend la sant du corpshumain, se dvouant, avec abngation, au silencieux combatcontre la jungle microbienne ; toutefois, il ne peut empcherses contemporains de se dtruire rciproquement en dis-putes incomprhensibles et cruelles.

    Nous demeurons face un monde civilis en superf i-cie, qui rclame non seulement la prsence de ceux qui ensei-gnent le bien, mais principalement de ceux qui le pratiquent.

    Il est indispensable que les torrents de la compassiondescendent du Ciel sur les jaillissements de la culture, dansles valles de la Terre, travers les monts de lamour et durenoncement.

    Le Christ ne brille pas que par son enseignementsublim. Il resplendit dans la dmonstration. En sa compa-gnie, il est indispensable que nous maintenions le couragede protger et sauver en descendant dans les retraites de labme.

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  • Non loin de notre paix relative, dans les cercles obs-curs du dsenchantement et du dsespoir, des millionsdtres se mlangent, appelant dune mme voix grandscris la commisration Pourquoi ne pas allumer unelumire misricordieuse, au sein de la nuit o ils se sontplongs, dsorients ? Pourquoi ne pas semer lespranceparmi les curs qui ont abdiqu la foi en leur for intrieur ?

    Ainsi, en face dimmenses collectivits en proie unedouloureuse demande de rajustement, laide restauratricene peut pas tre remise plus tard.

    Nous sommes encore des entits infiniment simpleset imparfaites pour soumettre notre candidature, sur lechamp, la position des anges.

    Compare la grandeur qui nous reste inabordablede millions de soleils obissant aux lois souveraines etdivines, en plein Univers, notre Terre, avec toutes lessphres de substance ultraphysique qui lentourent, peut t re considre comme une orange minuscule face lHimalaya, et nous autres, confronts la magnificence desEsprits Suprieurs, qui dominent dans la sagesse et la sain-tet, nous ne sommes, pour le moment, rien dautre que desbactries contrles par les impulsions de la faim et par lemagntisme de lamour. Cependant, hisss sur de simplespromontoires de lintelligence, nous sommes des microbesqui rvent de leur propre croissance dans lternit.

    Pendant que lhomme, notre frre, dsintgre, stup-fait, les formations atomiques, nous autres, distance du corps dense, nous tudions cette mme nergie traversdes aspects que la science terrestre, pour lheure, aurait des difficults imaginer. Mais marcheurs du progrs infini que nous sommes, nous commenons peine sonder, ensemble, la force mentale qui conditionne en cha-

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    cun les manifestations dans les plus divers plans de la nature.

    Encore incarcrs dans la loi de retour, nous avonseffectu des rptitions multisculires, pendant des mill-naires conscutifs.

    Nous exprimant collectivement, nous savons aujour-dhui que lesprit humain se sert de la raison depuis prci-sment quarante mille ans Toutefois, avec la mme ardeurpar laquelle lhomme de Nandertal annihilait son compa-gnon, coups de silex, lhomme daujourdhui, poque consi-dre comme lre glorieuse des grandes puissances, exter-mine son propre frre tir de fusil.

    Les investigateurs du raisonnement, vaguement ins-pirs de principes religieux, nidentifient dans cette sinistreanomalie que lenttement de limperfection et la fragilit dela chair, comme si la chair ft en permanence une indivi-dualit diabolique, oubliant que la matire plus dense nestrien dautre que lensemble des si nombreuses vies inf-rieures, en processus de perfectionnement, de croissance etde libration.

    Dans les champs de la Surface Plantaire, lintelli-gence demeure comme si elle avait t anesthsie par lesdangereux narcotiques de lillusion ; cependant, nous laide-rons sentir et reconnatre que lesprit continue vibrerdans tous les coins de lexistence.

    Chaque espce dtres, du cristal lhomme, et delhomme lange, regroupe dinnombrables familles de cra-tures, oprant en une frquence dtermine de lUnivers. Etlamour divin nous atteint tous, la manire du Soleil quiembrasse les sages et les vers.

    Cela dit, celui qui avance se retrouve reli celui quise trouve dans la sphre voisine.

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  • Le domaine vgtal se sert de lempire minral pour sesustenter et voluer. Les animaux profitent des vgtauxdans luvre de perfectionnement. Les hommes saident desuns ou des autres afin de crotre mentalement et de pour-suivre en avant

    Les rgnes de la vie, connus sur Terre, sinteragissententre eux.

    Ils se torturent et sentre-dvorent au cours de rudesexpriences, afin que les valeurs spirituelles se dveloppentet resplendissent, refltant la divine lumire

    cet instant, lclair Ministre fit une longue pause,nous fixa, bienveillant, et continua :

    Mais au-del du principat humain, de lautrect des frontires sensorielles qui gardent jalousementlme incarne, la protgeant par une vision limite et unoubli bnfique, commence le dbut dun vaste empire spiri-tuel, voisin des hommes. Il sy agite des millions despritsimparfaits qui partagent, avec les cratures terrestres, lesconditions dhabitabilit de la Surface du Monde. Des treshumains, situs dans un autre niveau vibratoire, sappuientsur la pense incarne, engags dans des phalanges sansnombre, aussi semi-conscientes dans la responsabilit et siincompltes dans la vertu que les hommes eux-mmes.

    La matire qui assemble des millions de viesembryonnaires, est galement la condensation de lnergie,rpondant aux impratifs du moi qui prside leur destine.

    De lhydrogne aux plus complexes units atomiques,cest le pouvoir de lesprit ternel qui est le levier directeurdes protons, des neutrons et des lectrons, sur la route infi-nie de la vie. Lintelligence reste corporifie dans le cercle

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    humain dans une rgion transitoire, adapte ses exigencesde progrs et de perfectionnement, lintrieur de laquelle leprotoplasme lui fournit les instruments de travail, de crois-sance et dexpansion. Cela dit, dans ce mme espace, lamatire stire en dautres tats, et, dans ces autres tats,lesprit incarn, en voyage vers la connaissance et vers lavertu, senracine dans la sphre physique, cherchant ladominer et labsorber pour tablir une gigantesque lutte depense quil nest pas donn lhomme dimaginer.

    Frustrs dans leurs aspirations de vaniteuse domina-tion lintrieur du domicile cleste, hommes et femmes detous les endroits du monde et de toutes les civilisations,aprs la mort, se retrouvent dans cette rgion o se prolon-gent les activits terrestres, et lisent linstinct de souverai-net sur la Terre pour seule flicit digne de limpulsion deconqurir. Enfants rebells de la Providence, ils essayent dediscrditer la grandeur divine, stimulant le pouvoir autocra-tique de lintelligence insoumise et orgueilleuse, et cherchent prserver les cercles terrestres dans la dilatation indfiniede la haine et de la rvolte, de la vanit et de la criminalit,comme si la Plante, dans son expression infrieure, eut tpour eux un paradis unique, qui nait pas encore t int-gralement soumis leurs caprices, en raison de la discordepermanente qui rgne entre eux. Cest que, confins dans leberceau scabreux de lignorance o la peur et la mchancet, laide dinquitudes et de perscutions rciproques, consu-ment leurs forces et rendent leur temps inutile, ils ne saper-oivent pas de la situation douloureuse dans laquelle ils setrouvent.

    Hors de lamour vritable, toute union est temporaireet la guerre sera toujours ltat naturel de ceux qui persv-rent dans lindiscipline.

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  • Un royaume spirituel, divis et tourment, encerclelexprience humaine, dans toutes les directions, essayantdtendre la domination permanente de la tyrannie et de la force.

    Nous savons que le Soleil agit au moyen de radia-tions, nourrissant, maternellement, la vie des millions dekilomtres. Sans nous rfrer aux conditions de la matiredans laquelle nous nous dplaons, rappelons-nous quennotre systme, les existences les plus rudimentaires, depuisles cimes illumines, jusquaux renfoncements des tnbres,sont sujettes son influence.

    Comme cela se produit avec les gigantesques corpsdu Cosmos, nous aussi, spirituellement, nous cheminonsvers le znith volutif, recevant les radiations les uns desautres. Dans ce processus multiforme dchange, dattrac-tion, daimantation et de rpulsion, les mondes et les messe perfectionnent dans la communaut universelle.

    lintrieur dune telle ralit, toute notre activit ter-restre se droule dans un champ dinfluences que mmenous, les apprentis humains en cercles plus levs, nous nepourrions, pour le moment, dterminer.

    Rendus incapables de poursuivre leur marche, au-del de la tombe, sur le chemin qui conduit au Ciel, cheminquils ne surent pas conqurir, les fils du dsespoir sorgani-sent en de vastes colonies de haine et de misre morale, sedisputant entre eux la domination de la Terre. Ils conserventgalement, comme cela se produit avec nous, dimportants etprcieux patrimoines intellectuels et, anges dchus de laScience, ils cherchent, par-dessus tout, la perversion desprocessus divins qui orientent lvolution plantaire.

    Des esprits cristalliss dans la rbellion essayent desaper la Sagesse ternelle en crant des abcs de vie inf-

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    rieure dans lorganisation terrestre, retranchs dans les pas-sions obscures qui fouettent leurs consciences. Ils connais-sent dinnombrables moyens pour perturber et pour blesser,pour obscurcir et pour annihiler. Ils rduisent en esclavagele service bnfique de la rincarnation lintrieur degrands secteurs expiatoires et disposent dagents de la dis-corde contre toutes les manifestations des sublimes desseinsque le Seigneur traa pour nos actions.

    Les hommes terrestres qui, moiti librs du corps,parvinrent dune quelconque manire identifier leur exis-tence, reculrent, timides et pouvants, rpandant parmileurs contemporains les notions dun enfer punitif et sansfin, enclav dans de tnbreuses rgions au-del de la mort.

    Lesprit infantile de la Terre, berc par la tendressepaternelle de la Providence, travers la thologie commune,na jamais pu apprendre, plus intensivement, la ralit spi-rituelle qui gouverne nos destines.

    Rares sont ceux qui voient dans la mort une simplemodification denveloppe, et un nombre infime de personnes,mme quand il est question des religieux les plus instruits,a gard la prudence de vivre, dans le corps physique, enconformit avec les principes suprieurs quils pousrent.La ncessit de proclamer de vieilles vrits pour les oreillesanciennes, et nouvelles pour les jeunes oreilles de lintelli-gence juvnile situe dans le monde, nous fait face.

    Lhomme, hritier prsomptif de la Couronne Cleste,est le conducteur de son espce, sur dnormes distances duchemin volutif. Entre celui qui sapproche dj de lange etle sauvage qui se limite encore lirrationnel, des milliers dedegrs occups par le raisonnement et par le sentiment auxplus diverses teintes existent. Et, sil y a un courant, brillantet merveilleux, de cratures incarnes et dsincarnes qui se

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  • dirigent vers le mont de la sublimation, chantant un glorieuxcantique de travail, dimmortalit, de beaut et desprance,exaltant la vie, un autre courant existe, obscur et malheu-reux, dans les mmes conditions, dsireux de descendredans les recoins des tnbres en propageant la perturbation,labattement, le dsordre et lombre, consacrant la mort.Esprits incomplets que nous sommes encore, nous adhronsaux mouvements qui les concernent, et nous recueillons lesbnfices de lascension et de la victoire, ou les prjudices dela descente et de la droute, contrls par des intelligencesplus vigoureuses que la ntre et qui avancent avec nous,cte cte, dans la zone progressive ou dgradante o nousnous plaons.

    De ce fait, lenfer est un problme de direction spiri-tuelle.

    Satan personnifie lintelligence perverse.

    Le mal est la perte de temps ou lemploi de lnergiedans le sens contraire aux desseins du Seigneur.

    La souffrance est la rparation ou lenseignementrnovateur.

    Les mes dchues, cependant, quelles quelles soient,ne constituent pas une race spirituelle condamne irrm-diablement au satanisme, intgrant seulement la collectivitdes cratures humaines dsincarnes, en position absoluede dmence. Elles se mlangent la multitude terrestre,exercent une action singulire sur dinnombrables foyers etadministrations, et lintrt fondamental des plus puissantesintelligences, parmi elles, reste le maintien du monde danslobscurit et la distraction, par la force de lignorance dfen-due et de lgosme concentr, remettant plus tard le Rgnede Dieu parmi les hommes, de manire indfinie

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    De millnaires en millnaires, la rgion o ils respi-rent souffre dextrmes altrations, comme il en va dans lechamp provisoirement occup par des peuples connus. Lamatire qui structure leur rsidence souffre de terriblesmodifications et un prcieux travail slectif sopre dans latransformation naturelle, lintrieur des moules du BienInfini. Cependant, bien que les rangs soient incessammentsubstitus, les afflictions et les droutes persistent durantde longs sicles successifs, accompagnant le cours des civi-lisations et suivant leurs splendeurs, leurs expriences,leurs droutes.

    Alors que le Ministre fit une nouvelle pause qui meparut opportune et intentionnelle, un compagnon intervinten demandant :

    Grand bienfaiteur, nous reconnaissons la vracitde vos aff i rm a t i o n s ; toutefois, pourquoi le SeigneurCompatissant et Sage ne met-t-Il pas fin de si effrayantessituations ?

    Le mentor clair fit un geste de comprhension etrpondit :

    Cela ne reviendrait-il pas poser des questionsconcernant notre propre lenteur adhrer au RoyaumeDivin ? Vous sentez-vous suffisamment illumin pour nier lect sombre de votre propre personnalit ? Vous tes-vouslibr de toutes les tentations qui scoulent des mystrieuxrecoins de la lutte intrieure ? Ne reconnaissez-vous pas quelorbe possde ses cercles de lumire et de tnbres, commecela se produit dans les replis de nos curs ? Et ainsi,comme nous livrons un duel en de formidables conflitsinternes, la vie plantaire est oblige de combattre dans sespropres recoins cachs. Quant lintervention du Seigneur,souvenons-nous que les tudes prsentes ne sattachent

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  • pas aux aspects de la compassion, mais aux problmes de la justice.

    Avec lhumanit militante dans la chair, nous nereprsentons rien dautre quune petite parcelle de la familleuniverselle, confine dans le niveau vibratoire qui nous estparticulier.

    Nous sommes simplement quelques billions dtresface lternit. Et soyons assurs que si le diamant estlapid par le diamant, le mal ne peut tre corrig que par lemal. La justice fonctionne travers linjustice apparente,jusqu ce que lamour naisse et rachte ceux qui secondamnrent de longues et douloureuses sentencesdevant la Bonne Loi.

    Des hommes pervers, calculateurs, dlictueux etinconsquents sont surveills par des gnies de mmenature qui sharmonisent avec les tendances dont ils sontporteurs.

    Rellement, la protection du Ciel na jamais manqucontre les tourments que les mes endurcies et ingratessemrent sur Terre et les gnies gardiens ne se dfirent pasde lattention porte leurs protgs ; cependant, il seraitillogique et absurde de dsigner un ange pour protger descriminels.

    De manire gnrale, les hommes incarns demeu-rent entours par les irradiations, obscures et dgradantes,des entits imparfaites et indcises, comme eux-mmes,cratures qui sont invisibles leurs yeux, mais qui partagentleur rsidence.

    Pour cette raison, la Plante, lheure actuelle, nestrien dautre quun vaste crible de perfectionnement, auquelseuls les individus exceptionnellement purs par leur effort

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    personnel parviennent chapper en direction des sphressublimes.

    Considrant pareille situation, le Matre Divin sex-clama devant le juge, Jrusalem : Mon Royaume nestpoint de ce monde et, pour la mme raison, Paul de Tarse,aprs dangoissantes luttes, crit aux phsiens : Car cen'est pas contre des adversaires de sang et de chair que nousavons lutter, mais contre les Principauts, contre lesPuissances, contre les Rgisseurs de ce monde de tnbres,contre les esprits du mal qui habitent les espaces clestes1.

    Donc, au-del du royaume humain, lempire immensedes intelligences dsincarnes participe continuellement aujugement de lHumanit.

    Et comprenant notre condition de travailleurs incom-plets, dtenteurs de vieilles difficults et de terribles inhibi-tions, dans lordre de perfectionnement illuminatif, il nousrevient de prparer les moyens daide, reconnaissant quelouvrage rdempteur est le travail ducatif par excellence.

    Le sacrifice du Matre reprsente le ferment divin quifait lever toute la pte. Cest pour cela que Jsus est, avanttout, le Donneur de la Sublimation pour la vie imprissable.Il sest abstenu dagiter les passions de la tourbe, puisquilreconnat que le vritable ouvrage salutaire demeure enra-cin dans le cur, et il sest loign des dcrets politiques,bien quil les rvra avec le respect de lautorit constituequi ne trompe pas, car il nignorait pas que le travail duRoyaume Cleste ne dpend pas dengagements extrieurs,mais de lindividualisme li la bonne volont et lesprit derenoncement au bnfice de ses semblables.

    Sans notre effort personnel dans le bien, luvre rg-

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    1 NdT : phsiens, 6:12.

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  • nratrice sera indfiniment ajourne, notre concours frater-nel visant ce que nos frres, provisoirement impermablesdans le mal, se convertissent aux Desseins Divins, appre-nant utiliser les pouvoirs de la lumire potentielle dont ilssont les dtenteurs, devant tre vus comme prcieux etindispensables. Seul lamour senti, cru et vcu par nous,provoquera lclosion des rayons damour chez nos sem-blables. Sans polariser les nergies de lme dans la directiondivine, ajustant leur magntisme au Centre de lUnivers,tout le programme de rdemption nest quun ensemble deparoles pchant par limprobabilit flagrante.

    Le Ministre nous sourit de manire expressive etconclut :

    Ai-je t suffisamment clair ?

    De tous les visages dbordait le dsir de lcouter pluslongtemps ; mais Flacus, aurol de lumire, descendit de latribune et se mit converser familirement avec nous.

    La leon tait termine.

    Les considrations entendues rveillrent en moi leplus grand intrt. Cependant, il tait ncessaire dattendreune nouvelle opportunit pour de plus amples claircisse-ments.

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  • 2CONVERSATIONAVEC LINSTRUCTEUR

    Au moment o nous nous retirions de lcole,lInstructeur Goubio, posant sur Elo, notre compagnon, etsur moi, ses yeux lucides, insista :

    Pour de nombreuses personnes, il est difficile decomprendre le rassemblement desprits pervers. Cela dit,cest logique et naturel. Si nous nous situons encore loin dela saintet, malgr les desseins suprieurs qui nous orien-tent dj, que dire des frres malheureux qui se laissentprendre, sans rsistance, dans les toiles de lignorance et dela mchancet ? Ils ne connaissent pas de rgion plus leveque la sphre corporelle, laquelle ils sajustent encore parlentremise de liens vigoureux. Emptrs dans les forces debas niveau vibratoire, ils ne saisissent pas la beaut de la vie

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    s u p r i e u re et, pendant que des mentalits fragiles etinfirmes se plient, humilies, les gnies de limpit leur tra-cent des lignes directrices, les ordonnant en files au sein decommunauts immenses, et les dirigeant sur des bases obs-cures de haine avilissante et de dsespoir silencieux. Ilsorganisent, ainsi, de vritables cits o se rfugient les pha-langes compactes des mes qui fuient, honteuses delles-mmes, devant toute manifestation de la lumire divine. Lesenfants de la rvolte et des tnbres sy agglomrent, cher-chant se prserver et sappuyer les uns sur les autres

    Observant notre surprise manifeste, lInstructeurpoursuivit, rpondant nos argumentations intrieures :

    De telles colonies perturbatrices doivent tre appa-rues avec les premires intelligences terrestres qui se sontlivres linsoumission et lindiscipline, face aux avis de laPaternit Cleste. Lme tombe dans des vibrations disso-nantes, par labus de la libert qui lui a t confie, a besoinde tisser les fils de son propre rajustement et des millionsde nos frres se refusent pareil effort, oisifs et impnitents,allongeant le labyrinthe o ils se perdent de nombreusesreprises durant des sicles. Inaptes au voyage immdiat endirection du Ciel, en raison des passions dvastatrices quiles magntisent, ils sapprochent naturellement des ten-dances infrieures dans lesquelles ils sharmonisent autourde la Surface Terrestre, se nourrissant des manations etdes vies infrieures qui en manent, comme cela se produitchez les hommes incarns eux-mmes. Lobjectif essentiel detelles armes sombres est la conservation du primitivismemental de la crature humaine, afin que la Plante demeure,autant que possible, sous leur joug tyrannique.

    Les observations de Goubio chauffaient mon cerveau.

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  • Jtais galement pass par les bas cercles de la vieaprs la mort corporelle ; toutefois, je navais pas identifilexistence de ces condensations organises dentitsmalignes du domaine spirituel, bien que jeusse entendu, ende nombreuses occasions, dimpressionnants commentairesles concernant.

    Effectivement, je ne parvenais pas exhumer parmoi-mme tous les souvenirs de langoissante priode que laporte de la tombe mavait offerte.

    Je mtais vu perscut, travers de longs mar-cages Javais err, afflig, des jours et des nuits qui meparaissaient sans fin, tourment et malheureux ; mais il mecotait de croire que les activits malfiques jouissaient dunorganisme directeur. Cest exactement pour cela que, lesprit prsent centr dans les intentions du bien, josai une ques-tion :

    quelle fin, demandai-je, ces lgions moralementretardes se mettent-elles daccord, au-del de la mort,puisque dpouilles du vtement de la chair, elles doiventsavoir, mieux que jamais, quelles sengagent dans dinutilescombats ? Se pourrait-il quelles ne se sentent pas transpor-tes jusquau plan de lclaircissement pur, concernant laposition qui est la leur ? Ne sentourent-elles pas, prsente-ment, des plus sublimes rvlations de la Nature ? Le travaildifiant et ltude noble ne leur conviendraient-ils pasmieux, dans laspiration leve de grimper jusqu la sagessesanctifiante, route suprieure ? Pour quel motif se regrou-pent-elles ainsi, au sein densembles mprisables et diabo-liques ? Il est facile de comprendre le voyage volutif delhomme, aprs la spulture, mais le stationnement dlibrdans la cruaut et la haine, aprs la mort, peut confondrelesprit de nimporte qui

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    Lorienteur sourit, dlicat, et considra :

    Nous nous rfrons des esprits parfaitementhumains, bien qutant dsincarns, et de telles questions,Andr, pourraient tre formules mme sur la Terre. Pourquelle raison, nous-mmes, avant que notre conscience nesveille la rvlation divine, nous sommes-nous prcipitsdans les lignes infrieures, tous les jours, contrevenant spec-taculairement la Loi ? Nous avions, face nos yeux, undluge bnit de clart solaire, jaillissant incessamment delEspace Infini Nous savions que lexistence du corpsscoulerait rapidement, que nous devrions faire face lamort, commune tous, que nous reviendrions du mondephysique par la mme porte mystrieuse travers laquellenous y avions pntr ; cela dit, combien de fois avons-nousmpris la Sagesse Suprme, avec des attitudes empreintesde criminelle indiffrence ? Face aux suggestions du PlanDivin qui peuplent, prsent, tes penses, te souviens-tudun temps pass o tu as rflchi sincrement la subli-mation elle-mme ? Si nous dterrons le pass, mon cher,nous trouverons de lamentables souvenirs Il ne nousrevient pas de nous arrter ou de baisser les bras. lamanire du tronc fragile, il est imprieux de crotre, monter,pour atteindre loxygne des hauteurs et, mme en ayant tmenotts, limage dun arbre humble attach aux rsidusde lenveloppe complique qui enserrait sa graine, nousrclamons lascension, lair pur et des toutes les conditionsncessaires pour que nous puissions produire le bien que leSeigneur attend de nous.

    Largumentation de Goubio tait belle et suggestive ;cependant, je sentais des difficults pour accepter lide depurgatoires et denfers ayant des dirigeants.

    Je suis daccord avec vos explications, mexclamai-

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    je, respectueux, mais autant dignorance est pratiquementincroyable en dehors du corps qui nous conserve dans lillu-sion La spulture nous ouvre, tous, un chemin nouveau.Il est normal que lesprit perturb souffre un amer rajuste-ment jusqu ce quil se rtablisse ; cela dit, quun espritdsincarn sapproprie certains secteurs du chemin, commesil en avait t le seigneur absolu, pour y perptrer sa tyran-nie, est une observation qui mchappe

    Oui, dit lorienteur, avec conviction, pour qui arflchi sur le sujet, durant trs longtemps, dans un senscontraire la ralit, la remarque est assez surprenante ;toutefois, je ne vois pas dobstacle lapprentissage de len-seignement. Supposons, par exemple, que lhomme communait dj travers, depuis des millnaires, le niveau volutifdans lequel sattarde lirrflchi et qui, en diverses occasions,rvle un comportement infrieur au sien.

    Imprimant un ton grave sa voix agrable et frater-nelle, il ajouta :

    Notons que nous-mmes, les dsincarns, nousdplaons dans un champ de matire qui se caractrise parune densit spcifique, bien que rarfie, quand elle setrouve confronte nos anciennes formes physiques, etnotre esprit, o que ce soit, la Surface ou ici o nous noustrouvons, est un centre psychique dattraction et de rpul-sion. Lesprit incarn respire dans une zone de vibrationsplus lentes, emmaillot dans un vhicule constitu de tril-lions de cellules qui sont autant dautres vies microsco-piques infrieures. Mais chaque vie, pour aussi insignifiantequelle soit, possde une expression magntique spciale. Lavolont, malgr le fait dtre conditionne par les lois cos-miques et morales, fera pencher la communaut des cor-puscules vivants qui demeurent son service pour un temps

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    limit, la manire de llectricien qui dirige les forces de lacentrale vers les activits dans un marcage ou vers les tra-vaux dans une tour. Chacun de nous tant une force intelli-gente, dtenant des facults cratrices et agissant danslUnivers, nous serons toujours en train dengendrer desagents psychologiques, au moyen de lnergie mentale, ext-riorisant la pense et improvisant avec elle des causes posi-tives dont les effets peuvent tre proches ou loigns dupoint dorigine. Nous abstenant de mobiliser la volont, nousserons invariablement les jouets des circonstances prdomi-nantes, dans le milieu qui nous entoure ; cependant, ds quenous choisissons de la mettre en marche, il est indispen-sable que nous rsolvions le problme de la direction, tantdonn que nos tats personnels reflteront notre choixintime. Il existe des principes, des forces et des lois danslunivers microscopique, comme dans lunivers macrosco-pique. Un homme dirige sa volont vers lide dindispositionet la maladie rpondra son appel, avec toutes les caract-ristiques des moules structurs par la pense malade, parceque la suggestion mentale positive dtermine la syntonie etla rceptivit de la rgion organique, en connexion avec lim-pulsion mise, et les entits microbiennes, qui vivent et sereproduisent dans le champ mental des millions de per-sonnes qui les entretiennent, accourront en masse, absor-bes par les cellules qui les attirrent, en obissance auxordres intrieurs, reus de manire rptitive, formant dansle corps linfirmit imagine. Il est vident que nous avonsdans ce chapitre la question des preuves ncessaires, dansles cas o un individu dtermin renat en rponse auximpratifs des leons expiatoires, mais mme ainsi, le pro-blme du lien mental est infiniment important puisque lemalade qui se complat dans lacceptation et dans lloge desa propre dcadence finit dans la situation dun excellentincubateur de bactries et de symptmes morbides, tandis

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  • que lesprit en rajustement, quand il ragit, profitablement,contre le mal, mme sil est bnfique et mrit, rencontredimmenses ressources en se concentrant dans le bien, sin-tgrant dans le courant de la vie victorieuse.

    Profondment difi, jenregistrais les explications et,malgr la longue pause qui se fit spontanment, je nosaiinterrompre le cours de largumentation afin de ne pasrompre la ligne de pense.

    Serviable et digne, Goubio continua :

    Notre pense est une entit place entre les forcesinfrieures et suprieures, avec des objectifs de perfection-nement. Notre organisme prisprital, fruit sublime de lvo-lution, comme il en va du corps physique dans la sphre dela Surface, peut tre compar aux ples dun appareil lec-tromagntique. Lesprit incarn souffre de linfluence inf-rieure, travers les rgions o se situent le sexe et lestomac,et reoit des stimulations suprieures, mme si elles pro-viennent dmes non sublimes, travers le cur et le cer-veau. Quand la crature cherche mettre en mouvement sapropre volont, elle choisit la compagnie quelle prfre et selance sur le chemin quelle dsire. Si les millions dimpul-sions primitivistes qui nous obligent, mme de ce ct-ci desformes terrestres, entretenir des motions et des dsirs endes cercles infrieurs, et qui nous prparent des chutesmomentanes dans des abmes du sentiment destructeur,par lesquels nous avanons depuis de nombreux sicles, nemanquent pas, les millions dappels sanctifiants nous invi-tant lascension vers la glorieuse immortalit ne manquentpas non plus.

    LInstructeur fixant sur nous un regard percutant etcalme, prcisa :

    Avez-vous prsent compris comme le choix fait

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    par certains esprits pour la cause obscure du crime, aprs latombe, limage de ce qui se produit pour des millions den-tits incarnes qui, en pleine harmonie avec la nature ter-restre, apprcient la vie dans le domicile de linfirmit, estcomprhensible ? Les attitudes mentales enracines ne semodifient pas facilement. Le roi qui gouverne des milliersdtres, le conducteur qui est accoutum tracer des lignesdirectrices inflexibles, lhomme qui a pris lhabitude de faireplier le caractre dautrui, quand ils ne disposent pas deprincipes sanctifiants, dans le terrain de lidalisme, parcequils salimentent dans la tche laquelle ils se consacrent,ne se transforment pas en humbles serviteurs dun instant lautre, simplement parce quils se sont dfaits de la chargede cellules matrielles. Quand ils ne sen remettent pas auxprcipices de la folie, dans une clipse totale de raison, pourune dure indtermine, en raison des garements dans lin-tellectualit et le pouvoir, ils sont conservs et respectsdans luvre volutive du monde, pour les qualits appr-ciables et dignes quils ont dj conquises, malgr les pas-sions violentes qui se manifestent dans leur vie intime, et ilssont alors utiliss par des gnies suprieurs, dans les ser-vices de perfectionnement plantaire, o ils surveillent etrajustent les plus faibles, tant surveills et rajusts parles plus forts, se convertissant, graduellement et impercepti-blement au Bien Suprme en acceptant le Plan Divin lex-cution duquel ils se mettent collaborer avec fidlit etvaleur. En pareille position, ils aident et sont aids, donnentet reoivent, impriment une impulsion au progrs et pro-gressent leur tour

    Il fit une courte pause dans ses explications et,ensuite, poursuivit dans une autre direction :

    Une telle ralit nous oblige mditer sur la portedu service spirituel sous tous les angles volutifs.

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  • Lducation pour lternit ne se limite pas lillustrationsuperficielle dont se revt un homme commun, sasseyant,pour quelques annes, sur un banc de luniversit cest uneuvre de patience travers les sicles. Sil existe des arbresayant des centaines dannes dexistence dans les finalitsauxquelles ils se destinent, que dire des millnaires nces-saires pour une personne en ce qui concerne sa propresublimation ?

    Ainsi, nous ne pouvons oublier lamour que nousdevons aux ignorants, aux faibles, aux malheureux. Il devient indispensable de marcher sur les pas de ceux qui, galement, un jour, nous tendirent une main avec compassion.

    Largument tait des plus difiants pour que nouseussions interfr par de nouvelles questions.

    Et percevant lopportunit de lexplication lorienteurcontinua :

    Les atomes qui intgrent lhostie dun temple sont,au fond, pareils ceux qui forment le pauvre pain dun pni-tencier. Ainsi en va-t-il pour toute la matire. Passive et plas-tique, elle est analogue dans les mains des entits sages ouignorantes, aimantes ou brutalises, dans ltat de conden-sation connu la Surface Plantaire, et au-del de cet tat.Pour cette raison, les constructions transitoires leves dansnotre plan par des cratures dvies du bien deviennentcomprhensibles. Pour celui qui anesthsia ses facultsdans le plaisir fugitif, la sparation de la chair constituegnralement laccs un douloureux tat dans lincompr-hension. Et considrant que la majorit des cratureshumaines perscute les sensations du corps physique,comme si les attractions sexuelles et le dlirant attachementaux biens provisoires des cercles les plus bas continssent

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    toute la flicit du monde, la cueillette des personnes ds-quilibres est toujours inquitante, maintenant les files obs-cures des cultivateurs insenss de la satisfaction goste nimporte quel prix, presque inaltres. Des fous dangereux,volontaires, dirigs par des intelligences souveraines spcia-lises dans la domination, constituent des hordes terriblesqui, vrai dire, surveillent les sorties des sphres infrieuresdans toutes les directions.

    Et pourquoi Dieu permet-Il pareille irrgularit ?demanda Elo en proie une consternation visible. Ne suffi-rait-il pas dun petit ordre de lternel afin de remdier ladisharmonie ?

    Goubio, serviable, ne fit pas attendre sa rponse.Dans un franc sourire, il exposa avec intrt :

    Ne reviendrait-il pas au mme de demander la raison pour laquelle le Seigneur nous a attendus jusquhier ? Croirions-nous en des paradis miraculeux ? Ne sau-rions-nous pas, par hasard, que chaque homme sassiradans le trne quil a dress ou se jettera au fond de labmequil aura prfr ? Qui plus est, il est ncessaire de recon-natre que si le lapidaire polit la pierre, se servant dune limersistante, le Seigneur de lUnivers perfectionne le caractredes enfants ayant perdu le chemin de Sa Maison, employantdes curs endurcis, temporairement loigns de Son uvre. Le meilleur juge nest pas toujours lhomme leplus doux.

    Les qualits morales et les vertus suprmes ne sontpas de simples formules verbales. Ce sont des forces vives.Sans leur possession, lascension de lesprit humain estimpossible. Des tres communs sattachent la sauvegardede recours extrieurs et y centralisent leurs sentiments lesplus nobles, sattachant des illusions inutiles Leur esprit

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  • senfermera alors dans linscurit, dans la fragilit et dansla terreur. Le choc de la mort imprime de terribles conflitsdans leur organisation prispritale, vhicule destin leurspropres manifestations dans le nouveau cercle de matirediffrent de celui auquel ils ont t arrachs et, aprs avoirperdu de bnites annes dans le camp didactique de lasphre physique, enchevtrs dans de dplorables conflits,ils errent, affligs, dfaillants et rvolts, sadaptant au pre-mier groupe dentits vicieuses qui leur garantissent la conti-nuation de laventure parmi les plaisirs fictifs. Elles formentdes associations normes et compactes, bases dans lesmanations de la Surface du Monde, o des millionsdhommes et de femmes alimentent leurs nergies les plusbasses ; elles mnent une vie collective provisoire en absor-bant les nergies de la rsidence des frres incarns, commesi elles reprsentaient une grande colonie de criminels vivantaux dpens dun gnreux troupeau bovin. Mais il est impor-tant de rflchir au fait que lhomme explore la vache, moinsconscient et incapable dtre jug pour un dlit de compli-cit, du fait que dans la sphre humaine, la situation pr-sente un autre aspect. La crature rationnelle ne sexemp-tera pas de la responsabilit. Si le perscuteur invisible auxyeux terrestres rige des regroupements pour le culte syst-matique de la rvolte et de lgosme, lhomme incarn, sei-gneur de prcieux patrimoines de connaissance sanctifiante,lui garantit son uvre nfaste par la fuite constante des obli-gations divines de cooprateur de Dieu, sur le plan du tra-vail dans lequel il se trouve, alimentant une alliance rui-neuse. Ainsi, lun et lautre, partageant les rsultats de lin-diffrence destructive ou de laction condamnable, se frlentet sagitent rciproquement, comme des fauves qui sentre-dvorent dans la fort de la vie. Ils sobsdent mutuellement,que ce soit dans les mailles ducatives de la chair, ou en leur

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    absence. Ils traversent des sicles ainsi, unis lun lautre,prisonniers de lamentables illusions et de sinistres inten-tions, avec dextrmes perturbations pour eux-mmes, tantdonn que lhritage du ciel devient naturellement interdit tous ceux qui mprisrent en eux les semences divines. Il ya de nombreuses mes humaines qui ne se sont pas cartesde la Surface Terrestre depuis plus de dix mille ans. Ellesmeurent dans le corps dense et y renaissent, comme cela seproduit avec les arbres qui germent toujours, profondmentenracins dans le sol. Elles rptent, individuellement oucollectivement, les leons multimillnaires sans rencontrerles dons clestes dont elles sont hritires, dlibrment loi-gnes de leur propre sanctuaire, sur le terrain mouvant delgotisme inconsquent, sagitant, de temps en temps, endes guerres destructrices qui atteignent les deux plans, dansune impulsion mal dirige de libration travers des crisesinnommables de furie et de souffrance. Elles dtruisent,alors, ce quelles construisirent laborieusement et modifientdes processus de vie extrieure, se transfrant vers dautrescivilisations.

    Sentant la profonde attention avec laquelle nous sui-vions ses paroles, lInstructeur souligna, aprs une courtepause :

    Toutefois, dans le flux et reflux des nombreusesres, les enfants de la Plante qui restent attentifs aux dci-sions divines, libres de lancien esclavage de la misremorale, retournent vers lambiance obscure de la prisonquils ont dj abandonne, afin de soutenir les frres igno-rants et gars, dans un sublime travail de compassion. Ilsforment les avant-gardes du Christ, dans les plus diverspoints du Globe, et, par millions, sous Sa protection, ils op-rent dans lamour et le renoncement, avanant, bien que dif-ficilement, lintrieur de lhumanit, affrontant loffensive

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  • incendiaire et exterminatrice, avec les bndictions de laLumire Cleste

    Lexpos ne pouvait tre plus clair. Mais Elo fit uneobservation, surpris :

    Qui pourrait penser, sur Terre, notre vieux domi-cile, que la vie infinie stendrait ainsi, trange et mena-ante ?

    Oui, reconnut lorienteur, mais lorthodoxie dans lemonde a lhabitude dtre le cadavre de la rvlation. Desarguments thologiques datant de millnaires obstruent lescanaux de lintelligence humaine en ce qui concerne les ra-lits divines. Mais la crature continuera dans la tched auto dcouverte . Dans la lutte commune, la force men-tale demeure limite au cercle restreint de lindividu goste,copiant le mollusque menott la coquille, et nous savonsque pareille nergie, patrimoine ternel avec lequel noussublimons ou nous corrompons, met des rayons crateurssur la matire passive qui nous entoure, la direction quelleprend dpendant de nous. Si des millions de rayons lumi-neux forment un astre brillant, il est naturel que des mil-lions de petits dsespoirs intgrent un enfer parfait. Hritiersdu Pouvoir Crateur, nous gnrerons des forces qui noussont ressemblantes, o que nous soyons. Tout cela ne serait-il pas parfaitement comprhensible ? Cest pour cette raisonque le Seigneur a fait paratre dans le Livre Divin sa mise engarde cleste : Voici, je me tiens la porte et je frappe1 .Si quelquun ouvre la porte vive de lme, il accdera len-tretien rdempteur entre le Matre et le Disciple. Le cur estle tabernacle et la sublimation des puissances quil contientest lunique chemin daccs aux sphres suprieures.

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    1 NdT : Apocalypse, 3:20.

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    Et adoptant la posture dune personne qui mettraitun terme de manire opportune aux explications, lorienteurdvou sourit, bienveillant, et demanda :

    Lequel dentre nous commettrait lerreur dexiger levol dun ballon captif ? La pense humaine enracine dansles intrts les plus forts de la Terre ne peut pas tre mieuxsymbolise.

    Nous restmes sans mot dire, notre soif dclaircisse-ments satisfaite. Nous avions recueilli ici, dans une conver-sation de quelques minutes, un prcieux matriel dobserva-tion qui nous servirait longtemps.

    prsent silencieux, nous restions extatiques devantla beaut imposante de la nuit, merveilleusement constelle.

    Une douce brise susurrait des cantiques sans parolesdans le feuillage lger et des groupes damis que nous croi-sions de temps autre affichaient dans leur regard la mmeflicit que celle qui manait des frondaisons fleuries.

    Et ainsi, baigns dmotions inoubliables, nous rega-gnmes le sanctuaire o nous avions reu les instructionspour le travail venir, inonds de confiance et dallgresse,dans la situation de travailleurs rjouis qui marcheraientavec joie en direction de la lutte, comme sils avanaient,heureux, vers une fte de lumire.

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  • 3COMPRHENSION

    La vote toile, illumine par les rayons clat de lys de la Lune, rpandait alentour des vibrations dunebeaut inexprimable, semant lesprance, lallgresse et laconsolation.

    tant inform des objectifs qui nous conduiraientjusqu la Surface, avec des escales dans une colonie-purga-toire de vaste dimension, je mis profit cet instant de tran-quillit afin de profiter de la prsence de lInstructeur enessayant de lui arracher des observations qui se trouvaienttoujours revtues de prcieux enseignements.

    Il est admirable de penser, maventurai-je respec-tueusement, que de vritables expditions se montent dansnotre sphre afin de rpondre de simples cas dobsession

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    Les hommes incarns, rpondit lorienteur avecune certaine absence dans le regard, comme si son me setrouvait attache des images chappes du pass, ne sus-pectent pas ltendue des attentions quils rveillent en noscercles daction. Eux et nous sommes tous des curs aiman-ts les uns aux autres dans la forge bnite des expriences.Dans le roman volutif et rdempteur de lHumanit, chaqueesprit possde un chapitre particulier. Des liens doux et dursdamour et de haine, de sympathie et de rpulsion, nousenchanent rciproquement. Les mes en possession duncorps la Surface se trouvent dans un sommeil passager,avec loubli temporaire des expriences antrieures. Elles sebaignent dans le Styx des anciens dont les eaux leur per-mettent, durant un certain temps, de bnficier dune pr-cieuse scurit pour le retour vers les opportunits dlva-tion. Cependant, pendant quils se plongent dans loublibnfique, nous restons, de notre ct, dans une veillebnite. Les dangers qui menacent nos tres aims daujour-dhui ou dpoques que le temps a consumes depuis long-temps, ne nous laissent pas impassibles. Les hommes ne setrouvent pas seuls sur ltroit sentier dpreuves salutaireso ils se confinent. La responsabilit pour le perfectionne-ment du monde nous revient tous.

    Inform propos de la jeune femme quil nous reve-nait de secourir, je demandai avec rvrence :

    Linfirme lassistance de laquelle nous avons tadmis fait par exemple partie de votre pass spirituel

    Oui, confirma Goubio humblement, mais je naipas t dsign pour servir dans le cas de Margarida, lamalade qui nous conduit la brve expdition du moment,seulement parce quelle a t ma fille en des poques recu-les. Il est indispensable de considrer les diverses parties en

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  • jeu dans chaque problme de secours. En vertu de lnigmede lobsession que nous nous proposons de rsoudre, noussommes amens chercher toutes les personnes qui com-posent la situation de service. Perscuteurs et perscutss e n t relacent dans chaque processus daide, en grandnombre. Chaque esprit est un maillon important dunergion tendue de la chane humaine. Plus nous grandissonsen connaissances et en aptitudes, en amour et en autorit,plus grand est le champ daction de nos liens dans la sphrecommune. Il existe des mes qui se trouvent soumises lin-trt de millions dautres mes. Tant que les mouvements dela vie stendent harmonieusement sous les ascendants dubien, les difficults ne parviennent pas surgir ; mais quandla perturbation stablit, il nest pas vident de dfaire lesobstacles car, en de telles circonstances, il est indispensableque nous procdions avec une impartialit absolue, donnant chacun ce qui lui revient. Lhomme terrestre, principale-ment quand il se trouve dans les jours de tourmente, pourhabitude de ne voir que son ct , mais, au-dessus de lajustice commune proprement dite, dautres tribunaux pluslevs fonctionnent De ce fait, tous les cas de disharmoniespirituelle sur Terre touchent ici un important rseau de ser-viteurs qui viennent les traiter, sans inclinaisons person-nelles, sur des bases faites de lamour que Jsus donna parson exemple et, lors de ces occasions, nous nous prparons rpondre tous les impratifs du travail de sauvetage quela tche nous impose ou nous fournit lintrieur des activi-ts qui lui sont connexes.

    cet instant de la discussion instructive, nous arri-vmes un temple empli de grce.

    Dans ce doux endroit consacr la matrialisationdentits sublimes, la lumire suave de la nuit calme sem-blait devenir plus belle.

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    Les vibrations constantes des prires, mises icidepuis de nombreux sicles, avaient cr un prodigieux cli-mat enchanteur autour de ldification.

    Une mlodie cleste se dversait en sourdine et lesfleurs dlicates du parvis paraissaient rpondre aux sonscristallins, variant dans leur brillance et dans leur couleurde manire pratiquement imperceptible.

    Mon cur en tait oppress, comme si la flicit desdernires heures, o il mavait t donn dentendre desrflexions si rconfortantes et graves concernant ltenduedu monde et de la vie, avait rapproch mon insignifiance per-sonnelle de la grandeur divine, de douces larmes inondantmon visage.

    LInstructeur nous devana et, tous ensemble, nouspntrmes dans le jardin qui entourait lapaisant sanctuaire .

    Quelques frres sapprochrent, accueillants.

    Lun dentre eux, lInstructeur Gama, qui tait chargdes travaux du centre, nous serra dans ses bras, disant avecbont :

    Vous arrivez au bon moment. Les donneurs defluides sublims se trouvent leur poste et lautre groupe estdj arriv.

    Nous entrmes sans attendre.

    Je sus immdiatement que lautre groupe en ques-tion, dailleurs constitu de deux surs, se trouvait ici aveclobjectif de recevoir des instructions de service pour lessphres plus basses.

    Une douce clart dun bleu brillant baignait le largeespace intrieur dcor de fleurs des neiges ressemblant auxlys que nous connaissons sur la Terre.

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  • Il ny eut pas de temps pour sadonner des conver-sations pralables.

    Faisant suite des salutations courtes et cordiales,lensemble de prire fut compos.

    Les donneurs dnergie radiante, mdiums de mat-rialisation en notre plan, salignaient, non loin, au nombrede vingt.

    Une mouvante musique se fit entendre, argentine etlgre, dans une pice voisine, nous prdisposant la mdi-tation dun ordre suprieur.

    Peu aprs la prire harmonieuse et spontane pro-nonce par le responsable au rang le plus lev de linstitu-tion, voici que la tribune familiale sillumina. Un nuage blan-c h t re dune substance laiteuse et brillante se condensa toutautour et, peu peu, il mergea de ce bloc de neige translu-cide le visage vif et respectueux dune vnrable femme. Uneindicible srnit caractrisait son re g a rd sympathique et sonmaintien de madone ancienne, soudainement apparue face nous. Elle nous salua dun geste de bndiction comme si elleeut adress chacun les rayons de la lumire smaragdine quiembellissaient sa tte sous forme dune aurole.

    Les deux jeunes femmes qui formaient ce groupe detravail diffrent du ntre savancrent avec des larmes dis-crtes et se prosternrent, genoux.

    Mre chrie, clama lune delles, avec une inflexiondans sa voix telle que cela dchira nos fibres les plusintimes, aide-moi te parler ! Le sentiment de la sparationlongtemps rprim est un feu qui consume le cur. Aide-moi ! ne me laisse pas perdre cette minute, douce et divine !

    Malgr les sanglots dmotion qui vibraient dans sapoitrine, elle reprit :

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  • Bnis-nous pour le grand voyage ! Il y a long-temps que nous attendons ce bref instant de retrouvaillesavec toi Pardonne-nous, petite maman, si nous insistonstellement dans notre demande Mais sans ta protectionaimante, comment vaincrons-nous au milieu les tourbillonsde labme ?

    Peut-tre dans un dsir de se justifier devant les yeuxmaternels, elle ajouta en pleurs :

    En accord avec tes recommandations bien-aimes,nous avons veill sur papa, plong dans les ombres, en plusde nos tches habituelles dans la zone de travail o ta bontnous a placs ; cependant, voil six ans que nous cherchons lattirer en vain Il chappe notre influence rnovatriceet se complat dans la compagnie dentits qui vampirisentles cratures l o elles passent. Il ne reoit pas notre actionpleine de tendresse si ce nest sous forme de vagues pensesdont il se dfait facilement, et si nous multiplions les tenta-tives de sauvetage, il devient comme fou Il se met gesti-culer sans raison, colrique et irrit, hurle des blasphmeset sollicite le concours dtres pris par le vice aux radiationsobscures, tres auxquels il sentrelace, repoussant nos sug-gestions et notre prsence Il apprcie le contact des entitsignorantes et malheureuses tout en dtestant notre dou-ceur

    cet instant, une crise plus intense due lmotionlempcha de poursuivre.

    La noble femme qui descendait de la tribune, redressases filles et les accueillit dans ses bras en sexclamant, unaccent consolateur dans sa voix sans larme, malgr unemlancolie visible :

    Filles bien-aimes, le Soleil combat les tnbrestous les jours. Nous bataillons contre le mal incessamment,

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  • jusqu la victoire. Ne vous croyez pas seules dans le dou-loureux conflit. Excusons papa de manire infinie et collabo-rons afin de le restituer la terre ferme de la lumire. Si leChrist travaille pour nous, depuis le dbut des sicles sansque nous puissions comprendre lamplitude de ses sacri-fices, que dire de nos obligations de soutien et de tolranceles uns envers les autres ? Claudio sest rendu crditeur denotre estime et de notre gratitude pour toujours, malgr lef-frayant crime dissimul qui la prcipit dans les profon-deurs Il a empoisonn un parent afin datteindre larichesse matrielle qui nous offrit ducation et confort dansla sphre physique. Par un dvouement extrme noustrois, il ne recula pas devant la tentation qui lobligea unengagement infernal. Possesseur dune affection proccupe,il na pas su attendre la bndiction du temps et sadonna un acte impossible confesser pour nous placer dans uneoasis de supriorit trompeuse Afin quil nous sentt sreset heureuses, il vcut durant quarante annes daffile entrele remords et la souffrance, psychiquement syntonis avecles esprits malicieux et vengeurs des ombres, mais en ralit,il nous a t possible de traverser une existence bnite deprogrs et de confort sur ses afflictions, dans une maisonriche et toujours bien pourvue, sans savoir quun acte obs-cur de meurtre et de violence vivait dans nos fondations spi-rituelles !

    cette hauteur, lentit matrialise se mit pleurerde manire touchante.

    Formant une scne mouvante et muette, les troisentits se serrant dans les bras les unes des autres, la Mretrouva la force de poursuivre :

    Malgr tout, nous retournerons au champ de lalutte rgnratrice et bienfaisante Que vaut pour nous le

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    paysage cleste sans la libration de ceux que nous aimons ?Le cur aimant, tourment, renoncera lentre dans unetoile pour demeurer aux cts dun tre aim, dans un duelavec les serpents dun marcage Se pourrait-il que nouspuissions jouir du spectacle auguste des sphres resplen-dissantes, coutant leur harmonie indfinissable dans unesituation davancement acquise au prix de ceux qui gmis-sent et se languissent dans les tnbres ? Abandonner ceuxqui nous servirent de marche en pleine ascension divine estune des formes dingratitude des plus horribles. Le Seigneurne peut bnir un bonheur cueilli au prix dangoisses parceux qui nous le donnrent. Je suis convaincu quil y a plusde grandeur chez lange qui descend en enfer pour sauver lesfils de Dieu, gars et souffrants, que chez le messager spirituel qui sempresse de comparatre devant le Trne delternel afin de Le louer, oubliant ses propres bienfaiteurs

    La vnrable femme essuya dabondantes larmes etpoursuivit :

    Alors mes filles, oublions ce que nous sommesaujourdhui pour porter secours ceux qui, dans le but denous servir, glissrent dans un prcipice sinistre et tour-mentant. Dfaisons-nous de nos dettes secrtes avec abn-gation et dvouement. Plus tard, je recevrai Antonio, leneveu empoisonn, dans mes bras maternels, le rappro-chant de Claudio travers la cordialit et le respect vcus encommun. Je leur enseignerai avec une joyeuse tendresse prononcer le nom de Dieu et se dfaire des lourds nuagesde la rvolte qui ont terni leur vie intime. Afin de lamener la comprhension et la piti, avec plus defficacit, je mesuis galement engage accueillir dans le tabernaclematernel les six cratures auxquelles il sest attach et quise sont cartes du bien, gar quil est dans les rgions inf-rieures en raison de la culpabilit face quelquun qui a t

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  • pour nous un ami affectueux. Mon affection rgnera diff i c i l e-ment dans un foyer rempli de curs parmi les moins harm o-niss avec le mien, o Jsus menseignera peler, heure u s e ,la douce leon du sacrifice silencieux Jaurais de nom-b reuses fois faire face la discorde et la tentation ; maisnous ne pouvons cro i re aux joies soudaines. Nous conquer-rons dans une collaboration bnite cette paix que Claudio arve pour nous et dont il ne put lui-mme bnficier

    Mais pour que je parte sur le chemin de la rincarna-tion, il est ncessaire que papa renaisse en premier. Sans cepoint de dpart, je ne peux attaquer notre pro c e s s u srdempteur dans une nouvelle phase. Ainsi, aidons-nousrciproquement. Pendant que je cherche transformerAntonio, rajustant ses fibres affectives, vous inciterez les-prit paternel lesprance et la mditation constructives

    Les jeunes femmes versrent des larmes mouvanteso se mlangeaient langoisse et lallgresse, et la mre illu-mine ajouta en prenant cong :

    Ne perdez pas espoir. Le temps fait partie des donsles plus prcieux du Seigneur, et ce temps nous aidera.Lavenir nous runira de nouveau dans un refuge terrestrebnit. Claudio, alors rtabli, et moi, recevrons de nombreuxpetits enfants, vous deux serez parmi eux, rconfortant noscurs. Jaurais sur la poitrine quelques pierres prcieuses lapider dans leffort quotidien, et lintrieur de lme, deuxfleurs, vous, dont le cleste parfum soutiendra les nergiesqui me seront ncessaires pour me montrer persvrantejusqu la fin vous compenserez en moi toutes lesfatigues Unies par lamour imprissable, nous travaille-rons avec lappui du souvenir, bien quimprcis, de la vie spi-rituelle glorieuse qui, un jour, nous accueillera, heureuses ettriomphantes. Souvenons-nous de Jsus et avanons

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    Lmissaire demeura silencieux, et les jeunes filles,probablement informes que le temps autoris stait coul,la serrrent contre leur cur, avides de tendresse. La mreles embrassa, touche, et aprs les avoir cordialementsalues, sen retourna vers la tribune au sommet de laquelleelle disparut notre regard, dans une onde de brume va-nescente.

    Nous nous entre-regardmes, en larmes, comme unepersonne qui aurait eu la permission de reposer sa pensedans une douce mlodie.

    Les surs reprirent la place quelles occupaient etune musique pareille un baume se fit entendre, musiquequi rnova notre tat desprit, dans le but vident de modi-fier notre champ vibratoire.

    Tout en rflchissant lincommensurable bont duPre, je me souvins des liens affectifs qui me liaient aupass, et jobservai une fois de plus que toutes les mesuresdu bien sont planifies et patiemment excutes par ceux quideviennent des anges dans les vertus du Ciel, regrettantintrieurement les opportunits perdues en dautres temps,quand la vritable comprhension de la vie navait pasencore rendu mon esprit heureux.

    Je ntais toujours pas revenu moi de ma divagationsalutaire quun autre drap de substance blanche couronnede tons dors, se fit visible dans les hauteurs. Rapidement,une autre messagre surgit dans la tribune, revtue delumire.

    Il irradiait de ses yeux un doux magntisme sancti-fiant.

    Elle portait un pplum constitu dune fine gaze dunbleu radieux. Droite et digne, elle descendit en nous fixant

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  • suavement, la recherche de quelquun avec un intrt par-ticulier.

    Respectueux, lInstructeur se leva et se dirigea danssa direction, comme un disciple soumis.

    La nouvelle venue pronona des paroles de paix, sansaffectation, et lui adressa la parole sur un ton dune infiniedouceur :

    Frre Goubio, je te remercie pour ton gnreuxconcours. Je crois tre effectivement arrive au momentdaccepter ton aide fraternelle en faveur de la libration demon infortun Grgorio. Voil des sicles que jattends aprsson rtablissement et sa pnitence. Dans un pass lointain,impressionn par les immenses ressources du pouvoir, il acommis des crimes de lintelligence abjecte. Intern dansune dangereuse organisation de dvoys moraux, il sestaprs la mort spcialis dans loppression des ignorants etdes malheureux. Par lendurcissement du cur, il a conquisla confiance de cruels gnies, tenant prsent le rle dtes-table de grand prtre en dobscurs mystres. Il commandeune phalange constitue de centaines dautres esprits mis-rables, cristalliss dans le mal qui lui obissent avec undplorable aveuglement et une fidlit presque absolue. Il aaggrav le passif de ses dettes retentissantes, hrites de lafolie terrestre, il se trouve tre un instrument malheureuxentre les mains dennemis du bien, puissants et ingratsMais voil, il y a cinquante ans que je suis parvenue merapprocher de lui, mentalement. Rcalcitrant et dur au com-mencement, Grgorio ressent prsent un certain ennui, cequi reprsente une bndiction pour les curs infidles auSeigneur. Il mest dj arriv de surprendre les rudiments dela transformation ncessaire dans son esprit. Il ne pleurepas encore sur le gantelet du repentir bnfique et il me

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    parat loin du remords salvateur ; cependant, il doute djde la victoire du mal et abrite des interrogations en sonesprit avili. Il nest plus si svre dans le commandement desesprits infortuns qui suivent ses dcisions et la chute de sarsistance ne me semble pas lointaine.

    ce moment, je notai que la vnrable femme versaitde discrtes larmes qui glissaient sur son visage comme desgouttes de lumire.

    Elle sarrta quelques instants, contrle par les rmi-niscences douloureuses, puis continua :

    Frre Goubio, pardonne mes larmes qui ne repr-sentent ni le chagrin ni le dcouragement Selon le juge-ment humain commun, mon fils spirituel sera peut-tre unmonstre Mais il est pour moi le joyau finement ouvrag ducur anxieux et attendri. Je pense lui comme si javaisperdu la perle la plus rare qui soit dans une mer de boue etje tremble dallgresse lide que je vais la retrouver. Cenest pas une passion maladive qui vibre dans mes paroles.Cest lamour que le Seigneur a allum en nous, ds le dbut.Face Dieu, nous sommes prisonniers du magntisme divincomme les toiles qui saimantent les unes aux autres danslempire universel. Je ne trouverai pas le Ciel sans que lessentiments de Grgorio se tournent galement vers lter-nelle Sagesse. Nous nous alimentons des rayons de la vieimprissable que nous mettons les uns avec les autres.Comment surprendre le bonheur parfait si je ne reois demon fils bien-aim que des rayons de forces en dlire ?

    Les yeux embus de larmes, notre orienteur lacontempla et lui demanda :

    Noble Mathilde ! nous sommes prts. Ordonne !Pour autant que nous puissions faire pour ta joie, notre

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  • effort sera pauvre et petit face aux sacrifices dans lesquels tutengages pour nous tous.

    La respectable femme poursuivit avec un triste sourire :

    Dici quelques courtes annes, je descendrai dansle tourbillon des luttes terrestres afin dattendre Grgoriodans une existence dun douloureux et difficile rachat. Jelduquerai avec les principes suprieurs qui rgissent la vie.Il grandira sous mon inspiration immdiate et recevralpreuve dangereuse et affligeante de la richesse matrielle.Il est prvu, dans notre plan, quil accueille au cours dutemps, dans un travail graduel, la grande lgion de servi-teurs abandonns au vice qui le suivent aujourdhui et quilui obissent, afin dacheminer aussi bien ceux qui serontpossiblement incarns que les dsincarns, en direction dusentier de sanctification par la discipline bnfique dans unesueur constructive. Il souffrira des calomnies et sera vili-pend. Il sera de nombreuses fois humili devant leshommes. Il triomphera dans les biens phmres et dans leshonneurs trompeurs. Il recevra, durant laccomplissementde la tche de sauvetage, des tentations de toutes sortes quilui seront soumises par la colonie dignorance, de perversitet de dlinquance laquelle il saffilie actuellement, et ilconnatra par la suite des expriences inquitantes, la dser-tion des faux amis, labandon, la misre, la vieillesse, linfir-mit et la solitude. Durant lenfance, ladolescence et lamaturit, il sattachera profondment ma tendresse ;cependant, lheure de la cueillette des preuves les plusdures, je laurai dj prcd dans le voyage de la tombemais cette poque que je pressens de si loin, mon curmaternel, bien quil se trouvera dans la sphre spirituelle,lencouragera, pas pas, en direction du triom