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Fichte, Johann Gottlieb (1762-1814). Considérations destinées à rectifier les jugements du public sur la Révolution française ; précédées de la Revendication de la liberté de penser, auprès des princes de l'Europe qui l'ont opprimée jusqu'ici. 1859. 1/ Les contenus accessibles sur le site Gallica sont pour la plupart des reproductions numériques d'oeuvres tombées dans le domaine public provenant des collections de la BnF.Leur réutilisation s'inscrit dans le cadre de la loi n°78-753 du 17 juillet 1978 : *La réutilisation non commerciale de ces contenus est libre et gratuite dans le respect de la législation en vigueur et notamment du maintien de la mention de source. *La réutilisation commerciale de ces contenus est payante et fait l'objet d'une licence. Est entendue par réutilisation commerciale la revente de contenus sous forme de produits élaborés ou de fourniture de service. Cliquer ici pour accéder aux tarifs et à la licence 2/ Les contenus de Gallica sont la propriété de la BnF au sens de l'article L.2112-1 du code général de la propriété des personnes publiques. 3/ Quelques contenus sont soumis à un régime de réutilisation particulier. Il s'agit : *des reproductions de documents protégés par un droit d'auteur appartenant à un tiers. Ces documents ne peuvent être réutilisés, sauf dans le cadre de la copie privée, sans l'autorisation préalable du titulaire des droits. *des reproductions de documents conservés dans les bibliothèques ou autres institutions partenaires. Ceux-ci sont signalés par la mention Source gallica.BnF.fr / Bibliothèque municipale de ... (ou autre partenaire). L'utilisateur est invité à s'informer auprès de ces bibliothèques de leurs conditions de réutilisation. 4/ Gallica constitue une base de données, dont la BnF est le producteur, protégée au sens des articles L341-1 et suivants du code de la propriété intellectuelle. 5/ Les présentes conditions d'utilisation des contenus de Gallica sont régies par la loi française. En cas de réutilisation prévue dans un autre pays, il appartient à chaque utilisateur de vérifier la conformité de son projet avec le droit de ce pays. 6/ L'utilisateur s'engage à respecter les présentes conditions d'utilisation ainsi que la législation en vigueur, notamment en matière de propriété intellectuelle. En cas de non respect de ces dispositions, il est notamment passible d'une amende prévue par la loi du 17 juillet 1978. 7/ Pour obtenir un document de Gallica en haute définition, contacter [email protected].

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  • Fichte, Johann Gottlieb (1762-1814). Considrations destines rectifier les jugements du public sur la Rvolution franaise ; prcdes de la Revendication de la libert depenser, auprs des princes de l'Europe qui l'ont opprime jusqu'ici. 1859.

    1/ Les contenus accessibles sur le site Gallica sont pour la plupart des reproductions numriques d'oeuvres tombes dans le domaine public provenant des collections de laBnF.Leur rutilisation s'inscrit dans le cadre de la loi n78-753 du 17 juillet 1978 : *La rutilisation non commerciale de ces contenus est libre et gratuite dans le respect de la lgislation en vigueur et notamment du maintien de la mention de source. *La rutilisation commerciale de ces contenus est payante et fait l'objet d'une licence. Est entendue par rutilisation commerciale la revente de contenus sous forme de produitslabors ou de fourniture de service.

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    7/ Pour obtenir un document de Gallica en haute dfinition, contacter [email protected]

  • CONSIDERAT tONS

    SUHLA

    RVOLUTION F RAMCAISE

  • OEUVRES COMPLTES DE KANT

    Tf!tu!tMfnfrM~isPM JULZS BAn~I

    AVKCDES)MTRODUC'nOP!SAMA!.YT!QHKSKT C!UTtQUKS.

    OMvrngea t~u! ont d~J~ par.

    CMtTtOUKDUJUGEMENT,suivie desObservationssur les spntimpnt!;du beauet du sublime. t8i6, 2 vol. iu-8*.

    KAMENDKLACHtTtQUEDUJUGEMENT.1850, VO).CRtTtQUKUHLAnAtso~tpftAUQUE,prcdedes t-'otidcmetttsde la mtophy-stquc des moBurs. i8t8, t vol.

    HXAMKKDMFOKRKMENTaDRt.AMKTAPt~S)QUHDES~OKUn~ETDKLACRHK)tiK!)KLAMAtSONPRATQUE.t85t, < VO).

    t'~KMENT~MTApuv~ouKSDHt.ADocin~KDUDROIT(premire partie de )a M-

  • CONSIDRATIONSMST)!
  • aINTRODUCTION DU TRADUCTEUR.

    FtCH'H.:ET !.A REVOLUTIONFnANAtS!

    On sait avec (}uct(;mhousiasmota Re\'u!uUonfranaisefut ac-cueiHieen Attemagne,surtout pnnni k's {tenseurs.Ha y voyaient lusignal d'une nouvcHoRforme,qui, cnu~nt dans la socit'toustesvestigesdola barbarie, allait renouvelerles institutionsci'i!eset po-litiquessur le modetcdeside

  • NTRonuc'noNnuTt!DrcTr:m.Il

    ~nocontre Nitpoiuon.ut su montreundM~tos .trdcntsch~m~onsdolucuusc naLiunhtu.t-'ichte,en on'ot,n'tmt~ass~utotnontun rare es-prit, mai:!Ut)t)vo)ot!to~nergiquo.Il no ~parait, pas la pense de)'HCt.)on.et!)asutut-)t))no!~irhtjro

  • !'tCHT! KTt.A HHV()H!')'t~NMtA~'(JAtSt. i!!il hnitte nouveau.neetprditqu'iif.)uit unjourt'urgueitet tajoiudesuMparents.Cette prdiction,quo suivitdo prs ta mortduvieillard,parutcommela derniretueurd'un espri!pr6ta quitter tuterre, aussiexera.t-ette une grande intlucnce sur ta conduit des parents al'garddo leur ent.)nt, et parsuite sur son avenir. Sonpre rsotutdo tuteur s~-sinclinationset ses gotssu tnanit'esturuntoute tibor~-il rcccnnuUuont~combienco~enfanNa rcssembiuiLpoua ceuxquiim~aie)~ vonus~suitec~en g~~rn) tous les autres, fuyant lejeu, cherchunLta sotit~u, iofuLurphitoMphoaimaUa se ptot~erdansdo profondesr6verius.Il passait souventdes heures entires, sur lacolline,a reganter dans to tointain eta mditer,et, plus d'unefois,aprste coucherdu soleil, te berger du vitta~udut tarract~r a sussolitairescontotnpt~tionspour le ramnera la maisonputornette.Cesheuresdeson enfancelui laissrent,unsouvenirqu'il se plaisaitplustard u voquer. tant il y avait trouve du charme et sans doutedeprofit Sonpre ot te pasteurdu vitta~ furent,ses premiersprcep-tours. tt lesdonnait parla prcocitdeson esprit. C'estpur ta qu'at'agode huit neuf ans. ilattira unjour t'attuntiond'un seigneurduvoisinage,du baronde Alittitx,qui voulutbien se chargerde sondu-cation. Gtaco la ~nerosh6 de ce soigneur,t'entant put suivrelarouteou t'appelaitsongnie.Le baron, dont te chteau tait situ prs do Mciszen, confia

    d'abord le jeune Fichteau pasteur do Niedorau, village voisindecenevittc. Ct)pasteur ntsa femme, qui(.taienteux-mmes sansfa-millo,maisqui avaientungrand amourpour lesenfants, entoureront.des plus tendres soins tourpetit pensionnaire.Fichte passachezeuxlesplus bellesannesdesa jeunesse, et c tait encoreta un dessou-venirsqui charmaientte plus son ge mur. Malheureusementt'ex-cdienLpasteur ne pouvait conduiresontevo au deta de certainslments;aussi, a peinecelui-ci cut-it accomplisa deuximeanne,qu'it engageate barondo Miititz le placer dans quetqu" maisond'instructionou l'enfantput suivre les tudes pour lesquellesil semontrait si heureusementdou. Son bienfaiteurle fit donc entrerai'cotomunicipaledeMeisxen,et, bienttaprs, cellodePforta,prsdoI~aumbourg.Pour un enfant qui avait jusque-ta vcu la campagne, courant.

    libremont.atravers lesmontagneset lesboi.- et trouvant toujoursulUmaisondesvisagessouriantset t'aHectionla ptus tondre, c'tait uneruttopreuveque cette rcctusiundans lus sombres murs d'un col-tge, ou peur mieux dire, d'un couvent. Lu jeune r'ictttepleura

  • tSTf~m'c't'tt~ut'T
  • FiCHTH KT i.A H~VOUJTiU~ ~A~(:A!S! V

    en partie, ces irnits d resgembtanccque t'en a remarquesentrermanired'crire, surtout dansta polmique,et cettede cet.auteur.Tctte fut t'admir~tion quit ressentait pour fui, quitte promitde:'emettroenrout.o;dsquit pourrait voy.'ger,1 a:indu)':dtcrtrouveret.dejouir de t'entreticnd'un si grand homme.Matheurcuse-ment.il no lui fut.pas donnd'excuterco projet. d'abord t argentlui munqua,et bientt une mort.prmature vintenleverLeasingi'Attomagne.Qu

  • iN'm'thm.tK~ t)t''i)!ur
  • Ft
  • vin NTHODUCTiONDUTHAUUUTKUn.vie. Avantd'y parvenir, il avait encorede bienrude:;preuvesa tra-verser.Apres deux ans de sjour Zurich, plus que jamais fatigue du

    mtier doprcepteurdomestique, et impatientd'ailleursdo se faireunepositionet un nomqui luipermissentd'pousercellequ'itaimait,Fichtoquitta la Suisse pour retourner on Allemagne.Aprs s'trearrt ilStuttgart, o il avait s'occuper d'tmobonneuvre, et Weimarou il espraitvoirGoetheet Herder, ilse rendit Leipsick,o il croyait trouver plus facilementtes ressourcesqu'il cherchait.Bien qu'il et emportplusieurslettres de Lavatcrpour divers per-sonnages,soit fiert, soit discrtion,soit l'un et t autre ensemble,Fichte, avant dpartir, n'avait pas ose faireappelpourtui-mmeaucrditdontjouissait l'illustrepasteur de Zurichauprsdesgrandsdot'Attomagno.Il le fait, pour la premire fois,dans une lettre datede Loipsick il prie Lavatorde vouloirbien songera lui, s'il entendpartord'uno ducation faire dans quelquegrande maison,ou dequelque jeune prince a accompagner soit l'universit, soit envoyage En mmotempsil mdite plusieursprojetsqu'il communi-que sa fiance,celui, entre autres, de fonderun journal destin prserverlepublic,et particuticrementtesfemmes,du dangerdecer-tains livres, en leur offrantdes lectures plus saines et plus utiles.Mais il fallaitpour cela trouverun diteur.Enattendant, il composedes nouvelles,et mmeune tragdie, bien qu'ilne se sentegure npource genre de littrature on lui dit quecelaconviendraitbeau-coupmieuxaux libraires.Mais.quelquesdifficultsqu'il trouvea socrer des ressourceset uneposition,il s'enrayer l'idedo retournerdans sonpa~s pour y poursuivreta carrire ecclsiastique:it veutavant tout conserver t'indpendancode sa poaso. < Sans doute,crit-it. nosjeunesecclsiastiquesd'aujourd'hui,dont l'esprit est cul-tiv par l'tudesdes hautessciences, ont dos iumireset une con-naissance rationnettodo la religion qu'on no trouverait,au mmodegr, dans aucunautre pays do t'Europo.Maisils sont opprimspar une inquisitionpirequecelled'Espagne; et. soitquota forceleurmanque tout fait, soit qu'ils ne puissent se passer de leur place,tandisqu'on peut trs biense passerd'eux causedu grand nombred'pcctsiastiques,ilsplientsous lejoug et fontleshypocrites.Dansune pareillesituation,une rvolutionest sans douteimminente;maisquand? et comment Bref,je ne veux pas tro ecclsiastiqueonSaxe? Deux moisplus tard, sa rsolutionest un peu obrant~ i)accepterait une positionecctc~astiquo(tans sonpayn,s'it pouvait

  • t-'t
  • ~TtU)nrc'H
  • H':tm-:Kt LA ~UJT))~'n{.(:Si-: XI

    t'autro.0uette.)d)nimb!t'pr(.p:tt-!itiun()

  • iM'hU~L'CTtu~ DU TttADtCTKURXH

    fpnlui taiontredevcnusnectaires lu neco~it~luilitaccepterunep)ucede prcepteurdans unefamillonchtod.)ce puys.Maisdo non.vot'esdeceptionst'attendaient Varso.'ie.Sonair srieuxot grave ledfaut de soupire et do tk.xibd.teint.cront on caractre, enfinsa mauvaiseprononciation franaise. tout cela, des la premireentrevue, dcph.t la comtesse potonaisoqui devait lui confiort'ducationdosonfils. Httolaissa voirFichte sondsappointement,sans toutefoisluiddctarorqu'otte refusaitdu le recevoir mais notrephilosophen'uit pas hommo accepter uno situationhun.itiantoquelque pauvre qu'it fut. !t crivit la cointo~soune lettre trst)ero.afin de rdamer tes gardsqui lui taientdus, si l'onconsentaita retnptoycr, ou, dans )e cas contraire, une indemnit. Pour touterponse. comtesselui fit pro'nettre s~ protectionauprsd'autresmaisonsdo Varsovie.Fichtodclara bien huutqu'it no voulaitpastre traite commeune

  • HCHTE ET L\ )!H\'
  • tNTRU~JC'noNDU TftAUUCTEUn.XtV

    ourlant Kant qui du, et ce jugementdu grand philosophetuconsotedu refusqu'il vient d'en ~~oyer. Pourcomhtedem.'theur.to tibraire iiurtut~. (;ue Kant.h)i av.utdsign, tait alors absentdeKnigsberg.Cependant.us ressotirce.sdiminuaientd'une manireemayante. Aujoufd'hu', ccrit-it dans sonjournat, a ta date du

  • FtCUTE ET !.A fU~VOLUTONPHANAtSK. XV

    vante, taient interesst' a te soutenirpourjustifierleur mpris etsauverleur sagacit.Il nemanquait ptusa Ficbto qu un bonheur,etcctui-ta allaitsui-

    vra tes autres. Par ses soinset sonconomie,madetnois('ttoMnht)tait parvenue sauveruoopartie de la fortunede son poro,ut o)teavaitencore

  • !N'mODUCT!ONDU THAn'JCTEUit.XVf

    commencepar une dclarationdes ~.o.~

  • F!CMTRET LA RVOLUTIONFHAKCAtSE. XV!!

    quementretenu!opeupledans t'ignorancc, ut il en tire une grande!

  • NTHODUCTfONDU THADUCTEUH.XV!H

    recevoirnosdons.Cetatant, dit-on,tusocitncpeut-ettosupprimerune foispour toutes ce consentement,ut exiger do chacun do sesmembresla promessedonc communique!absolumenta personnesesconvictions?Enraisonnant ainsi, on oubliequ'it est do notredesti-nation d'user librementde tout co quipeut servit-h notre cultureintellectuelleetmorate,que, par consquent,il nonousest paspermisde renoncer au droit de recevoir des autres les iumirfsqui noussont ncessaires,et que si notre droit do recevoirest inalinable,leur droitde donner ne t'est pasmoins.Mais,dit-on, nul n'a le droit do distribuerdu poison,t.e poisontvoille grand motdesennemisde la tibrcpense;etcomot, sivieux

    qu'il soit, n'est point encoreuse poureux, nous en savons quoiquechose. Reste savoir seulementcommentils s'y prendront pourprouver que ce qui est pour les uns une nourritureexcellenteestunpoisonpour lesautres, et que tesphilosophessont, d'intentioncommede fait, de vritables empoisonneurs.Pourparier sans mtaphore,le poison, c'est t'orreur, et t'erreur, c'est le contraire do la vrit'Or, disent-ils,si vous avez ledroitde rpandre la vrit,vousn'avezpas celuidopropager t'erreur.Fort bien, maisfaut-il que nous tenionspour vrit tout cequ'illeur ptat d'appeler vrit, et que nous rejetions commefaux ce

    qu'ils nousdonnentcommeune erreur?Quel critriumnous offrent-ils pourdistinguersrement l'erreur de la vrit !t y a, disent-ils,des erreurs ancienneset depuis longtempsrfutes. Mais rfutespour qui Poureux sans doute; s'en~uit-itqu'cttos le soientaussipour noua~?

    Que parle-t-on d'ailleurs d'erreur oude vrit! t s'agit bien decelapour lesprinces Toute la questionpour eux est d'assurer leurdomination,et pourcela it ne leur suffitpasd'opprimerloscorpss'ilsn'asservissentaussi les esprits. En p:)r.itysantdans leurs sujets tepremierprincipede l'activit spontune,la pense; en ne leur per-mettantpas dese hasarder penserautrementqu'ils no l'ordonnent,ils en font prcismentlesmachinesqu'ils veulentavoir, et ilspeu-vent s'en serviratour gr.il est fcheuxseulementque le droit ne soit pas ici d'acord avec

    loursprtentions. Pour qu'ils eussent le droit do dterminer cequenous dviions admettre commevrai, il faudrait qu'ils tinssent cedroit de la socitet que celle-ci l'et acquis par un contrat. OrFichte n'a pas de peine prouver qu'un pareil contrat ost mo*ralomentimpossible c'Mt--dirc ittogitimoet non avenu, tt tui.

  • HCHTE ET .A RVOU'TtON BANCALS! XtKsuffit pour cela de rappelerque lit facutt do penser librement t
  • INTRODUCTtONDU THAD~CTEUR.XX

    princeset aux peuplest'austre tangaged'un hommolibre, d'un v-ritabtedmocrato.Je n'ai voulu,dans leslignesqui prcdent,qu'indiquertes prin-

    cipessur lesquelsFichto s'appuie dans son ~cox~~tr~ libert

  • FCHTE HT LA tYOLUTIOKFHANAISE. XXt

    quelsprincipest'n penst il fautjuger tes rvolutions,C'pst, se!onlui, f.'u'e de s'entfndre sur ce premierpointqu'on a dbit tant de

    sophisme:;sur la Hvotutionfranaise: Tcitoost, dit-il, !.t sourcela plus fcondede touscessophismesinsipideso s'garenta chaqueinstantnon-~eutementnos beauxmessieurs et no? bettes dames,maisencorenoscrivainslesplusvants, quandils jugentce granddrameque IiiFrancenousa donnde nos jours. Fichteveut donc

    quel'oncommencepar rechercherd'aprs quitte espcede rgles ilfautjuger une rvolution,ou, en d'autres termes, que! point devueondoitse placer pourl'apprcierconvenablement.Cct!erocher-choformel'introductiondo son travail.Maisd'aborddoquoi parto-t onau juste, quandon entreprendde

    jugerune rvolution?S'agit-it do la ~(ttnttc do cetto rvolution,ous'agit-il(le sa angcsae? Ce sont l douxquestions fortdistinctes,1et qu'il faut biense garderde confondre.Lapremireest une ques-tiondedroit it s'agit do savoir si en gnralun peuplea le droitde

    changerpaconstitution,ou si en particulieril a le droit de le faired'unecertaine faon; la secondeest une questiond'habilet a-t-ilchoisiles meilleursmoyensd.ms les circonstancesdonnes? Cesdeuxquestionsbien distingues, il faut voird'aprs quelsprincipesondevrales dcider.Hy a des gens qui n'admettentpas doloisternettesdu droit, et i

    q))ifont du succs la pierre do touche de la justice. Ces gens-l, tcommedit Fichtc. attendent t'sncment pour donner un banditiotitre de hros ou celuide meurtrier (t). est un grand homme,un sauveur, un Dieu, s'il russit; it et t un brigand, un malfai-teur, un sclrat, s'il et chou. Fichte ne veut pasdiscuteravecces gens-t mais il on est d'autres qui, tout en reconnaissantaumoinstacitementdes loisprimitiveset tcrnottes,croientdevoirde-mander l'expriencela solutionde ta doublequestiondont il s'agitici.Cesont cesderniersque Fichtovoudraitconvaincro.C'est donc t'oxprioncoqu'itappartient, suivant eux, de rpon-

    dro&cottequestion Unpeuplea-t-il le droitdo changersa consti-

    tution, et, en particulier, de la changerd'une cortainofaon? Mais

    qu'est-ceque cette expriencequ'ils invoquent?S'agit.-ildoces pr-tendusprincipesquenousrecevonsd'aburd do nos presou do nos

    ntres, que nousretrouvonsensuitechez tousceux au milieu des-

    quelsnousvivons, et qui,s'incorporantdeplus onplus notretre,

    (!) Page5

  • hvmui~'nu~ uu m~bucTKUh.XXtt

    exercent sur nos jugementsune inMucncodontnous nonous rendonspas compte? C'estainsi, par oxomplo,que beaucoupdo gens on sontarnvs a croiredo trs bonne foiqu'un hommepeut tre ta mattred un autro homme qu'un citoyena droit, par le seut faitdo sa nais.sance, a certa.ns privitcgcs(~o n'ont pas ses concitoyen qu'unpn~e est destinea f~ire te bonheur de ses sujets; ils ne songentgure a remonteraux causes qui garent leur jugement. Cene sontsans doute pasces prjuges que ton invoquesous le nomd'exp.r.encu? Sor.ucnt.copar hasard ces irions que produiten nous lesentunent obscurdo notre intrt, et dont il nous est si difficiledenous prserver, mmo avec esprit le plus lucide et la meilleurevotons? Aforcede nousprsenter nous-mmeset do prsenterauxautres sous un manquehonorabte~s prtentionsde notre 6go.smonousen faisonsdesprtentionst~tunes, et nous crionsa l'injustice,quand on no fait souventque nous ompcherd'ctro injustes. Cen'est donc pas lu non p!usce que nous consumerons,quand il s'agitdudroit nousnorepousseronspas ~oins rinuencedo t'intret quecelledes prjuges.Quosignifiedonc cette exprienceque l'on invo-que? C'est to tmoignagede !)~o

  • LXXXH tNTRODUCTtONDUTRADUCTEUR.

    pourvoir sonmari succomber lamaladiequ'il avaitson tourcon-tracte auprsd'elle.Aucommencementdu semestred'hiver, Fichte avait reprisencore

    une fois ses leons a l'Universit, et jamais son esprit ne s'taitmontrplus disposet plus net. It mc

  • F!CHTE ET LA VOLUTION FRANASE. LXXXH!

    J'espoird'une guerisonterrestre, ou n'etait-cu pas p!ut6tcetuid'unudctivrancespirituellequ'ilexprimaitu son filspeu de temps avantdomourir? Commecetui-cilui prsentait,unepotion Laisse cela,lui dit-t! en le regardant avec sa tendressehabituetto,jo n'ai plusbesoinde remde,~osons que je suisguri. MIl allait 6troen effetgucride tous !osmauxdocette vie il mourutdans lanuitdu 27 jan-vier ~814. !t n'avait pas encore accomplisa cinquante-deuximeanne.

    UneYotontcfermeet incbran!ab)o,jointe un esprit capab!edesplushautes ideset uncceuranin~ des sentimentslospluspurs etles plusnoblos,te! fut en rsumtocaractre du Fichtu. Deta chezlui eotto exattationsoutenue, cet enthousiasmecatmc, si t'on peut.parlerainsi,cedvouementrenechi pourtoutcequiest grandet vrai-mentbon la vcritc, ta libert,la justice, l'humanit,tapatrie. Delitaussi immense innuoncequ'i! cxcr

  • INTRODUCTIONDU TRA)L'CTE!Jt{.LXXXIV

    diversespartent du mme principe et tendent au mmo but ladignit et t'indpendancedu moihumain. Dans sa jeunesse, atorsquo les plus rudes preuvesont dveloppen lui uu plus haut degrla consciencede son individualitet de sa force, et qu'it no relveencored'aucun gouvernement,non-seulementil ombrasse avecen-thousiasmelos principesdo libertet d'dit proclamspar ta Ru.votutionfranaise,mais it exattoa tel point les droits do t't~tUt'dMqu'il supprimepresque i'tat. Un pou plus tard, devenuprofesseurdansunedesp!us importantesUniversitsdot Allemagne,denouveticsrflexionst'amnenta reconnatrela nccasitjuridiquede !

  • REVENDICATION

    DELAUBRTDEPENSERDELALIBI*j-.J.J ~4AUPRES

    DESPHINCESDKL'EUROPEQU L'(~'T OPPHLM~R JUSQU'iCti

    DISCOURS

    .Y

  • PhFACE

    Il y a 'tes savants qui croient nous donner une trshauteopinionde !a soliditdo !eur esprit en rejetant aus-sitt,commepure dclamation,tout ce qui est crit avecquelquevivacit.Sipar hasard cesfouinesviennent a tom-ber entre les mains d'un (te ces hommesprofonds, jp teprviensqu'elles n'ont paspour but d'puiserune si richematire mais seulement d'en recommanderchaudementquelques ides a un public peu instruit, mais qui dumoins,grce la hauteur ou il est placeet a la puissancede sa voix, n'est pas sans influence sur le jugement. g-ttcral. Ce n'est point avec des formes savantesqu'on aordinairement prise sur ce public. Que si ces gravesesprits ne dcouvrent pas dans ces feuilles la moindreu'accd~unsystmeplussolide et {dusprofond, s'ils n'ytrouvent mme pas le moindre signe qui leur paraissedigned'tmc plusampie r(''ncxion,la fauteen pourrait bientre en partie a eux-mmes.C'estune des proprits caractristiquesde notre a~e,

    d'aimer a ianccr te Marnesur les princes et les grands.Est-ce !a lgret qui nous porte ,a faire des satirescontreeux, ou croit-on se reicver soi-mmepar la gran-deur apparente de son objet? Celaest doublementfrap-pant dans un sicle o la plupart des princes allemandscherchent se distinguer par leur bonne volont et leurpopularit; ou ils font tant pourdtruire l'tiquette quiformaitautrefois un si profond abmeentre eux et leurs

  • A UH\'HM)tC\TtUN

    concitt~L'ns,et qui tuur est devenuesi importune a eux-mmes; un ennn hcaucoup d'entre eux se donnent l'aird 'estimer lessavantset la science. Si t'en ne peut serendra eu tmoignagedevant sa propre conscience,quet'en est sr de sut, et que, toutes les consquencesque lapropagationdes vritsutiles pourrait attirer sur sa tte,un saura tes supporter avec autant de dignit qu'on enaura montre a les (tire. que l'on s'en remette alors a la.gnrosit de ces princes si gravement accuses, ou quel'on reste plong'dansune insigninanteet strile obscurit.L'auteur (le cesfeuillesne croit offenser,par sesassertionsou par son ton, aucundes princes de la terre, mais aucontraire tes obliger tous. Il n'a pu sansdoute ignorer tereprocheadressea un certain grandKtat,d'avoiragi contreles principes qu'il cherche tablirici; mais il savaitbienaussique desMtatsprotestantsvoisinsl'ontbienpisencore,sansque personnes'emporte a cesujet,parce que l'on yestaccoutumedepuis longtemps. Il savaitqu'il est plus facilede chercher ce (pu ou ne doit se faire que dejuger avec impartialit ce (lui se /< rellement, et sapositionlui refusaitles~w~~ ncessairespour tablirdece dernier cote un jugement solide. II savait que, quandmme tous lesactesnese pourraient dfendrecommetels,les mobilesde ces actesn'en seraient peut-tre pasmoinstrs nobles; et, en ce qui nous concerne, il est pleind'admiration pour cette ingnieusebont qui, en feignunt.d'essayerde nousravir un bien au sujet duquelune longuejouissancenous avait refroidis, a voulurveiller notre es-time pourlui et nous exciter enuseravecplusd'ardeuril est confondudevant cette rare grandeur d'me, qui faitpte, de proposdlibre, on s'expose,soi et ses amis, au.langerd'tre mconnu, accus, ha, et cela uniquement

  • DELA UnERTKDR PE~SKH 5

    pour favoriserle pro~resdeslumieres.Hsavaitenuuquecesfeuillesmmesfournissenta cim'tuel~tat l'occasiondesn'ee

  • 0 REVENt)!C~T!ONpar des bonds violents,on bienpar un fu'o~resinsensibie,lent, maissur. En procdant par bonds,par ebratdemeutset bouleversementsviolents, un peupte peut faire, dansl'espace (t'un demi-siecie,plus de pas en avant qu'il n'enaurait fait en dix sicles, en revanuh< eu denu-siedeest plein de souuranceet de misre mais il pt.utaussirsumer en an'ierc (te tou~autant et retomber dans !abarbarie o il tait piun~ nnitc aus jdus tut. L'iu'stoit-cdu monde fournit des preuves de t'un et de Fau~'e cas.Les volutions violentessont toujours uncuupi.asardeuxde l'humanit; quandeues russissent,la victuireobtenuevaut bien les mauxqu'eiles ont causes; mais quand ellesf!chouont,vous ne faitesque vousprcipiter, a traversiamisre, dans unemisreputs grande.licst plussrde pout.suivre peu a peu ta propagationdes lumires et par euesle perfectionnementde la constitution politique.Lespro-grs que vous faites sont tnoins rcmarquabies, pendantqu'its arriveut; maisregardexderrire vouset vousvc.rr
  • PE LA LIBERT DE PRNSEH. 7

    drait-on nous les an'acher en touffantnotre libert depenser? Kt pourrions-nous nous les laisser ravir?Lorsqu'onarrte le propres de l'esprit Immain, il ne peutarriver que l'une de ces deux choses ou bien, ce qui estle plus invraisemblable,nous demeuronsou nous tions,nous renonons a toute prtention de diminuer notremisreet d'augmenter notre bonheur,nous nous laissonstracerdes limitesque nous nous engageonsne pasfran-chir;ou bien, ce qui est beaucoupplusvraisemblable,le cours de la nature, que l'on vent arrter~brise violem-ment et dtruit tout ce qui lui faitobstacle,l'humanit sevengede ses oppresseursd'envoyervos fils la guerre pour se couperla gorge, ende sauvages combats, avec des hommesqui ne tes ont

    jamais oncnses, ou pour tre dvores par les maladies

    contagieuses,ou, si vous l'aimcx mieux, pour ramenerl'ennemi,comme un butin, dansvospaisiblesdemeures;continuezd'arracher de la bouche de votre enfant affamevotre dernier morceau de pain pour le donner au chiendu favori; donnez, oui (tonneztout; mais gardez seu-lementce cleste palladium de l'humanit, ce gage quinous promet un nuire sort que celuide souffrir, de tout

  • REVENDICATION8

    supporter, d'tre crases jamais. Les gnrations futures

    pourraient vous reclamer d'une manire terrible ce nuevous avex reu de vos pres pour le leur transmettre. Si

    ceux-ci avaient t aussi lches que vous, vous seriez

    demeures dans la servitude la plus honteuse (pu puisse

    peser sur l'esprit et le corps vous seriez toujours tes

    esclaves d'un despote spirituel? Us ont arrache par de

    sauvants combats ce qu'un peu de fermet de votre partsufnrait a conserver.

    Ne hassezpasvos princes pour cela; c'est vous-mmesque vousdevriezhar. Unedespremiressourcesdevotremisre, c'est que vousvous faitesune ide beaucouptrophaute cl'euxet de leurs auxiliaires.H estvrai qu'ils fouil-lent de leurs mains infatigablesles tnbres des siclesdemi-barbares, et qu'ils croient avoir trouve une perleprcieuse, quand ils ont dcouvert la trace de quelquemaximede ces vieuxtemps; il est vrai qu'ils s'estimenttfort sa~es quand ils sont parvenus a g-ravcrdans leurmmoire une de ces maigres maximes;mais tcncx pourcertain que, sur ce qu'ils devraient savoir, sur leur vri-table destination, sur la dignit elles droits de l'homme,ils en saventbeaucoupmoinsque le plus ignorant d'entrevous. Gomment pourraient-ils en apprendre quelquechose?eux pour qui l'on a une vrit particulire,quin'est pasdeternunee par les principessur lesquelssefondela vrit huniainf universelle, mais parla constitution,laposition, le systme politique de leur pays; eux :'tqui,des leur enfance, on dpouillesoigneusement la tte detoute formehumaine en gnrt, pour lui en donneruneou il ne puisse entrer qu'une vrit de ce genre,a quil'on imprimecette maxime dans le cur, a l'ge ou il estle ptus tendre a Tousles hommesque vous voyez,Sire,

  • HHLAHHERTHDEPENSRn. 9

    y.sont !apour vous: Ussont votre propri'te(1). Ktquandmme its t'apprendraient, comment pourraient-iis :)voir

    titiorcedeh* comprendre?-- eux dontonaemousse

    artiticieMementi'csprit par un~morate endormante, pardes ptaisirs pretnatures, et, quand Us n'y taient pas dis-

    poses, paf des superstitions rtrogrades. On est tente de

    rc~u'dcrcotnnm un )nn'actepermanent (!cla I~'ovidcncc,

    ({n'Hyait,

  • 10 REVENDICATIONDELA UBERTDE PR~t-n.

    jusque ce qu'ils entendent, que vous ne vous laiss~'ex

    pas ravir la libert de penser, et prouvez-leurpar \otroconduite combiencette dclaration est scricuse. Nevouslaissezpas enrayer par h crainte du reproche d'indiscr-tion.Commentdonc pourriez-voustre indiscrets?Serait-ce envers l'or et,les diamantsde la couronne, envers la

    pourpre du manteaudevotreprince? I\on, mais enverslui. Il faut avoir bienpeude confianceun sui-ineme pourcroire qu'on peut dire auxprinces des choses qu'Usnesavent pas.Et surtout, vous tous qui vous en sentez ia force, de-

    ctarex ta ~u

  • lis sont passas, peuples!l ces temps de barbarie, oui'onosait vousd~ciarer nu nomde Dieuque voustes (1rstroupeaux ptaces tout exprs sur in terre pour tre lesesclavesd'une douxairn~de cratures privilgies, pourporter iou's fardeaux, pour servir hurs ptaisirs, pourtuer a leur place queDieuteur a transmis son droit in.contestablede proprit sur vous, et ru'etant ses repr-sentants, ils vous tourmentent pour vos oecbes vertud'un droit divin. Vouste savcx, ou vous pouvez vous enconvaincre,si vous ne )c savez pas encore vous n'e.tespasmme ia propri~t
  • nEVENn!CAT!ONi5

    les plustaihics;que leur forcene rsidequedans voshrns,et que vousn'avezqu'a laisser toml)erceshras pourqu'ilsSsentent leur misreet teur dlaissement.Voilace que leuront montre des exemptesqui tes font encore trcmhter.Vous ne les croirez pas davantage. quandits vous diront

    que voustes aveugles, (tenuesde secours, ignorants, et

    que vousne saunez pas vousdn'i~er vous-rucmess'ns neYous~uidaieu~commede petits entants, de leurs mains

    patcrnettes ils ont montre de nos jours par des bvues

    que teplus sunpicd'entre vousn'eut pascommises,qu'ilsn'en savent pas plus que vous, et qu'its se prcipitent, etvous aveceux, dans le malheur, parce qu'ils croient ensavoir davantage.N'coutezpas plus longtempsde sem-blablesduperies oscxdemander au princequi veut vous

    gouverner ~p~c/ J?'o~ il vouscommande.Par droit de s~cce~'o~ disent quelques suppts du

    despotisme, mais qui ne sont pas ses dfenseursles plusintelligents car, en supposantquevotre princeactuel ait

    pu hriter un tel droit de son pre, qui a son tour letenait du sien, et ainsi de suite, ou celuiqui fut le pre-mier le prit-it; et s'il n'en avait aucun, comment put-iltransmettre le droit qu'il n'avait pas? Et puis, ruses

    sophistes croyez-vousdonc qu'on puisse recevoir deshommesen hritage commeun troupeaude moutons oucommeun pturage? Lavrit n'est pas une chose aussi

    superncieHcque vous le pensez il faut la puiser plus au

    ~ont!, et je vousprie de vouloir bien prendre un peu de

    peine pour ta chercher avecmoi (~).

    (i) Jedemandequ'onnelaissepasdect,maisqu'onliseattetUi-vementccUccourtedductiondesdroits,desdroitsinalinableset desdroitsidienables,du contt':)t,dchsocit,desdroitsdesprinces,qu'ons'enpntrebien,et qu'onh conserveMtement,parcc/nt'an-

  • f)H LA LtDKHTDK l'KKSHR. 13

    L'homme ne peut tre ni le~ue, ni vendu,ni donne ilnu saurait tre la proprit (!e personne, puisqu'il est etdoit rester son propre maitre. portoau fond de soncur une tincelledivinequi l'levau-dessusde ranimaiet ie fait citoyend'un monde dont Dieu est le premiermembre; cette tincelle, c'est sa conscience.Celle-cilui ordonne absolumentet sans conditionde vouloir tellechose, de ne pas vouloir telle autre, et cela /c~/ et

  • HKVNDICATIONi/t

    pourrait a~ir conformmenta son devoir, et aux actionsque ce devoir exige. Il ne saurait abdiquer de tels droitsils sont !

  • DH LA LIBERTDE PENSEE. 16

    qu'il est absolumentcontraire au droit de se taisser im-

    poserdes lois par un autre que par soi-mme.La lgis-lationcivilen'a de valeur pourmoique parce(meje t'ac-cepte volontairement, il n'importe pas ici par quelsigne, et que je me donneainsi la loi a rnoi-m~me.Jene puisme laisser imposer une loi sans renoncer par ta al'humanit, a la personnalitet a la libert. Danscecon-tratsocialchaque membre cedequctqucs-unsdcses droitsalienaldes,a la conditionqued'autres membrescderontaussiquelques-uns des leurs.Quandunmembre n'observepas soncontratet reprend

    sesdroits alins, la socitreoit alorsun droit, celuidele contraindre a l'observerpar la lsionqu'elle inHigeauxdroitsqu'elle lui a garantis.Il s'est volontairementsoumisa cette lsion par le contrat. Dela vicnt le pouvoir c~-

    CM~Cepouvoir excutif ne peut tre exercesansdtriment

    parla socit tout entire; il est donc dlguea plusieursmembresou &un seul. L'individu auquel il est dlgues'appelleprince.Le prince tient donc ses droits de la dlgation de la

    socit; mais la socit ne.peut lui dlguer des droits

    qu'ellen'a pas elle-mme.Laquestion que nous voulonstraiter ici, savoir Un princea-t-il le droit de limiternotre libert de penser? ? se fonde donc sur celle-ciUntat pourrait-il avoir un pareil droit? ?Lafacultde penser /c~ est le caractre qui dis~

    tingue l'intelligence de l'hommede celle de l'animal.Il

    y aaussi des reprsentations dans la dernire; maisellesse suivent ncessairement, elles se produisent les unesles autres, commedans une machine mouvementen

    produitun autre. C'est le privilgede l'hommede rsister

  • i6 HEVENDICATIOM

    par son active a ce mcanismeavoue de l'associationdes ides un se l~orneun esprit purement passif et dedonner au cours de ses idesune direction dterminepar sa forcepropre, suivantsa libre volont; plus on main-tient en soi ce privilge, plus on est homme. La facultqui en rend l'hommecapableest prcismentcelle par la-quelle il t'c~ liln'ement.I.a manifestationde ia libertdans ta penscc,tout aussi bien quedans!e vouioir,est unetement essentiel de sa personnalit eHeest !a conditionncessairequi seule lui permet de dire Jesuis, je suisun tre agissantpar mi-mme. Cettemanifestationneiuigarantit pas moins que t'autrc le tien qui ie rattache aumonde spirituel et n'etahiitpas moins raccont entre cemondeet tui car ce n'est pas seutcmcnt i'itarmonimtansle voutoir, maisaussi i'harmome dansla pensequi doitdominer dans ce royaume invisible de Dicu.jOui~cettemanifestation(le la libert nous prpare a une manifesta-tionplus continueet plus puissantedecette mmeliberten soumettantlibrement nosprjuges et nos opinionsa laloi de la vrit, nous apprenons dj a nous incliner et anous taire devant l'ide d'une loi en gnral; cette loidompte d'abord notre cgosme, que la loi morale veutgouverner. L'amour libre et dsintressedela veritc sp-culativepour la vriteIJe-memeest la prparation la plusn'uctucusca la puret morale des sentiments. Et ce droitsi ctroitenicntlie a notre personnalit, a notre moralit,cemoyenque la Sagessecratrice nousa donnetout exprspour travailler a notre ennoblissement,nous aurions pul'abandonner dans un contrat social? Nousaurions eu ledroit d'aliner un droit, inalinable? Mais la promesseque nous aurions laite d'y renoncer aurait-elle si~nih