johanna spyri heidi heidi grand m¨re

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HEIDI GRAND MEREDANS LA MME COLLECTIONJOHANNA SPYRlHEIDI. La merveilleuse histoire d'une fille de la montagne. Illustrations de Jodelet.HEIDI GRANDIT. Suite de la merveilleuse histoire d'une fille de la montagne avec fin indite du traducteur. Illustrations de Jodelet.HEIDI JEUNE FILLE. Suite indite de Heidi et de Heidi grandit, par le traducteur. Illustrations de Jodelet.HEIDI ET SES ENFANTS. Suite indite de Heidi, Heidi grandit et Heidi jeune fille. Illustrations de Jodelet.HEIDI GRAND'MRE. Illustrations de Jean Berthold...

LE SOURIRE DE HEIDIAdaptation de nathalie GARA Illustrations de andr PECAU PAYS DE HEIDI. Traduction nouvelle. Illustrations de Jodelet...

KORNELLI. Traduction nouvelle. Illustrations de Jodelet. (Collection Flammarion.)R E AHEIDI GRAND'MREIllustrations Je JEAN BERTHOLD

Droits de traduction, de reproduction et d'adaptationrservs pour tous les pays.Copyright 1941, text and illustrationby ernest flammarion.Printed in France.TABLE DES MATIRESPremire partieCHAPITRE

I. Un malheur Dorfli

8II. Triste dpart.

18III. Une lettre inutile

28IV. Tristesses et joies

36V. Belles vacances

44VI. Le successeur de M. Keller

54Deuxime partieCHAPITRE

VII. L'heureuse famille.

64VIII. La monte au chalet

75IX. Une bonne nouvelle

89X. Un jour d'angoisse Blanche-Neige .

99XI. A l'Exposition

107XII. La fte du pays

122XIII. L'orage clata soudain

134XIV. Une ide charitable

141XV. Didier, enfant d'Alsace

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CHAPITRE PREMIER

UN MALHEUR A DORFLI.

Bien des annes ont pass depuis que les amis d'Amrique sont retourns chez eux.En ce jour clair de printemps, Heidi, seule dans sa cuisine, tient la main une lettre dont elle vient de terminer la lecture.Un gai soleil d'avril lance un rayon malicieux travers la vitre et vient se jouer sur une marmite de cuivre resplendissante.Heidi, assise la table, a le regard perdu dans un vague lointain. Elle songe. Cette lettre, qui lui a apport des nouvelles de son amie Jamy, lui rappelle de bien vieux souvenirs. Que sont devenus, maintenant, tous ces enfants qui s'amusaient, espigles et heureux, sur l'Alpe, autour du chalet de l'Oncle ?Margareth-Rose vient de se marier. Est-ce dj possible ! Georges a russi brillamment, le mois dernier, ses examens d'ingnieur et a t tout de suite engag dans une des plus grandes usines des environs de New-York. Et ses propres enfants, elle, Heidi? - Henry, aprs de fortes tudes au Polytechnicum de Zurich, est depuis peu sous-directeur d'une importante entreprise de constructions mcaniques Winterthour. Annette passe ces jours-ci les preuves finales l'Ecole normale de Coire. - Quant Paul, il est rest Dorfli, attach sa terre et sa montagne. Il aime cette vie rude et saine du paysan alpin. C'est un aide intelligent et vif pour son pre, Pierre le jardinier.Heidi se sent aujourd'hui bien seule dans le vieux Manoir, o Brigitte sert encore fidlement Ses matres. Elle repasse mlancolique, en son esprit, certains vnements de son existence. Elle se revoit toute petite fille, au jour o elle avait gravi, avec la tante Dete, le sentier qui grimpe travers les vignes, au-dessus de Mayenfeld. Puis ses penses, la conduisent Francfort : la silhouette fantasque de Mademoiselle Rougemont surgit ses yeux et la fait sourire un instant. Qu'est devenue son amie Claire ? Marie, heureuse par le monde ; grand'mre peut-tre ; qui sait ? Il y a longtemps dj qu'on ne sait o l'atteindre. Heidi se remmore la vieille grand'mre aveugle, l'Oncle de l'Alpe et surtout, son grand bienfaiteur; le docteur Rroux...Brusquement, elle est tire de sa rverie par un tintamarre de petites voix aigrelettes qui discutent avec animation sur la place du village. Heidi jette un coup d'il la pendule : trois heures. Pourquoi donc les enfants sortent-ils si tt de l'cole, aujourd'hui ?Intrigue, elle va sur le pas de la porte et interpelle la petite Lina, qui semble fort agite, et trs mue. H ! Lina, viens ici et raconte-moi ce qui se passe.

Elle repasse, mlancolique, en son esprit... Telle une niche de poussins qui on lance du grain, la troupe des enfants se prcipite vers Heidi en jacassant qui mieux mieux. Chacun veut apprendre Heidi la grande nouvelle, et tous crient la fois, si bien qu'il n'est gure possible de comprendre clairement la raison de ce trouble. Voyons, calmez-vous, les enfants. Si je sais ce que vous voulez dire ! Il s'agit de l'instituteur, ce que je devine. Il est malade, lance d'une seule voix toute la bande de bavards. Malade ? et qu'a-t-il ? Laissez donc rpondre Lina ! Madame, l'instituteur nous a dit tout l'heure qu'il ne se sentait pas trs bien, qu'il ne pouvait plus continuer faire la classe, et il nous a congdis jusqu' demain matin. Comment ! Monsieur Keller, malade ? Il toussait trs fort ; a sifflait chaque accs, dit un petit garon. Il tait tout ple, puis tout rouge, dit un autre enfant. Quand nous sommes partis, il s'est assis sa place, a crois les bras sur son pupitre et a laiss tomber sa tte... Il avait l'air de dormir ; je l'ai vu par la fentre... Peut-tre qu'il pleure parce qu'il a mal, dit tristement la petite Marie aux longues tresses blondes. Merci de tous vos renseignements, dit Heidi, je vais aller voir Monsieur Keller et lui demander si je puis lui tre utile, Oh oui ! Madame, merci, dirent les enfants tous ensemble. Et la petite Marie hasarda timidement : Faut-il retourner en classe, demain matin ? Bien sr, rpondit Heidi. Et maintenant, rentrez vite la maison, et surtout soyez bien sages.La petite troupe discuta encore un instant, puis s'parpilla.Heidi ta son tablier, mit en hte un chle sur ses paules, un mouchoir de couleur sur la tte et sortit. Elle rencontra Pierre, son mari, la porte du jardin. Tu sors ? O vas-tu ? lui demanda-t-il. Il n'y a pas de malheur, au moins ? Tu as l'air tout mue. Je vais l'cole, voir ce que devient Monsieur Keller. Nous avions bien remarqu, Dorfli, qu'il avait l'air fatigu ces derniers jours ; il avait mauvaise mine. Il y a une heure, il a interrompu sa leon et a renvoy les lves chez eux. Il a peut-tre besoin d'une aide. Tu es toujours la mme, compatissante et prte rendre service. Depuis que M. Keller a perdu sa femme, il est tout dsempar. Va vite. Je reviendrai bientt.Heidi hta le pas, et son cur battait fort. Pauvre instituteur! Il fallait qu'il ft bien bout de forces pour abandonner ainsi ces petits enfants qu'il aimait tant, auxquels il donnait depuis plusieurs annes tout le meilleur de son cur.Elle frappa la porte de l'cole et, n'entendant pas de rponse, elle pntra dans la classe.Elle trouva le vieil instituteur dans l'attitude que lui avait dcrite Lina. Elle eut comme un triste pressentiment.M. Keller ne l'avait pas entendue entrer. Sur la pointe des pieds, elle s'approcha de lui et, doucement, comme on ferait un enfant qui souffre, elle mit la main sur son paule. L vieillard sursauta, se redressa et, comme pris en faute, baissa les yeux devant la visiteuse inattendue. Voyons, M. Keller, remettez-vous ; c'est moi, Heidi. Bonjour. Il lui tendit la main, qu'Heidi sentit toute chaude et moite de fivre. Il ne vous faut pas rester ainsi, cher ami. Vous devriez aller vous coucher. C'est une forte grippe qui vous fatigue. Remontez vite dans votre chambre. Je vous enverrai Brigitte. Elle fera un cataplasme et de la tisane. Cela vous soulagera. Comme vous tes bonne, Heidi ! Vous savez que je suis seul la maison. Depuis que mon fils unique Franois nous a quitts dans un moment d'garement et depuis que ma chre femme en est morte de chagrin, je n'ai plus got rien... Voyons, voyons, M. Keller, il faut ragir. Je n'en ai plus la force-Une grosse larme coula sur la joue creuse de l'instituteur etalla se perdre dans sa moustache grise. Faites ce que je vous dis. Mettez-vous au lit. Nous ne voulons pas, nous ne pouvons pas vous abandonner ainsi. Voulez-vous que je vous aide monter ?M. Keller se mit tousser trs fort ; une toux rauque qui faisait mal Heidi.Ils montrent ensemble l'appartement, au-dessus de la classe. D'un coup d'il Heidi dcouvrit le dsordre qui rgnait dans la cuisine et dans les chambres. Elle n'en dit rien l'instituteur. Cela lui aurait fait de la peine et n'aurait pu qu'accrotre son chagrin. Voil ; couchez-vous vite. Brigitte sera l dans un instant et je reviendrai voir dans la soire comment a va.Elle sortit rapidement et rentra au Manoir. Brigitte ! Brigitte ! O es-tu donc ? Me voici, cria la vieille cuisinire tout essouffle. Qu'y a-t-il de si grave ? Je ne puis ainsi abandonner mes rissoles. Elles vont bruler ! J'ai fait un gros feu dans le fourneau pour qu'elles soient bien croquantes... Il s'agit bien de tes rissoles ! Laisse-les l. Je m'en occuperai. Mais, me diras-tu ce qui se passe ? M. Keller est trs malade. Il tousse ; il a de la fivre et n'a pas pu continuer la classe cet aprs-midi. Pauvre M. Keller ! Tous les malheurs fondent sur lui depuis quelque temps.

Ecoute-moi, Brigitte : prends une mousseline et un linge dans l'armoire de notre cuisine. Et aussi la bote de fleurs sches pour la tisane. Tu passeras l'picerie acheter de la farine de lin et de la moutarde en poudre. Ensuite rends-toi la maison de l'cole et tu y allumeras un bon feu. Tu prpareras une infusion bien chaude que tu feras boire au malade. Tu prpareras un cataplasme brlant que tu appliqueras sur sa poitrine. Allons ! ne reste pas ainsi tout ahurie.,. C'est que... Heidi... et le souper ? qui fera notre souper ?... Ne t'inquite pas ! J'y pourvoirai et je te rejoindrai bientt. Ah, bon ! fit Brigitte, comme soulage d'un grand poids. Allons ! Bouge ! Ecoute encore : pendant que M. Keller tiendra son cataplasme sur la poitrine, tu mettras discrtement un peu d'ordre la cuisine. Un homme seul, vois-tu, a ne sait pas ran

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