Display of Collections in Museums of Local Archaeology

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<ul><li><p>P R S E N T A T I O N DES COLLECTIONS DANS LES M U S E S D'ARCH O L O G I E LOCALE </p><p>par RAFAEL V O N USLAR I </p><p>I. hfoLLY HARRISON, " Aprs le stage d'tu- des d'Ath&amp;nes ", Mussubr, vol. VI11 (195 5 ) , p. 229. </p><p>2. J. J. HATT, " Nouvelles prsentations des collections au Muse archologique de Stras- bourg", ibid., vol. VI (1953). p. 65. </p><p>3. A. G~ENIER, '' Muses de province", Re~vre archo/ogiqzle, Paris, vol. XXXIV, juillet- septembre 1949, p. j3. </p><p>4. GRACE L. MCCANN MORLEY, " Problmes de la prsentation en archologie ", MUSEUM, Vol. VI (I953), p. 12. </p><p>ES muses d'archologie locale appartiennent la catgorie des muses d'histoire. L C'est leur propos surtout que se pose la question si bien formule par I\Iolly Harrison : </p><p>"L'importance des objets que nous exposons est-elle fonction du tmoignage, de l'illustration, du message intellectuel qu'ils apportent, ou bien rside-t-elle dans leur qualit intrinsque ou leur beaut, qui impliquent non seulement notre intelligence, mais encore notre imagination, notre sensibilit et nos ractions motives ?I " </p><p>Les deux propositions sont vraies. I1 ne faut pas, en prsentant un objet qui est un tmoignage visible de l'histoire, ngliger sa valeur esthtique. Qu'ils datent de la prhistoire, de l'antiquit classique ou des premiers temps historiques, les objets exposs dans un muse d'archologie locale atteignent en rgle gnrale au niveau de l'uvre d'art ou, tout au moins, celui de l'uvre artisanale. J. J. Hatt2 a donc parfaitement raison de dire que le muse archologique participe la fois du muse de science et du muse d'art, tandis qu'on ne saurait tre d'accord avec A. Grenier lorsqu'il affirme que le muse archologique n'a rien de commun avec un muse des beaux-arts3. </p><p>Une mauvaise prsentation des objets peut nuire beaucoup dans le cas d'un muse d'art, mais elle risquera de dtruire absolument l'intrt d'un muse d'histoire. Cette affirmation peut paratre exagre. Ce facteur purement extrieur apporte, cependant, l'illustration des diffrences qui existent entre les deux catgories de muses. Un muse d'art doit se proccuper burtout de la qualit des objets qu'il va exposer; il ne lui est pas ncessaire de s'attacher leurs rapports gographiques ou chronolo- giques ; il ne pourra jamais se proposer d'tre " complet ". Le muse d'archologie locale est plac, lui, devant un problme sur lequel G. L. McCann Morley4 a attir l'attention : les collections du muse ont Ct constitues arbitrairement, au hasard des fouilles ou des dcouvertes ; souvent elles sont fragmentaires ; peut-on, devra- t-on les complter par des originaux ou des copies provenant d'autres rgions ? I1 ne faudrait user de cette possibilit qu'avec beaucoup de circonspection. </p><p>I1 se pose alors tout muse d'histoire ou d'archologie une question notre avis capitale. Comment, sur la base de quelle slection, dans quel dessein devons-nous prsenter nos collections au visiteur ? Nous adopterons cet gard la formule trs large de Molly Harrison. Toutefois, dans le cas d'un muse d'archologie locale, quelques points demandent rflexion. Les produits des fouilles sont les seuls docu- ments dont on dispose pour la priode prhistorique. En ce qui concerne la proto- histoire, ils seront pris comme auxiliaires des sources crites et ils permettront d'clairer certains aspects de la vie, dont il n'est pas - ou dont il n'est gure - question dans ces sources crites. Mais les objets du muse ne doivent pas seulement servir d'illustrations des descriptions historiques. Ils peuvent tre -nous y revien- drons - expliqus individuellement ou comme parties d'un ensemble, soit par des notices, soit par des reconstitutions. Encore un muse historique ne doit-il, en aucun cas, ressembler un livre d'images. Pour illustrer un trait, on peut toujours choisir l'image la meilleure et la plus typique, Par contre, le muse d'archologie locale ne dispose que d'un choix limit d'objets, qui ont t rassembls de manire fortuite. Ce serait une erreur, en prsentant ces objets, d'insister uniquement sur leur desti- nation fonctionnelle - par exemple dans le cas des outils - ou, au contraire, de les exposer exclusivement pour leur effet esthtique. Les vestiges de la prhistoire et de la protohistoire ne donnent, en raison de leur nature mme, qu'une vue partielle de l'histoire, ou plutt de l'histoire culturelle. Mais ils le font de fason extrmement vocatrice. Chacun d'eux exerce un attrait qui lui est propre. 11 produira des impres- sions plus originales et plus profondes que celles qui se dgagent des reproductions d'un livre. Ainsi le muse d'archologie locale devra prsenter les objets au visiteur de fason lui faire apparatre, au-del de leur destination, de leur utilit, de leur </p></li><li><p>provenance et de leur poque, les rapports qui existaient entre eux en taot que ph- nomnes et ensembles historico-ethnographiques, et, si cest ncessaire, il aura recours pour cela des notices, des dessins, des maquettes, des dioramas, des projections, des films, etc. </p><p>II I1 nest naturellement pas possible de dcler n priori les dsirs, ltat desprit et les riactions probables du public. Sil ne se sent pas en mesure de procder une telle analyse sociologico-psychologique, le conservateur du muse doit au moins appren- dre distinguer les diffrences trs caractristiques de ses visiteurs. I1 le doit, ne serait-ce que dans le dessein dattirer au muse le nombre de visiteurs le plus lev possible. Cest l, on le sait, largument auquel les autorits publiques et prives qui assurent le financement de son muse sont le plus sensibles. </p><p>Cest une vrit dvidence que les visiteurs peuvent tre groups demble selon leur age (coliers, tudiants, adultes), selon leur formation et leur origine. Un effort doit tre fait pour accorder lharmonieuse organisation du muse et les exigences diverses de ces groupes. La socit daujourdhui accuse, en effet, ses diffrenciations et sa multiplicit. Rien ne serait plus dangereux que de simaginer quil existe un visiteur standard . Quest-ce donc qui attirera aujourdhui le visiteur dans un muse, plus spcialement dans un muse darchologie locale ? Assurment, toute une gamme de motifs divers et dimportance variable. Dans le cas dun grope de touristes, par exemple, ce peut tre linstinct grgaire ou le simple fait que la visite du muse est prvue au programme de lexcursion. Le sentiment quil faut avoir vu cela , le dsir dtre la page, un certain snobisme peuvent jouer un rle important, surtout sil sagit dune exposition temporaire. Un grand nombre dautres visiteurs, qui ne prtendent pas devenir des spcialistes, cherchent cependant se cultiver de faon gnrale. hiais linfluence culturelle du muse ne sexercera pas facilement dans un monde o lhomme, continuellement assailli par un savoir en progrs, tourment par une foule dimpressions, est vite surexcit et blas. Raction para- doxale - et peut-tre invitable - lhomme sintresse dautant plus aux objets quils ne simposent pas deux-mmes son attention. Est-ce parce quil est amen ainsi mditer sur lui-mme et sur sa place dans le monde ? Est-ce l ce qui explique la vogue actuelle de larchologie et de lethnologie ?... A ct de considrations esthtiques, la curiosit pour tout ce qui est trange et diffrent joue vraisemblable- ment un rle important. Le principal attrait du muse darchologie locale tiendra donc ce quil reprsentera lhomme dans le contexte de son temps, entour de ses propres ouvrages. Les objets exposs sont les manifestations de lceuvre de lhomme et de soil histoire: &amp;pya &amp;v0pwx&amp;~ ! Cratkorrs hzmnimr. Ils expriment, comme le dit R. Thurnwald, lveil, la croissance, les errements de lesprit humain. Une prsentation ainsi conue risque fort, il est vrai, de devenir tendancieuse sous leffet dune philosophie de la vie, dorigine politique par exemple. I1 faut donc avoir le souci constant de laisser autant que possible les objets parler pour eux-mmes. </p><p>Le visiteur fixera limage visuelle des objets dans sa mmoire en fonction de sa formation, de son got et de ses tendances. Si excellente, si claire que soit la pr- sentation, elle ne peut que lui montrer le chemin, sans jamais pouvoir le lui pargner. Au stade culturel le plus lmentaire, le visiteur garde limage vague dun fatras de vieux ustensiles sans rapports avec la vie daujourdhui, ou peut-tre ltonnement de dcouvrir tout ce qui existait une poque ancienne, tout ce que lon savait dj fabriquer. Mais, ct de cette impression fugitive de quelque chose de trs loign de la vie quotidienne, il peut conserver aussi le souvenir dobjets prcis qui lauront frapp pour diffrentes raisons : parce quils lui auront paru tranges et remarquables, parce quils lui auront spcialement plu du point de vue esthtique, parce quils lauront intress pour des motifs techniques. Ils lui auront permis de faire des xap- prochements avec le prsent. Le visiteur idal est celui pour qui les objets voquent la vie et lactivit de temps rvolus, et qui, sensible ceux qui lont attir et intress, en approfondit la signification. </p><p>III </p><p>Dans la prsentation des collections dun muse darchologie locale il faudra donc tenir compte non seulement du caractre propre et de la structure des objets, </p></li><li><p>mais aussi des ractions et des gots prsums du public. Toute une srie de consi- drations s'imposent ce propos. </p><p>On admet couramment aujourd'hui - et il suffit de parcourir MUSEUM pour s'en convaincre1 - qu'il faut prsenter seulement les objets les plus importants, les plus caractristiques et les plus beaux, en les esPaGant dans toute la mesure du pos- sible. Le reste trouve place dans les collections d'tude ou les magasins de rserve. Certains petits objets - outils de pierre, fibules, ferrures, monnaies, etc. - ne se prteront pas cette exposition isole. La prsentation doit en tre faite en nombre, pour pouvoir apporter l'observateur l'impression visuelle gnrale de la catgorie d'objets en cause. I1 en va de mme pour la poterie, la verrerie, etc. On ne donnera d'ide exacte de ces articles qu'en les prsentant en groupe, presque en les entassant. N'abuse-t-on pas, en effet, quelque peu aujourd'hui de la prsentation slective en ordre dispers ? En exposant isolment, dans une salle ou une vitrine, sur un fond clair et sous un clairage violent, un petit nombre d'objets choisis, ne cre-t-on pas une impression de dispersion qui nuit l'effet d'ensemble? Le conservateur se demandera, ses moments de scepticisme, si les vieilles vitrines bourres d'objets n'avaient pas au moins le mrite de donner au visiteur le sentiment du mystre, de l'tranget des temps anciens. I1 est pourtant certain qu' parcourir une succession de salles o s'entassent de telles vitrines, on peut ressentir une impression de malaise et d'accablement : comment choisir alors, dans cette profusion, les objets qui mri- teraient d'tre examins d'un peu prs ? ... </p><p>IV </p><p>L'un des principes essentiels de l'organisation d'un muse moderne doit tre d'offrir au visiteur toutes les possibilits d'observer librement les objets de son choix. II est vident qu'il n'existe pas de solution garantie. Mais on peut faciliter ce choix au visiteur en rglant de fagon approprie la succession et les diffrenciations des salles. I1 sera plus difficile de le faire dans des btiments existants - quoiqu'ils puissent tre adapts - que dans des constructions nouvelles. En principe, la circulation du public dans les muses d'archologie locale devrait aller de l'ge le plus ancien au plus rcent. Les grandes poques de la prhistoire et de la protohistoire, qui diffrent avec les diverses rgions de l'Europe (pays mditerranens, Europe centrale, Europe occidentale, Europe du Nord, Europe orientale), doivent tre nettement spares. Au circuit travers l'ensemble de l'difice, qu'on trouve par exemple la villa Giulia Rome2, on prfrera, pour les grands muses, les circuits successifs travers les diffrentes priodes, chaque priode tant raccorde la suivante. Le visiteur int- ress peut ainsi consacrer une visite chaque section et il est plus facile d'organiser des visites guides par section. I1 est vident que des panneaux indicateurs et des plans, aussi simples et clairs que possible, doivent permettre au visiteur de s'orienter facilement. </p><p>I1 existe d'autres possibilits d'organisation d'un muse, soit comme un tout, soit - s'il s'agit d'un grand muse - dans ses diverses sections. Le visiteur pntrera d'abord dans une salle d'introduction. Ensuite viennent les salles contenant l'essentiel du matriel expos et que l'on appelle, pour'cette raison, les salles princi- pales. Dans les limites des besoins et des possibilits, ces salles seront flanques de salles complmentaires, o le visiteur qui s'intresse particulirement tel ou tel sujet trouvera un plus grand choix d'objets ou d'ensembles, avec les explications pertinentes. I1 faut prvoir, enfin, assez de salles pour les expositions temporaires. </p><p>Dans la salle d'introduction, on peut prsenter des objets particulirement carac- tristiques ou remarquables et, par exemple, si on le juge utile et si l'on dispose du matriel ncessaire, exposer un choix de pices propres illustrer l'volution ergologique (objets de pierre, de bronze et de fer, cramiques faites la main et au ' tour), ou illustrer diffrents styles ou d'autres aspects du thme choisi. On peut, -_ en mme temps ou de prfrence, prsenter un petit nombre de maquettes, de dioramas ou d'agrandissements photographiques, qui donnent une image frappante de l'ensemble du matriel expos. Si l'exposition est consacre une ville ou un site antique, il sera particulirement utile de placer au milieu de cette salle d'introduc- </p><p>I. Par exemple, vol. VI (19j3), p. 38. 2. hfusEmt, vol. Ix (19j6), p. 126, fig. 69. 3. Ibid., vol. VI (19j3), p. 47. </p><p>116 - - </p><p>tion une maquette ou un plan en relief du site ou de la ville (comme la maquette en pltre de la Rome impriale que l'on peut voir au Museo della Civilt Romana3). </p></li><li><p>On peut encore fixer ou peindre aux murs de grandes cartes (par exemple une carte de l'Europe ou d'une partie de ce continent l'poque diluviale , ou une carte de l'Empire romain, signalant sp- cialement la province laquelle se con- acre le muse) et les prsenter avec tous les perfectionnements de la technique - emploi de l'clairage tubulaire (en vitant toutefois que le fonctionnement de l'ap- pareillage lectrique ne prenne, pour le visiteur, l'aspect d'un jeu), lgendes en gros caractres, tableaux chronologiques, etc. Les principaux vnements de Phis-. toire de l'Empire, de celle de la province, pourront faire l'objet d'un tableau synop- tique. Dans la mme salle, on disposera d'un projecteur pour films ou vues fixes et l'on organisera des causeries avec pro- jections. On pourra naturellement faire de mme dans les autres salles, pour la prsentation de sujets particuliers. Mais le visiteur doit, au sortir de la premire </p><p>.. . .. . . ,. ., . </p><p>salle, avoir une ide gnrale de ce qu'il trouvera dans les suivantes, tre moralement et spirituellement prpar sa visite. C'est dans cette salle que seront organises les courtes causeries introductives dont Molly Harrison a soulign l'utilit1. </p><p>Aucune rgle ne permet de dte...</p></li></ul>

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