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  • INQUITANTE MATRIALIT

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  • cole Nationale Suprieure dArchitecture de la Ville et des Territoires Marne-la-Valle

    Janvier 2012

    Alexis Hagard & Domitille Michard

    Master thorie et projet

    INQUITANTE MATRIALIT

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  • Se poser la question de la matrialit dun projet ar-chitectural, cest en approcher sa ralit tangible. Ce moment majeur dans la conception constitue liden-tit dune ralisation en nourrissant le dialogue avec son contexte et en se confrontant avec lhritage/lactualit des matriaux de construction employs. Dans son livre Penser larchitecture, Peter Zumthor formule en quelques phrases lensemble des enjeux soulevs par la question de la matrialit :

    Le sens quil sagit dinstituer au cur de la matrialit se situe au-del des rgles de composition, et de mme la tactilit, lodeur et lexpression acoustique des matriaux ne sont que des lments de la langue dans laquelle nous devons parler. Le sens apparat lorsquon russit produire dans lobjet archi-tectural des significations propres pour certains matriaux de

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  • construction qui ne deviennent perceptibles de cette manire que dans cet objet.Lorsque nous tendons ce but, nous devons constamment nous demander ce que peut signifier un matriau donn dans un contexte architectural donn. Des rponses justes cette ques-tion peuvent laisser apparatre sous un jour nouveau aussi bien la manire dont ce matriau est utilis habituellement que ses qualits sensuelles et sa capacit produire du sens. Par-venus au but, nous pouvons donner rsonance et rayonnement aux matriaux. 1

    Au regard dune forme de production architecturale contemporaine, il semble que certains acteurs de la discipline partagent lexpression thorique exprime par Zumthor. La matrialit est alors rinterprte. Elle, qui renvoie des contextes et des cultures constructives connus, devient lobjet de manipu-lations varies. Pour Peter Zumthor, comme pour dautres architectes qui seront cits par la suite, il ne sagit pas dinventer une matrialit, mais de manipu-ler une substance connue et dnoncer de nouveaux rapports avec elle.Ainsi, ce qui est de lordre de lhabitude, soumis un dtournement et aux lois de la perception provoque une sensation intrigante. Dans certaines ralisations, bien que lon puisse le ressentir, lacte ordinaire est dstabilis et peut aller jusqu susciter un sentiment inquitant.Bien quelles ne rvlent pas systmatiquement la capacit produire du sens , les matrialits des projets analyss sont runies pour leurs aptitudes engendrer une inquitante matrialit.

    1 Peter Zumthor, Penser larchitecture, Ble, Birkhaser, 2008, p. 10.

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  • Cette formulation se rfre ce que Sigmund Freud nomme Unheimliche en 1919, et qui peut tre tra-duit par Linquitante tranget , ou, de faon plus approprie ici, par Linquitante familiarit .Au dbut de son essai, le psychanalyste dfinit som-mairement cette expression ainsi :

    proprement parl, ltrangement inquitant serait tou-jours quelque chose dans quoi, pour ainsi dire, on se trouve tout dsorient. 2

    Larchitecture, par son expression matrielle, possde cette capacit dsorienter. Mais cette dmarche qui ne se veut pas gratuite, prend son sens en offrant un regard nouveau partir de rfrents familiers. Dans ses dernires pages, Freud formule le rsultat de son essai ainsi :

    Linquitante tranget vcue se constitue lorsque des com-plexes infantiles refouls sont ranims par une impression, ou lorsque des convictions primitives dpasses paraissent nou-veau confirmes. 3

    Linquitante matrialit vcue se constitue-t-elle, dans ce cas, lorsquun matriau maitris par la conscience collective fait ressurgir une image ou un sentiment oubli du subconscient?

    2 Sigmund Freud, Linquitante tranget et autres essais (Das Unheilmliche, 1919), Paris, ditions Gallimard, 1985, p. 216.3 Ibid., p. 258.

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  • PROLOGUE

    TRANSPOSITION _Emprunt Ready-made de Marcel Duchamp

    _Du prt--porter au sur-mesure _Du Brutalisme lornement _De la duplication au remploi

    De lemprunt lempreinte

    EMPREINTE _Contact Infra-mince de Marcel Duchamp

    _Comme mmoire dun procd technique _Comme mcanisme reproductible _Comme exprience

    Bibliographie

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    25

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  • PROLOGUE

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  • 13Les formes de production architecturale dont la matrialit rvle une capacit susciter ce que Freud appelle linquitante tranget sont nom-breuses mais classifiables en fonction du degr d incommodit quelles imposent. Deux dmarches principales se distinguent alors. La premire est plus instinctive, et du point de vue de lobservateur plus facilement accessible donc moins trange. La seconde modifie plus dlments fa-miliers afin, justement, dexacerber le caractre trange de la ralisation.

    . La premire procde directement sur la matire par mtamorphose. Ainsi, un matriau ordinaire peut devenir inquitant parce quil a t manipu-l par larchitecte pour en modifier sa perception. Ce dernier joue sur les qualits intrinsques et habituelles du matriaux : ses dimensions, sa texture, sa mise en uvre, pour ne citer que quelques exemples. Les btiments suivants illustrent de faon concrte les enjeux de la premire dmarche - la mtamorphose - et la manire dy parvenir.

    Pour la ralisation des glises St Marc Bjrkhagen (1956-63) et St Pierre

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  • 14

    INQUITANTE MATRIALIT

    Sigurd Lewerentz, glise St Mark, Bjrkhagen, Sude, 1956-63

    Claus en Kaan, Muse Kamp Vught, Vught, Pays-Bas, 2002Ecole

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  • PROLOGUE

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    Klippan (1963-66) - qui ont fait la rputation de larchitecte sudois dans le mouvement Brutaliste -, Sigurd Lewerentz intervient sur les pro-portions entre briques et joints. En effet, dans ces deux difices, seules des briques standards ont t utilises, sans jamais tre coupes, pour raliser murs, sols et plafonds. Cela explique limportance que prend le mortier - en regard des proportions habituelles de murs en briques - afin dabsorber toutes les variations de ces constructions. Finalement, le mortier assume une valeur similaire celui des briques, modifiant ainsi les rles qui sont habituellement attribus ces deux lments en un rle ambigu. Adam Caruso - un des deux fondateurs de lagence Caruso St John - consacre un article luvre de Sigurd Lewerentz dans son ouvrage The feeling of things. Il crit propos de lusage de la brique chez larchitecte sudois qu en utilisant un matriau ordinaire, Lewerentz russit obtenir de la meilleure faon quil soit une ralit matrielle re-nouvele. Rendre spcial un matriau extraordinaire, est banal. Sensibili-ser du caractre humble dun matriau, comme la brique, est potique 1. La production dAdam Caruso et Peter St John illustre, par ailleurs, une certaine fascination pour les matriaux et principalement la brique.Claus en Kaan, une agence hollandaise contemporaine celle de Caruso St John, ralise en 2002 le Muse Kamp Vught qui traite, en faade, des mmes problmatiques que les glises de Lewerentz. Ce btiment dex-position - un paralllpipde simple - forme lentre de la partie restante dun camp de concentration datant de la Seconde guerre mondiale. La faade est constitue dun mur en briques, dans lequel de fines bandes de terre cuite alternent avec des bandes plus paisses de briques caches derrire ce qui ressemble un joint pais 2. Ce btiment utilise donc de faon insolite un matriau banal en renversant les proportions par rapport un mur de briques conventionnels.Dun point de vue perceptif, les exemples cits ci-dessus sont galement

    1 Traduction dun extrait de larticle Sigurd Lewerentz and a Material Basis for Form , dans Adam Caruso, The Feeling of Things, Barcelone, Ediciones Poligrafa, 2008, p. 77.2 Dominique Boudet, Musse Kamp Vught, Vught, Pays-Bas, Claus en Kaan , AMC Terre cuite, 3e semestre 2007, p. 93.