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    Le Symbolisme en Belgique Dossier pédagogique Art par les textes

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    Sommaire I Préambule 2 II Le symbolisme 3- 6 III Le symbolisme en Belgique 7- 9 III Art par les textes 10-28 IV Colophon 29

    Préambule Ce dossier pédagogique a été réalisé par EDUCATEAM dans le cadre de l’exposition Le Symbolisme en Belgique qui se déroule du 26 mars au 27 juin 2010 aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique. Il s’adresse essentiellement aux enseignants et élèves désireux de préparer ou prolonger leur visite à l’exposition. De Rops à Spilliaert, en passant par Khnopff, Delville ou Minne, l’exposition dresse un panorama de la création fin de siècle en même temps qu’elle trace le portrait d’une société en crise. Elle examine aussi la portée d’influences étrangères comme le wagnérisme ou l’art des préraphaélites et intègre également le développement des arts décoratifs et des rapports entre le symbolisme et la littérature particulièrement mis en évidence dans l’exposition. C’est donc dans ce cadre que nous proposons d’aborder dans un premier temps le symbolisme et le contexte général dans lequel il est apparu, de développer ensuite les spécificités du symbolisme en Belgique et d’aborder les rapports littérature et Beaux-Arts dans un dernier chapitre ‘Art par les Textes’. Il s’agit là d’aborder spécifiquement le symbolisme belge par le biais de textes d’auteurs ou d’artistes, textes poétiques, critiques … dans l’esprit des Correspondances initiées à l’époque romantique, exprimées par Baudelaire dans son poème éponyme et développées dans le symbolisme. Nous proposons un simple face-à-face art-textes précédé pour la plupart d’une courte introduction. Certains textes comprennent des parties présentées en gris clair aidant à la compréhension générale

    mais ayant moins de rapport avec l’œuvre correspondante. Enfin chaque correspondance est suivie d’une question en rapport avec le texte, l’œuvre ou les caractéristiques du symbolisme auxquelles elle se réfère.

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    Le symbolisme∗

    Repères et définitions

    Pour marquer le début du symbolisme en tant que mouvement, on se réferre habituellement à la parution en 1886 du Manifeste du symbolisme dans le supplément littéraire du Figaro. Dans cet article, Jean Moréas évoque l’existence d’une ‘poésie symbolique’ qui cherche à ‘vêtir l’idée d’une forme sensible’. Le symbolisme est à l’origine considéré comme un mouvement essentiellement littéraire dont Jules Laforgue et Stéphane Mallarmé sont les principaux représentants en France. La Belgique connaîtra également une importante production littéraire symboliste à travers les œuvres de Maurice Maeterlinck, Emile Verhaeren ou Georges Rodenbach. Si Moréas écrit, dans un acte isolé, le Manifeste du symbolisme, c’est à Stéphane Mallarmé que l’on doit, dans sa conception du symbole, la vision la plus proche de ce nouveau langage poétique : ‘Nommer un objet, c’est supprimer les trois-quarts de la jouissance du poème qui est faite du bonheur de deviner peu à peu : le suggérer, voilà le rêve. C’est le parfait usage de ce mystère qui constitue le symbole : évoquer petit à petit un objet pour montrer un état d’âme, ou inversement, choisir un objet et en dégager un état d’âme par une série de déchiffrements’ (S. MALLARMÉ, in l’Echo de Paris, 1891) . Les idées symbolistes sont alors véhiculées par les revues littéraires qui se multiplient à l’époque : Le Mercure de France ou Le Symboliste en France; l’Art Moderne et La Wallonie en Belgique. C’est précisément dans une de ces revues que le critique d’art français Albert Aurier donnera une définition du symbolisme appliquée à la peinture et dans laquelle l’œuvre d’art sera :

    ∗ Ce texte provient du dossier pédagogique consacré à Fernand Khnopff à l’occasion de la rétrospective consacrée au peintre du 16.01 au 9.05.2004 aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique.

    Géraldine Barbery

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    ‘premièrement Idéiste, puisque son idéal unique sera l’expression de l’idée; deuxièmement Symboliste, puisqu’elle exprimera cette idée par les formes; troisièmement Synthétique, puisqu’elle écrira ces formes, ces signes, selon un mode de compréhension générale; quatrièmement Subjective, puisque l’objet ne sera jamais considéré en tant qu’objet mais en tant que signe perçu par le sujet; cinquièmement (c’est une conséquence) Décorative, car la peinture décorative proprement dite, (…) n’est rien autre chose qu’une manifestation d’art à la fois subjectif, synthétique, symboliste et idéiste’ (A. AURIER, in Le Mercure de France, 1891).

    Art de suggestion, d’idée, de mystère, le symbolisme deviendra un des mouvements les plus importants de la fin du XIXème siècle. Il dépasse largement les frontières de l’Europe et se développe dans de nombreuses disciplines artistiques : théâtre, peinture, poésie, architecture, arts appliqués… Dernier soubressaut du romantisme, le symbolisme y puisera la subjectivité et l’exacerbation de l’individu. En peinture, l’Art préraphaélite d’un Millais, Hunt, Rossetti et plus tard Burne-Jones constitue une des premières formes du symbolisme. Réunis en confrérie dès 1848, ce groupe d’artistes anglais prône un retour à l’art d’avant le classicisme de Raphaël et marque un goût pour la littérature du passé, les légendes médiévales ou les mythes anciens. Le style raffiné, la fuite vers le passé et l’omniprésence de la femme ensorceleuse et mystérieuse fascineront de nombreux symbolistes. À partir des années 1880 et jusqu’en 1900 où il connaît son apogée et

    triomphe dans la ligne ‘Art nouveau’, le symbolisme connait un développement rapide grâce aux nombreux salons et cercles artistiques. Les XX à Bruxelles, les Salons de la Rose+Croix à Paris ainsi que les Sécessions munichoise, berlinoise et viennoise organisent des lectures, conférences, concerts et expositions dans un brassage de cultures, d’idées et de modes d’expressions artistiques. Ces “idées„ symbolistes perdureront jusqu’en 1914 où la guerre marquera un dur rappel à la réalité.

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    Contexte et situation

    Malgré des expositions, un manifeste ou d’autres déclarations, le symbolisme n’a jamais été un mouvement artistique officiel mais plutôt un état d’esprit qui se développe en réaction au positivisme ambiant et à la perte de spiritualité que connaît la deuxième moitié du XIX ème siècle. En effet, après le romantisme, apparaît une série de systèmes de pensée qui se présentent comme les dignes héritiers de la Révolution industrielle. Dans ce contexte d’inventions et de progrès, une nouvelle religion s’impose : celle de la Science. Le scientisme ira même jusqu’à déclarer que ‘le monde est aujourd’hui sans mystère’ (M. BERTHELOT, Les origines de l’Alchimie, 1885). Désormais tout s’explique. La foi en la Science remplace la foi religieuse. En 1852, Auguste Comte publie le Cathéchisme positiviste. Le positivisme d’Auguste Comte et d’Hippolyte Taine appliquera les méthodes scientifiques aux domaines de la pensée : l’histoire, l’art, la société sont régis par des lois, un milieu social et un temps. Pris dans l’engrenage de la Science et du matérialisme, le XIXème

    siècle connaît une perte de spiritualité. L’homme lui-même, selon Darwin, n’est plus un produit du hasard mais fait partie d’une évolution où tout semble être déterminé. L’art se fera écho de ces courants idéologiques à travers l’objectivité du réalisme et les thèmes du naturalisme, pour aboutir à l’observation minutieuse et expérimentale des effets de la couleur et de la lumière chez les impressionnistes. Toutefois, à la fin du siècle, une vive réaction contre ce monde moderne se produit. Au positivisme de Comte répond le pessimisme de Schopenhauer. À la Bourgeoisie et sa confiance dans le progrès répondent le dandysme et le décadentisme. Et enfin, au réalisme et à l’impressionnisme répond le SYMBOLISME.

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    Thèmes et aspirations

    ‘Anywhere out of the World’ (Ch. BAUDELAIRE) Fuir, N’importe où hors de ce monde, telle est la volonté des symbolistes.

    Quitter à tout prix le monde matériel pour celui des idées et du rêve. Animés par cette quête, de nombreux symbolistes marquent un intérêt pour la spiritualité traduit chez certains par un goût pour l’ésotérisme et le satanisme. Une autre manière d’échapper à ce présent sera « la fuite en arrière », la recherche d’un paradis perdu. Les symbolistes le trouveront dans les mythes et légendes d’autrefois. Par ailleurs, les thèmes du somm