Arthur Young - Voyages en France pendant les années 1787, 1788, 1789

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<p>Voyages en France pendant les annes 1787, 1788, 1789Arthur Young</p> <p>Voyages en France pendant les annes 1787, 1788, 1789</p> <p>Table of ContentsVoyages en France pendant les annes 1787, 1788, 1789................................................................................1 Arthur Young...........................................................................................................................................1 PREFACE DE L'AUTEUR ....................................................................................................................1 INTRODUCTION. .................................................................................................................................3 JOURNAL ..............................................................................................................................................4</p> <p>i</p> <p>Voyages en France pendant les annes 1787, 1788, 1789Arthur YoungThis page copyright 2001 Blackmask Online. http://www.blackmask.com PREFACE DE L'AUTEUR INTRODUCTION. JOURNAL</p> <p>PREFACE DE L'AUTEURIl est permis de douter que l'histoire moderne ait offert l'attention de l'homme politique quelque chose de plus intressant que le progrs et la rivalit des deux empires de France et d'Angleterre, depuis le ministre de Colbert jusqu' la rvolution franaise. Dans le cours de ces cent trente annes tous deux ont jet une splendeur qui a caus l'admiration de l'humanit. L'intrt que le monde entier prend l'examen des maximes d'conomie politique qui ont dirig leurs gouvernements est proportionn la puissance, la richesse et aux ressources de ces nations. Ce n'est certainement pas une recherche de peu d'importance que celle de dterminer jusqu' quel point l'influence de ces systmes conomiques s'est fait sentir dans l'agriculture, l'industrie, le commerce, la prosprit publique. On a publi tant de livres sur ces sujets, considrs au point de vue de la thorie, que peuttre ne regarderaton point comme perdu le temps consacr les reprendre sous leur aspect pratique. Les observations que j'ai faites il y a quelques annes en Angleterre et en Irlande, et dont j'ai publi le rsultat sous le titre de Tours, taient un pas, dans cette voie qui mne la connaissance exacte de l'tat de notre agriculture. Ce n'est pas moi de les juger ; je dirai seulement qu'on en a donn des traductions dans les principales langues de l'Europe, et que, malgr leurs fautes et leurs lacunes, on a souvent regrett de n'avoir pas une semblable description de la France, laquelle le cultivateur et l'homme politique puissent avoir recours. On aurait, en effet, raison de se plaindre que ce vaste empire, qui a jou un si grand rle dans l'histoire, dt encore rester un sicle inconnu l'gard de ce qui fait l'objet de mes recherches. Cent trente ans se sont passs ; avec eux, l'un des rgnes les plus glorieux les plus fertiles en grandes choses dont l'on ait gard la mmoire ; et la puissance, les ressources de la France, bien que mises une dure preuve, se sont montres formidables l'Europe. Jusqu' quel point cette puissance, ces ressources s'appuyaientelles sur la base inbranlable d'une agriculture claire, sur le terrain plus trompeur du commerce et de l'industrie ? Jusqu' quel point la richesse, le pouvoir, l'clat extrieur, quelle qu'en ft la source, ontils rpandu sur la nation le bientre qu'ils semblaient indiquer ? Questions fort intressantes, mais rsolues, bien imparfaitement par ceux qui ourdissent au coin du feu leurs systmes politiques ou qui les attrapent au vol en traversant l'Europe en poste. L'homme dont les connaissances en agriculture ne sont que superficielles ignore la conduite suivre dans de telles investigations : peine peutil faire une diffrence entre les causes qui prcipitent un peuple dans la misre et celles qui le conduisent au bonheur. Quiconque se sera occup de ces tudes ne traitera pas mon assertion de paradoxe. Le cultivateur qui n'est que cultivateur ne saisit pas, au milieu de ses voyages, les relations qui unissent les pratiques agricoles la prosprit nationale, des faits en apparence insignifiants l'intrt de l'Etat ; relations suffisantes pour changer, en quelques cas, des champs Voyages en France pendant les annes 1787, 1788, 1789 1</p> <p>Voyages en France pendant les annes 1787, 1788, 1789 fertiles en dserts, une culture intelligente en source de faiblesse pour le Royaume. Ni l'un ni l'autre de ces hommes spciaux ne s'entendra en pareille matire ; il faut, pour y arriver, runir leurs deux aptitudes un esprit libre de tous prjugs, surtout des prjugs nationaux, de tous systmes, de toutes ces vaines thories qui ne se trouvent que dans le cabinet de travail des rveurs. Dieu me garde de me croire si heureusement dou ! Je ne sais que trop le contraire. Pour entreprendre une oeuvre aussi difficile je ne me fonde que sur l'accueil favorable obtenu par mon rapport sur l'agriculture anglaise. Une exprience de vingt ans, acquise depuis que ces essais ont paru, me fait croire que je ne suis pas moins prpar les tenter de nouveau que je ne l'tais alors. Il y a plus d'intrt connatre ce qu'tait la France, maintenant que des nuages qui, il y a quatre ou cinq ans, obscurcissaient son ciel politique a clat un orage si terrible. C'et t un juste sujet d'tonnement si, entre la naissance de la monarchie en France et sa chute, ce pays n'avait pas t examin spcialement au point de vue de l'agriculture. Le lecteur de bonne foi ne s'attendra pas trouver dans les tablettes d'un voyageur le dtail des pratiques que celuil seul peut donner, qui s'est arrt quelques mois, quelques annes, dans un mme endroit : vingt personnes qui y consacreraient vingt ans n'en viendraient pas bout ; supposons mme qu'elles le puissent, c'est peine si la millime partie de leurs travaux vaudrait qu'on la lt. Quelques districts trs avancs mritent qu'on y donne autant d'attention ; mais le nombre en est fort restreint en tout pays, et celui des pratiques qui leur vaudraient d'tre tudis plus restreint encore. Quant aux mauvaises habitudes, il suffit de savoir qu'il y en a, et qu'il faut y pourvoir, et cette connaissance touche bien plutt l'homme politique que le cultivateur. Quiconque sait au moins un peu, quelle est ma situation, ne cherchera pas dans cet ouvrage ce que les privilges du rang et de la fortune sont seuls capables de fournir ; je n'en possde aucun et n'ai en d'autres armes, pour vaincre les difficults. qu'une attention constante et un labeur persvrant. Si mes vues avaient t encourages par cette russite dans le monde qui rend les efforts plus vigoureux, les recherches plus ardentes, mon ouvrage et t plus digne du public ; mais une telle russite se trouve ici dans toute carrire autre que celle du cultivateur. Le non ulus aratro dignus honos ne s'appliquait pas plus justement Rome au temps des troubles civils et des massacres, qu'ils ne s'applique l'Angleterre en un temps de paix et de prosprit. Qu'il me soit permis de mentionner un fait pour montrer que, quelles que soient les fautes contenues dans les pages qui vont suivre, elles ne viennent pas d'une assurance prsomptueuse du succs, sentiment propre seulement des crivains bien autrement populaires que je ne le suis. Quand l'diteur se chargea de hasarder l'impression de ces notes et que celle du journal fut un peu avance, on remit au compositeur le manuscrit entier afin de voir s'il aurait de quoi remplir soixante feuilles. Il s'en trouva cent quarante, et, le lecteur peut m'en croire, le travail auquel il fallut se livrer pour retrancher plus de la moiti de ce que j'avais crit, ne me causa aucun regret, bien que je dusse sacrifier plusieurs chapitres qui m'avaient cot de pnibles recherches. L'diteur et imprim le tout ; mais l'auteur, quels que soient ses autres dfauts, doit tre au moins exempt de se voir tax d'une trop grande confiance dans la faveur publique puisqu'il s'est prt aux retranchements, aussi volontiers qu'il l'avait fait la composition de son oeuvre. Le succs de la seconde partie dpendait tellement de l'exactitude des chiffres. que je ne m'en fiai pas moimme pour l'examen des calculs, mais un instituteur qui passe pour s'y connatre, et j'espre qu'aucune erreur considrable ne lui sera chappe. La rvolution franaise tait un sujet difficile, prilleux traiter ; mais on ne pouvait la passer sous silence. J'espre que les dtails que je donne et les rflexions que je hasarde seront reus avec bienveillance, en pensant tant d'auteurs d'une habilet et d'une rputation non communes qui ont chou en pareille matire. Je me suis tenu si loign des extrmes que c'est peine si je puis esprer quelques approbations ; mais je m'appliquerai, cette occasion, les paroles de Swift : J'ai, ainsi que les autres discoureurs, l'ambition de prtendre ce que tous les partis me donnent raison ; mais, si j'y dois renoncer, je demanderai alors que tous me donnent tort ; je me croirais par l pleinement justifi, et ce me serait une assurance de penser que je me suis au moins montr impartial et que peuttre j'ai atteint la vrit. </p> <p>Voyages en France pendant les annes 1787, 1788, 1789</p> <p>2</p> <p>Voyages en France pendant les annes 1787, 1788, 1789</p> <p>INTRODUCTION.Il y a deux manires d'crire les voyages : on peut ou enregistrer les faits qui les ont signals, ou donner les rsultats auxquels ils ont conduit. Dans le premier cas, on a un simple journal, et sous ce titre doivent tre classs tous les livres de voyages crits en forme de lettres. Les autres se prsentent ordinairement comme essais sur diffrents sujets. On a un exemple de la premire mthode dans presque tous les livres des voyageurs modernes. Les admirables essais de mon honorable ami, M. le professeur Symonds, sur l'agriculture italienne, sont un des plus parfaits modles de la seconde. Il importe peu pour un homme de gnie d'adopter l'une ou l'autre de ces mthodes, il rendra toute forme utile et tout enseignement intressant. Mais pour des crivains d'un moindre talent, il est d'une importance de peser les circonstances pour et contre chacun de ces modes. Le journal a cet avantage qu'il porte en soi un plus haut degr de vraisemblance, et acquiert, par consquent, plus de valeur. Un voyageur qui enregistre ainsi ses observations, se trahit ds qu'il parle de choses qu'il n'a pas vues. Il lui est interdit de donner ses propres spculations sur des fondements insuffisants : s'il voit peu de choses, il n'en peut rapporter que peu ; s'il a de bonnes occasions de s'instruire, le lecteur est mme de s'en apercevoir, et ne donnera pas plus de crance ses informations que les sources d'o elles sortent ne paratront devoir en mriter. S'il passe si rapidement travers le pays qu'aucun jugement ne lui soit possible, le lecteur le sait ; s'il reste longtemps dans des endroits de peu ou de point d'importance, on le voit, et on a la satisfaction d'avoir contre les erreurs soit volontaires, soit involontaires, autant de garanties que la nature des choses le permet, tous avantages inconnus l'autre mthode. Mais, d'un autre ct, de grands inconvnients leur font contrepoids, parmi lesquels vient au premier rang la prolixit, que l'adoption du journal rend presque invitable. On est oblig de revenir sur les mmes sujets et les mmes ides, et ce n'est certainement pas une faute lgre d'employer une multitude de paroles ce que peu de mots suffiraient exprimer bien mieux. Une autre objection srieuse, c'est que des sujets importants, au lieu d'tre groups de manire ce qu'on puise en tirer des exemples ou des comparaisons, se trouvent donns comme ils ont t observs, par chappes, sans ordre de temps ni de lieux, ce qui amoindrit l'effet de l'ouvrage et lui enlve beaucoup de son utilit. Les essais fonds sur les principaux faits observs, et donnant les rsultats des voyages et non plus les voyages euxmmes, ont videmment en leur faveur ce trs grand avantage, que les sujets traits de la sorte sont runis et mis en lumire autant que l'habilet de l'auteur le lui a permis ; la matire se prsente avec toute sa force et tout son effet. La brivet est une autre qualit inapprciable, car tous dtails inutiles tant mis de ct, le lecteur n'a plus devant lui que ce qui tend l'claircissement du sujet : quant aux inconvnients, je n'ai nul besoin d'en parler, je les ai suffisamment indiqus en montrant les avantages du journal ; il est clair que les avantages de l'une de ces formes seront en raison directe des inconvnients de l'autre. Aprs avoir pes le pour et le contre, je pense qu'il ne m'est pas impossible, dans ma position particulire, de joindre le bnfice de l'une et de l'autre. J'ai cru qu'ayant pour objet principal et prdominant l'agriculture, je pourrais rpartir chacun des objets qu'elle embrasse en diffrents chapitres, conservant ainsi l'avantage de donner uniquement les rsultats de mes voyages. En mme temps je me propose, afin de procurer au lecteur la satisfaction que l'on peut trouver dans un journal, de donner sous cette forme les observations que j'ai faites sur l'aspect des pays parcourus et sur les moeurs, les coutumes, les amusements, les villes, les routes, les maisons de plaisance, etc., etc., qui peuvent, sans inconvnient, y trouver place. J'espre le contenter ainsi sur tous les points dont nous devons, en toute INTRODUCTION. 3</p> <p>Voyages en France pendant les annes 1787, 1788, 1789 sincrit, lui donner connaissance pour les raisons que j'ai indiques plus haut. C'est, d'aprs cette ide que j'ai revu mes notes et compos le travail que j'offre maintenant au public. Mais voyager sur le papier a aussi bien ses difficults que gravir les rochers et traverser les fleuves. Quand j'eus trac mon plan et commenc travailler en consquence, je rejetai sans merci une multitude de petites circonstances personnelles et de conversations jetes sur le papier pour l'amusement de ma famille et de mes amis intimes. Cela m'attira les remontrances d'une personne pour le jugement de laquelle je professe une grande dfrence. A son avis, j'aurais absolument gt mon journal par le retranchement des passages mmes qui avaient le plus de chance de plaire la grande masse des lecteurs. En un mot, je devais abandonner entirement mon journal ou le publier tel qu'il avait t crit : traiter le public en ami, lui laisser tout voir et m'en fier sa bienveillance pour excuser ce qui lui semblerait futile. C'est ainsi que raisonnait cet ami : Croyezmoi, Young, ces notes, crites au moment de la premire impression, ont plus chance de plaire que ce que vous produirez prsent de sangfroid, avec l'ide de la rputation en tte : la chose que vous retrancherez, quelle qu'elle soit, et t intressante, car vous serez guid par l'importance du sujet ; et soyez sr que ce n'est pas tant cette considration qui charme, qu'une faon aise et nglige de penser et d'crire, plus naturelle l'homme qui ne compose pas pour le public. Vousmme me fournissez une preuve de la rectitude de mon opinion. Votre voyage en Irlande ( me disaitil trop obligeamment ) est une des meilleures descriptions de pays que j'aie lues : il n'a pas eu cependant grand succs....</p>