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  • LA VIE ROMAINE

    D'APRS DESMOSAIQUES

    TRAVERS LES MOSAQUESLes peuples du bassin mditerranen ont excell dans lart de la mosaque. Les Romains notamment ont dcor avec des mosaques leurs maisons ou des difices publics quils frquentaient chaque jour. Ils ont alors reproduit des scnes de leur vie quotidienne ou certaines de leurs croyances. Ainsi, aujourdhui, les mosaques retrouves lors des fouilles des villes romaines nous font connatre :- les jeux quaimait aller voir la foule romaine,- les travaux quotidiens,- la mythologie grco-romaine,- quelques moments de lhistoire de lAntiquit.La connaissance de lart de la mosaque a considrablement avanc depuis soixante ans, grce aux fouilles entreprises avec mthode.

    Auteurs : Janine LANCHA et Pierrette GUIBOURDENCHECollaborateurs : les classes de Lucienne GASPARD, Claude et Paulette GRENI, Jean-Paul LARROQUE et Aim LECLERCIconographie : Marjolaine BILLEBAULT, Annie et Jean-Franois DNNINMaquette : Marjolaine BILLEBAULT, octobre 2012

    Mots-clefs : mosaques, romain, histoire, Antiquit, technique, jeu, amphithtre, cirque, thtre, travail, mythologie, lgende

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    BT 838Janvier 1977

  • La carte indique les lieux o ont t trouves les mosaques dont il est question dans cette BT

    L'HISTOIRE DES MOSAQUES Dans l'Antiquit grecque et romaine, les difices publics et privs taient dcors de peintures murales et de mosaques. Mais les mosaques, en gnral, ont mieux rsist au temps. Des mosaques, comme les peintures, couvraient les murs et les votes. Celles qui nous restent cependant sont essentiellement des mosaques de pavement, fixes solidement au sol et protges jusqu' leur dcouverte par les ruines et la terre accumules au-dessus.

    Les mosaques grecques ont t ralises entre le IXe et le 1er sicle avant Jsus-Christ; les mosaques romaines entre le 1er sicle avant J.-C. et le Ve sicle aprs J.-C. en Occident, et le milieu du VIlle sicle aprs J.-C. en Orient.

    Les techniques La premire technique employe fut celle des mosaques de galets : les matriaux trouvs dans le lit des rivires (petits galets, cailloux) donnaient une gamme de couleurs assez rduite et ne permettaient pas de dessiner des formes trs varies ni trs prcises. Il y a cependant quelques rares chefs-d'uvre dans ce genre de mosaque, en Grce, en Macdoine, en Asie Mineure, en Sicile. Ils datent principalement des IVe et Ille sicles avant J.-C.

    La deuxime technique, celle des tesselles, a donn beaucoup de possibilits nouvelles. Ces petits cubes de calcaire, de marbre, de terre cuite, de pte de verre, peuvent tre taills volont, donc peuvent tre jointifs. Les couleurs sont varies et toujours naturelles: on prend des pierres colores. Seules les ptes de verre ont des couleurs artificielles et on s'en sert pour ajouter des tons vifs ou des tesselles dores (par exemple dans une mosaque reprsentant Orphe, Vienne, dans l'Isre. On peut signaler qu' Vienne les mosaques ont peut-tre t ralises avec des calcaires de la rgion, d'o une certaine harmonie des couleurs).

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  • ON DISTINGUE ALORS : La mosaque en tesselles de 1 cm2 3 cm2 (opus tessellatum) qui est destine couvrir de grandes surfaces de sol, notamment grandes mosaques blanches dessins gomtriques, puis dcors de vgtaux, puis sujets figurs (animaux, dieux ... ). Le style change au cours des sicles et des rgions.

    La mosaque du paon (Vaison-la-Romaine)

    La mosaque tout petits cubes, infrieurs 0,5 cm2 et pouvant avoir 1 mm de ct (opus vermiculatum) qui est rserve aux petits tableaux figurs, d'une excution trs fine. Ces cubes trs fins qui permettent de raliser de vritables peintures se dtachent sur un fond de tesselles plus grosses, d'o leur nom d'emblema (lments introduits dans un autre).

    Coq romain. Muse du Bardo Tunis (Tunisie)

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  • Qui excutait ces mosaques ? Il est trs difficile de le savoir et les discussions entre spcialistes n'ont pas encore rsolu les problmes ! Les artisans taient certainement des esclaves ou des affranchis. Ils travaillaient sous la direction de matres d'uvre qui faisaient excuter leur propre dessin ou des modles donns par des peintres, sur commande. En Italie par exemple on copiait quelquefois des peintures grecques.Comment le dessin tait-il reproduit sur le ciment pour guider la pose des tesselles ? L aussi on ne peut faire que des suppositions : ou bien le dessin tait imprim sur le ciment frais ; ou bien il tait dessin d'un filet de peinture rouge : les contours des figures taient ainsi tracs sur le ciment.

    LES JEUX AIMS DES ROMAINS Les Jeux athltiques En 1966, on a dcouvert Vienne (Isre), une vaste mosaque polychrome (de plusieurs couleurs) reprsentant des jeux athltiques, comme de petits jeux olympiques L'octogone central (polygone 8 cts) reprsente le hros Hercule accomplissant l'un de ses douze travaux. Il ne reste aujourd'hui que les jambes, la tte et la massue d'Hercule, et une partie de son adversaire, le lion de Nme.Autour de lui, des athltes nus, dans la tradition grecque, se livrent divers exercices: le lancer du disque, la course, le pugilat et d'autres impossibles prciser en raison de la mauvaise conservation du pavement sa dcouverte. Tous ces athltes remportent la coupe ou la palme de la victoire. Ce pavement (mosaque qui recouvre le sol) atteste donc le droulement, Vienne dans la deuxime moiti du Ile sicle de notre re, de jeux athltiques, moins courants dans le monde romain que les jeux de l'amphithtre ou les courses du cirque. Peut-tre la mosaque ornait-elle le sige d'un collge , c'est--dire d'un groupe de jeunes sportifs spcialement entrans pour les jeux athltiques; ou bien cette pice pouvait avoir une destination religieuse et servir de lieu de runion aux jeunes Viennois qui rendaient un culte au hros auquel ses travaux avaient valu d'tre divinis. Une autre mosaque, noire et blanche, trouve en Italie du sud, San Liberato Bracciano, illustre un affrontement entre pugilistes. Le pugilat tait un jeu grec, pratiqu trs tt en Italie et trs populaire chez le peuple romain; c'est une sorte de boxe ; les pugilistes, nus, frappent avec le bras droit et se protgent avec le bras gauche. Ils ne peuvent frapper que la partie suprieure du corps. Il y avait de nombreuses varits de pugilat; trs souvent les mains des adversaires taient protges par des gantelets : lanires de cuir souvent munies de plomb et de fer. Sur cette mosaque, le personnage de droite est peut-tre un dieu qui tend une branche de laurier au vainqueur du combat

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  • Les Jeux de l'amphithtre Des mosaques africaines, celles de la villa de Dar Buc Ammra en Tripolitaine, nous permettent d'imaginer le droulement des jeux de l'amphithtre. Voici d'abord l'orchestre qui comprend trompettes et orgue eau. Puis des gladiateurs qui s'affrontent. Un homme en tunique blanche, portant la rudis (baguette) insigne de ses fonctions, arbitre le combat. On voit sur ces mosaques deux types de gladiateurs qui s'opposent : - le THRACE pourvu d'un armement lourd, c'est--dire d'un bouclier semi-cylindrique (rectangle incurv) et d'un casque, - le MYRMILLON avec un bouclier rond et un casque lger. Il faut signaler que ni le casque, ni la cuirasse ne sont l pour protger le gladiateur : ce ne sont que des lments d'apparat qui laissent d'ailleurs exposes les parties vitales du corps, le cur notamment. Avant le combat, les gladiateurs dfilaient avec des casques de parade qu'ils changeaient ensuite contre ceux du combat, moins encombrants mais tout aussi inutiles. Cette mosaque des gladiateurs forme une bande qui entoure le pavement d'une pice et chaque partie dtaille 'un combat, comme une bande dessine. D'autres spectacles plus cruels taient donns dans l'amphithtre : des btes sauvages taient opposes des gladiateurs ou dvoraient des prisonniers . Quelquefois, des animaux s'affrontaient entre eux comme le montre le magnifique panneau polychrome ornant une partie de la basilique civile (1) de Julius Bassus Rome. Cette mosaque du dbut du IVe sicle a t ralise avec de fines plaques tailles dans le marbre.

    Le cirque

    Le cirque, difice rectangulaire, oblong, (plus long que large et se rtrcissant chaque extrmit), dont un petit ct est courbe (voir plan) tait le lieu de spectacles diffrents, moins sanglants, et qui ont connu un succs constant Rome pendant tout l'Empire. 1 , gradins 2. cour et curies 3 arte centrale: spina 4 oblisque

    5. bornes : meta 6. porta triumphalis (par o sortait le vainqueur)7 porte d'entre, de procession : porta pompae

    1) Bien avant la priode chrtienne, les basiliques taient des lieux de runion (tribunal, bourse de commerce, promenade), des annexes de la place publique.

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  • Les cochers, esclaves comme les gladiateurs, devenaient des vedettes grce une victoire remporte dans les courses de chars.

    Course de chars (Dougga, expose au muse du Bardo, Tunisie)

    Quatre curies, bleue, blanche, verte et rouge, se partageaient les faveurs du public et ses paris. Quatre emblemata (voir illustration : le coq) trouvs prs de Rome dans la villa de Baccano, nous montrent avec prcision le dtail du costume des cochers. La couleur de leur tunique est celle de l'curie qu'ils dfendent; un gilet lanires de cuir leur soutient les reins, un casque mtallique les protge en cas de chute, ils tiennent un fouet. Le cheval, reprsent avec le cocher dans ces emblemata, est celui qui avait un rle primordial dans le bige ou le quadrige (attelages de deux ou quatre chevaux) : c'est celui qui est du ct de la borne (meta) l'extrmit de la bande centrale (spina). De la qualit de son virage autour de la borne dpendait la victoire ou la chute.

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  • Le thtre Le thtre offrait galement aux Romains des spectacles varis : tragdies, comdies, m