??Web viewBRUCE, S., Religion in the modern world. Oxford, Oxford University Press, 1996. CALHOURN, C., Rethinking secularism. Oxford, Oxford University Press, 2011.

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<p>4</p> <p>TEMOIGNER PROPHETIQUEMENT A NOTRE EPOQUE</p> <p>PENSEES PERSONNELLES RELATIVES AU THEME DU CHAPItRE.</p> <p>1. Les prophtes dans la Bible.</p> <p>1.1. Au fur et mesure que jessayais dassimiler profondment le thme du chapitre, limage du servus lampadarius mest devenue toujours plus chre. Dans lantiquit romaine, les patriciens riches disposaient dun tel esclave. Il devait accompagner son matre et clairer ses sorties du soir vers lun ou lautre vnement. Evidemment cet esclave ne suivait pas son matre, comme la politesse laurait exig. Il nallait pas non plus marcher ct de lui. Alors les deux pourraient marcher dans une mme flaque ou trbucher sur un mme obstacle. Non, lesclave marchait un peu devant son matre pour que la lumire quil portait clairt bien le chemin. Cest aussi ainsi que je vois le prophte : avec la mme discrtion et la mme disponibilit, il claire le proche avenir vers lequel on part/doit partir. </p> <p>1.2. Lesclave connaissait les chemins et les routes de Rome par cur, aussi dans le noir et pendant des soires dangereuses. Il assumait sa tche le mieux possible, pntr de la volont de mener son matre srement vers sa destination. Il tenait lesprit sa tche particulire. Les prophtes dIsral taient aussi pntrs profondment de leur tche : rappeler leur prochain que Dieu nest pas indiffrent son faire et laisser et son bonheur et malheur. Dieu participe la vie de lhomme. Ses commandements ne sont pas des recommandations impersonnelles, mais ils expriment la proccupation et lengagement de Dieu. Ainsi, la justice nest pas simplement une valeur thique : cest la part de Dieu dans la vie de lhomme. Mais lhomme fait souvent ce quil veut : il se comporte ignoblement, il abuse des faibles, sans comprendre quainsi il dsavoue Dieu et que loppression de lhomme signifie une humiliation de Dieu, ainsi pensaient les prophtes. Cest pourquoi ils pouvaient parfois sopposer fortement linjustice et loppression. Cest intolrable que la mdisance et la suspicion seraient/deviendraient des normes gnralement acceptes, ou plus loin encore lescroquerie et la corruption. Les mots du prophte vibrent de dception. Il est la voix de Dieu pour les gens en besoin, pour le bien-tre de tous. </p> <p>1.3. A la rencontre de quoi allait son matre prcisment dans cette promenade du soir, ce ntait pas une question pour lesclave. Si son matre allait samuser ou sennuyer ne surgit pas chez lui. Les prophtes non plus ntaient pas des pronostiqueurs. Le malheur que certains prophtes voyaient arriver tait la consquence de lchec du peuple et non un sort invitable. Si le peuple se convertit, suit de nouveau les voies droites, Dieu apportera le salut, ils en taient vraiment convaincus. Cela sexprime par exemple trs clairement dans le rcit du prophte Jonas. Quand Jonas arrive Ninive il dit : Encore quarante jours, et Ninive sera dtruite ! (Jonas 3, 4). Mais cette prophtie ne sest pas ralise. Les rsidents de la ville ont en effet quitt la mauvaise conduite et liniquit quont commise leurs mains (Jona 3, 8) et alors Dieu aussi se retire et la destruction annonce na pas lieu. Et ce qui sapplique pour Jonas, sapplique aussi aux autres prophtes. La prophtie nest pas un pronostic. Les prophtes ne nous prdisent pas lavenir, mais ils mettent le peuple (et nous) devant un choix : ils proposent la vie et la mort, une bndiction ou une maldiction (Deut. 30, 19). Ainsi, le prophte vit trois temps en mme temps : la promesse du pass, la contemplation du prsent et le courage daller le chemin vers lavenir. Pour nous non plus il ny a pas dautre signe que celui de Jonas.</p> <p>2. Prophtes pour aujourdhui ?</p> <p>2.1. Ce qui est central dans cette tche est la question de savoir si nous, dans ce monde de la globalisation, de la scularisation, de la dsacralisation, de la pluralisation, pouvons encore assumer notre rle prophtique ? Le rsultat de ces changements sociaux est souvent interprt en termes dune exprience de perte : les traditions ne sont plus transmises comme videntes et la tche prophtique est prsente comme une tche trs lourde. La question de savoir si nous pouvons encore de nos jours assumer notre tche prophtique, nous induit pourtant en erreur. Cette approche met en effet trop laccent sur la tche comme elle tait accomplie au pass. Ce qui tait habituel autrefois (et tait ventuellement concluant) est pris comme norme pour un mouvement de rparation actuel. En effet, de cette faon nous interprtons le contexte actuel comme une menace fondamentale pour ensuite examiner comment pouvons-nous encore sauver les meubles. Ici la situation antrieure est considre comme idale et comme norme. Il me parat mieux de mettre en lumire les opportunits du contexte actuel, pour partir envers lavenir avec elles, inspirs et bien motivs. Cela nous invite penser librement sur de nouvelles chances et dopter pour un ralisme plus plein despoir. Cest l aussi lapproche pour laquelle plaide la commission didentit de la rgion belge. Dans la note de politique qui a t labore par cette commission, des chances et des possibilits nouvelles et concrtes sont traces. Les applications de cette ligne de politique apparaissent trs effectives et bienfaisantes et cette approche mrit dtre suivie. </p> <p>2.2. De la dconstruction vers la reconstruction. Cette option galement nous met demble dans le contexte actuel de la scularisation et de la pluralisation. Ici galement il est mieux de ne pas adopter immdiatement une attitude doctorale et restauratrice et de ne pas faire revivre danciens remdes, mais de choisir rsolument pour une exploration fondamentale de nouvelles possibilits en dialogue avec le contexte vcu. A lheure actuelle cette tche sapplique mon avis sans restriction. Le vrai dialogue suppose en effet que lon se fasse interroger par lautre : celui qui on parle dans le dialogue se met un instant en jeu, non pour perdre ses convictions et ses tches, mais bien pour les redcouvrir et regagner de nouveau dans leur caractre actuel : interroges, vrifies, enrichies, converties et confirmes. Ici galement sapplique le mouvement vers un ralisme plein despoir. Il est bon dutiliser ce principe de dialogue et de fidlit la ralit comme base de la reconstruction. Ainsi nous honorons dailleurs la proximit de Dieu dans notre vie : lui il est notre matre en matire de notre tche prophtique. Car par la faon de laquelle Dieu se rvle nous, nous apprenons quil ny a pas dabord Dieu qui alors entre en dialogue avec lhomme (par les prophtes), mais que, prcisment, Dieu est dialogue. Le dialogue est une caractristique essentielle de Dieu. Dans ce dialogue lhomme (nous) se trouve dans une relation de rponse et cette relation dtermine au plus profondment qui est lhomme : un tre qui est toujours en dialogue : un tre qui est vulnrable sous la parole, tout comme les prophtes du pass. Dans le dialogue avec les autres notre tche prophtique nous est procure et nous apprenons qui nous sommes vritablement. En rpondant activement, avec ralisme et dialogue aux opportunits actuelles, nous pouvons faire entrer notre tche prophtique dans cette situation plurale comme une donne constructive : un ralisme plein despoir. </p> <p>3. Quelques consquences :</p> <p>3.1. Le renforcement de lautonomie personnelle et le soin de notre sens communautaire.</p> <p>Auparavant, le cadre dans lequel vivait lhomme tait demble de couleur religieuse. Dans le temps pr-sculier il en tait en tout cas ainsi et partout. Ce cadre de rfrence parat maintenant tre trs chang et la nature humaine nest plus demble de contenu religieux. Il sy ajoute que des dirigeants religieux ont perdu leur contrle de la foi, des pratiques croyantes et des principes moraux de leurs disciples. Les gens ont actuellement la volont et la possibilit de dcider de faon autonome ce quils croient et ce quils font. Ici ils ne se laissent pas simplement dicter, non plus par des autorits et des prophtes. La religion devient une matire du croyant individuel. Cela ne signifie pourtant pas ncessairement que la foi (de groupe) confessionnelle disparat, mais bien que les gens mettent laccent sur les lments confessionnels quils ont choisis eux-mmes et qui peuvent diffrencier dune personne lautre. Ici les expriences individuelles, flexibles et non dogmatiques jouent un rle prpondrant et forment ainsi une spiritualit personnelle, ventuellement dbouchant sur une adhrence confessionnelle. Est-ce que Karl Rahner ne dit pas que le sicle actuel devait tre le sicle des expriences religieuses ou que, sinon, lEglise disparatrait compltement ( lOccident) ? La disponibilit dune multitude doptions religieuses ne doit donc pas tre vue comme une menace pour le christianisme et rendre impossible notre tche prophtique, mais plutt comme un stimulus pour la croissance de foi authentique et personnelle. Ici nous pouvons avoir confiance que la forme dexistence humaine ne reste pas limite ce qui est ici et maintenant, mais reste ouverte ce que nous appelons la transcendance. En tant que tel croire ne peut plus tre vu plus longtemps en premire instance comme une rponse collective. Mais ntait ce pas ce quaussi Jsus avait en vue ? A Pierre et donc aussi nous il a demand : Qui dites-vous que je suis?. Et lors de ses signes miraculeux ne sest-il pas rfr la foi florissante dIsral. Votre foi vous a sauv, tait sa faon personnelle de conclure ses gurisons. </p> <p>Cest pourquoi il est sans plus de grande importance, plus encore quautrefois, de prter de lattention (de politique) la formation (permanente) qui soutient la croissance de la foi personnelle et la cultive.</p> <p>La communaut (de vie) galement obtient dans ce cadre un autre rle. Elle nest plus le lieu appropri de la guilde des prophtes, mais le groupe confirmant et aidant dans lequel chacun peut parvenir la vraie floraison, chacun son rythme, chacun son temps. La communaut devient plutt la base de dpart chaleureuse pour des tmoins forts et authentiques : pour de vrais prophtes !</p> <p>Dans cette communaut aussi le suprieur a son rle spcifique jouer. Il nest pas celui qui corrige et dirige avec les mesures anciennes les pratiques actuelles, ou qui doit verser du vin nouveau dans de vieux sacs, ce qui est une pratique comprhensible mais nimplique pas une autorit actuelle et participative. Il fait merger les qualits des membres du groupe pour le salut et lapprentissage de chacun. Il ntouffe pas non plus les diffrentes voix par sa propre comprhension de la tche actuelle de chacun mais promeut o il le peut la participation rciproque et le sens des initiatives pour la floraison de la plate-formechaleureuse et pour la croissance constructive continue de chaque membre du groupe individuellement. Cela aussi me parat tre une condition ncessaire pour pouvoir bien accomplir notre tche prophtique aujourdhui. </p> <p>3.2. La dsacralisation et le sens du Saint. La science et la technique ont vritablement enlev le magique de notre monde (occidental). Pourtant, dans les rapports scientifiques et dans les imaginations, il y a des noncs qui traitent de la ralit fascinante et parfois effrayante quest le mystre de lexistence humaine. De telles choses nous mettent face face avec le secret fascinant que Rudolf Otto (1829 1937) dj a appel le Saint. Ce thologien tait le premier traiter du Saint (ou, en termes plus techniques: du numineux). Dans son ouvrage de rfrence Das Heilige (1917), cet auteur nous montre mme de faon convaincante quil est /doit tre question dans toutes les philosophies spirituelles et institutions religieuses-ecclsiastiques dune telle exprience originelle.</p> <p>Le mme phnomne se produit quand nous examinons profondment lapostasie, le fait de renoncer la foi. Depuis 1966 nous sommes arrivs dans une priode post-thiste, affirment des tudes solides. En gnral on entend par thisme : la foi en un Dieu personnel qui est transcendant mais est quand mme proccup de chacun. Linfluence du thisme a t trs forte dans le pass et il a longtemps t vu comme limage de Dieu traditionnelle-chrtienne. Celui qui adhrait cette image de Dieu tait considr croyant; celui qui la rfutait tait considr incroyant. Mais ce thisme serait maintenant aussi pass et il serait temps de parler dune autre faon de croyants et dincroyants. En effet, lpoque post-thiste les limites sont devenues moins claires, apparat-il : les croyants sont devenus plus incroyant et les incroyants sont devenus croyant. Toutes sortes dtudes empiriques et des statistiques montrent cela en effet. Il existe en effet toujours plus de manires de croire et de vivre sans Dieu ou au moins ayant laiss le Dieu thiste, parce que les gens apparaissent simplement tre religieux, mme si cette caractristique religieuse ne peut plus tre reconnue clairement en tant que telle ( laide des diacritiques anciennes). Les athistes rejettent pourtant la foi en un Dieu personnel, surnaturel qui se proccuperait de chaque personne, mais cela ne veut pas dire quils abjurent toutes les formes de transcendance de quelque chose, ou quils ne se savent pas tre devant un vide mystrieux (croire en rien) qui orienterait, dirigerait et soutiendrait leur recherche de sens et de fond pour lexistence humaine/pour leur propre existence. En ce sens, plusieurs philosophes et thologiens dclarent : Notre socit est compltement sculire, mais croire est omniprsent. </p> <p>A premire vue cette situation est de nouveau diamtralement oppose aux possibilits dtre effectivement actif comme croyant prophtique-tmoignant. Dautre part elle offre de nouveau des possibilits dtre ainsi prsente en demandant de lattention pour lexprience humaine originelle de transcendance et la sensibilit humaine fondamentale pour le noyau mystique dans la vie de chacun. Ce tmoignage rsonne avec une attitude de confiance et de rsignation et une attitude de recherche, non de quelque chose que lon a perdu, mais une recherche depuis la confiance que nous sommes dj trouvs. Et ce que nous cherchons est comme le soufflement dune brise lgre, qui se cache derrire et par nos images de lui et par nos paroles sur lui. Le vide qui tombe dans notre dialogue avec lautre aussi avec des incroyants ne peut rvler sa plnitude et devenir tangible que par laction que nous entreprenons ensemble pour le bien-tre le plus profond et le respect humain lun pour lautre. Il est bon de poursuivre ce dialogue sur les lignes de sparation qui apparemment nous divisent, car ces frontires parcourent galement nos propres curs. Ici galement le besoin dun dialogue plein de respect et dune action authentique vient la surface de la faon la plus aigu. Et cela ne peut certainement pas temprer notre ralisme plein despoir. </p> <p>A titre de conclusion : quelques propositions. </p> <p>Si ces penses susmentionnes sont/peuvent tre dapplication toutes les situations de notre congrgation au niveau mondial, je ne le sais pas. Je laisse dautres den juger. Je tire pourtant de la vision susmentionne quelques points dattention qui selon moi paraissent indicatifs et/ou souhaitables. Je les offre ici, sans engager personne. </p> <p> Pouvons-nous baser la politique en Belgique (mais aussi au niveau gnral) sur cette...</p>

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