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a 1 TABLE DES MATIERES PREFACE ...................................................................................................... 2 DEFINITION ET ORIGINALITE DE LA PRIERE JUIVE ....................... 3 LES LIEUX DE LA PRIERE JUIVE .............................................................. 8 L’ORIGINE DES PRIERES ....................................................................... 13 LES OBLIGATIONS DE LA FEMME EN MATIERE DE PRIERE ....... 17 LES PETITS ENFANTS ET LA SYNAGOGUE........................................ 21 LE SOLDAT ET LA PRIERE .................................................................... 25 LE CHEMA' ................................................................................................. 27 LA 'AMIDA .................................................................................................. 31 ‘OUNETANE TOKEF’ ................................................................................. 36

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TABLE DES MATIERES

PREFACE......................................................................................................2

DEFINITION ET ORIGINALITE DE LA PRIERE JUIVE .......................3

LES LIEUX DE LA PRIERE JUIVE ..............................................................8

L’ORIGINE DES PRIERES .......................................................................13

LES OBLIGATIONS DE LA FEMME EN MATIERE DE PRIERE .......17

LES PETITS ENFANTS ET LA SYNAGOGUE ........................................21

LE SOLDAT ET LA PRIERE ....................................................................25

LE CHEMA' .................................................................................................27

LA 'AMIDA ..................................................................................................31

‘OUNETANE TOKEF’ .................................................................................36

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Préface

La Prière

Plus que jamais, à l'orée du troisième millénaire, l'acte de prier

devrait s'imposer dans nos sociétés d'abondance, de stress,

d'égoïsme, d'impatience et de vitesse,

- parce qu'elle invite l'homme à une méditation sur sa condition et

sa finalité, à une concentration sur soi susceptible de compenser la

gesticulation et la dispersion ;

- parce qu'elle est le récapitulatif rigoureux et fidèle des valeurs

essentielles et sûres du Judaïsme ;

- parce qu'elle donne à l'homme la place éminente qui lui revient lui

rappelant qu'il vit en société, qu'il est responsable de son prochain

et qu'il est, en même temps, irremplaçable ;

- parce qu'enfin, elle apprend à l'homme à se suffire de l'essentiel à

affronter dignement les revers de fortune et à être modeste dans

ses succès et réussites.

Claude Brahami

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Définition et originalité de la prière juiveClaude Brahami

Désir de prièreS'il existe une disposition del'esprit humain, à la fois largementrépandue et profondémentenracinée dans l'inconscientcollectif, c'est bien le désir deprière qui se trouve dans toutes lesreligions, toutes les civilisations,toutes les cultures, tous les pays,et dans tous les temps.La prière est plaintes,gémissements dans la souffrance,cris de joie et de reconnaissancedans la satisfaction, dans leplaisir, sous sa forme la plusélémentaire.

En deçà de l'humain, on peut direque l'animal "prie" dans seshurlements de douleur ou decontentement ; que la plante quitend ses branches chargées defleurs ou de fruits vers le ciel, oules astres qui tournent les unsautour des autres, s'inscriventdans cet immense hommagecosmique rendu à D. 1Le Ps. 148est on ne peut plus éloquent. 1[Ps. 19(2): "les cieux racontent la gloire deD."] [Ps 96(12) : "que la campagne exulte; queles bois de la forêt chantent devant l'Eternel"][Ps 98(8) : "que les fleuves applaudissent etqu'ensemble, les montagnes chantent devantl'Eternel"].

Alerte et chantLe niveau le plus naturel de laprière est désigné en hébreu sousles vocables zé'aqa ou tsé'aqa(cri, alerte) pour la souffrance etrina (chant d'allégresse) pour direle bonheur. Ce niveau n'est niinférieur, ni primitif; il estseulement inorganisé, instinctif,inconscient. Il n'en reste pasmoins poignant et... efficace. D.ne reste jamais insensible à cetteespèce de prière; le sang d'Abelqui crie2, les "cris" des esclaveshébreux d'Egypte3, le "cri" dupauvre qui a gagé sa couverture4,le cri de la jeune fille violentée enpleine campagne5, atteignenttoujours le Ciel.La pensée a ordonné ces cris ; elleles a recensés, répertoriés selonleur nature et leur objectif.Comme par exemple té’hina,téfila, pegui'a, hodaya, cheva’ha,'atira, chav'a, naaqa, ...

2tso'aqim Gen. 4 103tsa'aqat béné Israël Ex. 3(7) et 9 ;4ki Yiza'q élaï Ex.22 (26)5tsa'aqa ha na'ara Deut. 22(27)

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Cinq typesElle a inventé :1) la Téh'ina, supplication, sorte

de prière instante, désespéréeparfois, comme celle de Moïsequand il supplie D. de luipermettre d'entrer en terrepromise6.

2) la Pegui'a, sorte de choc, derencontre subite et inattendueavec le sacré, qui nous estenseignée par Jacob7.

3) la 'atia, manière de modifierson propre destin et d'arracherune décision divine, dontl'exemple nous est donné parIsaac et Rébecca quand ilsdemandèrent un enfant8.

4) la ye’hila, (de la racine y’hl =espérer) que nous employons àRoch Hachana et à Kippour,celles utilisées par Moïse pourobtenir le pardon du veau d'or 9

5) la tefila, (de la racine pll =juger) enfin, qui représente leplus haut degré de la prièrepuisqu'elle implique uneréflexion intérieure sur soncomportement, un jugement dela conscience sur ses actes.C'est le mot le plus utiliséaujourd'hui pour désigner laprière par excellence, c'est àdire la 'amida.

6vaet’hanan el Hachem Deut.3.237 vayfga'ba maqom ; voir explication de RachiGen 28(10)8 va ye'tar Its’hak lachem - voir RachiGén.25(21)9Ex. 32(11)

Un outil perfectionnéAinsi la prière est devenue

un outil perfectionné, complexe etsophistiqué, capable d'ouvrir lesportes du ciel ; ainsi virent le jourdes implorations pour les maladeset les déshérités réclamantguérison, libération et subsistance; des confessions pour les âmestourmentées, assoiffées de cettepureté indispensable au dialogueavec D. ; des hymnes dereconnaissance et de gratitudepour les heureux qui ont étéexaucés ; des chants de louangeset de bénédictions pour lesadmirateurs de la création, avidesd'harmonie, éblouis par l'infiniegrandeur de D. ; des méditations,enfin, des contemplations, desexercices pour ceux qui croientpossible le contact à la foisvivifiant et mortel, avec D. ouencore pour ceux qui prétendentinfléchir le cours du destin etexercer un pouvoir quasi créateursur les choses du monde.

Inventeurs, initiateursL'histoire de notre peuple

est riche de ces hommes et de cesfemmes inventeurs, initiateurs deprières : Abraham, Isaac, Jacob,leur épouses, Moché, Josué, lesProphètes, Hanna, Débora,David, Daniel, les Maîtres duTalmud, les poètes-philosophes du

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Moyen-Age (Juda Halévi, IbnGabirol, Ibn Ezra), etc...

La prière de Caïn, puni pour soncrime, n'est pas accompagnée desacrifice ; ni celle de Moché,défendant la cause d'Israël auprèsde D., ni celle de Débora,célébrant D. pour la victoireremportée contre les chariots deCanaan, ni celle de Hanna,reconnaissante d'avoir mis aumonde Samuel, et enfin, celle deDavid consignée pour l'éternitédans les Psaumes ! Nous pensonsque les prières et les sacrifices ontconstitué deux expressionsparallèles de cette tendanceprofonde de parler à D., qui ontfini par se rejoindre après ladestruction du deuxième Temple,dans la liturgie synagogale.

Les trois patriarches, les troissacrifices quotidiens, comme lestrois prières correspondent eneffet aux trois temps clés de lajournée : matin, midi, et soir. Demême que l'homme doit faire troisrepas pour nourrir son corps, ildoit ressourcer son âme trois foisdans la journée. Le matin, ausortir de la nuit, le midi, au zénithde sa puissance, le soir, aumoment du bilan. Ceraisonnement est applicable àl'échelle de la journée ou àl'échelle d'une vie.

Un cadre

Quoi qu'il en soit, la tradition afixé une fois pour toutes, un cadrede prières que certainsconsidéreront trop rigide etexcluant toute spontanéité, toutépanchement individuel. Rien deplus erroné ! La prière juive esttellement variée et complètequ'elle doit en principe satisfaireles aspirations et les pensées lesplus diverses, l'homme inculte,comme le savant, l'intellectuelcomme le manuel, le rationalistecomme le mystique. La présencedes Psaumes de David (plus d'unecentaine) dans l'ensemble de laliturgie en est le garant le plussolide. Chacun de ces Psaumess'adresse directement à chacun desmillions et des millions de lecteursqui le lisent. Le génie desPsaumes réside essentiellementdans cette constatation, qui faitque chaque individu peut croirequ'ils ont été écrits pour lui, pourses propres besoins, pour lescirconstances les plus intimes etsecrètes de sa vie, bref, despsaumes écrits sur mesure !

Les prières dont les originesremontent à la période de laGrande Assemblée (515-520environ), ne font que prolongerl'oeuvre biblique ; la plupart desgrandes idées et des principes quisont à la base du Judaïsme s'y

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retrouvent ; D.-Un et universel,immanent et transcendant ;l'élection d'Israël, la résurrectiondes morts, le monde futur, leMessie, etc...

Ces principes, agissant commeressort, élèvent le juif fervent versles plus hautes sphères de laspiritualité, selon ses aptitudesintellectuelles et morales, sescapacités d'entendement et sapuissance d'intuition etd'émerveillement, son inclinationmystique et poétique.

La liturgie de cha’harit (matin)illustre de façon à la foisrationnelle et mystique commentcette voie balisée permet àl'homme d'effectuer son ascensionvers D.ieu, et de revenir sur terre.

Un cheminement

Nos cabalistes expliquentque l'on doit partir du "monde del'action", dans lequel les actes sontdéterminants, où la matièreprévaut sur l'esprit, où les lois dela nature sont rigoureuses etimplacables ; dans un deuxièmetemps on accède au "monde de laformation", c'est-à-dire celui oùrègnent les sentiments, lesémotions, les élans, les pulsions,ce monde est celui aussi des"anges", nés précisément des

pensées et des actes de l'homme :une bonne action, une mitsva,engendre un ange bénéfique, unetransgression ; une 'avéra,engendre un ange maléfique.L'étape suivante est constituée parle "monde de la création", danslequel sont les choses plus vraies,plus authentiques ; dans cemonde, c'est l'essence même deschoses que l'homme peutpercevoir. Au-delà de ce niveau,on rentre en contact avec la"source divine".

C'est en fonction de ces quatremondes que la prière de chah'rit aété structurée :1. Pétiha : jusqu'à baroukh

chéamar = monde de l'action ='olam ha 'assiya.

2. Pessouqé de Zimra : jusqu'àyichtabah' = monde de laformation = 'olam ha yetsira.

3. Yotszer : jusqu'à la 'amida =monde de la création = 'olamha beria.

4. 'Amida : monde de l'Emanation= 'olam ha atsilout.

S'amorce ensuite le retour :1. Achré Yochvé, jusqu'à Téfila

de David : monde de lacréation

2. Jusqu'à Qavé el hachem =monde de la formation

3. Jusqu'à 'Alénou Léchabéah' =monde de l'action

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Ainsi comprise, la prière devientun immense hymne dans lequell'homme et l'univers rejoignentleur créateur, au-delà de la

souffrance et de la joie, au-delàdes besoins, si nécessaires et sinobles soient-ils, au delà deséléments de la création.

Sept branches Merveille d'architecture littéraire, ce psaume de huit versets, d'unesymétrie parfaite, épouse la forme du chandelier à sept branches. Ilfut à ce titre l'objet d'une sollicitude particulière de la part descabalistes, avec son allusion à la bénédiction des cohanim, donc àAaron, premier des Grands-Prêtres qui était chargé d'allumer laménorah(1) du Temple. Selon ces mêmes cabalistes, le lecteur de cepsaume doit visionner dans sa tête la ménorah et insister sur chacundes 49 mots (7*7)) et des 49 lettres du verset médian.Ces multiples de 7 sont évidemment à rapprocher de 7 semaines(49 jours de l'omer) qui séparent Pessah de Chavouot.(1).- Chandelier

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Les lieux de la prière JuiveAlexis Blum

Où prier ?Depuis que les légions de Titusont détruit, en 70, la ville deJérusalem et le Temple, le peuplejuif vit dans la nostalgie duTemple et l’espérance expriméedans la liturgie, mieux l’assurancede la tradition, qu’avec le retourd’Israël sur sa terre et larestauration du royaume de David,la reconstruction du Temple seraune des réalisations majeuresmarquant les temps messianiques.En attendant, les synagogues ontpris la relève du Temple.Il est bien évident que la prière n’apas été inventée à la suite de ladestruction du Temple, mais ilfallait désormais donner à la prièrepublique une forme plus générale,et valable pour tous, capable deremplacer les sacrificesinterrompus. La synagoguefavorisera cette institution.Les prières sont aussi vieilles quel’humanité. Mais tant qu’on offraitdes sacrifices, elles avaient uncaractère spontané et irrégulier,tandis qu’après la destruction duTemple elles deviennentinstitutionnelles. La

Bible en toutes ses partiesrenferme d’admirables prières :celle d’Abraham pour Sodome10,du serviteur d’Abraham11, deJacob avant de rencontrer Esaü12,de Moïse chantant sa gratitude aubord de la Mer13, intercédant pourle peuple après le péché du veaud’or, ou pour la guérison de sasoeur Myriam14. Les Psaumesdonnent maints exemples deprières et l’on a pu se demanders’il n’est pas déjà question deprières codifiées et régulières dansle verset15« sept fois par jour, je teloue, à cause de tes jugements ».S’il n’y avait pas de synagogues àl’époque biblique, le lieu desprières n’était pourtant pasindifférent. C’est ainsi que ‘Hannase rend à Shilo, au sanctuaireofficiel de son temps, pourimplorer le Seigneur et pourexprimer sa reconnaissancelorsqu’elle est exaucée16.Au temps du Premier Temple onne trouve pas de trace desynagogue, encore que certainsexégètes ont cru pouvoir devinerla présence d’une sorte de pré-

10Gen. 1811Gen. 24,1212Gen. 32,10-1313Ex. 1514Nombres 12,1315Ps. 119,16416I Sam I,11

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synagogue dans l’expression« convocations saintes » duLévitique17.

Vers 455Les indices d’une liturgie touteconstituée aussi bien dansl’enceinte du Temple que dans lessynagogues ne peuvent êtredécelés avant la dernière périodedu Second Temple. Le grandRabbin Liber18 avait attirél’attention sur la relation de deuxcérémonies célébrées vers l’an 455avant l’ère chrétienne. Les livresbibliques d’Ezra et Néhémiedécrivent le peuple entier réunid’abord le 1er tichri sur la placedevant la Porte de l’eau pourentendre la lecture du Livre de laLoi. Ezra debout sur une estradede bois et entouré de treize judéensdont le rôle n’est pas indiqué,ouvre le livre en faisant précéderla lecture d’une bénédiction duSeigneur à laquelle le peuplerépondit « Amen, Amen » enlevant les mains, en s’inclinant eten se prosternant face contre terre.Le 24 tichri de la même année,nouveau rassemblement. Lalecture de la Torah et la prièrejouent un grand rôle. Ce n’est plus

17Lév. 23,2-318Dans un article de l’Annuaire de l’Ecole desHautes-Etudes, 1933-1934, repris dans leCahier d’études juives n°1, sept.-oct. 1946,Paris.

Ezra qui officie mais un choeur delévites debout sur un degréentonnant : « Allons, bénissez leSeigneur votre Dieu d’éternité enéternité »19.Ce qui frappe dans ces deux textesexaminés trop superficiellementici, c’est d’abord l’absence deTemple. La première réunion sedéroule sur une place deJérusalem, la secondeprobablement aussi. S’il s’agissaitdu Temple, le texte l’auraitprécisé.Ezra n’entend pas éliminer leTemple reconstruit depuis unsiècle, comme centre religieux.Ezra est prêtre lui-même et tient às’entourer de prêtres et de lévites.En quittant la Babylonie, il a tenuà emporter du personnel et desprésents pour le Temple. Sonpremier soin en arrivant àJérusalem est d’offrir dessacrifices et d’engager le peuple àmanifester sa générosité pour leTemple.Les cérémonies des 1er et 24 tichrise déroulent hors du Temple parcequ’elles sont étrangères à sonculte. Selon le grand rabbin Liber« l’innovation, on peut dire larévolution, a consisté à concevoirune cérémonie religieusedétachée des sacrifices.Désormais le culte de la prière nesera pas lié à un lieu sacré ».

19Ezra 9,5

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En tout cas, le culte juif aura laparticularité de ne pas êtreexclusivement synagogal.

Ezra l’organisateurAu Temple, les prêtres ont un rôleessentiel même si les laïcs y ontaccès. Mais aux réunionsorganisées par Ezra, tous lesJudéens participent au même titre.Ezra préside la premièrecérémonie non comme prêtre maiscomme scribe (sofer : l’homme dusefer, le livre). Les lévitesl’assistent, parce qu’ils saventchanter les prières et expliquer laLoi. Prêtres et lévites interviennentmais non en tant que tels, et sansporter les insignes de leursfonctions sacerdotales réservés àl’enceinte du Temple.J’insiste ici sur un caractèredistinctif du culte juif jusqu’à nosjours. Il ne nécessite pas leministère d’un personnelsacerdotal, revêtu d’un costumeconsacré.Ezra n’a pas inventé le culte de laprière. Il est certes l’organisateurdes lectures publiques de laTorah. Ce n’est pas un créateur,ni un législateur. En cette époquecapitale pour la formation dujudaïsme, l’application religieuseimporte plus que l’invention. Lesprophètes avaient préparé le

terrain au culte extérieur auTemple. Isaïe avait proclamé20 :

Ainsi parle le SeigneurLe ciel est mon trôneEt la terre mon marchepied !Quelle maison pourriez-vous me

bâtirEt en quel endroit serait le lieu de

mon repos.

Le prophète Ezechiel,contemporain du Temple deJérusalem, l’a décritminutieusement, mais a aussi étéle premier à envisager unediffusion possible de la saintetédans ce que seront plus tard lessynagogues d’après la traditiontalmudique21, qui comprend aussile mot mikdach méat22unsanctuaire pour quelque temps.Selon le grand rabbin Liberl’essentiel de la réforme d’Ezra futde songer à adresser les formulesde bénédiction directement à D.Au lieu de « Béni soit leSeigneur » on dira « Béni-sois-Tu ». Et cette substitution de ladeuxième personne à la troisième,ou le contraire, c’est le passage del’hymne caractéristique du Templeà la prière telle que nous laconnaissons encore aujourd’hui.« C’est ainsi » dit le grand rabbinLiber, « que la prière est sortie du

20Ch. 66,121Talmud de Babylone Meguila 29a22Ez. 11,16

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Temple et c’est de la cérémonied’Ezra que procède le culterégulier de la prière publique ».

Prière publiqueDès la fin de l’époque du secondTemple, les événements ont donnénaissance à un développement desoffrandes de parole et parconséquent à l’institution de laprière publique et à l’organisationsynagogale.Une théologie de substitution desrites sacrificiels - théoriquementtemporaire - est née, se fondantsur le verset difficile d’Osée 14, 2-3 :Reviens, Israël, à ton Seigneur, à

ton DieuCar tu es tombé par ta fauteMunissez-vous de paroles et

revenez vers le SeigneurEn lui disant : Pardonne-nous

toutes nos fautes pourque nous retrouvions le bonheurNous t’offrirons en guise de

taureaux sacrificiels nos lèvre

Telle est la traduction de l’hébreuparim sefatenou. Cette métaphorehardie est rendue différemment parla Septante qui coupantdifféremment le texteconsonantique lit peri misefatenouet propose donc de remplacer lesacrifice des taureaux par le« fruit des lèvres », c’est-à-dire lalouange comme l’a bien comprisl’auteur des Epîtres aux Hébreux.

Suivant certains textes d’Osée,Amos, Isaïe et des Psaumess’élevant contre une surestimationdu culte sacrificiel, une évolutiondes idées se fera dans certainsmilieux juifs qui préférèrentrenoncer définitivement auxsacrifices devenus impurs à leursyeux et les remplacer par la prière.Dans une étude pénétrante23, MarcPhilonenko analysant quelquesécrits intertestamentaires, amontré comment les Essénienssont passés de la critique radicaledu culte sacrificiel à l’exaltationdu culte spirituel. Leurs idéauxont pénétré une partie du judaïsmede la Diaspora, ont influencé lamystique païenne connue par lestraités hermétiques, et marqué lechristianisme naissant.

Le souvenir du TemplePour le judaïsme traditionnel, onrefusera toujours de considérercomme définitive la situation crééepar la destruction du Temple.Avec force détails, les maîtrescollectionnent et codifient tous leséléments qui se rapportent auTemple pour que, le cas échéant,rien ne s’oppose à la reprise deson culte.

23M. PHILONENKO « Culte sacrificiel etoffrande des lèvres dans le judaïsme essénien »in « Prière, Mystique et Judaïsme ». Colloque deStrasbourg 10-12 septembre 1984. Textesrassemblés par Roland GOETSCHEL, ParisP.U.F., 1987, pp. 9-19.

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La liturgie synagogale ne manquejamais d’évoquer le souvenir duTemple par l’adoption d’usagesantérieurement réservés auTemple, par les textes de prièresdes quatre jours de jeûne liés auxcatastrophes nationales dont ladestruction du Temple. Mais laprière principale récitée trois foispar jour - celle dite des 18Bénédictions - reprend aussil’invocation pour le rétablissementdu culte sacrificiel.De telles implorations sont aussisoutenues dans les prièresadditionnelles (moussaf) duchabbat et de chaque fête. Uneprière aussi fréquente que l’actionde grâces après le repas contient

un paragraphe de même esprit.Les hymnes accompagnant lerepas du chabbat ou de la soiréepascale (seder) sont pleins de cetespoir de reconstruction.Le souvenir du Temple, commelieu de culte idéal, est si vivacedans le culte synagogal qu’il m’aparu nécessaire d’en rappeler lesgrands traits. Et pourtant ce n’estqu’un souvenir. Et l’on peutsouligner l’absence de continuitéentre les deux formes cultuelles.Au Temple, il y avait dessacrifices et un personnelsacerdotal. A la synagogue, il y aun rabbin. La prière peut sedérouler sans lui, il ne joue pas lerôle du prêtre.

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L’origine des prièresClaude Brahami

On peut considérer l’origine des prières soit sous l’angle de latradition, soit selon les données objectives de l’histoire.

L’opinion de la traditionLes trois prières

journalières, Chaharit, Min’ha etArbit qui reviennent tous les joursdu calendrier, ont pour origineAbraham, Isaac et Jacob.

Abraham fut le premier àprier le matin. La Torah nousraconte en effet qu’ « Abraham seleva de bon matin »24 pour offrirson fils Isaac en sacrifice sur lemont Moria.

Quand Eliézer25 revintavec Rivka, la femme destinée àIsaac, celui-ci "sortit pourdiscuter dans les champs àl’approche du soir »26.L’expression « pour discuter »,lassoua’h, est une façon de dire laprière, comme dans les psaumes :« Prière au pauvre quand il secouvre et que devant D. ilépanche son propos »27. « Al’approche du soir » correspondbien entendu au temps de Min’ha.

24 Gen. 19 (3)25 selon le commentaire de Rachiexpliquant le terme serviteur utilisépar la Torah26 Gen. 24 (63)27 Ps. 102 (1)

La prière du soir, Arbit,fut instituée par Jacob puisque laTorah dit : « il arriva à cetendroit car le soleil s’étaitcouché »28. Nous avons à faire àun mot qui contient l’idée deprière.Contraint de quitter la maisonpaternelle à cause d’Esaü sur lechemin de ‘Haran (enMésopotamie), Jacob arrivesoudainement -c’est le premiersens du mot vayifga’- sur le montMoria, au moment où le soleil secouche, donc au début de la nuit.Là aussi, nous avons affaire à unmot dérivé de la racine Paga’ quiexprime la prière : « Quant à toi,cesse de prier.... et n’insiste pas(en prière) auprès de moi, car jene t’écouterai pas »29.

AmourIl serait naïf de prendre

cette tradition au pied de la lettre,ni Abraham, ni Isaac, ni Jacobn’ont rédigé une quelconque prièretelle que nous la connaissonsaujourd’hui. Mais on peut croire

28Gen 28 (11)29Jer 7 (16)

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qu’Abraham a éprouvé le besoin,un matin particulier, d’adresserune supplication à D. ou de Luirendre hommage à un momentdifficile de son existence ; Isaac etJacob ont fait de même à un autremoment de la journée.

Cependant, la vérité decet enseignement se dévoile grâceà ce qu’il représente sur le plansymbolique et mystique.Abraham, nous dit la kabbale, estl’archétype de la Séfira30‘Hesssed: Amour ; il était par conséquenttout désigné pour « inventer » laprière de Cha’harit, elle-mêmedominée par le signe du ‘Hessed.Succinctement cela veut dire quela nature d’Abraham est d’aller defaçon spontanée vers autrui dansun élan d’amour et de générosité.Au lever du jour, à Cha’harit,chaque homme se sent porteurd’une foi, d’une espérance dans lajournée qui s’amorce ; les projetsles plus ambitieux et les plusnobles sont alors permis grâce àun besoin d’amour et de charitéqui nous pousse à croire enl’homme et à désirer faire le bien.

PuissanceUn peu à l’opposé, se

situe Isaac, dont la qualitédominante est la SéphiraGuevoura : puissance qui est

30Un des 10 attributs par lesquelsD.ieu intervient dans le monde

plutôt le signe de la justice,implacable dans sa rigueur, doncforcément dévastatrice, plutôtqu’une manifestation d’une forcequelconque. Isaac est celui quisubit stoïquement les décisions dela justice divine. Si Abraham secaractérise par l’expansion, Isaacest l’homme de la concentration,du repli sur soi.

Minha est précisément cetemps de la justice que sanctionneles actions de l’homme accompliesdans la journée. Ce n’est pas la finde la journée c’est la fin del’après-midi, le moment du bilan,qui reste un laps de temps trèscourt pour redresser un éventuelfaux pas.

SplendeurJacob et Arbit se

superposent dans la mêmeSephira : Tipheret = splendeurqui est à la fois la synthèse deHessed et de Guevoura, larésultante est un attributcomplètement diffèrent. Tipheretreprésente le comportement idéalde l’homme dans ce monde, dontJacob-Israël se veut le paradigme.Cet idéal ne sera atteint qu’aprèsde longues souffrances, de longset durs combats contre les forcesdu mal.

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La prière de arbit amorcejustement cette entrée dans l’arènede l’histoire où tout se joue defaçon radicale. La nuit c’est l’exil,la souffrance, mais c’est aussi lepassage obligé de la Rédemption.La lutte de Jacob avec l’angedurant toute une nuit en estl’illustration.

Ces trois prières furentétoffées par plusieurs textes,comme la prière de Hanna,fondement de la 'Amida et lespsaumes de David, sans lesquelson ne conçoit pas de prière dignede ce nom.

Le Birkat HamazoneVu sous l’angle de la tradition, leBirkat Hamazone a été instituépar Moïse, Josué, David et lessages de Yavné. Moïse qui vécutle miracle de la manne, nourriturecéleste s’il en fut, compose lapremière bénédiction, « Hazan étehacole / béni soit celui quinourrit tout le monde » ; Josué,qui conduisit le peuple vers laterre promise, élabore la deuxièmebénédiction : « Al haaretz vé alhamazone / pour le pays et lanourriture » ; David, fondateur deJérusalem, prononça labénédiction : « BonéYeruchalaim / bâtisseur deJérusalem » ; ce furent auprès dessages de Yavné qui, après la chutede la forteresse Bétar sous lescoups des phalanges de

l’empereur Hadrien en 135 denotre ère, rédigèrent la quatrièmeet dernière bénédiction du BirkatHamazone nommé "hatov vehametiv / béni soit celui qui est bonet fait du bien », en souvenir desvictimes de Bétar qui trouvèrentbeaucoup plus tard une sépulture.

Le point de vue historiqueSelon les historiens,

indépendamment des prièresfigurant dans les textes bibliquesles premières rédactions desprincipales prières que nousrécitons aujourd’hui, ont étél’oeuvre d’Ezra et des gens de laGrande Assemblée. C’est le cas dela première mouture du Chmonéesré, des birkot ha-cha'har,Birkat Hamazone.

Au fur et à mesure, depériode en période et plusintensément à l’époque de laMichna et du Talmud, ces textescités plus haut furent modifiés,amplifiés, avant de recevoir leurforme définitive au milieu duMoyen-Age.

C’est précisément aucours du Moyen-Age que furentintroduits les psaumes de David,les piyoutim tels l'hymne Yigdal,Adone’olam et toutes les poésiesdes fêtes et des jours de jeunes,qui rendirent immortels Juda

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Halévy, Ibn Gabirol, Abraham etMoché Ibn Ezra et d’autresauteurs composant les plus bellespièces de nos sidourim -livres deprière-.

Ce fut aussi au Moyen-Age que furent composés lesprincipaux textes de la peti’hadans laquelle furent introduit desextraits du Talmud et de laMichna.

Une autre période, richeen apport liturgique fut celle ditedes mystiques de Safed dont l’undes fleurons, Chlomo Elquabets,nous a donné le Lekha dodi duvendredi soir tandis que Rav IsaacLouria a familiarisé le monde juifavec le Yehi ratsone, à forteteneur cabalistique avant chaqueprière.

Baroukh chéamarClaude Brahami

Une légende raconte que ce sont les Sages de la Grande Assembléequi rédigèrent cette louange en copiant une missive tombée du ciel ;elle ne doit donc subir aucune modification, ni dans sa teneur, nidans le nombre de mots qui la composent : 87.Deux anecdotes illustrent l'importance liturgique de ce texte. Lapremière rapporte qu'un certain Rabbi Chiméon ayant vécu enAllemagne vers 1375 chantait, depuis son enfance, ce texte avectant de grâce et de ferveur que son entourage finit par lesurnommer baroukh chéamar. La deuxième anecdote signale que,dans la Communauté de Ragensbourg, la Récitation du baroukhchéamar durait une heure, tant on y mettait de ferveur ! Le baroukhchéamar constitue une sorte de "super" bénédiction adressée auCréateur du monde. Les répétitions du mot baroukh en regard desdix paroles de la création du monde.

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Les obligations de la Femme en matière de prièreClaude Brahami

Le principeomme pour tous les autres commandements de la Torah, lesobligations de la femme à l'égard des prières obéissent auprincipe général de zéman grama, qui est l’impératif du

temps.Ce principe signifie que toute mitsva -commandement-devant être accomplie à un moment précis de la journée, fixé par laTorah ou les rabbins, ne constitue pas une obligation pour la femme; celle-çi étant sollicitée par des tâches prioritaires : éducation desenfants, la bonne marche de la maison, etc...Ainsi, par exemple, la femme n’a pas d’obligations d'entendre lechofar ou d’agiter le loulav car ces mitsvot sont liées au temps ; àl’opposé, la mezouza, le respect dû aux parents, qui ne dépendentpas du temps, font partie des obligations de la femme.Cette dispense consécutive au temps n’est valable que pour lescommandements positifs ; pour les préceptes négatifs (ne pas tuer,ne pas voler, ne pas travailler le chabbat, ...) la femme a les mêmesobligations que l’homme, sauf encore pour certaines mitsvotspécifiquement masculines.Précisons enfin, que si la femme n’est pas soumise, légalement, auxmitsvot positives, elle peut, si elle le désire ... et en trouve le temps,les mettre en applications, mais cela reste facultatif.Certaines mitsvots « dépendantes du temps » échappent à ceprincipe. Il s’agit par exemple du devoir de consommer des matsotà Pessa’h ou de prendre les trois repas du chabbat.Voyons à présent, à la lumière de ce principe, ce qu’il en est desprières.

Les Téfiline et les Tsitsita femme est dispensée des téfiline. C’est la conséquence d’uneautre dispense. Voici le raisonnement de nos Sages : puisqu’ilest écrit, à propos des Téfiline : « afin que la Torah de D’ soit

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dans sa bouche », seul celui qui est tenu d’étudier la Torah(« mettre la Torah dans la bouche ») est soumis à l’obligation destéfiline. Comme la femme n’a pas le devoir d’étudier la Torah, elleest dispensée aussi des téfiline ; CQFD !Pour le talith, la question est de savoir s’il s'agit d’une mitsvadépendante du temps ou non ; certains rabbins pensent que non enestimant que le talith peut se porter la nuit comme le jour, d’autrespensent le contraire.Comme c’est cette dernière opinion qui a prévalu, la Halakha -loi-atranché en dispensant la femme de cette mitsva.

Le Chéma' Israël31

e Chéma' Israël devant être récité à des moments précis de lajournée ou de la nuit -dans les trois premières heures du jour etle soir dès la tombée de la nuit-, la femme en est dispensée ;

toujours pour le même motif : zeman grama.Cette dispense a été maintenue, expliquent nos Sages, malgrél’importance de cette mitsva qui contient le principe même surlequel est fondé le Judaïsme : la croyance en un D. unique auquelon doit se soumettre totalement.Cependant de nombreuses femmes se font un devoir de réciter leChéma' matin et soir ; cette pratique tend à se généraliser au pointque l’on peut se demander si cela ne va pas devenir une« habitude », un minhag qui finira par s’imposer comme halakha.

La prièren appelle prière, dans son sens restreint, la récitation de la'amida, debout, en silence. Bien que cette mitsva dépende dutemps, puisqu’on doit s’en acquitter « le soir, le matin et

l'après-midi », les femmes en ont l’obligation, à cause de la naturemême de la prière qui est supplications, demande de miséricorde ...dont la femme aussi a besoin.

31 prière composée des trois passages de la torah suivant: deut. 6.4-9, deut.11.13-21, nombres 15.37-41

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Il me parait opportun et tout à fait intéressant de citer ici le MichnaBeroura sur le paragraphe 106-a du Choul’han Aroukh Orakh‘Hayim :« Il convient d’inciter les femmes à réciter le chémoné 'esré et il estbon qu’elles acceptent sur elles « le règne de D. », c’est-à-dire,qu’elles disent le Chéma' Israël,..., et qu’elles disent aussi le EmetVeyatsiv... ».

Le Moussafar contre, les femmes ne sont pas obligées de réciter la 'amidade moussaf de chabbat ou des fêtes car ce ne sont pas desprières ; ce sont des textes qui se substituent aux sacrifices.

Le Birkat Hamazonees femmes ont l’obligation de faire le Birkat Hamazone, aprèsun repas avec la bénédiction du pain, au même titre que leshommes, puisque manger n’est pas lié au temps. La question

de savoir si c’est une obligation de la Torah ou des rabbins, restesubsidiaire. En raison de ce doute, cependant, les femmes nepeuvent pas acquitter les hommes de cette mitsva. Pour les Sagesqui pensent que le Birkat Hamazone est une mitsva de la Torah, lesfemmes peuvent acquitter les hommes.Même selon cette dernière opinion, les femmes ne peuvents’associer aux hommes pour le zimoun (bénédiction à trois ou àdix).Par contre elles peuvent faire le zimoun entre elles et sontacquittées de cette mitsva par le zimoun que font les hommes quiont mangé à la même table qu’elles.

Le Quidouch du Chabbat et des fêteses femmes y sont astreintes selon la Torah, car il est écrit :« souviens-toi du chabbat » et « sanctifie le jour du chabbat ».Etant soumises au précepte négatif de ne pas travailler le

chabbat, elles sont ipso-facto soumises à celui de la sanctification.Elles peuvent, en conséquence, acquitter les hommes de cettemitsva.

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La Havdalaa Havdala est elle-même une suite logique du chabbat ; lesfemmes y sont donc astreintes au même titre que le kiddouch.

Les bénédictions de la Torahes femmes sont tenues de prononcer les bénédictions précédantl’étude de la Torah. Elles pourraient même, le chabbat, fairepartie des sept appelés à la Torah, n’était-ce le devoir de

pudeur qui leur interdit de se mêler aux hommes.

Le Hallel des fêtes et de Roch Hachana et la bénédiction de la lunees femmes sont enfin dispensées de la récitation du Hallel -saufcelui de Pessa’h- et de la bénédiction de la nouvelle lune.

Trois embarcations Une légende raconte qu'après la chute du temple, en 70, Vespasiendéporta trois groupes de juifs vers l'Europe dans des embarcationsde fortune, sans navigateur. L'une de ces embarcations échoua parmiracle à Léon (en Espagne), la seconde à Arles et la troisième àBordeaux. Leurs passagers vécurent paisiblement durant quelquesannées mais, à la suite d'un changement de prince, ils furentcruellement persécutés. C'est à cette occasion que trois de nosmaîtres dénommés Chemouel, Joseph et son frère Benjamin,rédigèrent les trois supplications de l'office du matin. Josephrédigea vé hou rah'oum ; Chemouel : ana melekh et Benjamin : einkamokha.

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Les petits enfants et la synagogueHaïm Harboun

Le petit YéhielNous avons tous en mémoire le roman de Sholem Ash (1880-1957) :"Le juif aux Psaumes" qui raconte la vie d'un personnage nomméYéhiel. Quand ce dernier était tout petit il avait "appris que D.demeure toujours dans les maisons de prières et ne vient en visitequ'une fois par semaine, le vendredi soir, au coucher du soleil,quand la maman allume les bougies".

Le samedi matin le petit Yéhiel se rend avec son père à lasynagogue. Pendant les 18 bénédictions et surtout pendant cellesdes descendants de prêtres, il est interdit de lever les yeux à cetinstant, alors naturellement on a grand envie de le faire... serréscoude à coude, enveloppés dans leur châle de prière, plongés dansun recueillement silencieux, les hommes récitent lentement les 18bénédictions...Cette prière monotone ne plaît pas au petit Yéhiel. Il souhaite fairepour D. ce que nul ne fait, pour D., il se jetterait au feu. Dans lesilence impressionnant de la synagogue, le petit Yéhiel se rappelasoudain qu'il peut se mettre debout sur la tête et rester dans cetteposition jusqu'à ce que l'on compte jusqu'à dix. Mais pour D. iltiendra jusqu'à cent, même jusqu'à deux cents.

Le petit Yéhiel se dit : "mon D. je vais faire ce tour de forcepour D.". Et juste au moment où toute la communauté, retenantson souffle, attend que le Rabbin recule de deux pas, le sauvageprend son élan, culbute derrière le dos du père, et le voilà sur la tête! Les pieds en l'air. Quelle honte pour le père. La prière estperturbée, les fidèles se plaignent, une dispute éclate, encore unaccident à cause d'un petit enfant. Pourtant, cet enfant voulait prierà sa manière et donner à D. ce qu'il savait faire de mieux.

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A partir de quandNous arrivons après cette introduction à la question : "existe-t-ilune utilité éducative d'emmener des petits enfants à la synagogue ?"cette question entraîne une autre : "à quel âge faut-il intégrerl'enfant à la synagogue ?".Rabbi Josué Ben Hanania, éminent tana32, l'un des cinq disciplesde Rabban Yohanan Ben Zakaï, le sauveur de la Torah orale dansle Pirké Avot (II,8) écrit à son sujet; que son érudition il la devait àsa mère. En effet, cette dernière venait déposer son berceau aucentre d'étude pour que l'enfant soit imprégné de l'étude de laTorah.

C'est entre 1 et 6 ans que l'enfant possède le plus grandpotentiel d'intégration et de fixation de ce qu'il voit et entend. Apartir de six ans, cette potentialité va en diminuant à cause de lasocialisation.

C'est donc une erreur de croire qu'un petit enfant de deux ou troisans est tout à fait indifférent à ce qui se passe autour de lui.Il faut au contraire l'associer à tous les événements familiaux. LaTorah, constitue pour nous une source divine et donc indiscutable.Dans le Deutéronome33, à propos du grand rassemblement dupeuple, on peut lire, "rassemble le peuple, les hommes, les femmeset les enfants".Quelle utilité y-a-t-il à associer les enfants à un rassemblement dontle but est d'étudier la Torah ? Le Talmud34 répond : "pour que ceuxqui les ont amenés soient récompensés". Cette réponseapparemment est faible, si la présence des enfants ne présenteaucune valeur éducative, pourquoi les associer ? Il faut au contraireraisonner autrement. Bien que l'effet éducatif ne soit pasperceptible, il existe bel et bien. L'enfant assimile tout ce qu'il voitet entend.

32rédacteur de la michna, cf note 3733Deut 31,1234Haguiga 3a

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Présence des enfantsIl faut cependant peser le pour et le contre de la présence des petitsenfants à la synagogue. Il faut avoir à l'esprit un certain nombre defaits produits par la collectivité. Celle-ci modifie la structurementale d'un petit enfant, d'une façon momentanée, c'est pourquoil'enfant le plus sage devient turbulent dans la synagogue. Un petitenfant a encore sa volonté de puissance bien réelle, or la collectiviténivelle tout le monde par le bas. C'est pourquoi l'enfant fera toutpour attirer l'attention sur lui parce qu'il ne se sent pas en sécurité.La famille qui est son milieu sécurisant disparaît dans un ensembleplus vaste dont il refuse les règles. Il va donc chercher unesécurisation quelconque, le plus souvent en se joignant à un autreenfant pour essayer déjà de créer un embryon de groupe. Courir etjouer entre les pieds des adultes est une façon de refouler la peur.Mais cela les adultes ne l'acceptent pas et veulent un climat derecueillement, la Michna Beroura, commentaire du Choulh'aneArouh' s'est fait l'écho des adultes et fustige ceux qui amènent despetits enfants à la synagogue.

Nous disposons de nombreux textes qui vont tous dans lemême sens, à savoir : c'est une excellente chose de se faireaccompagner par son fils à la synagogue à la condition que saconduite soit tout à fait convenable, que l'enfant sache que le lieuoù il se trouve est sacré et qu'il faut le respecter, dans le cascontraire, il est recommandé de laisser l'enfant à la maison.

Les parents sont souvent conscients de la gêne causée parleurs enfants, cependant la mère veut aussi venir prier, personnen'est disponible pour surveiller les enfants. Dans ce cas, il estpréférable que la mère ne prie pas et qu'elle surveille les enfants à lamaison en les occupant par des activités spirituelles et éducatives.Y-a-t-il un âge pour permettre à l'enfant de venir à la synagogue ?L'âge physique, biologique, n'a pas de signification dans notre cas.On peut avoir six ans et suivre un office calmement. Il appartientaux parents de juger en fonction de la conduite de l'enfant et de soncaractère. L'essentiel c'est qu'un office puisse se dérouler dans lecalme et que des petits enfants ne soient pas l'origine du désordre.

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De plus, si les enfants considèrent, dans leur jeune âge, lasynagogue comme un terrain de jeu, ce qui peut se comprendre ...vu leur âge, ils risquent d’en conserver cette image en grandissantet ils deviendront ... des adultes agités.

Ana : le salutPour que la prière soit exaucée, il faut être capable de s'inclure dansl'assemblée d'Israël et de ne manifester ni effronterie, ni entêtementdevant D. en se considérant comme un saint. C'est précisément laconception qui domine dans le vidouï(1). Les fautes y sont énoncéespar ordre alphabétique, à la première personne du pluriel, et surtoutoù on avoue toutes les fautes, y comprises celles que l'on n'a pascommises. Ceci n'est pas un mensonge car, dans le judaïsme, lecomportement de chaque individu concerne tout le peuple. On nefait pas son salut tout seul. Chacun est responsable de son prochain.Cette prière insiste sur l'omniscience divine. Bien qu'habitant lescieux, D. connaît tout ce qui est dévoilé comme ce qui est caché.Les pensées, les sentiments, les aspirations, les intentions. Cela apour conséquence la nécessité pour l'homme de reconnaître sesfautes et ses imperfections. Il pourra alors compter sur D. pourl'absoudre et le délivrer de ses souffrances(2).(1).-Le vidouï c'est l'aveu de ses fautes. Le tahanoun c'est en principe dessupplications laissées à la libre improvisation de l'individu, mais elles ont étéfixées définitivement à l'époque des gaonim (8ème-11éme siècle). L'ensembles'appelle tah'anoun ou tah'anounim. (cf. Daniel 9.3) et est inclus dans ladernière partie de l'office du matin et de l'après-midi des jours ouvrables.

(2).-Les versets des psaumes cités dans ce texte constituent la référence à cetteidée.

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Le soldat et la prièreExtrait de "Le soldat et la loi" Rabbin Pierre-Yves Bauer, ed. Ma'hanaim Paris

Avec la force d'un lionDès le réveil, nous devons nouslever "avec la force d'un lion" pourservir notre Créateur.Quelles que soient nos obligations,nous devons toujours avoirconscience de la présence divine, etnous préoccuper del'accomplissement des mitsvot.N'ayez jamais honte d'accomplirune mitsva, et ceci même siquelqu'un se moque de vous.

Grands principesQuelle que soit votre affectation,faites tout votre possible pourtrouver chaque matin le temps deprier en mettant les téfiline. En casd'impossibilité (garde, missionopérationnelle ...), conformez-vousaux principes suivants :1 la prière du matin est composéede plusieurs éléments dontplusieurs mitsvot, qui peuvent, encas de force majeure, êtreaccomplies séparément. Cesmitsvot sont : les téfiline, le talit,les bénédictions du matin, lechema, la 'amida.2 mieux vaut accomplir ces mitsvotséparément que de ne pas lesaccomplir du tout.

3 le chema peut être récité jusqu'àla fin du premier quart de lajournée. La 'amida peut être récitéejusqu'à la fin du premier tiers de lajournée.4 les téfiline peuvent être misdurant toute la journée, mais quandcela est possible on les mettra aumoment de la prière , ou au moinsle temps de réciter le chema.

TalitIl est bien d'avoir un talit katanesur soi.Quant au grand talit, vous vousefforcerez de le porter au moins letemps de réciter le chema et la'amida.

Lever matinalSi vous vous levez avant le jour :vous récitez toutes les bénédictionsdu matin (jusqu'à "barou'hcheamar" exclu) sauf "hanotenelasser'hvi bina" et les passagesconcernant les "korbanote"(sacrifices) que vous réciterezlorsqu'il fera jour.Si vous vous levez pour quelquesheures pendant la nuit en ayantl'intention de vous rendormir avantle jour :

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faites la prière normalementlorsqu'il fera jour et si cela n'est paspossible, récitez pendant la nuit lesmêmes bénédictions qu'auparagraphe précédent, à l'exceptionde "elokai nechama" dont onsupprime la dernière phrase, et de"ham'avir chena" qu'on commencecomme suit : "barou'h hamaavirchena...". Ces deux dernièresbénédictions seront récitéesnormalement au lever du jour.

Preparation à la prièreL'importance de la prière justifieque l'on s'y prépare. C'est pourquoivous vous efforcerez d'êtrecorrectement vêtu, dans un endroitpropre, et non nauséabond.Lavez-vous au moins les mains etessayez de vous concentrer.Dans la mesure du possible, et àcondition de ne pas avoir à lessurveiller, déchargez-vous de vosfardeaux (ceinture avec gourde,sac-à-dos, arme..). Pour la 'amidaon se dirige vers Israël (en Francevers l'est/sud-est). (Pour mémoire,le soleil se lève à l'Est et se coucheà l'Ouest).

La 'amidaQuelques principes :

Elle est lue avec une grandeconcentration, et pendant sarécitation on ne s'interrompt sousaucun prétexte (sauf réel danger demort, ou besoin très urgent d'alleraux W-C., etc...).Elle se récite debout. Si on ne peutrester debout (par ex.: le toit d'unvéhicule ou le plafond de l'abri oùl'on se trouve est trop bas, ou bienétant à découvert, il serait tropdangereux de se lever, ou encoreparce qu'on voyage à l'arrière d'uncamion), on peut faire la 'amidaassis, ou, dans une situation limite,couché sur le côté.Si on ne peut faire autrement, onpeut la faire en marchant.On essaye toujours de réciter aumoins les 3 premières bénédictionsdebout les pieds joints.

RattrapageSi vous avez oublié, ou étéempêché par un cas de forcemajeure, de réciter l'une des 3'amida de la journée, vous pouvezvous rattraper, et la réciter après laprière suivante.Exemple : mobilisé par une alertede la fin de la matinée jusqu'ausoir, je n'ai pu faire min'ha : aprèsla 'amida de ma'ariv, je fais unedeuxième 'amida en pensant merendre quitte de celle de min'ha.

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Le Chéma'

ToujoursClaude Brahami

e Chéma' Israël 35fait partie depuis les premiers temps de« l’être juif » ; il est la marque de son identité ; son importancedépasse le cadre liturgique, philosophique ou métaphysique.

Les autres peuples ont pu adhérer aux Dix Commandements quandils n’ont pas osé se les approprier ou les revendiquer, mais lechéma' leur restera à jamais étranger, comme trop spécifiquementjudaïque ; certes le credo monothéiste est devenu celui de tous leshommes, mais son application dans la vie quotidienne, saconception rigoureuse sont restées typiquement juif. Jusqu’à ladestruction du deuxième temple, la récitation des DixCommandements accompagnait celle du chéma'. Elle fut suppriméeparce que le peuple avait tendance à considérer les DixCommandements comme les seuls principes importants de laTorah. Cette suppression fut d’ailleurs facilitée par les allusions auxDix Commandements que nos sages ont voulu voir dans le chéma'.

insi le chéma' imprègne toute l’existence de l’être juif, depuissa naissance jusqu’à sa mort, il est récité en toute circonstancedans les moments les plus anodins, quotidiennement, matin et

soir, mais aussi dans les instants les plus tragiques. Les victimes despogroms, des autodafés, des camps de concentration, les martyrsde tous les temps rendirent le dernier souffle avec sur les lèvres, lechéma' Israël.

ssayons donc de comprendre ce qui vaut au chéma Israël cetteplace de choix dans la vie juive.

35voir note suivante

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l'unitéComposé de trois textes tirés du Pentateuque36, il est coiffé par laphrase qui invite le peuple d'Israël à reconnaître que l’Eternel estnotre D. , l’Eternel est UN. Un midrach (Pessahim 56.1) place cesparoles dans la bouche des enfants de Jacob, pour apaiser lesinquiétudes de leur père quant à la cohésion des douzes tribus entreelles. De même que nous n’avons qu’un seul D. , nous fils d’Israël,formons un seul peuple. Nous sommes unis dans l’adoration d’unD. unique ! Le credo trouverait donc son origine non pas chezAbraham père des peuples monothéistes mais chez Jacob, père dupeuple d’Israël, dans lequel le monothéisme s’incarne et se réalise.De l’unité d’Israël dépend, si l’on peut dire, l’unité divine.

e credo n’est cependant pas suffisant. Il faut encore que cettecroyance soit concrétisée dans la parole et l’acte, commel’exige la doctrine juive. Le premier paragraphe du chema’

nous apprendra donc que proclamer l’unité de D. c’est aimer D. detout son coeur et de toutes ses forces ; c’est exprimer cet amourpar la volonté de graver la parole divine dans son coeur, c’est-à-dire la faire sienne au plus profond de soi-même, l’inculquer à sesenfants, l’étudier sans cesse, en toutes circonstances, en tous lieuxen tous temps afin que -plus concrètement encore- elle soit attachéeà notre bras, autour de notre tête et sur les linteaux de nos maisons.Suprême aboutissement de l’amour de D. : la mitsva des tefiline,engagement du corps et la mitsva de la mezouza, engagement desbiens (dont la maison est le symbole).

entré sur l’amour de l’homme pour D. , ce premier paragraphese définit, selon nos cabbalistes, par symétrie avec l’amour deD. pour l’homme. Il désigne cela sous l’expression midat ha-

rah’amim -l’attribut d’amour-. Dans cette optique, le deuxièmeparagraphe, qui évoque le châtiment de ceux qui trahissent la paroledivine, se place sous le signe de midat ha-din -l’attribut de justice.

361 Deutéronome 6.4-9 Deutéronome 11.13-21 Nombres 13.37-41

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Promessesa Torah reprend en effet le devoir d’aimer D. et d’être fidèle àsa parole en précisant les conséquences de l’obéissance etcelles de la désobéissance. L’homme étant libre, il subira les

conséquences de son comportement. Récompense et châtiment. Onpeut s’étonner de la puérilité de ce raisonnement et surtout du faitqu’il s’agisse en l'occurrence de récompenses et de châtimentsmatériels : pluie du ciel, récoltes, blé, huile, et vin.

ous répondrons que la bénédiction matérielle a pour but delibérer l’homme des soucis économiques quotidiens, créantainsi les conditions favorables à l’élévation spirituelle par

l’étude de la Torah et l’accomplissement des mitsvot. En outre, labénédiction matérielle se réfère à la terre d’Israël, promise par D.aux patriarches. On sait que la tradition unit dans un même destin laTorah, le Peuple et la Terre d’Israël, ce qui peut se traduire par laproposition suivante : si Israël respecte la Torah, la Terre donnerases fruits ; sinon la Terre vomira ses habitants. C’est pourquoi cedeuxième paragraphe se termine en promettant longévité sur laterre promise.

ernière caractéristique spécifique du Judaïsme dans le chema’ :la référence à la sortie d’Egypte, événement marquant lanaissance du peuple d’Israël et le moment où le D... universel

est devenu son D. Israël, esclave du pharaon, devient le premierserviteur de D. Il n’a été libéré d’Egypte que pour s’attacher à D.en recevant sa Torah. Le commandement des tsitsit englobemétaphoriquement la totalité de la Torah. Si l’on ajoute à la valeurnumérique du mot tsitsit (600), les huit fils qui composent chaquefrange et les cinq noeuds qui les attachent, nous obtenons 613, soitle nombre de commandements de la Torah dont les 248 positifssont exprimés par les 248 mots composants l’ensemble du chema’.En revêtant le talith, le juif s’enveloppe dans la Torah comme dansun manteau. Il se trouve ainsi protégé des tentations auxquelles soncoeur est soumis, ainsi que des convoitises suggérées par les yeux.

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Les Dix CommandementsDans le même ordre d’idée ajoutons, pour conclure, que nouspouvons voir dans les trois paragraphes du chema’ Israël desallusions précises aux Dix Commandements37:

1 - "Ecoute Israël, l'Eternel notre D." : Existence de D.2 - "L'Eternel est UN" : Tu n'auras pas d'autre D.3 - "Tu aimeras l'Eternel" : Tu ne prononceras pas son nom en vain4 - "Ces paroles seront...sur ton coeur : Tu observeras le chabbat5 - "Tu les enseigneras à tes enfants" : Honore ton père et ta mère6 - "Quand tu iras en chemin" : Tu ne tueras pas7 - "Quand tu te coucheras" : Tu ne commettras pas d'adultère8 - "Tu les attacheras à ton bras" : Tu ne voleras pas9 - "En signe entre les yeux" : Tu ne porteras pas de faux témoignages10 - "Sur les poteaux de ta maison" : Tu ne convoiteras pas

37Talmud de Jérusalem, Bérakhot, chapitre I

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La 'Amida

Chemoné Esré ou les 18 bénédictionsJacques Poultorak

La 'amida est la prière par excellence, c'est le passage où l'on prieD. de nous accorder ce qui nous manque.Passage récité debout pieds joints, à voix basse, les yeux rivés soitau livre de prières soit au mur pour plus de concentration.Pour introduire cette concentration nous récitons auparavant lespessouké de zimra : des psaumes qui magnifient la grandeur de D.'Hanna, la mère de Samuel a montré comment prier. Elle étaitstérile. Sa rivale Pénina la narguait justement pour l'inciter à prier.Pourquoi 'Hanna priait-elle ? Pas seulement comme toute femmeen mal de maternité, mais parce que la situation politique du peupled'Israël devenait critique. Les rivalités entre les tribus étaient tellesque les Juges n'arrivaient plus à faire taire les dissensions.Le moment était venu d'accomplir la promesse de la Torahd'instaurer un Roi qui, une fois le pays pacifié et uni, construirait leTemple. 'Hanna a senti que c'était son rôle et D. l'a exaucée par sonfils le prophète Samuel qui sacrera les rois Saül et David.De 'Hanna, nous apprenons que la prière ne consiste pas àdemander à D. nos besoins personnels, mais de prier pourl'ensemble du Peuple. D'ailleurs nous ne pouvons juger ce qui estbon pour nous, seul Hachem le décide. La 'amida est rédigéeentièrement à la première personne du pluriel : "accorde-nous ...",pour bien marquer que nous prions pour tout notre peuple et aunom de ses besoins et que c'est à ce titre qu'Hachem nous exauceeffectivement.Dans la pensée juive on appelle ceci "annuler sa propre personnedans le peuple d'Israël".Seul un passage récité après la 'amida est rédigé à la premièrepersonne du singulier. Que disons nous ?

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-"Protège ma langue du mal, mes lèvres de paroles trompeuses,ouvre mon coeur à la Torah, que mon âme aille au devant de tescommandements ...".Or 'Hanna récitait sa prière dans le sanctuaire à voix basse. LeGrand-Prêtre 'Eli qui n'avait jamais vu cela, la prit pour une ivrogneet voulut la chasser. Elle lui répondit : "J'épanche mon coeur pleind'amertume devant D..."Les Sages de la Grande Assemblée conscients que l'on ne pouvaitse fier à tout un chacun pour dire sa prière composèrent la 'amidaen 18 (puis 19) bénédictions :Les trois premières et dernières bénédictions sont les mêmes pourla 'amida de semaine, du chabbat et des fêtes. Les deux premièresexaltent la Toute Puissance d'Hachem que nos Patriarches ontvénéré.La troisième bénédiction décrit D. comme "Saint" comme la Torahle dit, et qu'Il est glorifié par les anges comme cela est décrit dansIsaïe et Ezéchiel.C'est pourquoi nous respectons la posture des anges en récitant la'amida les pieds joints.En semaine, les 13 bénédictions intercalaires peuvent être diviséesen deux groupes où nous demandons :les besoins personnels bénédiction :4 - La Sagesse5 - Le Repentir6 - Le Pardon

7 - La Délivrance8 - La Guérison9 - L'Abondance

la Rédemption du peuple d'Israëlbénédiction :10 - Le rassemblement des exilés11 - La Justice12 - L'anéantissement des méchants (19 ème bénédiction rajoutée)

13 - La miséricorde pour lesjustes14 - La reconstruction deJérusalem15 - La restauration de ladynastie de David

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16 - L'agrément de nos prières.

demande de bénédictionsbénédiction :17 - Le retour de la PrésenceDivine dans le Temple et duservice sacrificiel

18 - Nous remercions D. deses bienfaits19 - La Paix.

Dans le passage final nous demandons à Hachem à titre personnelde nous protéger des mauvaises intentions de nos ennemis. Enfin la'amida se termine sur ces mots des Psaumes de David :"Que soient agréées les paroles de mes lèvres et les pensées demon coeur devant Toi, Hachem ma force et mon Sauveur", Psaumequi résume l'intention de la prière.

Treize Pour le pardon de nos fautes, nous rappelons les 13 attributsdivins, ainsi que nous a enseigné Moïse quand il eut à solliciter lepardon pour la faute du veau d'or en faveur d'Israël.Voici ces treize attributs : 1) Dieu est fort, 2) ne punit pasentièrement, 3) et fait du bien par pure grâce 4) Il est patient, 5)attend le repentir, 6) est plein d'amour, 7) est vrai, 8) et étend sonamour jusqu'à la millième génération. 9) Il pardonne(1) la faute faitevolontairement, 10) ou par erreur, 11) consciemment, 12) ouinconsciemment, 13) Il innocente ceux qui se repentent.

(1).- Ceux qui se repentent pour leurs fautes.

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Nichmat kol haï(texte d'introduction de la prière de chabbat matin et des fêtes)

Claude Brahami

et hymne grandiose, fut probablement composé à l'époque destanaïm38 ; certains en attribuent la paternité à Chiméon benChatah, sans aucune preuve. Plusieurs autres hypothèses ont

été émises, aussi peu convaincantes les unes que les autres.Puisqu'il est mentionné dans certains traités talmudiques sous lenom de Bircat hachir = "bénédiction du chant", la seule certitudequi nous reste est qu'une première version circulait déjà à l'époquetalmudique qui évolua progressivement selon les rites et lescommunautés pour aboutir aux deux versions principales actuelles :l'ashkénaze et la séfarade qui divergent de façon insignifiante parrapport à la structure générale et à l'ensemble des idées contenues.Selon ces mêmes sources talmudiques, le nichmat était lu tous lesjours après le cantique de la mer Rouge ; cette pratique lui valutson nom : bénédiction du chant ; et de fait, le lecteur averti peut yretrouver de nombreuses expressions et idées du cantique deMoché. C'est vraisemblablement aux temps des Gaonim39 quel'usage de réciter le nichmat se limita au chabbat et aux jours defêtes.

a première partie du nichmat invite toutes les créatures douéesd'un souffle de vie, à glorifier le D. unique, l'Eternel, qui exercesa providence sur la création. D. de vérité, Il ne dort jamais, Il

guérit les malades, fait revivre les morts, etc... C'est à lui que "nousdevons rendre hommage".

a deuxième partie qui commence par "quand bien même notrebouche serait pleine de chants comme la mer", constitue

38auteurs de la michna c'est-à-dire entre le 1er siècle avant et le deuxième siècle après notre ère39VII ème - XIème s.

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l'élément central et original de l'hymne. Elle exprime le sentimentque l'homme restera toujours en deçà des louanges qu'il doit à D.Son Bienfaiteur. Car face à D. infiniment bon, auteur de bienfaitsinfinis, l'homme n'est que poussière, limité dans ses moyens, sapensée, sa parole et ses actes ; cette idée est condensée dans lacitation du verset 10 du psaume 135 : "tous mes os proclament :qui est comme toi, ô Eternel, qui sauve le pauvre d'un plus fort quelui, le faible et le malheureux de leur spoliateur".

a troisième partie est très courte ; elle se compose des quatrephrases symétriques, enchâssant les noms d'Itshak et Rivka. S'ilest vrai que l'homme est impuissant à dire toute la louange qui

revient à D. , ceux dont le comportement moral et religieux estirréprochable, les hommes "justes, droits et pieux" sont autorisés àle faire, à l'image du couple Isaac-Rivka exemplaire par ses prières.Cette troisième partie se termine par une invitation faite à toutes lesassemblées d'Israël à se joindre aux justes dans cet hommage à D.Si les justes peuvent le faire grâce à leurs mérites, Israël peut sejoindre à eux en utilisant les poèmes de celui qui fut le plus granddes chanteurs de D. : le roi David !

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‘Ounetané Tokef’(un texte classique de la prière du Nouvel an)

Alexis Blum

"Que maintenant vers toi montela Kedoucha, car toi notre D.ieutu es Roi.

Et célébrons la solennellesainteté de ce jour, car il estterrible et redoutable ; en ce jouréclatera la puissance de tonrègne et ton trône s'affermira parla miséricorde et tu y siégerasavec la vérité. Car en vérité, c'esttoi qui juges et qui réprimandeset tu as la connaissance pourl'éternité ; tu écris, tu mets tonsceau, tu comptes et tudénombres et tu te souviens desfaits oubliés , et tu ouvres le livredes souvenirs et on y verra lesceau apposé par la main de touthomme ; et on sonnera du grandChoffar. Un léger murmure seraperçu et les anges seront enémoi, et la crainte et letremblement les saisiront, et ilss'écriront : le voici le jour dujugement, pour la comparutionde l'armée d'en haut devant letribunal ; car eux non plus neseront pas purs à tes yeux,

devant le tribunal : et tout ce quise passe sur la terre, tu le ferascomparaître devant toi, commeles anges, les fils du Seigneur.Semblable au berger attentif quifait passer ses chèvres sous sahoulette, ainsi tu inspecteras ettu compteras, et tu dénombreras,et tu examineras l'âme de toutvivant et tu fixeras leur fin àtoutes les créatures, et tu écrirasl'arrêt de leur jugement.

Au jour de Roch-Hachana tudécides, et au jour de Kippour tuarrêtes irrévocablement :combien pendant l'annéedisparaîtront du monde, etcombien seront créés; qui doitvivre et qui doit mourir, quiatteindra le terme de la vie et quin'y arrivera pas. Tu désignescelui qui périra par le feu, parl'eau, par le fer, ou par lafamine, par la tempête ou parl'épidémie; celui qui jouira d'unevie paisible et celui qui aura desjours agités, pour qui sera lerepos, pour qui l'inquiétude ;

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pour qui la joie ; pour qui ladouleur ; qui sera élevé et quisera abaissé ; qui jouira de larichesse, qui subira la misère.

Mais la pénitence, la prière et labienfaisance effacent l'arrêtfatal.

Car ta gloire est grande commeton nom. Ta colère est lente às'allumer et prompte à s'adoucir,car tu ne veux pas la mort dupécheur, mais qu'il revienne deses fautes et qu'il vive ; tupatientes jusqu'à la fin de sesjours, et s'il se convertit tut'empresses de l'accueillir. Il estvrai que tu es son créateur, tuconnais la force de ses passionset tu sais qu'il est fait de chair etde sang. L'homme périssable,dont l'origine est poussière etdont la fin est poussière,consume sa vie à trouver sonpain; il ressemble à un vasefragile, à l'herbe desséchée, àune fleur flétrie, à l'ombrefugitive, au nuage qui disparaît,au vent qui souffle ; il se dissipecomme la poussière et s'évanouitcomme un songe.Mais toi, roi de l'univers, tu estout puissant et éternel".

La prière de ounetané tokef estune des plus caractéristiques, desplus émouvantes et des pluspopulaires de la liturgie desYamim Noraïm : les journéesredoutables, ainsi que la traditiondésigne Roch Hachana et YomKippour. Elle figure dans les ritesallemand, polonais et italien et aété adoptée par diversescommunautés séfarades. Il s'agitd'une poésie religieuse (un piyoutdu genre selihot) que l'on réciteavec une grande solennité avant lakédoucha, la sanctification,insérée dans la répétition dumoussaf (prière supplémentaire).En quelques mots simples, cepoème montre que notre NouvelAn est surtout le jour duJugement, celui où on sonne lechoffar, comme pour célébrerl'intronisation du D.ieu Juge. Cetexte, bien que n'ayant pas laperfection rythmique oustylistique d'autres compositionsliturgiques, et bien qu'il necomprenne ni acrostiches niphraséologie biblique comme laplupart des autres piyoutim, estdevenu populaire précisément parla simplicité directe de sonmessage.Quelques phrases de trois ouquatre mots suggèrent de manière

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saisissante la brièveté de la viehumaine et les changementsbrusques qui peuvent intervenirdans un destin.Contrairement à l'administrationhumaine de la loi où un témoin nepeut cumuler les fonctions dejuge, D.ieu qui n'est pas soumisaux impressions subjectives peuttout à la fois être témoin,accusateur et juge."Tu ouvres le livre dessouvenirs"Cette expression rappelle le Livredes Souvenirs40, chronique royaleenregistrant chaque événement durègne d'Assuérus. La lecture deces annales permit derécompenser Mardochée pour saloyauté oubliée.Or D.ieu a aussi sa chroniqueroyale symbolisant qu'Il sesouvient de tous les faits oubliés.Comme Mardochée, si nous leméritons, nous serons tôt ou tardrécompensés même si nousdevions être sanctionnés, cela estaussi inscrit d'une manièreindélébile."On y verra le sceau imposépar la main de tout homme"Cette phrase évoque l'image dumidrach décrivant les pécheurs

40Esther 6.1

au moment où ils doivent quitterce monde, obligés de signer unregistre présenté par D.ieu lui-même. Dans ce registre il y a laliste absolument complète detoutes les mauvaises actionscommises. L'auteur de la prièreimagine qu'à chaque RochHachana il faut prendreconscience aussi scrupuleusementde son bilan personnel annuel."Les anges seront en émoi"C'est dans le livre de Job (4.18)qu'on trouve l'idée d'angestremblants de peur. C'est unenotion troublante pour lesphilosophes et théologiens. Pourle poète, elle signifie que nul nepourra échapper au jugement, lesanges accusateurs eux-mêmes "neseront pas purs à tes yeux"."Comme le berger fait passerses chèvres sous sa houlette"On a longtemps comparé lepassage des hommes devant lejuge divin, à celui de jeunestroupeaux. Cela suppose lalecture hébraïque ki béné mérone.Dès le 19ème siècle le savant N.Brüll pensait qu'il y avait eu uneerreur de copiste et qu'il fallaitlire ki venou méron au lieu de kibéné mérone.

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Cette hypothèse a été confirmée ànotre époque par l'examen denombreux manuscrits médiévaux.Le mot nouméron est le mot greccorrespondant à une troupe desoldats, une formation de soldatsdont évidemment le compte esttrès précis. Vous êtesparticulièrement en mesure desentir l'intention de l'auteur quidépeint Israël comme un régimentqui doit passer en revue devantson chef (céleste) suprême."A Roch-Hachana tu décides,au jour de Kippour tu arrêtesirrévocablement"Le sursis, la possibilité d'unesession de rattrapage n'estaccordée, d'après le Talmud, qu'àune catégorie particulière depécheurs.Les justes parfaits voient dèsRoch-Hachana leur sort fixé demanière favorable. Les méchantspatentés, les impies avérés, ontleur destin scellé également dèsRoch-Hachana.Le report de décision ne concerneque ceux qui occupent uneposition spirituelle médiane, ceuxqui hésitent entre la vertu et lepéché. Pour eux une période degrâce, les dix jours de Pénitence,doit leur inspirer de pieusesrésolutions.

Pour les historiens de la liturgie iln'y a pas de doute que l'auteur decette prière est le fameux poèteliturgique Kalonymus benMechullam qui vécut à Mayenceaux alentours de l'an mille. Maisune légende très populaire duMoyen-Age attribue lacomposition de cette prière àRabbi Amnon de Mayence morten martyr sous la torture pouravoir refusé la conversion auchristianisme que l'évêque voulaitlui imposer au temps desCroisades. Mais quel que soitl'auteur de cette prière et lescirconstances de sa composition,elle nous touche infiniment parcequ'elle exprime des sentimentsuniversels. Pour dire la louangedivine, chaque poète se distinguepar les nuances de son styleindividuel, mais ounetane tokefexprime la profonde appréhensionque tout un chacun ressent en cesjournées redoutables. La maladie,l'accident, la violence, l'angoisse,le chômage, les difficultéséconomiques vont-ils perturbernotre existence dans l'année quivient ? L'ange de la mort va-t-ilfrapper à notre porte ?Au fond, nous sommes tous lesauteurs des sentiments deounetané tokef si l'esprit des

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journées austères et solennelles avraiment pénétré nos coeurs.Le destin de l'homme estinfiniment précaire. Mais "lapénitence, la prière et labienfaisance, effacent l'arrêtfatal".

Bibliographie :-Jeffrey M. Cohen -Understanding the HighHolidays Services Londres-Erech Hatéfiloth ou Rituel detoutes les grandes fêtes à l'usagedes israélites de rite allemand,

traduit en français par E.Durlacher, tome 2. Second jourde Roch-Hachana - 2ème édition- Paris 1865- p. 220-223.-Renée Neher-Bernheim - Laprière de Rabbi Amnon deMayence in Cahiers d'étudesjuives n°1, Paris sept. Oct. 1946,p. 19-22.-R. Posner, U. Kaploun, S. CohenLa prière juive traduit de l'anglaispar Ed. Gourevitch, p. 165-166Paris Jérusalem 1985 (Editionspéciale Consistoire de Paris).

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BIBLIOGRAPHIEGENERALE SUCCINTE SUR

LA PRIERE JUIVE

Ouvrages en français (Blum)

- Rabbin Elie MUNK, Le Monde des prières, traduit del'allemand en français par le Grand Rabbin Henri Schilli, encollaboration avec Arnold Mandel. Paris 1958.

- Grand Rabbin Joseph BLOCH, Introduction au Rituel , Paris1957.

- Nissan MINDEL, Nos prières, un commentaire sur les prièresquotidiennes, traduit de l'anglais. New York - Paris 1984.

- Raphaël POSNER, Uri KAPLOUN, Shalom COHEN, Laprière juive, traduit de l'anglais par Edouard Gourevitch. Paris -Jerusalem 1985.

- M. R.Hayoun, La liturgie juive , Que sais-je ? éd. P. U. F. ,Paris 1994.

Schalom BEN-CHORIN, Le judaïsme en prière. La liturgie dela synagogue, traduit de l'allemand par M. Beauvallet etAlexandre Winogradsky. Paris 1984. (Ouvrage écrit surtout pourun public chrétien).

- Cahiers d'études juives Nouvelle, série n°1, La Prière, éd.KEREN HASEFER, Paris.

La Prière Juive - Une anthologie composée et présentée parJoseph Heinemann (1915 - 1978), traduit par Jean Desselier,Lyon 1984.

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"Alenou" en finaleEcrite à l’origine pour la liturgie du Moussaf de Roch Hachana, cetteprière a été introduite dès le début du Moyen Age en finale aux troisoffices journaliers afin que le fidèle s’attarde quelques instantssupplémentaires dans l’enceinte sacrée de la synagogue.Cette prière affirme avec force la foi solide en un D. unique créateur dumonde : UN dans les cieux et sur la terre, le seul que doivent adorer leshommes. Malheureusement, la majorité de ces derniers s’est égarée et seprosterne devant les divinités « vaines et vides(1) » qui ne sont « d’aucunsecours pour l’homme »(2). Seul le peuple d’Israël se distingue des autresnations, lui qui se courbe devant « le Roi des Rois », le Saint Béni soit-il.Après cette mention de l’élection d’Israël qui n’est rien d’autre qu’uneconstatation de fait, la deuxième partie de notre prière exprime l’espoir devoir disparaître totalement les idoles de la terre, les impies revenir vers D.et qu’enfin l’humanité entière devienne comme Israël, pliant le genou etrendant hommage à la gloire du Nom de l’Eternel qui règnera enfin surtoute la terre.(1).- Isaïe 30.7 (2).- Isaïe 45.20

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Ce dossier sur la Tephila -Prière- a été réalisé par l'AumônerieIsraélite des Armées et imprimé par le Ministère de la Défense.L'impression de la couverture a été réalisée par Cité Press - Paris.

Deuxième semestre 1996.

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La Prière

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Paris, le10 février 1997

Ref.018/AIA/CB/LA

Chers Amis,

Le Mahanaïm trimestriel que produisaient les "Editions Mahanaïm"(service des publications de l'Aumônerie Israélite des Armées),malgré la place importante prise par le "CommenTSAVA" mensuel,nous a paru manquer.

C'est pourquoi nous avons décidé de lancer avec une équipedynamique la diffusion d'un Mahanaïm étoffé, en alternance avecdes "Dossiers Mahanaïm" sur des thèmes courants, pratiques,traités beaucoup plus en profondeur, ce qui n'était pastechniquement réalisable dans le CommenTSAVA.

J'ai le plaisir de vous faire parvenir le premier dossier sur "laTephila" -la prière- activité quotidienne dont l'homme a tant besoin,même ceux qui doivent par une action physique très contraignante,sur le terrain, défendre la paix.

D'autres dossiers suivront, si certains thèmes vous intéressentparticulièrement ou si vous souhaitez vous associez à une prochaineréalisation, merci de nous le faire savoir.

Vous en souhaitant bonne lecture, cordialement.Rabbin C Bismuth