pierre aubenque - la métaphysique dans la culture grecque classique

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  • 8/17/2019 Pierre Aubenque - La métaphysique dans la culture grecque classique

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     LA MÉTAPHYSIQUE DANS LA CULTURE GRECQUE CLASSIQUEAuthor(s): Pierre AubenqueSource: Les Études philosophiques, No. 4, La métaphysique dans la culture (Octobre 2008),pp. 445-450

    Published by: Presses Universitaires de FranceStable URL: http://www.jstor.org/stable/20849925Accessed: 05-04-2016 22:55 UTC

     

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     LA METAPHYSIQUE

     DANS LA CULTURE GRECQUE CLASSIQUE

     II n'est surement pas plus aise de parler de metaphysique a Athenes que

     de chouettes dans la maison d'Athena. La trop grande proximite historique

     et geographique, l'affinite legendaire, la propension a crier au miracle - le

     ? miracle grec ? ? oberent encore aujourd'hui le jugement sur le rapport

     priilosophico-historique de la metaphysique a la culture grecque classique,

     dans le cadre de laquelle elle a pris indeniablement naissance.

     Si Ton entend par ? metaphysique ?le systeme de pensee qui ordonne et

     ardcule autour de la notion d'etre notre comprehension de la realite en

     general, il est clair que la metaphysique est nee en Grece aux Ve et ive siecles

     avant J.-C et qu'elle a ete une institution grecque avant de se repandre au

     Moyen Age dans le monde islamique et l'Occident chretien. Pour certains,

     l'expression ?metaphysique grecque? est pleonastique: il n'y aurait de

     metaphysique que grecque, elle serait la quintessence de la culture grecque

     et, plus precisement, le deploiement des possibilites specifiques inherentes a

     la langue grecque. Cela est generalement affirme dans un sens laudatif, par

     exemple par Heidegger, qui dit que la langue grecque est, du point de vue

     des possibilites de la pensee, ?la plus puissante de toutes et celle qui est le

     plus la langue de Pesprit))1. Mais cette constatation peut s'entendre aussi

     comme une mise en question des preventions de la metaphysique a une vali

     dite universelle. Ainsi Leon Brunschvicg reprochait-il a la metaphysique des

     philosophes, singulierement d'Aristote, de ne faire qu'? expliciter une cer

     taine metaphysique spontanee de la langue grecque? et, par la, d'eriger

     inconsciemment les ? particularites ? contingentes de la langue grecque en

     ? conditions necessaires et universelles de la pensee ?2.

     Pourtant, la metaphysique nee en Grece, nee de la Grece, ne pouvait

     s'assimiler entierement au milieu d'ou elle etait issue. A la these ?il n'y a de

     metaphysique que grecque?, on pourrait tout aussi bien opposer cette

     1. M. Heidegger, Introduction a la metaphysique, trad. G. Kahn, p. 67.

     2. L. Brunschvicg, Les ages de intelligence, p. 68 et 58. L'expression ? metaphysique spon

     tanee de la langue grecque ? est empruntee par Brunschvicg au logicien Charles Serrus.

     Les Etudes philosophiques, n? 4/2008

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     Pierre Aubenque

     autre : ?II n'y a pas de metaphysique pour les Grecs ?, puisque les Grecs ne

     pouvaient connaitre comme quelque chose d'etabli, d'institue et transmis

     par une tradition, une forme de pensee qui etait en train de naitre en eux, au

     sein meme de leur culture, mais en quelque sorte dans leur dos et parfois

     contre leur gre, en tout cas sans la participation active et consciente de la

     plupart. Le mot ?metaphysique? n'existe pas en grec classique. II est,

     comme on sait, un produit tardif issu de l'ordre des ecrits d'Aristote dans

     l'edition dAndronicos de Rhodes, une sorte de designation extrinseque

     pour une speculation qui n'avait pas de nom, mais dont les editeurs d'Aris

     tote avaient decide, non sans raison, qu'elle devait etre etudiee ? apres la

     physique ?. La metaphysique, c'est d'abord l'exigence negative de ne pas s'en

     tenir a la physique, de ne pas considerer l'etude de la nature, la science de la

     nature, comme le dernier mot ou le couronnement de la philosophic La

     physique ne nous permet d'atteindre ni les principes premiers ni les fins der

     nieres. Si importante soit-elle, elle n'est qu'une philosophic seconde, qui doit

     etre depassee vers une philosophic plus haute, une philosophic premiere. La

     metaphysique, c'est done d'abord un mouvement, un deplacement, un

     depassement, une montee - en grec, une ? anabase ?.

     Mais peut-on dire que ce depassement, qui s'est produit incontestable

     ment au sein de la culture grecque, est le produit de cette culture grecque

     elle-meme ? Nietzsche avait ses doutes a ce sujet: ? Entre le grand homme

     du concept, Aristote, et les mceurs et l'art des Hellenes, il subsiste un gouffre

     immense... C'est l'une des plus grandes qualites des Hellenes que de ne pou

     voir traduire en reflexion ce qu'ils ont de meilleur en eux. Autrement dit, ils

     sont nai'fs : c'est un mot qui resume la simplicite et la profondeur. Ils ont en

     eux quelque chose de l'ceuvre d'art. ?j L'art grec est sans doute, plus que la

     philosophic grecque, l'expression de la culture grecque : alors que les philo

     sophies vivent dans l'ombre des ecoles, ou ils developpent des doctrines

     ? esoteriques ?, e'est-a-dire non destinees au grand public, l'art s'etale en

     Grece sur la place publique ; il est le lieu et l'occasion des grandes fetes pan

     helleniques que sont les Panathenees, les jeux Pythiques ou Olympiques ; il

     fait l'objet d'une veneration generale. Or l'art est la manifestation, le laisser

     apparaitre des belles formes, des belles apparences. Le Beau est pour les

     Grecs ce que Hegel nommera ? der sinnliche Schein?, a la fois l'apparence sen

     sible et la lumiere qui irradie du sensible. Hegel aura seulement le tort

     d'ajouter, parce qu'il est penetre de plus de vingt siecles de metaphysique:

     ? der sinnliche Schein der Idee ?, ?l'apparaitre sensible de l'Idee?. Pour les Grecs,

     ce qui se manifeste dans la beaute de l'ceuvre d'art n'est pas autre chose que

     la belle apparence. La belle apparence n'a pas besoin d'un genitif possessif:

     elle n'appartient qu'a elle-meme, ne renvoie qu'a elle-meme. Ueidos, Yidea,

     c'est ce qui se montre, se manifeste, et non pas, comme le soutiendront les

     metaphysiciens, ce qui se dissimule derriere les phenomenes. Pour le dire

     1. F. Nietzsche, La naissance de la philosophie a I'epoque de la tragedie grecque, trad. G. Bian

     quis p. 17.

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     encore avec Nietzsche, ce qui fait la profondeur de la culture grecque, c'est

     sa superficialite meme, le caractere non emprunte, non derive, mais imma

     nent et immediat de son eclat.

     Le conflit entre la metaphysique et la culture grecque culmine dans la

     condamnation a mort de Socrate, telle du moins que Platon l'interprete.

     Socrate est pour lui le ? metaphysicien ? avant la lettre, celui qui incite les

     hommes a depasser le monde sensible pour s'elever vers le monde hyperphy

     sique des Idees, Idees qui ne sont pas les belles formes, les belles apparences,

     mais ce dont les apparences sont l'apparence et, dans le meilleur des cas,

     Pimage plus ou moins deformee ou affaiblie. L'allegorie de la caverne symbo

     lise cette ascension, ce depassement proprement meta-physique. Mais il faut se

     rappeler que lorsque l'ascension pretend se prolonger en un retour, une redes

     cente dont elle serait la condition, le philosophe est renie par ceux-la memes

     qu'il avait pour ambition d'eclairer et de liberer. Si le philosophe s'avisait de

     redescendre dans le monde des ombres ou sa vision serait d'abord troublee,

     ? ne preterait-il pas a rire, ne dirait-on pas a son propos que, pour etre monte la

     haut, il en est revenu les yeux gates et qu'il ne vaut meme pas la peine d'es

     sayer d'y monter; et celui qui s'aviserait de les delier et de les emmener la-haut,

     celui-la, s'ils pouvaient s'en emparer et le tuer, ne le tueraient-ils pas ? ?1.

     Si je rappelle ce texte et l'evenement historique qu'il evoque, c'est pour

     corriger l'idee regue selon laquelle il aurait pu y avoir une sorte de conatura

     lite entre la culture et la metaphysique grecque. La metaphysique, comme le

     dira Bergson, est une fa$on difficultueuse de penser, elle implique une inver

     sion de la pente naturelle de l'intelligence, une conversion par rapport a

     l'attitude naturelle et culturellement etablie. II reste neanmoins que cette

     conversion a fait irruption au sein de la culture grecque plus que dans une

     autre, du moins pour la premiere fois et de la fa$on la plus exemplaire. Per

     sonne ne parle plus aujourd'hui d'un ? miracle grec ? pour expliquer, sans

     donner de raisons, la double emergence, presque simultanee, de Part et de la

     metaphysique grecs. Nous sommes plus portes aujourd'hui a rechercher les

     causes d'un phenomene, si singulier soit-il, et quelle que soit la part irreduc

     tible qui revient au genie de ses principaux acteurs.

     On peut invoquer ici deux ordres de causes, qui, sans etre entierement

     determinantes, ont pu favoriser, pour me borner a elle, l'eclosion de la meta

     physique : la langue et Porganisation politique de la cite.

     L'influence de la langue grecque sur les origines de la metaphysique a

     souvent ete invoquee, soit pour exalter la langue grecque, soit au contraire

     pour relativiser la metaphysique qui s'exprime en elle et resterait dependante

     de ses structures.

     1. Platon, Republique, VII, 516 e.

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     Pierre Aubenque

     Le grec possede une capacite, qu'il partage avec certaines langues, mais

     non avec toutes, de substantiver des abstractions et de pouvoir ainsi faire

     d'un adjectif exprimant par exemple une qualite non seulement le predicat

     d'un sujet concret, mais le sujet d'une proposition meta-empirique. Cette

     transformation d'une qualite adventice en essence, susceptible d'une

     connaissance substantielle, n'est possible que parce que le grec possede le

     genre neutre et d'autre part l'article defini1, a quoi s'ajoute la liberte syn

     taxique de substantiver, grace a l'article defini au neutre, toutes sortes

     d'unites semantiques : adjectifs, infinitifs et meme propositions, en particu

     lier interrogatives. La premiere utilisation philosophique de cet usage se ren

     contre avec to apeiron chez Anaximandre. Pour la premiere fois, une pro

     priete, qui plus est negative - 1'in-fini -, est elevee au concept, et par ce biais,

     et peut-etre en vertu meme de sa negativite, est elevee au rang de principe,

     d'arche. L'article defini fera cruellement defaut au latin qui, lorsqu'il parle

     cVinfinitum, entend normalement par la ? quelque chose d'infini, une chose

     inflnie ? (en grec, apeiron ti) et non l'infini en tant que tel, /infini en soi. Le

     latin scolastique sera contraint, pour eviter 1'amphibologie des expressions

     au neutre, d'inventer un article neutre (quod, par exemple dans la formule de

     Thomas d'Aquin quod quid erat esse pour traduire to ti en einai d'Aristote ? mot

     a mot, le ? ce que c'etait que d'etre ?, la quiddite) ou de transcrire simple

     ment en latin l'article grec to. II n'y a pas de hierarchie entre les langues, mais

     il y a des langues plus capables que d'autres de focaliser l'attention sur des

     notions susceptibles de determinations formelles en dehors meme de l'expe

     rience. En ce sens precis, le grec est bien une langue metaphysique.

     Une autre propriete de la langue grecque, qu'elle partage avec les autres

     langues indo-europeennes, est l'existence d'un verbe unique pour exercer la

     fonction syntaxique de copule. Dans une analyse celebre, le linguiste Benve

     niste montre que ?la structure linguistique du grec predisposait la notion

     d'etre a une vocation philosophique ?. II note les emplois tout a fait singu

     liers du verbe etre, qui le font ? susceptible aussi bien d'enoncer l'existence

     que d'asserter l'identite ?2. Seule l'articulation d'abord spontanee de ces

     emplois permet a la fois d'une part la ? categorisation ? des sens multiples de

     l'etre et d'autre part le ? deploiement?, ? au-dessus de cette categorisation ?,

     d'une ? notion qui enveloppe tout?, est ?la condition de tous les predi

     cats ?3, sorte de condition transcendantale de possibility, et qui est l'etre.

     Sans la premiere de ces possibilites linguistiques, la theorie platonicienne

     des Idees aurait ete proprement impensable ou plutot il eut ete impensable

     qu'elle ait spontanement surgi. Sans la seconde propriete, c'est la metaphy

     sique d'Aristote qui n'aurait pas eu l'occasion de se constituer comme

     1. Sur l'importance de la substantivation, en particulier des adjectifs, pour la constitu

     tion d'une langue philosophique en Grece, cf. Bruno Snell, Die alten Griechen und wir,

     Gottingen, 1962, p. 42, 48-52.

     2. E. Benveniste, Problemes de linguistiquegenerate, Paris, Gallimard, 1966, p. 73, 193.

     3. Ibid, p. 70.

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     science de l'etre en tant que tel et qui demeurerait difficilement pensable,

     meme si des traductions, qui sont en fait des transpositions, ont ete apres

     coup possibles1.

     

    Deux types d'institutions sociales - a vrai dire, antagonistes Tune de

     l'autre ? ont pu favoriser la constitution en Grece d'une metaphysique, peut

     etre de deux sortes de metaphysique.

     Dans la tradition des mysteres orphiques se sont constitutes en Grece

     des le Vle siecle avant J.-C. des confreries fermees ou un maitre de sagesse,

     ? maitre de verite ?, developpe de fa$on purement orale un savoir reserve a

     un cercle reduit de disciples2. II s'agit d'une initiation mystique echappant a

     toute publicite et a toute controverse, instaurant ou tentant d'instaurer un

     savoir transcendant et inverifiable. Dans cette tradition se situent l'ecole

     pythagoricienne et certains Presocratiques comme Empedocle, dans une

     certaine mesure aussi l'ecole platonicienne.

     Parallelement, dans les cites democratiques, se constituait un espace

     public, Vagora, ou se reunissait notamment l'assemblee du peuple et ou

     etaient debattues contradictoirement les questions interessant l'ensemble

     des citoyens3.

     Dans les deux cas, confrerie fermee ou debat public, il s'agissait de

     depasser les savoirs individuels, particuliers a la fois dans leur source et dans

     leur objet, vers une verite, c'est-a-dire un mode de devoilement, superieure.

     Mais cette superiorite est-elle a chercher dans la primaute d'un savoir initia

     tique des principes ou dans l'universalite d'un horizon communicationnel

     non cloisonne et non limite ? En termes philosophiques, si l'on appelle

     ? etre ? l'objet supra-empirique qui est au-dela des discours partiels, cet etre

     est-il un super-etant transcendant qui se donne seulement, sous la condition

     d'une initiation prealable, a une intuition reservee aux detenteurs de la

     sagesse, ou bien l'etre est-il l'horizon universel de la communicabilite,

     ouvert a tous ceux qui, sous certaines conditions procedurales minimales de

     sincerite et de desinteressement, participent au dialogue public ? L'etre est-il

     l'objet supreme d'une intuition ou l'objet commun d'une deliberation qui,

     par son exercice meme, tend au-dela de ses resultats ponctuels a produire un

     consensus sur les conditions memes de sa possibilite ? II me semble qu'il y a

     dans ce debat qui deviendra explicite a partir de Platon et d'Aristote4, puis

     1. La difficulte de la traduction et la necessite de recourir a des transpositions tant syn

     taxiques que semantiques ont resulte pour Fessentiel de l'absence d'une copule explicite

     comme einai, esse, etre, dans la plupart des langues autres qu'indo-europeennes.

     2. Cf. Marcel Detienne, Les maitres de verite dans la Grece archaique, Paris, Maspero, 1967.

     3. Cf. Jean-Pierre Vernant, Les origines de lapenseegrecqtte, Paris, Maspero, 1962, chap. IV

     (? L'univers spirituel de la "Polis" ?).

     4. On trouve une claire formulation de ce debat dans le dialogue pseudo-platonicien Les

     Rivaux. Son caractere apocryphe meme en fait un bon temoin de l'enracinement de la proble

     matique philosophique dans la culture ambiante ou, a l'inverse (mais ceci est moins sur), de la

     diffusion de la philosophie dans la culture.

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     Pierre Aubenque

     entre platoniciens et aristoteliciens, une querelle interne a la metaphysique,

     une sorte de prolongement reflexif des conditions sociales et culturelles

     antagonistes dans lesquelles la metaphysique est nee: d'une part, science

     ? aristocratique ? du j^raphysique; d'autre part, recherche deliberative et

     dialectique, et en ce sens ? democratique ?, des conditions universelles d'une

     comprehension postphysique de l'etant dans sa to tali te1. On retrouverait

     aussi ici l'echo, et sans doute l'une des sources, de la dualite des sens du meta

     de ? meta-physique ?, dualite non pas imposee a une culture grecque etran

     gere et reticente, comme semblait le suggerer l'allegorie platonicienne de la

     caverne, mais issue cette fois de cette culture grecque elle-meme et des

     tensions internes qui la traversent et se refleteront tout au long de son

     histoire dans la problematicite interne de la metaphysique.

     Que cette problematicite ait ete feconde, on laissera a l'histoire de la

     metaphysique la charge de l'etablir et d'en temoigner. Mais cette problemati

     cite meme permet de refuter dans son principe l'accusation d'hellenocen

     trisme, et par la de relativite, que Ton adresse souvent aujourd'hui a la meta

     physique. La metaphysique de tradition grecque problematise son propre

     fondement culturel. Systeme non ferme, elle est predestinee a ouvrir et a

     maintenir ouvert un dialogue avec d'autres traditions que, par analogie, il est

     permis aussi de qualifier de ?metaphysiques?, a charge pour elles de

     demontrer, s'il y en a une, leur specificite, une specificite que la metaphy

     sique de tradition grecque est plus qu'une autre predisposee a reconnaitre et

     a respecter.

     Pierre AUBENQUE.

     1. Pour un premier essai d'interpretation politique de la dualite ontologie-theologie,

     cf. Pierre Aubenque, Leprobleme de l'etre che^Aristote, Paris, 1962 ; nouv. ed., 1994, p. 279-281.

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