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Politiques et stratgies dducation 5 Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation L. Carrizo, C. Sauvageot et N. Bella U N E S C O Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation Auteurs Luis Carrizo, Spcialiste de programme, Section dappui aux stratgies ducatives nationales, Division des politiques et stratgies ducatives, UNESCO, Paris. Claude Sauvageot, Consultant pour le compte de la Section dappui aux stratgies ducatives nationales, Division des politiques et stratgies ducatives, UNESCO, Paris. Nicole Bella, Spcialiste de programme, Equipe du Rapport mondial de suivi sur lEducation Pour Tous , UNESCO, Paris. Les travaux de cet ouvrage ont t superviss et coordonns par Mohamed Radi, Chef, Section dappui aux stratgies ducatives nationales, Division des politiques et stratgies ducatives de lUNESCO. La prsente publication peut tre librement reproduite ou cite, en tout ou en partie condition quil soit fait mention de la source. Les auteurs sont responsables du choix et de la prsentation des faits figurant dans cet ouvrage ainsi que des opinions qui y sont exprimes, lesquelles ne sont pas ncessairement celles de lUNESCO et nengagent pas lOrganisation. par lOrganisation des Nations Unies pour lducation, la science et la culture 7, place de Fontenoy, 75352 Paris 07 SP (France) UNESCO (ED-2003/WS/42)Publi en 2003 Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation Parus dans cette collection : 1. Politiques et programmes nationaux dducation face la coopration internationale Lucila Jallade, Mohamed Radi et Serge Cuenin 2. Le droit lducation : analyse des instruments normatifs de lUNESCO Yves Daudet et Kishore Singh 3. La planification de lducation travers la simulation informatique Gwang-Chol Chang et Mohamed Radi 4. Education et formation au Tchad : Recueil dtudes thmatiques Edit par Gwang-Chol Chang et Mohamed Radi PrfaceLa collection Politiques et stratgies dducation lance par la Division des politiques et stratgies ducatives de lUNESCO publie son cinquime numro. Scartant volontairement de la thorisation excessive, elle se veut avant tout le recueil de bonnes pratiques professionnelles. Par le choix des thmes abords, la Division des politiques et stratgies ducatives ambitionne de faire partager son exprience, non seulement aux praticiens de la planification de lducation, mais plus largement tous ceux qui sintressent llaboration et la mise en uvre de politiques et stratgies ducatives. Cette exprience acquise au fil des annes est le fruit de son travail sur le terrain avec de nombreux pays dans des contextes socio-culturels trs varis. Consacr aux Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation, ce numro sadresse tant aux spcialistes dans le domaine du systme dinformation de lducation quaux dcideurs politiques et aux hauts responsables des ministres de lducation soucieux de mieux connatre les mthodes et les outils permettant dtablir des plans de dveloppement et de suivre leur mise en oeuvre. Le systme dinformation est la base de la gestion, de la planification et de lvaluation du systme ducatif. Au cours des processus de management de lducation, le systme dinformation doit renseigner les diffrents acteurs et partenaires sur ltat du secteur, son efficacit interne et externe, son fonctionnement pdagogique et institutionnel, ses performances, ses lacunes et ses besoins. La plupart des pays disposent de bases de donnes sur lducation ralises grce aux recensements et/ou enqutes scolaires mens plus ou moins rgulirement. Ces donnes sont publies dans des annuaires statistiques volumineux, souvent de manire brute, parcellaire et sans analyse. Or, les dcideurs politiques et les autres acteurs de la gestion et de la planification ont besoin dinformations comprhensibles et faciles interprter. Elles doivent tre appuyes par des analyses approfondies sur le fonctionnement du systme qui Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation aident la formulation de politiques, la planification des actions pertinentes, au suivi et lvaluation de ces dernires. Les besoins en informations sont varis et de plus en plus complexes. Un systme dinformation solide doit tre aussi complet que possible, couvrant la totalit des besoins en informations. Il doit viser non seulement la collecte, le stockage des donnes et le traitement de linformation mais aussi aider la formulation des politiques ducatives, leur pilotage et leur valuation. Le Cadre daction dEducation Pour Tous, adopt lors le Forum mondial de lducation tenu Dakar, Sngal, en 2000, avait fix six objectifs raliser par la communaut internationale au plus tard en 2015. Pour ce faire, il invite tous les gouvernements dvelopper ou renforcer les plans daction nationaux existants au plus tard en 2002. Ces plans doivent tre intgrs dans un cadre sectoriel et dans les politiques globales de dveloppement national. De tels plans doivent tre bass sur un diagnostic prcis du systme ducatif, qui permet de dresser un tat des lieux de la situation, didentifier les problmes et les besoins afin de pouvoir proposer de nouvelles stratgies de dveloppement. Selon le mme Cadre, les gouvernements et la communaut internationale se sont engags entreprendre un suivi rgulier des progrs raliss dans la poursuite des objectifs de Dakar. Un tel suivi prsuppose lexistence effective dun system dinformation de management de lducation (SIME) fiable et complet au niveau des pays. La ralit est que nombreux sont encore les pays qui ne disposent pas dun tel systme dinformation. LUNESCO, par la publication de cet ouvrage, entend mettre la disposition des pays un outil mthodologique et technique pour les aider mieux prparer et suivre leur plan de dveloppement de lducation. La prsente publication contient un logiciel de nature faciliter la mise en place dun systme dinformation. Cet outil a la particularit de pouvoir tre adapt la situation spcifique de chaque pays. Nous esprons que chacun y trouvera des lments utiles pour consolider llaboration ou la mise en uvre du plan daction national dEducation Pour Tous. M. Asghar Husain Directeur Division des politiques et stratgies ducatives Table des matires Prface i1. Introduction 11.1 Introduction gnrale 11.2 Prsentation du plan du document 32. Les objectifs du SIME pour un pays 52.1 Gestion et administration du systme ducatif 72.2 Etudes et planification du systme ducatif 82.3 Suivi et valuation du systme ducatif 112.4 Mise disposition sous une forme accessible dune information pertinente tous les niveaux de rflexion et de dcision du systme ducatif 133. Lorganisation du SIME et ses moyens humains et matriels 173.1 Lorganisation administrative 183.1.1 Au niveau tablissement 183.1.2 Au niveau circonscription (district pour les coles ou rgional pour les collges et lyces) 193.1.3 Au niveau rgional 193.1.4 Au niveau de ladministration centrale 203.2 Le pilotage du SIME ladministration centrale 203.3 Les moyens en personnel 223.4 Les moyens matriels 233.5 Centralisme, dconcentration, dcentralisation : quels liens avec lorganisation du systme dinformation ? 244. La collecte des donnes 274.1 Principes de collecte des statistiques de lducation 284.2 Mthodes de collecte des statistiques de lducation 314.2.1 Recensements annuels priodiques des tablissements 334.2.2 Donnes rassembles pour les besoins de ladministration 364.2.3 Enqutes priodiques ou ponctuelles par sondage 374.2.4 Autres sources de donnes sur lducation 384.3 La coordination des diffrents services ministriels 434.4 Les demandes aux services non ducatifs 44Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 4.5 Le processus de collecte 464.5.1 La transmission des questionnaires aux tablissements 464.5.2 Le remplissage des documents par les tablissements 474.5.3 Le retour des questionnaires vers les niveaux administratifs responsables des tablissements et vers le niveau rgional 474.5.4 Le retour des questionnaires vers ladministration centrale 484.5.5 Le traitement des donnes et lorganisation informatique de ces donnes au niveau de ladministration centrale 494.5.6 Lanalyse des donnes recueillies 504.5.7 La diffusion - communication des informations 514.6 La spatialisation des donnes dans SIME 534.6.1 Les difficults rencontres 534.6.2 La ncessaire diversit des informations recueillies et utilises chaque niveau administratif et gographique 545. Les indicateurs et les donnes pour le suivi des plans 575.1 Limportance des indicateurs 585.2 Conditions pralables 595.2.1 Prsence dun systme dinformation 595.2.2 Existence de politiques et plans dducation 605.3 Quelques exemples dobjectifs 615.3.1 Au niveau international 625.3.2 Au niveau national 635.3.3 Au niveau rgional 645.3.4 Au niveau tablissement 645.4 Comment passer des objectifs aux indicateurs 655.4.1 Au niveau international 665.4.2 Au niveau national 705.4.3 Au niveau rgional 735.4.3 Au niveau dun tablissement 745.5 Mobilisation des sources disponibles et calcul des indicateurs 775.6 Structures mettre en place pour laborer un systme dindicateurs 805.7 Analyse et prsentation des indicateurs 825.8 Usage et diffusion des indicateurs 835.8.1 Utilisation du document pour lvaluation interne et externe : le souci de transparence 835.8.2 Mise jour de la diffusion des indicateurs 845.8.3 Autres utilisations : les comparaisons internationales, interrgionales ou entre tablissements. 856. Les diffrentes tapes de mise en uvre dun SIME performant 896.1 Etablissement dun bilan de la situation du pays en terme de systme dinformation 896.2 Que faire devant une absence quasi-totale de donnes ? 906.3 Que faire avec un niveau dinformatisation et de tlmatique extrmement faible ? 916.4 Que faire sil existe dj un systme dinformation et un dbut de capacit en informatique et tlmatique 916.4.1 Analyse de lexistant et premier cadrage du SIME 936.4.2 La formation du groupe de pilotage du SIME 956.4.3 Modlisation des circuits dinformation et conception dun schma oprationnel global 966.4.4 Phase technique 996.4.5 Les traitements et les premires analyses 1006.4.6 La diffusion de linformation 1006.5 La construction dun premier ensemble dindicateurs 1016.6 Formation de tous les acteurs du SIME 1026.7 Le suivi du dveloppement du SIME 1027. Un outil au service de la mise en place de SIME : Prsentation du logiciel de lUNESCO EMIS Builder 1057.1 Les modules de EMIS 1067.2 Les tapes pour la cration dun SIME selon EMIS Builder 1087.3 EMIS Application 112Conclusion 115Rfrences bibliographiques 11711. Introduction 1.1 Introduction gnrale Lanne 2002 a marqu la premire chance du Cadre daction de Dakar adopt lors du Forum mondial sur lducation qui sest tenu dans cette ville du 26 au 28 avril 2000. Runissant les participants de plus de 150 pays et les reprsentants de 160 organisations gouvernementales et non gouvernementales, ce forum a constitu le point dorgue de la dcennie de lEducation pour tous (EPT) dbute en 1990 Jomtien (Thalande). Il fut loccasion de dresser le bilan des progrs en matire dducation de base dans le monde depuis cette date.Suite un bilan plutt mitig, lensemble des pays et la communaut internationale prsents Dakar ont raffirm, travers le Cadre daction, lobjectif primordial daccs lducation pour tous de la Dclaration mondiale de Jomtien et dfini les six objectifs dEPT raliser au plus tard en 2015. Pour ce faire, le Cadre daction de Dakar demande tous les gouvernements de prendre leurs responsabilits en dveloppant ou en renforant notamment les plans daction nationaux existants au plus tard en 2002. Ces plans doivent tre intgrs dans un cadre sectoriel plus large et dans les politiques et programmes de dveloppement et de lutte contre la pauvret. Ils doivent se dvelopper selon un processus transparent et participatif qui inclut lensemble des acteurs et notamment les reprsentants de la socit civile. La prparation dun plan quel quil soit est un exercice complexe et dlicat. A linstar dune thrapie, un plan, pour tre efficace, doit tre bas sur un diagnostic prcis et exact. Indispensable dans le processus de planification, le diagnostic permet de dresser un tat des lieux de la situation de lducation et didentifier les problmes travers une analyse dtaille et critique afin de pouvoir proposer des solutions. En dautres termes, le diagnostic permet didentifier les besoins auxquels le plan, travers la dfinition de nouvelles stratgies, est cens apporter des rponses. Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 2La dfinition dobjectifs, les choix stratgiques et les dcisions politiques doivent tre bass sur des donnes objectives qui non seulement rendent compte du fonctionnement du systme ducatif, mais aident aussi sa planification, son pilotage et son valuation. La plupart des pays disposent de bases de donnes sur lducation mises jour grce aux rsultats des recensements scolaires plus ou moins rguliers. Si la qualit et la fiabilit des donnes recueillies ne sont pas toujours parfaites, leur pertinence et leur utilit pour la dfinition des politiques sont toujours incontestables1. Ces dernires sont de plus en plus complexes et doivent imprativement se placer sous lclairage dun systme dinformation solide, qui intgre la totalit des besoins en informations du systme ducatif2.Cependant, dans les quelques pays o les donnes sont disponibles grce des systmes dinformation et de gestion de lducation, les dcideurs politiques y font trs peu rfrence pour guider leurs politiques ducatives. Ceci pose, du moins en partie, le problme de la prsentation et de la diffusion de linformation statistique. En effet, quelques exceptions prs, les donnes sont publies dans des annuaires statistiques lourds, de manire brute et sans analyse. Or, les dcideurs politiques et autres responsables de la planification ont besoin de documents comprhensibles, faciles interprter, accompagns danalyses pertinentes sur lesquelles ils peuvent fonder leurs politiques. Ainsi, les objectifs du systme dinformation pour le management de lducation (SIME en franais ; EMIS en anglais) sont non seulement de collecter, de stocker et de traiter linformation, mais galement daider la prise de dcision en matire de politique ducative grce une information pertinente et accessible. Conu au dpart des fins de gestion et de management, le SIME est de plus en plus peru comme un systme daide la dcision, un outil indispensable pour la formulation des politiques ducatives, de leur pilotage et de leur valuation. 1 Claude Sauvageot : Des indicateurs pour la planification de lducation : un guide pratique . UNESCO/IIPE, 1996. (Deuxime dition en collaboration avec Nicole Bella mars 2003.) 2 Khadim Sylla, Dcentralisation et systme dinformation ducatif . UNESCO/IIPE (A paratre). Introduction 1.2 Prsentation du plan du document Ce guide pratique prsente tout dabord les diffrents objectifs du SIME pour un pays. Il sattache ensuite dcrire lorganisation, les domaines couverts et le processus de collecte du SIME. Une attention particulire est donne aux indicateurs qui sont un lment essentiel du SIME, notamment pour llaboration et le suivi des plans daction nationaux. Enfin, il dcrit les diffrentes tapes dun SIME performant en tenant compte des conditions dans lesquelles il se met en place. Dans chaque partie, et plus particulirement dans la dernire, le propos sappuie sur des exemples concrets illustrant la prsentation gnrale et lui donnant un aspect plus immdiatement oprationnel. .52. Les objectifs du SIME pour un paysLa mise en place ou le renforcement dun systme dinformation est base sur un postulat simple : tout systme, toute organisation quels quils soient doivent produire de linformation pour sinformer et informer sur leur tat (et ses caractristiques), leur fonctionnement et leurs rsultats. Sans donnes, aucun systme ne peut fonctionner rationnellement et par consquent aucune dcision oprationnelle ne peut tre prise. Le systme ducatif nchappe pas cette rgle. En effet, le dveloppement, la complexit croissante des systmes ducatifs et les ncessits de rgulation et de coordination quils requirent font de linformation un des lments centraux de ladministration, de la gestion et de la planification de lducation 3 ,fournissant ainsi la base la prise de dcision et ceci chaque niveau du systme. Le systme dinformation du management de lducation (SIME en franais ; EMIS en anglais), dont le but est de collecter, de stocker, de traiter, danalyser et de diffuser linformation y ayant trait, a pour rle dans un tel contexte dalimenter en informations et en connaissances la fois la base (systme oprant ayant en charge la ralisation des activits quotidiennes) et le sommet (niveau dcisionnel, organe charg de la dfinition des objectifs et des choix stratgiques) de lorganisation, pour une prise de dcision avise. A la base de tout systme dinformation, se pose la question de la finalit des informations recueillir : pour la gestion et le contrle du systme, en loccurrence ici le systme ducatif, la dfinition des priorits, la planification et la formulation des politiques, enfin pour le suivi et lvaluation de ces dernires. En dautres termes, le systme ducatif est compos dune multitude dacteurs qui se trouvent et agissent diffrents niveaux et quil faut informer sur ltat du systme, ses russites et performances, ses besoins et lacunes. Bien quen interaction les uns avec les autres, ces acteurs ont des besoins en information 3 OpCit, Sylla p.30. Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 6divers et varis que le systme dinformation se doit de prendre en compte et de renseigner. Par exemple, alors que llve se situe dans un contexte o linformation recherche renverra aux interrogations sur le contenu des enseignements et les modes dvaluation, lenseignant sera plutt proccup par une information dordre pdagogique, sur le curriculum, etc. De la mme manire, le planificateur sera proccup par les statistiques et autres indicateurs de lducation, le dcideur politique voudra disposer, en plus des donnes ducatives, dinformations sociale, conomique et dmographique et connatre le contexte politique. Ces diffrentes informations relvent souvent de systmes dinformations autres que ceux du systme ducatif, lis par de multiples relations et complmentaires. Le rle ou plutt le dfi auquel doit faire face le SIME est dintgrer de manire harmonieuse toutes ces sources dinformations indispensables aux tches de gestion, dtudes et de planification de lducation et de les fournir de manire synthtique aux utilisateurs. Il est par consquent ncessaire que le systme dinformation (en abrg SI), dont le matre mot est la synergie, dispose dune vision globale et systmique, seule vision capable de lui assurer une volution et une adaptabilit4.Par consquent, comme on peut le voir, la conception et/ou le renforcement dun systme dinformation doit ncessairement sappuyer sur une tape didentification et danalyse des besoins en information, prenant en compte la diversit des tches de gestion, de planification, de suivi et dvaluation, mais aussi les diffrents niveaux administratifs (tableau 1), et les dcisions des acteurs du systme ducatif, afin de rpondre aux critres defficacit et de pertinence. De quel type dinformations a-t-on besoin et pour quoi faire5 ? Qui a besoin de ces informations et de ces connaissances sur le systme ducatif ? Telles sont les questions auxquelles le SIME est confront et auxquelles il devra apporter des rponses appropries. On peut ainsi dgager un grand principe : linformation produite par le SIME doit tre oriente vers les utilisateurs. Cest important de le souligner car les services statistiques des pays, traditionnellement, produisent des donnes dun point de vue producteur. Ils ne se posent pas assez souvent la question 4 OpCit, Sylla p.31. 5 Le type dinformation recherch porte typiquement sur les intrants (inputs) et extrants (outputs) du systme ducatif ainsi que sur son environnement. Les objectifs du SIME pour un pays 7des besoins en information et des usages qui peuvent ou doivent tre faits des informations collectes. Ils ne sollicitent gure les autres services utilisateurs et discutent peu du contenu des questionnaires et des rsultats diffuss. Cette ncessit de collaboration, de discussion et dchanges est imprative car cest une des cls de la russite du SIME. En rsum : Un Systme dinformation pour le management de lducation (SIME) doit produire de linformation pour des utilisateurs dans les domaines essentiels suivants : Gestion et administration du systme ducatif Etudes et planification du systme ducatif (macro et micro) Suivi et valuation du systme ducatif2.1 Gestion et administration du systme ducatif Sil est vrai que la ncessit de rassembler, traiter, analyser et prsenter les donnes de manire judicieuse est plus que jamais dactualit pour orienter les dcisions et aider llaboration des politiques ducatives, il nen demeure pas moins que le but premier dun systme dinformation de gestion de lducation est, comme son nom lindique, daider grer et administrer le systme ducatif en se basant sur des outils de gestion modernes. Ces derniers lui permettent de gnrer des donnes et des informations oprationnelles multiples de routine tels que les enregistrements trimestriels, mensuels et hebdomadaires sur la gestion et le contrle des transactions financires, la prsence et les mouvements du personnel et des lves, les bulletins de paye, les rsultats des tests et dexamens, etc. De telles informations sont particulirement importantes pour la gestion des activits ducatives au niveau local et au niveau des coles. Qui dit gestion dit contrle et vrification du systme afin den dtecter les lacunes et les insuffisances. Le systme ducatif dispose-t-il de suffisamment de ressources financires, matrielles et humaines pour fonctionner convenablement et donc produire les rsultats escompts ? Accueille-t-il suffisamment dlves et rpond-il en cela de manire adquate la demande dducation ? Quelle ducation leur offre-t-il et avec quel succs ? Les informations gnres par SIME permettent non seulement de rpondre ces proccupations, mais surtout de contrler et dvaluer lefficacit, voire lefficience interne et externe du systme ducatif. Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 8Il est en effet indispensable de sassurer que les ressources matrielles et financires injectes dans le systme ne soient pas gaspilles mais optimises afin de parvenir une meilleure qualit et efficacit en matire dducation (efficience interne qui porte sur la manire dont les ressources ont t utilises processus pour produire des rsultats) et, que les rsultats satisfassent les besoins plus larges de la socit. En cela, si le SI est dtermin par la ncessit de rendre compte de ltat et du fonctionnement du systme ducatif, il permet aussi ce dernier de rendre lui-mme des comptes ses utilisateurs. Il existe des relations dinterdpendance entre SIME et le systme de gestion sur lequel il sappuie. Ainsi, si le SIME aide mieux grer le systme ducatif, le systme de gestion des inputs de lducation dont il utilise les outils lalimente en retour en informations ncessaires la planification et lamlioration de cette dernire. 2.2 Etudes et planification du systme ducatif La ncessit de rassembler les donnes, dentreprendre des tudes sectorielles et thmatiques, dvaluer lefficacit des programmes en vigueur, dexplorer lavenir afin de favoriser un large dbat sur ces bases est plus que jamais dterminante pour orienter la prise de dcisions et llaboration des politiques ducatives6. La prparation dun plan ducatif est un exercice qui exige non seulement des comptences spcifiques, mais galement de disposer dinformations pertinentes, fiables et mises jour sur la situation exacte de lducation dans le pays. Ainsi, SIME peut alimenter en donnes fiables diffrents modles de simulation permettant de rflchir aux objectifs dfinis moyen et long terme. Analyser la situation ou poser un diagnostic est une tape oblige et fondamentale du processus de planification. En effet, comment dfinir des objectifs, formuler des politiques et des stratgies sans connatre la situation prsente et passe ? En dautres termes, un plan, pour tre efficace, doit se baser sur une analyse dtaille et critique de la situation, reprer les problmes et leurs causes sur lesquelles de nouvelles politiques et de nouveaux programmes mettre en oeuvre sont censs agir. Les choix en matire de planification et de politique ducatives doivent par consquent imprativement se placer sous lclairage dun systme dinformation solide qui met la disposition des gestionnaires et des planificateurs de lducation, et a fortiori des dcideurs, des informations prcises, pertinentes, fiables et jour. 6 W. McMahon. Un systme dinformation pour la gestion fonde sur lefficience, p.5. Les objectifs du SIME pour un pays 9A cause de la faiblesse du SI, la plupart des efforts de planification de lducation ont encore peu dimpact et ne guident pas toujours de faon efficace la ralisation des objectifs. Une des raisons souvent invoques est labsence de lien entre le diagnostic tabli et les politiques et choix stratgiques dfinis. Mais plus frquemment lexplication est rechercher dans linadquation, voire la pnurie de donnes et dinformations pertinentes sur lesquelles les dcideurs peuvent fonder leurs politiques. En effet, si des services statistiques, de documentation ou dinformation existent dans presque tous les ministres de lducation avec une collecte de statistiques scolaires quasi systmatique, les dcideurs doivent souvent se contenter de donnes fragmentaires et obsoltes. De plus, quelques exceptions prs, les donnes dducation ne sont publies que sous forme de rapports volumineux avec des tableaux statistiques indchiffrables de manire brute et sans vritable analyse. Une grande partie de linformation recueillie demeure inexploite. Par exemple lorsque le systme dinformation intgre, outre les donnes ducatives, des informations contextuelles provenant dautres sources, ces donnes sont rarement utilises faute de capacits analytiques et de recherche. Or, comment formuler des actions cibles et efficaces et ainsi satisfaire de manire approprie les besoins ducatifs, sans une connaissance et une comprhension des problmes et de leurs causes ? Par consquent, outre la collecte de linformation, son stockage et son traitement, une autre fonction majeure du SIME est de faciliter lanalyse dtaille et la synthse des donnes afin den extraire les informations les plus saillantes et pertinentes pour aider la planification de lducation et aux dcisions politiques. SIME et la carte scolaire Toujours dans le cadre de la planification du systme ducatif, les informations gnres par le SIME sont dune grande utilit pour ltablissement de la carte scolaire, laquelle en retour aidera la collecte et la production de linformation. Bien que la carte scolaire soit lun des plus gros consommateurs de donnes, ces deux oprationsmissions sont complmentaires et ne doivent pas tre confondues comme on le fait trop souvent. Lexistence dun SI qui fonctionne correctement est un pralable ltablissement de la carte scolaire. Le SI Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 10produit des donnes qui vont au-del des besoins de la seule carte scolaire pour rpondre ceux de la gestion, des tudes et de la planification. Schma 1 : Rle de la carte scolaire dans le processus dcisionnel et de planification de lducation.Information Evaluation ContrleDiagnostic Dcision ApplicationMthode permettant dimplanter au mieux les coles et donc dorganiser loffre ducative de manire satisfaire les besoins dfinis dans le plan7, la carte scolaire joue un rle essentiel non seulement dans lexcution dune politique ou dun plan dducation, mais galement dans leur prparation. En effet, faisant totalement partie du processus dcisionnel et de planification, la carte scolaire intgre la dimension spatiale des systmes ducatifs et fournit les outils analytiques permettant didentifier et de projeter dans lespace et dans le temps les lments matriels qui concourent un effort de planification ducative gnrale. A ce titre, la carte scolaire constitue un instrument indispensable aux mains des responsables de la politique ducative dsireux de faire le point sur la rpartition des services ducatifs existants. Elle contribue tablir une politique visant rduire les disparits gographiques recenses. Plus prcisment, les informations produites par le SI vont contribuer, grce la carte scolaire, reprer des problmes importants. Ainsi, un diagnostic du systme ducatif pourra tre tabli qui mesurera les dsquilibres entre les niveaux de dveloppement de la scolarisation, les conditions de fonctionnement des tablissements, et les rapports entre offre et demande dducation. Grce sa dimension spatiale, la carte scolaire vise en somme faciliter la ralisation des objectifs du plan ducatif, en concrtisant notamment leur localisation gographique afin de tenir compte des caractristiques propres et des besoins de chaque rgion 8 . En rsum, la carte scolaire introduit la 7 Jacques Hallak, La mise en place de politiques ducatives : Rle et mthodologie de la carte scolaire, 1976, pp.16-17. 8 OpCit, Hallak p.23. Les objectifs du SIME pour un pays 11rationalisation spatiale dans la planification de lducation en tudiant les conditions concrtes de ralisation des objectifs du plan au niveau rgional et local et en mettant en vidence les pralables lintroduction des rformes scolaires. 2.3 Suivi et valuation du systme ducatif La prise de dcision rationnelle, si importante dans le cas de la gestion et de la planification de lducation, intervient galement dans le cadre du suivi et de lvaluation des politiques ducatives. Elle ncessite de disposer tout au long de la dure du plan, dinformations objectives et fiables sur son application, cest--dire sur la manire dont les politiques et les programmes sont mis en oeuvre, pour dtecter les cueils et obstacles ventuels et par consquent rectifier et rorienter les stratgies. Comment atteindre les objectifs assigns au systme ducatif ? O en est-on par rapport ces objectifs ? Quelles en sont les russites et les insuffisances ? Telles sont quelques unes des questions auxquelles le systme dinformation doit permettre de rpondre de manire approprie et objective. Par donnes objectives, on entend non pas des donnes brutes directement tires des questionnaires et prsentes dans des annuaires lourds sans aucune tentative danalyse, mais des informations synthtises et transformes en indicateurs qui permettent de piloter les objectifs atteindre, et donc de contrler le systme ducatif. Un dcideur a besoin dun document synthtique et facile interprter, donc plus analytique et plus pertinent quun simple annuaire statistique. Intress par les effets de ses orientations et de son action, le dcideur veut galement disposer de donnes rcentes sur lanne scolaire en cours ou dfaut sur lanne scolaire prcdente. Dans beaucoup de pays, cette contrainte est loin dtre respecte du fait des lenteurs dans le fonctionnement du systme dinformation, reflet de capacits humaines, matrielles et technologiques insuffisantes. On observe ainsi des dlais parfois trs longs entre la date de la collecte de linformation et le moment o elle est publie. Or, pour tre oprationnelle, linformation doit tre dactualit mais galement suffisamment prcise et fiable pour mesurer leffet dune politique rcente. La question de lactualit des informations est un lment essentiel dun suivi efficace des objectifs et politiques de lducation, cest la cl du renforcement ncessaire des systmes dinformation de gestion de lducation. Il est en effet vident que les dcideurs pourront dautant plus Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 12soutenir les efforts des services chargs des systmes dinformation que ceux-ci leur produisent des informations valides et directement utilisables9.Les objectifs fixs en 1990 lors de la confrence de Jomtien visant universaliser lenseignement primaire et rduire de moiti le taux danalphabtisme des adultes de 15 ans et plus en 2000 ont-ils t atteints ? Les informations produites par SIME doivent permettre den juger. Un systme dinformation efficace est indispensable pour valuer les progrs et limpact de ces politiques. En effet, comme dj mentionn plus haut, le systme dinformation doit avoir une vision globale du systme ducatif et intgrer de ce fait et de manire cohrente des donnes issues de sources diffrentes portant aussi bien sur lducation formelle et non formelle que sur le contexte social, conomique, dmographique, voire politique. Mais disposer de donnes prsentes sous forme de sries temporelles ne suffit pas : des rapports analytiques sont indispensables. Ces analyses historiques fournissent la base de lvaluation de la situation actuelle et permettent didentifier les disparits et dtudier les lacunes ou insuffisances, les goulots dtranglement et les problmes afin de dterminer les stratgies pour tenter de les rsoudre. Ces rapports peuvent et doivent galement incorporer les prvisions et projections sur les capacits et les besoins futurs en enseignants, quipements physiques, ressources financires et matriels denseignement/apprentissage. Les projections ralises travers des modles de simulation sont aussi considres comme un outil de pilotage des politiques mises en oeuvre. Utilises de manire approprie, elles servent de signal dalarme quant au risque de non ralisation des objectifs. Souvent, au moment de lvaluation des politiques, des donnes actualises et compltes indispensables ne sont pas disponibles. Dautres enqutes spcifiques sont alors menes pour faire face aux insuffisances du SIME. Ces oprations ponctuelles sont en dfinitive une duplication du travail cens tre men par SIME et constituent par consquent un gaspillage de ressources et dnergie, nuisibles lefficacit de lappareil de gestion et de planification du systme. Une culture de lvaluation est absolument indispensable, elle doit prsider au ncessaire tablissement ou renforcement des systmes dinformation de gestion de lducation dans les pays. 9 Claude Sauvageot : Des indicateurs pour la planification de lducation : un guide pratique . UNESCO/IIPE, 1996, p.13. Les objectifs du SIME pour un pays 132.4 Mise disposition sous une forme accessible dune information pertinente tous les niveaux de rflexion et de dcision du systme ducatif Les paragraphes prcdents ont mis en lumire une autre fonction essentielle du SIME, celle de lutilisation et de la prsentation de linformation. Pour tre efficace, celle-ci doit tre adapte chaque niveau de prise de dcision. Schma 2 : Utilisation de linformation par niveau de dcision10Niveau macro Planification, stratgie Intermdiaire Gestion et contrle Micro Activits oprationnelles On distingue gnralement trois niveaux dutilisation des donnes qui correspondent des tches et activits particulires du systme ducatif. Le niveau de dtail et la quantit dinformations utiliser sont dautant plus levs que le niveau de dcision est infrieur cest--dire proche de lunit denseignement. La quantit de donnes requises dcrot mesure que le niveau de dcision slve, linformation devient plus agrge et synthtique et intgre toutes les donnes disponibles. Les personnes appartenant au niveau macro sont responsables des dcisions stratgiques concernant la planification de lensemble du systme ducatif. La catgorie de dcisions dont il sagit ici concerne la politique gnrale et les objectifs ralisables moyen ou long terme. Les informations requises porteront davantage sur les agrgations utilises pour fixer des objectifs au niveau 10 Schma adapt de Educational Management Information System, Bangkok, UNESCO-PROAP, 1992, p.32. Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 14national, rgional ou provincial. Il est toutefois important davoir des dsagrgations selon certaines catgories (ge, sexe, urbain/rural, ) afin de mieux cibler les actions. Le niveau intermdiaire comprend les dcideurs qui se proccupent de la gestion et du contrle des allocations de ressources, pour une rpartition efficace et quitable. Ce niveau traduit les objectifs gnraux en dcisions oprationnelles, plus tactiques. Il exige donc des donnes plus spcifiques pour dtecter les ventuelles anomalies et optimiser lutilisation des ressources. Le niveau micro correspond quant lui aux tches plus oprationnelles, aux activits de gestion plus quotidiennes, plus proches de lcole. La dcision est ici de porte locale et immdiate et exigera pour ce faire des informations plus dtailles. Ainsi, ces trois niveaux de dcisions, qui se superposent parfois aux niveaux administratifs (Tableau 1), ncessitent des informations distinctes. Ils nen sont pas moins lis car les prises de dcision au niveau macro seront dautant plus pertinentes et efficaces quelles seront bases sur les informations prcises et fiables collectes aux niveaux infrieurs. Le systme dinformation doit obligatoirement intgrer ces relations complexes entre les diffrents niveaux de dcision pour remplir de manire efficace son rle. En rsum, le SIME a pour but de renforcer les capacits de gestion, de planification et de diffusion de linformation tous les niveaux du systme ducatif pour tous les centres de rflexion et de dcision. Pour ce faire, il doit : a) amliorer les capacits de collecte, de traitement, de stockage, danalyse et de diffusion des donnes afin que les dcideurs, administrateurs et gestionnaires puissent se baser sur des donnes fiables et actualises ; b) centraliser et coordonner les efforts disperss dans lacquisition, le traitement, lanalyse et la diffusion des informations sur la gestion de lducation ; c) rationaliser la nature et le flux dinformations ncessaires aux prises de dcision en rduisant et en liminant les duplications, et en comblant les lacunes dans linformation ; d) relier et rassembler les diffrents systmes dinformation existants ; e) intgrer et synthtiser dans un seul systme les donnes quantitatives et qualitatives ; et Les objectifs du SIME pour un pays 15f) amliorer la collecte, lutilisation et la diffusion des informations de gestion de lducation, pour rpondre lvolution constante des besoins en informations. 173. Lorganisation du SIME et ses moyens humains et matriels Le SIME se compose de plusieurs sous-ensembles fonctionnels dont la comprhension est indispensable sa mise en place : un sous-ensemble sur la collecte des donnes ; un sous-ensemble de traitement et danalyse des donnes collectes ; un sous-ensemble responsable de la construction dindicateurs et doutils daide la dcision ; un sous-ensemble charg de diffuser linformation produite par SIME dans les diffrentes structures intresses ou auprs du grand public. Cette diffusion comprend elle-mme plusieurs composantes : la diffusion de documents papier (rdaction, dition, impression) ; la diffusion de documents lectroniques (cration et mise jour de sites Internet, CD-Rom, mise en lignes des documents, ) Il est important que toutes ces fonctions soient assures car si lune dentre elles manque ou est dfaillante cest SIME tout entier qui va tre pnalis. Cest ladministration centrale qui assure le pilotage de lensemble du SIME mais divers modes dorganisation sont possibles. La communication nest pas toujours trs bonne entre les diffrents services dun mme ministre, ni entre services de diffrents ministres. Or, SIME a imprativement besoin dune communication de qualit entre toutes ces institutions. Souvent le niveau central souffre, dans beaucoup de pays, de structures organisationnelles inappropries et manque de capacits de gestion pour matriser le fonctionnement de lensemble du systme ducatif. Le rseau de Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 18communication existant ne lui permet pas toujours de piloter le niveau local qui, lui-mme, ne transmet pas toujours linformation lchelon suprieur ou le fait rarement temps. Les difficults sont donc nombreuses et il est difficile de garantir une information de qualit et oprationnelle aux diffrents niveaux dadministration. La communication verticale nest cependant pas la seule en cause. Lamlioration de la communication horizontale, autrement dit un mme niveau, entre coles - directeurs - enseignants et parents, est galement prendre en compte.Enfin, un dernier point, mais non des moindres, les moyens mis la disposition du SIME : lexistence de moyens humains et matriels en nombre et en qualit suffisants sont essentiels au bon fonctionnement du SIME. On rptera cet impratif aussi souvent que cela sera ncessaire. 3.1 Lorganisation administrative Le mode dorganisation peut varier selon lorganisation des services ministriels, les responsabilits assumes par chaque niveau administratif et les moyens disponibles (humains et matriels) chacun de ces niveaux. Limportant est de maximiser lutilisation des ressources disponibles dans le contexte national tel quil est ou tel quon peut (ou veut) supposer quil va voluer. A chaque niveau gographique, il est fondamental de disposer de moyens humains et matriels indispensables au bon fonctionnement du SIME. 3.1.1 Au niveau tablissement La plus grande partie des informations lmentaires qui vont alimenter SIME sont recueillies au niveau de ltablissement scolaire. Que ce soit dans une cole, un collge, un lyce ou un tablissement denseignement suprieur, il est indispensable de disposer de personnes comptentes et formes remplir leurs tches pour SIME. Leur nombre dpend de la taille de ltablissement, de la complexit et de la dimension des tches accomplir. La formation de ces personnels est un lment fondamental pour la qualit du SIME. En effet, cest la qualit de linformation produite par ltablissement, premier maillon de la chane, qui fait en grande partie la qualit du SIME. Lorganisation du SIME et ses moyens humains et matriels 19Il faut galement sefforcer de leur faciliter la tche en leur fournissant des outils appropris (guide, quipements informatiques et autres) et conus en fonction de la complexit de leur travail. Faciliter leur travail cest aussi ne pas les inonder de demandes dinformations. Il faut donc que les services tant rgionaux que nationaux se coordonnent entre eux pour harmoniser leurs requtes et ne pas multiplier des demandes souvent identiques. 3.1.2 Au niveau circonscription (district pour les coles ou rgional pour les collges et lyces) La circonscription - ou district scolaire - dsigne ici le premier niveau administratif au-dessus de ltablissement scolaire, celui qui chapeaute les coles primaires. Cest le premier niveau de recueil des donnes auprs des coles primaires mais aussi de vrification et dutilisation des ces donnes. Pour les collges et les lyces, cest gnralement la rgion qui reprsente ce premier niveau administratif. Mais les organisations administratives peuvent tre diffrentes dun pays lautre. Ce qui est essentiel, cest la notion de premier niveau administratif. A ce niveau doit seffectuer une premire vrification des donnes transmises. Ceci est indispensable car toutes les erreurs dtectes ensuite seront trs difficiles corriger car difficilement accessibles et trs coteuses en temps. En effet, si ladministration centrale trouve des erreurs dans un questionnaire tablissement, on sera oblig dattendre que les corrections soient effectues par ltablissement lui-mme, et cela allongera de faon dsastreuse les dlais de disponibilit de linformation. De plus, cest la structure la plus proche de ltablissement qui connat le mieux cet tablissement et qui est donc la plus mme de reprer les erreurs et de demander une correction ltablissement dans les meilleurs dlais. 3.1.3 Au niveau rgional Pour les coles comme pour les autres tablissements, le niveau rgional est un maillon trs important pour SIME et en particulier dans le cadre dune organisation dj dcentralise/dconcentre ou en passe de ltre. Quel que soit le niveau de dcentralisation, cet chelon intermdiaire a une fonction de vrification des informations avant leur transmission ladministration centrale. Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 20Mais outre ce travail de vrification, il assure dautres fonctions : analyse des donnes et diffusion de linformation tous les services rgionaux selon leurs besoins. La dcentralisation/dconcentration renforce bien videmment encore limportance de ce niveau et en particulier les fonctions danalyse et de diffusion. L aussi la formation et la qualification des personnels chargs de SIME doivent tre la mesure des tches accomplir. 3.1.4 Au niveau de ladministration centrale La premire des missions de lquipe SIME ce niveau lev est dorganiser et de coordonner, tant au niveau national quau niveau rgional ou local, les diffrents services qui vont participer SIME. Sa deuxime mission est de concevoir les outils appropris pour le systme dinformation : questionnaires, enqutes, nomenclatures mais aussi outils de traitement. (cf. chapitre 4). Elle a ensuite la mission de traiter les donnes et den extraire des analyses et des tudes pour synthtiser les informations afin de les rendre utilisables par les diffrents acteurs du systme ducatif. Cest notamment tout le travail de construction des indicateurs (cf. chapitre 5). Enfin elle a une mission de mise disposition et de diffusion des informations. Cest une fonction trs importante puisque, pour beaucoup de personnes, cest la partie visible du SIME. Il faut donc lui accorder une grande attention (cf. paragraphes 4.5.7 et 5.8). Comme pour les autres niveaux, la formation et la qualification des personnels sont un lment essentiel du bon fonctionnement du SIME. 3.2 Le pilotage du SIME ladministration centrale Il est dterminant de bien choisir linstitution qui va piloter SIME. La responsabilit du systme dinformation sur lducation peut relever de plusieurs types dorganisations institutionnelles : responsabilit du (des) ministre(s) charg(s) de lducation par un service (une direction par exemple) consacr aux statistiques, aux tudes, la planification ; Lorganisation du SIME et ses moyens humains et matriels 21 responsabilit de linstitut national de la statistique dont un service est spcialis dans les statistiques dducation ; responsabilit partage de ces deux organismes. La premire situation est la plus frquente et semble la plus approprie. Dans ce cas, le service en charge du systme dinformation rassemble les informations et coordonne ses travaux avec les services jumeaux dans les autres ministres qui font de lducation (agriculture, sant, dfense.) ou de la formation (ministre de la formation professionnelle, de lemploi) afin de pouvoir donner un panorama complet de lducation et de la formation dans le pays. En effet, comme il est dit plus loin, certaines donnes dpendent toujours dautres ministres et doivent ncessairement tre le fruit dune collaboration entre institutions. A lintrieur mme de cette institution responsable du SIME, lorganisation peut prendre diffrentes formes. La plus courante est la prise en charge par une direction de lensemble des composantes du SIME (recueil des informations, de leur traitement et de leur diffusion) pour tous les niveaux dducation. Cependant il existe parfois plusieurs ministres chargs de lducation : enseignement de base, professionnel, enseignement suprieur... Dans ce contexte, cest une direction dans chaque ministre qui gre les diffrents travaux pour SIME. La meilleure solution dans ce cas est de conserver un service commun SIME pour tous les ministres en charge de lducation. Cependant si plusieurs institutions se rpartissent le pilotage du SIME, celles-ci doivent travailler en troite collaboration afin de coordonner leurs travaux pour permettre par exemple de bien connatre le passage dun sous-systme un autre. Ainsi, sil existe un ministre de lenseignement suprieur distinct de celui de lenseignement secondaire, il est dterminant dtablir une collaboration entre les services pour analyser le passage enseignement secondaire enseignement suprieur afin de disposer dindicateurs SIME cohrents et communs. En rsum, il nexiste pas de modle unique et idal concernant lorganisation du pilotage du SIME au niveau de ladministration centrale, mais la coordination et la collaboration entre tous les services responsables du SIME sont absolument indispensables. De la mme manire quil ny a pas dorganisation administrative unique pour SIME, la collecte des informations peut tre organise institutionnellement de plusieurs faons. Il nest, en effet, pas indispensable que toutes les donnes Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 22soient directement recueillies par la ou les direction(s) en charge du SIME auprs des tablissements mais elle peut tre le fruit de collaborations avec dautres services ou institutions. Ainsi, les informations sur les personnels peuvent parfaitement tre recueillies auprs de la direction en charge de ces personnels. Limportant est dorganiser la circulation de linformation entre la direction des personnels et la direction en charge du SIME (cf. chapitre 4). 3.3 Les moyens en personnel Pour chaque niveau et pour chaque tche, il est fondamental de pouvoir disposer dun personnel qualifi et form sur lequel sappuyer. Les hauts responsables ducatifs doivent tre convaincus de cette exigence de qualification pour toutes les personnes qui travaillent pour SIME et ce tous les niveaux. Par exemple, au niveau rgional, des statisticiens capables de vrifier et de consolider les informations venant des tablissements, de les analyser et de les diffuser, sont indispensables. A ladministration centrale, il faut une quipe ayant une solide exprience pour concevoir les systmes dinformation, les organiser, analyser les rsultats et les mettre la disposition des responsables de lensemble du ministre et du grand public. Cette quipe doit tre compose de personnes qualifies aux comptences multiples et complmentaires : statistiques, informatique, sociologique, dorganisation et de gestion du systme, ainsi quune bonne connaissance du pilotage pdagogique. A tous les niveaux, et particulirement au niveau des tablissements, il est trs difficile de disposer dun personnel qualifi et form pour les travaux quexige SIME. Cest pourquoi des sminaires de formation pour le personnel doivent accompagner la mise en place et le dveloppement du SIME. Par exemple, il faut former les tablissements une bonne tenue des dossiers scolaires, des registres dcole et des registres de classe. Ces formations doivent surtout tre renouveles priodiquement pour veiller la formation et la qualification dun personnel administratif particulirement mobile. Cette mobilit est trs forte et cest une contrainte quil faut imprativement intgrer dans la mise en place du SIME. Ladministration centrale doit grer au mieux les ressources humaines en sefforant de garder mmoire et expertise. L aussi, cest souvent difficile mais faute dattention porte ce type de problme, on a dj vu de bons systmes dinformation disparatre. Les reconstruire demande alors un investissement (humain, matriel et en temps) beaucoup plus lourd que davoir Lorganisation du SIME et ses moyens humains et matriels 23 en assurer la prennit. Cest un lment prendre trs srieusement en considration. Bien entendu, la formation peut remdier en partie au manque de qualification des personnels, mais elle ne peut elle seule combler des dficits en qualification trop importants. Certains pays organisent entre les diffrents dpartements ministriels des mobilits de personnel qualifi comme les statisticiens ou les informaticiens. Cela peut rsoudre, certes momentanment, des dficits en qualification au ministre de lducation. 3.4 Les moyens matriels Comme pour les moyens en personnel, ils sont ncessaires tous les niveaux. Certes, il ne faut pas attendre que linformatisation et la tlmatique aient atteint le niveau de ltablissement pour dmarrer SIME, il faut faire voluer SIME au fur et mesure que les moyens informatiques et tlmatiques atteignent les niveaux rgionaux circonscription et tablissements (surtout pour les tablissements du second degr). Il faut signaler quil y a peu de pays, mme trs dvelopps, qui ont une informatique usage administratif dans les tablissements du premier degr. Les raisons en sont simples : il ny a pas dunit et de personnel administratifs dans les coles, ou plus exactement elle se rsume au directeur dcole. Cest donc le plus souvent partir dun questionnaire papier que la collecte se fait au niveau des coles. le nombre des coles est trs lev et par consquent le cot dquipement est considrable. Si les possibilits pour financer linformatique pdagogique sont nombreuses, elles sont plus rduites pour financer linformatique administrative, que ce soit au niveau de ltat ou de la rgion. A loppos, de nombreux pays ont quip leurs tablissements secondaires dune informatique administrative. Cest un lment qui ouvre beaucoup de perspectives. Outre les quipements, il faut videmment fournir les logiciels qui vont permettre de les utiliser au mieux. Cest le travail de lunit administrative spcialise dans linformatique qui est directement responsable de la diffusion des logiciels. .Cest aussi ladministration centrale qui conoit (directement ou par sous-traitance) des programmes et logiciels pour les services rgionaux. Elle Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 24labore aussi les outils pour les circonscriptions et les tablissements (questionnaires, recueils ). Il est dailleurs souhaitable dy associer les rgions, les circonscriptions et les tablissements afin de garantir la cohrence des outils et des procdures utilises tous les niveaux du SIME. Cette cohrence est fondamentale pour le bon fonctionnement du SIME. Un autre lment important est de lier les tches de gestion et les informations ncessaires pour SIME. Cest en effet une bonne faon de sassurer de la qualit des informations contenues dans SIME car les donnes utilises pour la gestion sont, par ncessit, souvent plus jour ou mieux vrifies que des donnes fabriques seulement pour une utilisation extrieure la gestion comme peut ltre parfois SIME. Linformatisation peut favoriser ce rapprochement (cf. chapitre 4). Les outils (statistiques, informatiques, tlmatiques) doivent galement voluer en fonction des amliorations apportes au systme dinformation. Par exemple, si Access est souvent suffisant au dbut, il est parfois ncessaire dans une deuxime tape dvoluer vers des logiciels gestionnaires de base de donnes plus performants permettant des interrogations par diffrentes catgories dutilisateurs et galement ouvertes sur le Web. Il va de soi que la qualification et la formation des personnels doivent tre du niveau des matriels utiliss. Le non respect de cette vidence conduit des pertes de temps et dargent qui peuvent tre considrables. 3.5 Centralisme, dconcentration, dcentralisation : quels liens avec lorganisation du systme dinformation ? Les organisations administratives des ministres en charge de lducation et de la formation sont extrmement diverses. Certaines sont trs centralises et souhaitent le rester, dautres sont centralises mais ont une volont de dconcentration et/ou de dcentralisation, dautres enfin sont dj largement dconcentres ou dcentralises. Le systme dinformation doit sadapter ce type dorganisation, mais il doit conserver ses objectifs de cohrence, dunit et de transparence quelle que soit lorganisation administrative. Ainsi, quelle que soit lorganisation, les documents de base du systme dinformation, les nomenclatures et les consignes pour remplir les documents Lorganisation du SIME et ses moyens humains et matriels 25doivent tre labors par lunit responsable du SIME ladministration centrale. Les autres fonctions pourront ensuite tre organises de multiples faons selon les conditions du pays. Ainsi la circulation des documents et leur traitement informatique peuvent tre trs diffrents dune organisation lautre. Un pays avec une forte dcentralisation ncessitera des traitements, des tudes, des diffusions dinformation importants au niveau rgional ; mais un pays centralis peut fort bien demander une saisie des informations au niveau rgional et mettre la disposition des acteurs rgionaux des informations les concernant. Limportant est de respecter les objectifs indiqus ci-dessus : cohrence, unit, transparence. Lorganisation informatique et tlmatique doit, elle aussi, sadapter lorganisation administrative. Il faut cependant signaler que les progrs rcents faits dans la gestion des rseaux informatiques et dans celle des bases de donnes lui ont donn une souplesse quelle navait pas quelques annes auparavant. Il est par exemple tout fait possible dutiliser une informatique centralise dans une organisation dcentralise. En effet, pour rduire les cots dentretien de la base de donnes SIME, celle-ci peut trs bien regrouper toutes les bases de donnes rgionales. La condition est davoir un rseau tlmatique performant et une bonne gestion des droits daccs aux diffrentes bases. Mais, il est important de noter que les organisations informatiques et tlmatiques psent moins que par le pass sur lorganisation administrative et sur le systme dinformation. A condition bien entendu que cette informatique et cette tlmatique aient t bien conues et bien mises en place Cest donc ces lments (conception, mise en place) quil faut accorder le maximum dattention. 274. La collecte des donnes Elle doit couvrir lensemble des domaines traits dans SIME. Elle doit rassembler, en plus des donnes ducatives, dautres informations indispensables SIME, en particulier les donnes dmographiques et financires ncessaires aux calculs des taux de scolarisation et des indicateurs financiers (dpenses dducation dans le Produit intrieur brut par exemple), mais galement des donnes qualitatives et contextuelles ncessaires lanalyse, la comprhension et linterprtation des phnomnes ducatifs. La collecte des donnes est un des principaux objectifs du systme dinformation de gestion de lducation (SIME). Elle nen constitue pas moins lpine dorsale du systme dans la mesure o cest par elle que ce dernier est aliment en informations. Il en rsulte que la manire dont les donnes sont collectes (processus de collecte des donnes) et la qualit de cette collecte sont dune importance majeure pour la fiabilit du systme tout entier. En effet, lamlioration des capacits des pays en matire dadministration, de gestion et de planification de lducation, passe dabord par celle de la collecte (ainsi que de lanalyse, on la vu plus haut) de statistiques concernant les activits de ce secteur. Les capacits des pays en matire de collecte de donnes sont trs variables. Si certains ont des systmes statistiques dj relativement bien dvelopps, dautres commencent peine collecter de manire systmatique les statistiques de lducation. La plupart des pays se situent dans ces deux extrmes : ils collectent systmatiquement des informations auprs des tablissements scolaires mais connaissent de graves problmes en ce qui concerne la qualit, le dtail et la parution en temps utile des donnes collectes, ou en ce qui concerne lanalyse de ces dernires11. Dune manire gnrale, la collecte est un exercice coteux et difficile organiser dans de nombreux pays en raison, entre autres, de lenclavement et de lloignement des coles. Enfin, la nature des informations collecter et leur pertinence 11 Rapport sur la collecte et lutilisation des donnes dans les pays en dveloppement, UNESCO, 1983. Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 28varient selon les besoins de chaque pays. Ceci pose le problme du ncessaire quilibre trouver entre les besoin en informations et le cot de leur recueil, en particulier dans les pays ne disposant pas de beaucoup de ressources. 4.1 Principes de collecte des statistiques de lducation La collecte des donnes est caractrise par un certain nombre de principes gnraux dont il convient de sinspirer pour dterminer le type dinformation rassembler et la faon de procder. Du respect de ces principes, qui ne sexcluent pas mutuellement mais peuvent tre concurrents12, dpend en effet la qualit, la fiabilit, voire lutilit des donnes recueillies. Les donnes collecter doivent reposer sur des dfinitions claires exemptes de toute ambigut. Pour ce faire, il est ncessaire de sappuyer sur des notions communes, et ceci mme si les donnes sont utilises strictement des fins nationales. Le souci de la comparabilit doit en effet habiter les responsables de la collecte qui doivent faire usage de la terminologie statistique normalise aux fins de comparaisons internationales dans le domaine de lducation13. Les donnes doivent tre compltes dans le sens o elles doivent tre bases sur une liste complte des tablissements scolaires publics et privs relevant ou non du ministre de lducation nationale et agrs ou non par ce dernier. Ce principe suppose dune part que toutes les coles remplissent et retournent le questionnaire qui leur est envoy, et dautre part que tous les lments, en loccurrence les statistiques sur les flux des lves, indispensables la gestion et la planification des activits de lducation, soient renseigns. Les donnes doivent tre exactes. Un travail de dpistage et de correction des erreurs tous les stades de la collecte et de la compilation des statistiques est indispensable cet effet. 12 OpCit, UNESCO 1983 p.6. 13 LUNESCO a dvelopp cet effet la Classification Internationale Type de lEducation (CITE) en 1976, outil devant aider les pays harmoniser leurs donnes dducation aux fins de comparaison internationale. La CITE a t rvise, en collaboration avec lOCDE et Eurostat, en 1997 et comporte non plus 7 mais 6 niveaux. La collecte des donnes 29 Les donnes doivent tre suffisamment dtailles. Car, sil est ncessaire dagrger les donnes, cela doit se faire sans trop de perte dinformation. En effet, des donnes trop globales peuvent nuire certains types dtudes et il est toujours utile de pouvoir retrouver le dtail des informations. Les donnes doivent tre disponibles en temps utile. Le manque de statistiques jour est un vritable problme pour les planificateurs et dcideurs de lducation. Des dlais trop longs sparent souvent la collecte des donnes de la date de leur publication, avec pour consquence la rduction de lutilit des donnes aux fins de gestion, de planification et du suivi de lducation. Les retards dans la publication de linformation sont souvent dus aux lenteurs observes dans la collecte, la vrification et la correction des donnes. Lacclration du processus peut samliorer grce une intervention auprs des coles afin quelles rpondent plus rapidement aux questionnaires, et par une dotation des services comptents aux niveaux rgional et local en augmentant le personnel qualifi et les moyens matriels pour vrifier, rectifier et traiter les donnes. Les donnes doivent tre pertinentes du point de vue des utilisateurs. Ceci suppose une analyse pralable des besoins en information qui peuvent varier par exemple selon le niveau dadministration et de dcision (voir tableau 1), et par consquent une collaboration troite entre les statisticiens de lducation, les planificateurs, les administrateurs et les autres groupes dutilisateurs14. Les donnes doivent tre accessibles, autrement dit publies sous une forme qui les rende largement comprhensibles et pas seulement, comme cest souvent le cas, dans des annuaires lourds avec peu de recherche et danalyse. Elles peuvent galement tre mises disposition sur support lectronique accessible par de nombreux utilisateurs qui peuvent mme, dans une certaine mesure, construire leur propre demande dinformations. 14 OpCit, UNESCO, 1983, p.6. Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 30Tableau 1. Besoins dinformation selon le niveau administratif15Niveau Acteur Besoins en information Classe- enseignant : Pour llaboration de stratgies et matriels pdagogiques, de tests ; Pour lidentification des difficults et russites scolaires de llve et les rponses pdagogiques ; Pour le contrle de lassiduit et de la discipline des lves. Objectifs et critres nationaux ; Rsultats dtaills par matire, par lve ; Registres de prsence tenus jour, communication avec le directeur et les parents. Ecole- directeur : Pour formuler les objectifs et les stratgies de ltablissement ; Pour le suivi de ladmission et des inscriptions des lves ; Pour contrler les rsultats et lassiduit des lves ; Pour lappui et la supervision des enseignants, etc. Objectifs nationaux et donnes comparatives des autres tablissements ; Dossiers jour sur les lves, le personnel, les btiments et quipements ; Rsultats par classe compars aux annes prcdentes et aux coles identiques ; Attitudes, motivation, recrutement et besoins en formation des enseignants. District/rgion- responsable local (donnes moins dtailles que pour les tches quotidiennes au niveau de lcole) : Pour le suivi de ladmission et des inscriptions des lves dans les coles de la rgion/district ; Pour les projections court terme des effectifs de la rgion/district ; Pour lidentification des besoins en ressources des coles, etc. Admissions des lves, inscriptions par cole (par sexe et sur plusieurs annes) ; Donnes dmographiques par groupe dge, prcdents taux de flux dadmission ; Ressources actuelles, et demandes dquipements, matriels, fournitures scolaires, besoins en enseignants et heures supplmentaires. National- direction de la planification (donnes encore plus agrges centres sur les aspects essentiellement quantitatifs du dveloppement de lducation) : Pour la prparation du suivi et de lvaluation du plan ; Pour tablir un diagnostic sur laccs aux diffrents niveaux du systme ducatif ; Pour valuer lefficacit interne, les disparits rgionales ; Pour estimer les besoins en enseignants ; Pour prparer le budget national de lducation. Population dge scolaire, admissions, scolarisation, transition (par sexe, rgion, etc.) ; Promotion, redoublement, abandon ; Projection des effectifs, stocks denseignants ; Enveloppe budgtaire, demandes des bureaux rgionaux, de leurs moyens et valuation de leurs ressources actuelles. 15 Tableau tir de UNESCO/IIPE. Systmes dinformation pour la planification et la gestion de lducation. Module 2 : Identification des besoins dinformation et construction dindicateurs, 2000, p.8 La collecte des donnes 314.2 Mthodes de collecte des statistiques de lducation Linformation statistique relative lducation peut tre collecte de diffrentes manires. On en dnombre essentiellement quatre qui ne sexcluent pas mutuellement. Elles peuvent tre utilises dans un programme de collecte bien organis : a) Le recensement annuel de tous les tablissements denseignement et dadministration scolaires. Ce dernier occupe une place centrale dans SIME puisquil constitue sa principale source dalimentation en information. b) La transmission systmatique des donnes rassembles pour les besoins de ladministration. c) Les enqutes priodiques ou ponctuelles bases sur un chantillon reprsentatif des coles et visant collecter des informations sur des questions particulires. d) Le recensement gnral de la population ou les enqutes auprs des mnages par sondage portant sur des questions autres que sur celles de lducation. Les trois premiers types de mthodes ainsi que le recensement de la population font partie de ce quil est convenu dappeler les sources administratives, les enqutes mnage faisant partie des sources autres. Le recensement de la population et les enqutes mnages, concourent alimenter SIME en informations - ce qui est important en soi mais nen font toutefois pas partie. Les diffrentes mthodes de collecte mentionnes ne sont pas toutes galement adaptes aux diffrents types dinformations que lon veut obtenir16.Ainsi, les enqutes ponctuelles par sondage, outre quelles sont un moyen de disposer rapidement dinformations globales mettant en lumire les grandes tendances sur les effectifs, sont trs utiles pour collecter les donnes ncessaires certaines tudes particulires portant par exemple sur des facteurs tels que les causes des abandons scolaires et des redoublements, les raisons pour lesquelles les lves ne vont pas rgulirement lcole, lorigine socio-conomique des lves, les aspirations professionnelles de ceux qui quittent lcole, etc. En revanche, les donnes globales portant sur les effectifs 16 OpCit, UNESCO, 1983, p.12. Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 32totaux des lves selon des caractristiques telles que le sexe, lge, lanne dtudes et des enseignants selon leur niveau de qualification et de formation, etc., ainsi que sur le financement par niveau denseignement, type de programme ou nature des dpenses et sur les autres catgories du personnel et sur les infrastructures, doivent tre collectes de manire rgulire par des recensements portant sur tous les tablissements. Si, un type dinformation donn correspond souvent une mthode de collecte spcifique, il nen est pas moins vrai que cette catgorisation nest pas toujours aussi rigide. On trouve ainsi des pays o le questionnaire du recensement annuel intgre des proccupations qualitatives qui sont gnralement couvertes par les enqutes par sondage. En Zambie, le questionnaire est si dtaill quil inclut par exemple dans le cas des abandons, les causes de ce phnomne (tableau 2). Tableau 2 : Nombre dabandons par anne dtudes et par cause dans le primaireCauses Gr 1 Gr2 Gr3 Gr4 Gr5 Gr6 Gr7 d'abandon M F M F M F M F M F M F M F Maladie Dcs Grossesse Economique Renvoy Dsertion Autres (spcifier) Total Source : Zambie, Questionnaire du recensement scolaire annuel Il est noter que, quelle que soit la mthode utilise, deux modes de traitement et de collecte sont possibles : Le premier repose sur des donnes globales intressant divers lments (lves, enseignants, diffrents types dinstallations ducatives, financement, etc.) fournies en gnral par ltablissement scolaire qui est lunit de base des relevs ; Le deuxime repose sur des donnes individualises renseignant sur les caractristiques des divers lments. Au lieu de fournir des donnes globales (effectifs totaux), chaque tablissement communique des renseignements sur chaque lment de lensemble. Cela suppose que La collecte des donnes 33chaque personne vise ait un numro de code et que tous les renseignements la concernant soient enregistrs sous ce numro. Les donnes peuvent tre tires des rponses des questionnaires remplis par la personne elle-mme (par exemple lenseignant ou llve) ou par lautorit responsable (exemple, le chef dtablissement). Ce mode de collecte est gnralement connu sous le nom de systme de donnes individualises. Il a lavantage dliminer les risques de double compte des lves et des enseignants. Le systme de donnes individualises permet de suivre les lves et convient particulirement la collecte des statistiques relatives aux flux. Cependant, lapplication dun tel systme a un cot. Il suppose lexistence au niveau des coles doutils de gestion (de prfrence informatiss) et de comptences en la matire. Par consquent, malgr ses avantages et en raison prcisment de son cot, lapplication dun tel systme reste essentiellement limite aux pays dvelopps et plus gnralement aux niveaux denseignement secondaire et suprieur. Les informations issues de ces quatre principales mthodes de collecte des donnes ducatives peuvent tre complmentaires, mais pas toujours comparables puisque que bases sur des mthodologies diffrentes. Leur comparaison est toutefois utile car elles peuvent rvler leurs insuffisances mutuelles. Ainsi les comparaisons entre le recensement annuel dlves et le recensement gnral de la population permet de contrler la qualit de chacune des deux sources en comparant de faon approfondie leurs rsultats et en cherchant comprendre les raisons dventuelles divergences. Lintgration harmonieuse de ces diffrentes sources dinformation dans SIME constitue indubitablement une richesse pour ce dernier, non seulement parce que lducation souvre ainsi dautres secteurs, mais galement parce quelle permet damliorer ses capacits de collecte des donnes. 4.2.1 Recensements annuels priodiques des tablissements Les recensements priodiques des tablissements denseignements et dadministrations scolaires sont de loin la plus importante des quatre mthodes de collecte de donnes sur lducation. Ils constituent de ce fait llment central du systme de collecte des statistiques ducatives dans presque tous les pays17. La mthode consiste envoyer un questionnaire aux tablissements scolaires pour obtenir des informations sur les lves et les diffrents personnels, mais galement sur les btiments scolaires et autres 17 OpCit, UNESCO, 1983, p.13. Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 34installations ainsi que sur le matriel et sur le financement le cas chant. La conception de linstrument de collecte et sa prsentation diffrent selon les pays. Par exemple, au Zimbabwe, le questionnaire comporte des sections spares. Certaines sont utilises pour compiler des statistiques tandis que dautres, telles que celles sur les enseignants, leurs qualifications et leurs expriences pdagogiques, etc., ont des objectifs autres que la compilation de statistiques puisquelles servent la gestion de ces personnels. Les questionnaires peuvent galement tre trs diffrents dun pays lautre pour ce qui est de labondance et de la prsentation des instructions, notes explicatives et dfinitions destines aux personnes charges de les remplir. Malgr ces diffrences, un principe fondamental doit caractriser un bon questionnaire : il doit tre clair, simple, sans ambigut dans les questions poses afin de collecter des rponses de mme qualit. Dautre part, il est indispensable de ne garder dans un questionnaire que les questions absolument indispensables dont les rponses ne peuvent tre obtenues par dautres sources dinformation. Priodicit et outils des recensements scolaires La date du recensement est dimportance car le nombre dlves et denseignants peut varier au cours de lanne scolaire. La collecte des donnes est gnralement annuelle et seffectue en dbut danne dans la majorit des pays, soit un mois environ aprs le jour de la rentre des classes. Le comptage en dbut danne est particulirement important dans les pays o la scolarit obligatoire nest pas rigoureusement applique et o des abandons de lcole sont observs aprs une priode brve pour diffrentes raisons. Il permet ainsi de prendre en compte ces enfants pour le calcul des taux de scolarisation. Cependant, dans de nombreux pays il est frquent que des lves qui nassistent pas aux cours ou abandonnent en cours danne continuent de figurer sur les registres. Cela a pour effet de surestimer les effectifs rels et peut provoquer des distorsions importantes lorsquon estime les taux de promotion, de redoublement et dabandon. Pour rsoudre ces diffrents problmes, certains pays, notamment en Amrique latine, mais galement en Afrique, procdent deux, voire plusieurs recensements durant lanne scolaire. Au Zimbabwe encore, la raison expliquant lorganisation de deux recensements scolaires par an est quils facilitent lattribution du matriel denseignement et dapprentissage ainsi que le dcaissement des subventions par tte qui seffectue par trimestre et est bas sur le nombre dlves dans chaque cole. Les effectifs dlves et de personnel se stabilisant au cours du La collecte des donnes 35second trimestre, il est par consquent utile dentreprendre un deuxime exercice de collecte des donnes. Il est important de souligner que cette approche, aussi lgitime soit-elle, peut se rvler coteuse, do la ncessit dexplorer ou dutiliser dautres mthodes de collecte, telles que les enqutes par sondage, pour mesurer par exemple le nombre dabandons en cours danne. Lorsquun systme de carte scolaire existe et fonctionne convenablement, il permet dactualiser en fin dannes les donnes recenses au moment de la rentre scolaire. Dossiers scolaires Le remplissage des questionnaires se fait sur la base dinformations fournies par les dossiers scolaires tenus par tous les tablissements denseignement. Ces dossiers sont des outils dadministration et de gestion des activits ducation et constituent par consquent une source prcieuse pour remplir les questionnaires. De leur bonne tenue dpend la couverture et la qualit des donnes collectes. Les dossiers scolaires comprennent essentiellement les registres de classes et le registre de lcole. Ces registres fournissent en principe un tat permanent des lves inscrits lcole, indiquant leur progression dune anne sur lautre tout au long du cycle denseignement. Les registres dcoles sont la principale source de donnes sur les effectifs correspondant aux inscriptions lcole. Normalement, ces registres contiennent les informations sur lanne scolaire en cours, le nom, lge et le sexe des lves, le statut de llve (redoublant ou non, venant dune autre cole ou non). Ils doivent galement rendre compte de la carrire de chaque lve dans le systme scolaire. Le type dinformations qui y figurent varie considrablement dun pays lautre suivant les conditions locales et le degr gnral de dveloppement du systme national de collecte de donnes18.Ainsi, le systme appliqu en Malaisie prvoit deux fiches par lve qui sapparentent des dossiers individuels : la fiche scolaire et la fiche confidentielle. La premire contient des renseignements circonstancis sur llve et sa famille, la seconde rassemble surtout les observations ou apprciations personnelles des enseignants. Les renseignements figurant sur 18 OpCit, UNESCO, 1983, p.64. Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 36ces deux fiches sont trs dtaills. La fiche scolaire informe notamment sur les caractristiques de llve, sa situation familiale, sa frquentation scolaire et ses activits extrascolaires, ses rsultats aux preuves de contrle aux examens publics, les bourses et primes reues. La deuxime fiche plus confidentielle contient des informations dtailles concernant llve : sant, qualits personnelles (assurance, coopration, sens des responsabilit, esprit dinitiative, sociabilit, prsentation), centres dintrt, prfrences, rsultats dentrevues entre le chef dtablissement ou les enseignants et llve et ses parents. Ces deux fiches suivent lenfant au cours de sa carrire scolaire. En cas de changement dcole, le nouvel tablissement est tenu de les rclamer lancien. Les fiches sont conserves par le dernier tablissement frquent jusqu la fin des tudes secondaires. Les registres de classes sont, en particulier pour lenseignement primaire, la principale source dinformation sur la frquentation et ltat quotidien des prsences. Ils donnent galement des informations complmentaires sur la carrire scolaire et les caractristiques des lves (date dadmission dans la classe, nom des parents ou du tuteur, ). Les deux registres, de classe et de lcole, sont complmentaires et certaines informations relatives aux caractristiques personnelles des lves figurent ncessairement dans les deux. Outre ces deux types de registre, dans certains pays les tablissements denseignement tiennent un registre dadmission spcial qui contient des renseignements plus spcifiques sur ladmission des lves. 4.2.2 Donnes rassembles pour les besoins de ladministration Au dpart, linformation produite sur le systme ducatif lest des fins dadministration et de gestion du dit systme. Les registres administratifs constituent ainsi la source essentielle dinformations sur des lments aussi importants que le financement et les dpenses dducation, les traitements et les qualifications des enseignants, les bourses dtudes, les rsultats aux examens, etc. Lducation ayant un cot, sa gestion ncessite donc des statistiques financires suffisamment dtailles pour tablir le budget et la comptabilit. De plus, si lon veut contrler la qualit, lefficacit, voire lefficience ainsi que la production du systme ducatif, il est galement ncessaire de disposer dinformations sur les rsultats aux examens. Le ministre de lducation tant dans la plupart des pays le plus gros employeur, il lui faut donc tenir compte des dossiers dtaills du personnel des fins administratives (contrle La collecte des donnes 37des paiements et du recrutement, fixation des barmes de traitement, promotions, politiques de titularisation, etc.). Dans une situation o la plupart des statistiques ncessaires la planification, lvaluation et la recherche sont contenues dans des dossiers et des registres souvent conus uniquement des fins administratives, la tche des statisticiens et des planificateurs de lducation est non pas dessayer daccaparer ces informations, mais de faire en sorte quelles soient conues et stockes de manire pouvoir galement tre utilises des fins non administratives19.4.2.3 Enqutes priodiques ou ponctuelles par sondage Contrairement dautres domaines tels que la dmographie, la sant, lemploi et lagriculture o elles sont largement utilises, les enqutes par sondage ont jusqu prsent trs peu t appliques aux secteurs de lducation, du moins dans les pays en dveloppement. La mthode a pourtant des avantages non ngligeables, au rang desquels le cot qui reste relativement moindre compar au recensement exhaustif scolaire. Elle permet galement et surtout dacclrer la disponibilit des donnes qui demeure une des insuffisances des systmes dinformation dans nombre de pays et rend linformation peut apte tre utilise dans la planification et la prise de dcision. Bien conues et menes, les enqutes par sondage bases sur un chantillon reprsentatif des coles, permettent de recueillir un nombre certes limit dinformations, mais qui, en montrant des volutions globales, fournissent des renseignements utiles la dfinition des politiques, renseignements quasiment aussi prcis que ceux obtenus dun recensement exhaustif. Dans ce sens, une tude par sondage est souvent plus utile quune enqute complte pour dfinir des politiques. Les enqutes par sondage ont un certain nombre davantages. Elles peuvent par exemple tre utilises pour : Vrifier lexactitude des donnes collectes au moyen des recensements scolaires annuels ; Collecter des statistiques sur des lments pour lesquels on a besoin dinformation pour des tudes ponctuelles et pour la formulation de politiques dans des domaines particuliers ; 19 OpCit, UNESCO, 1983, p.14. Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 38 Collecter des informations qualitatives par exemple sur les causes de tel ou tel phnomne ; Collecter des statistiques sur des lments pour lesquels il nest pas ncessaire de recueillir des donnes tous les ans et qui, par consquent, ne figurent pas dans le questionnaire envoy chaque anne aux tablissements ; Collecter des informations dtailles dont la nature est telle quil est ncessaire de faire appel des enquteurs qualifis plutt que dutiliser des questionnaires envoys par la poste ou remplis par des personnes non formes aux mthodes denqutes qualitatives ou spcifiques. Les enqutes par sondage dans le domaine de lducation sont donc un moyen de complter les informations collectes grce au recensement annuel. Cependant, pour pouvoir pratiquer avec profit lenqute par sondage, les pays doivent disposer de bases de sondage fiables (chantillon reprsentatif de lensemble des tablissements denseignement), et former des statisticiens et enquteurs cette technique et cette mthode. Des recherches sont en outre ncessaires pour dterminer la meilleure faon de collecter les diverses catgories de statistiques relative lducation20.4.2.4 Autres sources de donnes sur lducation Les sources administratives dans lesquelles on peut ranger les trois mthodes de collecte qui viennent dtre dcrites et qui font partie intgrante du SIME, fournissent des informations ayant gnralement, voire essentiellement, trait aux activits en cours lintrieur du systme ducatif. Elles permettent rarement de savoir ce qui se passe en dehors du dit systme ce qui pourtant est ncessaire la comprhension de son fonctionnement et de son volution. Le recensement gnral de la population et les enqutes mnages bases sur des chantillons reprsentatifs de lensemble de la population ne sont pas des sources directes dinformation sur lducation puisquils sont conus dautres fins. Il nen demeure pas moins quils permettent de recueillir des renseignements sur certaines questions relatives lducation. Ainsi, les renseignements concernant le niveau gnral de la population dans son ensemble sont obtenus grce ces sources. Les questions relatives 20 OpCit, UNESCO, 1983, p.15. La collecte des donnes 39lducation qui figurent dans le recensement de la population ont gnralement trait lalphabtisme, au niveau dinstruction et la frquentation scolaire qui ne sont pas toujours correctement renseigns par la source administrative du fait du mauvais fonctionnement des registres de classes. Ces deux derniers types dinformation sont galement collects dans les enqutes mnages dont lobjet est gnralement lemploi, la sant, la dmographie, lagriculture, etc. Ces mthodes de collecte indirecte des statistiques de lducation prsentent un certain nombre davantages comparativement la principale source administrative quest le recensement scolaire. Outre les donnes ducatives sur lensemble de la population quelles permettent de collecter, le recensement de la population ainsi que les enqutes mnages fournissent un ensemble dinformations contextuelles permettant danalyser et de comprendre certaines situations et volutions. En fournissant par exemple des renseignements sur les caractristiques des enfants non scolariss, ou sur les causes dautres phnomnes tels que les abandons scolaires, les enqutes mnages en particulier sont une source apprciable dinformations sur la demande dducation qui constitue un levier important de laction politique en matire dducation. Ceci justifie la ncessit dintgrer ces sources dinformation dans SIME afin de promouvoir lutilisation et lanalyse secondaire des donnes ducatives qui en sont issues. Un autre avantage de ces mthodes, en particulier du recensement de la population, est quelles permettent des analyses extrmement fines de la ralit de lducation mettant ainsi en lumire lingalit spatiale dans la rpartition de lducation, information indispensable dans toute dfinition de stratgies ducatives. Les donnes issues de ces autres sources compltent donc celles obtenues partir des sources administratives et concourent ainsi enrichir la comprhension du phnomne ducatif. Enfin, le recours aux enqutes mnages comme source dinformation sur lducation est galement de plus en plus prn, du fait bien sr de leur cot relativement moindre, mais aussi du fait quelles sont une des rponses labsence destimations fiables sur la population scolarisable (ncessaires au calcul des taux de scolarisation), absence due notamment aux recensements dmographiques trop anciens dans certains pays. Les mthodes indirectes nont pas que des avantages. Conues dautres fins, elles ne sont malgr tout quune source limite dinformation sur lducation. Linformation collecte nest pas toujours pertinente ou fiable car elle mesure certains phnomnes comme lalphabtisme sur un mode Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 40dclaratif et non partir de tests. Ces enqutes sont en outre beaucoup trop ponctuelles et rarement renouveles (les recensements de la population se droulent gnralement tous les dix ans) pour permettre un suivi efficace des politiques. Les donnes qui en sont issues renseignent sur des phnomnes ducatifs diffrents et ne sont pas toujours strictement comparables celles fournies par le recensement scolaire. Ainsi, le taux de frquentation scolaire collect dans les recensements de la population ou les enqutes mnages ne peut tre directement compar au taux de scolarisation obtenu partir de la source administrative. Ces deux taux dcrivent des choses diffrentes. Le premier permet de mesurer la proportion denfants qui vont effectivement lcole et donc la ralit de lducation un moment donn, alors que le second est une mesure administrative et reflte limportance des inscriptions lcole en dbut danne. Cela tant, le rapprochement de ces taux est instructif. Le taux de frquentation scolaire devrait en principe tre infrieur ou gal au taux de scolarisation. On observe toutefois des situations o le premier est suprieur au second, ce qui peut tre lindication de problmes de couverture et de collecte de donnes ou dun autre phnomne souvent observ dans certains pays o seuls les enfants qui ont dment pay leur inscription sont comptabiliss comme lves inscrits. Ceux qui ne lont pas fait avant une certaine date sont tout de mme tolrs lcole tout en ne figurant pas dans les registres dinscription administrative. En conclusion, lutilisation des donnes ducatives provenant de sources indirectes peut mettre en lumire linsuffisance de la capacit de collecte de la source administrative et permet ainsi damliorer cette dernire. Cependant, malgr leur apport en informations supplmentaires et, dans certains cas, indispensables, les trois autres mthodes de collecte de donnes ducatives ne peuvent en aucun cas remplacer le recensement scolaire annuel qui est une source beaucoup plus importante de donnes varies et dtailles sur le systme ducatif. Outre ces diffrentes sources, il faut galement utiliser les donnes recueillies par dautres services du ministre de lducation nationale le plus souvent des fins de gestion. Cest un lment important, car SIME doit rassembler lensemble des informations utiles quelle que soit leur source et leur usage et cest pourquoi il a paru utile de lui consacrer le paragraphe suivant. La collecte des donnes 41Tableau 3 : Sources principales de donnes ducatives dans les pays en dveloppementSources de donnes Caractristiques Qualit Frquence Commentaires Sources administratives de donnes de l'ducation 1. Recensement scolaire Source principale des donnes de l'ducation dans les pays Une, voire plusieurs fois par an. Couvre en principe toutes les coles. * Mais en ralit les taux de non-rponse peuvent tre non ngligeables en particulier de la part du secteur priv et des coles non agres. * Autre problme : la tendance des tablissements gonfler leurs effectifs scolaires pour des raisons de dotations financires 2. Donnes administratives Registres administratifs Sur une base rgulire Source essentielle d'informations sur le financement et les dpenses d'ducation, les enseignants et leurs caractristiques (traitements, qualifications, etc.) * Souvent incompltes. * Problmes de personnel fictif ou "fantme" maintenu dans les registres Du fait de la qualit parfois ingale de ces registres dont les informations peuvent tre incompltes, voire obsoltes, les donnes sur le nombre d'enseignants par ex. et leurs qualifications sont souvent collectes chaque anne au niveau des coles. (pas clair) 3. Dossiers scolaires Sur une base rgulire Registres de l'cole et de classe Source d'information sur l'tat permanent des lves inscrits l'cole. Souvent mdiocre du fait de leur mauvaise tenue. Bien qu'tant des outils d'administration et de gestion, ces dossiers constituent une source prcieuse de donnes. Hlas, ils sont souvent incomplets et mal renseigns. Sur une base rgulire Registres d'admission Contiennent des renseignements plus spcifiques sur l'admission des lves. Souvent mdiocre du fait de leur mauvaise tenue. Bien qu'tant des outils d'administration et de gestion, ces dossiers constituent une source prcieuse de donnes Hlas, ils sont souvent incomplets et mal renseigns. 4. Rsultats aux examens Gnralement utiliss au niveau national ou rgional. Eleve lorsque certains principes sont respects. Annuelle Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 42Sources de donnes Caractristiques Qualit Frquence Commentaires Tests nationaux sur les acquis scolaires Pertinente pour le curriculum national. Peut tre annuelle Enqute sur les niveaux des acquis dans des disciplines cls, et sur les facteurs lis au niveau lev des acquis. Peuvent tre bass sur un chantillon ou couvrir l'ensemble des lves d'une anne d'tudes donne. Autres administrations dducation ou de formation et institutions recueillant des informations sur lducation Sources indirectes de donnes sur l'ducation 1. Recensement de la population Tous les dix ans dans la plupart des pays. * Sous enregistrement pouvant aller de 5 10% * Auto dclaration de l'alphabtisme Fournit les donnes utiles au calcul des taux de scolarisation, mais galement des statistiques portant sur certains aspects de l'ducation : alphabtisme et niveau d'instruction atteint. Les donnes issues du recensement sont une mesure insuffisante de l'alphabtisme ou de l'analphabtisme. D'autres enqutes souvent bases sur des tests tentent de donner une ide un peu plus prcise du phnomne. 2. Enqutes mnages Irrgulire Bases sur un chantillon reprsentatif de l'ensemble de lapopulation, ces enqutes conues d'autres fins sont une source apprciable d'informations sur la scolarisation ou la non scolarisation et sur les facteurs lis la demande de l'ducation.Le taux de non rponse est gnralement bas d'o des erreurs d'chantillonnage galement faibles. Mais si ces dernires sont effectivement faibles au niveau national, ce n'est pas le cas au niveau dsagrg o elles peuvent tre importantes. En plus des enqutes mnages nationales, de plus en plus d'enqutes du mme type sont organises et finances au niveau international et sont une source de donnes ducatives. Parmi les plus connues, on peut citer les EDS (USAID), MICS (UNICEF), les enqutes de mesure des niveaux de vie (LSMS, Banque Mondiale). Une nouvelle gnration d'EDS a fait son apparition (DHS EdData Survey) qui fournit davantage d'information sur l'ducation L'Ouganda est le premier pays l'avoir ralise. La collecte des donnes 434.3 La coordination des diffrents services ministriels Il est indispensable de complter le recensement annuel de lducation par des informations recueillies auprs dautres services du ou des ministres en charge de lducation. Ainsi, par exemple, il est indispensable dinterroger les services des personnels pour quils fournissent toutes les informations en leur possession, utiles pour SIME. Il faut aussi dfinir avec ces mmes services les informations recueillies annuellement auprs des tablissements afin quils puissent directement les fournir partir de leurs fichiers. Cette faon de procder est extrmement importante. En effet, pour centraliser linformation et optimiser les ressources, les services centraux doivent se coordonner entre eux afin dviter les doubles (triples, quadruples, ) demandes dinformation auprs des tablissements sur un mme sujet et manant de ces diffrents services de ladministration centrale. Pour faciliter cette coordination, ladministration centrale dans son ensemble doit publier la liste des informations caractre statistique qui seront recueillies au cours de lanne suivante. Pour laborer cette liste, une coordination doit se mettre en place qui, si elle fonctionne, liminera les doublons et attribuera clairement chacun des services le type dinformation recueillir. Il est en effet inutile de disposer de trois ou quatre services qui produisent et mettent jour des fichiers denseignants avec les mmes donnes mais dans des buts diffrents car au-del du cot il y a toujours un risque dincohrence et de fiabilit des donnes. Il vaut mieux se coordonner pour avoir une seule source, y consacrer les moyens ncessaires pour la fiabiliser au maximum et diffuser les informations tous les utilisateurs en lintgrant par exemple la diffusion plus gnrale des informations contenues dans SIME. Cette coordination nationale doit tre complte par une coordination des services rgionaux entre eux et des services rgionaux avec les services centraux. Les domaines qui ncessitent la plus troite collaboration sont: - les personnels (enseignants, non enseignants): connaissance du stock (ge, anciennet, sexe, qualification et certification, discipline), connaissance des flux (entres venant des centres de formation ou embauche de personnels non titulaires ; mais aussi sorties par type : dpart la retraite ou dmission) ; connaissance des actions de formation continue ; Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 44- les dpenses dducation par type de dpenses et niveau de formation. 4.4 Les demandes aux services non ducatifs Ces demandes concernent principalement deux domaines : celui de la population. Il est en effet essentiel de disposer de donnes de population les plus dtailles (ge, sexe, rgion,) tant sur les annes prcdentes que dans des projections. Ces donnes sont gnralement produites par linstitut national de statistique. Une troite collaboration doit tre mise en place avec cet institut afin de pouvoir toujours disposer des donnes les plus rcentes et les plus fiables. Cette collaboration permet dailleurs de mieux percevoir et donc estimer les migrations grce au recensement des lves. En effet, les phnomnes migratoires sont trs importants pour le systme ducatif qui doit sadapter en construisant des coles, nommant des matres ou au contraire en fermant des classes et en redployant les enseignants. celui des donnes financires. Il est fondamental de mettre en relation les dpenses dducation avec les principaux indicateurs conomiques et financiers concernant lensemble dun pays afin dvaluer les moyens pouvant tre mis en uvre : produit intrieur brut ou produit national brut, budget et dpenses de ltat ou des collectivits locales. Ici encore, cest en gnral linstitut national de statistique qui labore ces donnes conomiques et financires. Ces collaborations sont imprativement mettre en place et entretenir car de la qualit et de lactualit de ces donnes dpend une grande partie de la pertinence du SIME. A titre dillustration, le schma n 3 dcrit la transmission dinformation utilise dans un pays. On peut observer les liens entre services centraux, ceux des services centraux avec les services provinciaux et les services des districts ainsi que limportance des sources externes lducation (population, donnes gnrales sur la planification du pays). La collecte des donnes 45Liste des donnes essentielles collecter au niveau national par tablissement : Donnes sur les lves : rpartition par anne dtudes, sexe et ge ; rpartition des redoublants par sexe et anne dtudes ; pour la premire anne dtudes : rpartition des redoublants par sexe et ge ; nombre dlves pratiquant le double flux par anne dtudes. Donnes sur les enseignants et autres catgories de personnel : rpartition des enseignants par niveau de qualification et de certification, par anne dtudes et par sexe ; rpartition des enseignants par ge et par sexe ; nombre denseignants pratiquant le double flux ; nombre denseignants dans des classes multi niveaux ; nombre de personnels non enseignants par catgories, ge et sexe. Donnes sur les tablissements : nombre de salles de classe ; places en internat et cit universitaire, en cantine scolaire et en restaurant universitaire. Liste des donnes essentielles collecter au niveau national sur les dpenses dducation : Le budget de lducation dans lensemble du budget de ltat (budget vot et budget excut) ventil par niveau denseignement ; Les dpenses des collectivits locales, des organismes privs par niveau denseignement ; Le Produit Intrieur Brut et le Produit National Brut. Liste des donnes essentielles collecter au niveau national sur la population : Rpartition par ge simple et par sexe de la population de 3 29 ans par rgion, pour toutes les annes depuis au moins dix ans avec des projections jusqu au moins dix ans. Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 464.5 Le processus de collecte Limportant est dutiliser au mieux les ressources disponibles et de faire voluer le processus en accompagnant lvolution de ces sources complmentaires. Linformatique et la tlmatique constituent des lments essentiels du processus de collecte et les capacits du pays dans ce domaine doivent tre optimises. Ces capacits voluant et, en gnral, samliorant, le systme de collecte doit suivre cette volution et mme lanticiper. Par exemple, ds que les plans ou les schmas directeurs de dveloppement de linformatique et de la tlmatique sont connus il est ncessaire de prvoir les volutions quelles rendront possibles du SIME. Cependant il ne faut pas tout attendre de linformatique et de la tlmatique et surseoir ainsi la mise en place du SIME en attendant de disposer de moyens suffisants dans ces domaines. 4.5.1 La transmission des questionnaires aux tablissements Limportant pour la transmission des documents est quelle soit la plus rapide possible entre ladministration centrale et les chefs dtablissement. Le plus lmentaire est dorganiser la transmission des questionnaires papier par diffrents moyens : courrier ou remise en mains propres aux chefs dtablissement, soit par transport personnalis, soit, par exemple, en utilisant une convocation ou un dplacement prvu. Ces questionnaires, ds que cela est possible, peuvent tre fournis sur support lectronique (disquette, CD-Rom,) en adaptant le questionnaire aux possibilits offertes par le support lectronique (sous format de feuille de calcul Excel par exemple). Quelle que soit la forme des questionnaires (papier ou support lectronique), ils doivent tre accompagnes dinstructions prcises pour leur remplissage et dune description dtaille des nomenclatures utilises. Lenvoi doit sorganiser partir dune liste des tablissements (un fichier des tablissements) mise jour. Cette mise jour de la liste des tablissements est extrmement importante car elle va garantir la qualit du recensement. Elle doit inclure lensemble des tablissements faisant partie du champ des enqutes : tablissements publics, tablissements privs, tablissements communautaires Sans ce travail permanent de La collecte des donnes 47ractualisation de la liste des tablissements, la qualit des donnes et leur fiabilit seront ncessairement dfectueuses. 4.5.2 Le remplissage des documents par les tablissements Les instructions accompagnant les questionnaires doivent tre prcises et comprhensibles. Elles doivent faire lobjet de formations spcifiques auprs des personnels pour accompagner la mise en place du systme dinformation et pour fournir les explications complmentaires ncessaires. Sappuyant sur ces instructions et sur ces formations, les tablissements peuvent remplir les questionnaires en respectant les dlais donns par les responsables nationaux du systme dinformation. 4.5.3 Le retour des questionnaires vers les niveaux administratifs responsables des tablissements et vers le niveau rgional Une fois le questionnaire rempli, les informations doivent tre transmises le plus rapidement possible linspection ou au service rgional en charge de ltablissement et de la collecte des donnes. A ce niveau il sera ncessaire deffectuer une premire vrification des donnes transmises. Toutes les erreurs dtectes avec retard seront trs difficiles corriger et trs coteuses en temps. En effet, si cest ladministration centrale qui trouve des erreurs dans un questionnaire tablissement, il lui sera quasiment impossible dattendre des corrections de la part des tablissements, cette procdure allongeant de faon dsastreuse les dlais de disponibilit de linformation. De plus, cest la structure la plus proche de ltablissement qui connat le mieux cet tablissement et qui est donc la plus mme de reprer les erreurs et de demander une correction ltablissement dans les meilleurs dlais. De mme, la dcentralisation et la dconcentration exigent des traitements rapides aux niveaux dcentraliss et/ou aux niveaux dconcentrs. Cela renforce lexigence de vrifications faire au niveau proche de ltablissement pour permettre cette rapidit. Le remplissage des questionnaires par ltablissement et la vrification des questionnaires par lunit administrative proche de ltablissement doivent tre accompagns, comme dj mentionn plus haut, dactions de formation pour les personnes qui ont la charge de ces travaux. Ces formations sont indispensables et doivent tre priodiquement renouveles car les personnels changent et linformation et/ou la formation ne se transmet pas toujours Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 48Si les questionnaires sont sur papier, il est possible dorganiser leur saisie au niveau rgional grce des moyens humains et financiers consquents. Cela permet une meilleure efficacit (rapidit et qualit) et rend possible une mise disposition rapide des donnes au niveau rgional, mise disposition qui doit en principe accompagner les oprations de dconcentration ou de dcentralisation. Bien entendu, ds que les rseaux tlphoniques et informatiques et les quipements permettent une transmission sur support lectronique, il faut adapter les questionnaires ces nouvelles possibilits afin de permettre un remplissage et une transmission des questionnaires par ces moyens. L aussi une formation ces nouveaux outils est indispensable pour les personnels des tablissements, des services administratifs responsables des tablissements et pour les personnels rgionaux. En sappuyant sur la liste des tablissements tenue jour, les tablissements qui nont pas rpondu dans les dlais doivent tre imprativement relancs afin de fixer rapidement avec eux une nouvelle date de remise des documents. Cela permet de garantir une couverture du champ denqute la plus complte possible. Ce travail de relance est capital et doit dmarrer avant la date limite de retour des documents : prparation des listes dtablissement relancer, mise en place dune communication rapide avec ces tablissements 4.5.4 Le retour des questionnaires vers ladministration centrale Une fois les questionnaires vrifis, ils doivent tre transmis au plus vite ladministration centrale, si possible par voie tlmatique. Les services centraux doivent avant tout procder une dernire vrification des donnes avant de les intgrer dans la base centrale des donnes. Ils doivent vrifier en premier lieu la couverture du champ de lenqute pour sassurer que tous les tablissements, quel que soit leur type (public - priv, formel - non formel), ont rpondu lenqute. Si ce nest pas le cas, il faut immdiatement procder une relance auprs des services rgionaux concerns et exercer une pression importante pour obtenir la meilleure couverture possible. Ds que les relances sont termines et les derniers questionnaires reus, un bilan doit tre fait. Sil apparat quil subsiste des donnes manquantes, il faut alors choisir la manire de les traiter. Plusieurs solutions sont possibles : La collecte des donnes 49 utilisation dun coefficient correcteur sur lensemble des donnes pour reconstituer lensemble du champ ; utilisation des donnes de lanne prcdente ; estimation pour chacun des tablissements manquants. Il est en tout cas indispensable de grer ces non-rponses et den garder trace afin de remdier ce problme lanne suivante. Il est galement trs important de bien prciser dans le bilan de lenqute le champ des rponses et le traitement des non-rponses. Pour garantir la fiabilit des analyses chronologiques, il est impratif de disposer annuellement de ce bilan. 4.5.5 Le traitement des donnes et lorganisation informatique de ces donnes au niveau de ladministration centrale Cest une partie trs importante puisque, de sa qualit et de sa rationalit, vont dpendre la rapidit de traitement de linformation et la mise disposition aux diffrents services. La premire tape des traitements consiste en une nouvelle vrification des donnes et de leur cohrence interne. La seconde tape est la constitution dune base de donnes ou bien, si celle-ci est dj constitue, lintroduction des nouvelles donnes dans la base. La troisime tape concerne les premiers traitements statistiques de ces donnes. Plusieurs organisations informatiques sont videmment possibles. Elles dpendent du volume des donnes traiter, des capacits humaines et matrielles (ordinateurs et logiciels, statisticiens) dont dispose le pays. Pour la premire tape, si un premier traitement des donnes peut tre fait sur un tableur comme Excel, les nouvelles donnes doivent tre rapidement rassembles et organises dans une base de donnes. Le premier niveau de base de donnes correspond des logiciels comme Access qui permettent de bien organiser les donnes et qui sont dun maniement assez facile avec un minimum de formation. Pour cette tape de dernire vrification des donnes, on peut galement utiliser des logiciels statistiques comme SPSS, SAS ou IDAMS. Pour la seconde tape qui consiste crer une base de donnes de rfrence, on peut nouveau utiliser des logiciels comme MS Excel ou Access. Cependant, trs rapidement, un vritable gestionnaire de base de donnes se rvlera indispensable car il va grandement faciliter les tapes ultrieures (logiciels comme Oracle). Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 50Une fois les donnes vrifies et stockes dans une base de donnes, on peut passer la troisime tape, celle des premiers traitements statistiques. A nouveau, on peut utiliser MS Excel et Access, mais ces logiciels sont, mme sils sont certes simples dutilisation, assez vite limits lorsque le volume de donnes est important et que lon veut faire de rels traitements statistiques. Il est prfrable de faire appel de vritables logiciels statistiques comme SPSS, SAS ou IDAMS qui faciliteront galement la routinisation - rptition de ces traitements - et qui sont bien adapts aux traitements des bases de donnes de type Oracle. Il est important de faire trs rapidement des premiers traitements permettant une premire analyse et une premire diffusion dinformation. En effet, cela est fondamental pour la valorisation du SIME qui peut ainsi dmontrer sa capacit fournir rapidement des informations trs rcentes. Lensemble des traitements doit produire tous les lments ncessaires la diffusion dtaille de linformation mais galement alimenter les travaux sur les indicateurs (cf. chapitre 5). Comme la diffusion peut prendre plusieurs formes et utiliser plusieurs supports, les traitements devront y tre adapts (cf. ci-dessous). Il y aura donc ncessairement des sorties de tableaux sur papier ou sous forme de fichiers lisibles dans des logiciels comme Excel, mais galement des fichiers synthtiques permettant dalimenter les logiciels utiliss pour une diffusion plus large de linformation. Pour chacune de ces tapes il faut, rappelons-le, tenir compte des situations locales et des moyens humains et matriels disponibles sans oublier de recourir de faon systmatique une formation spcialise. 4.5.6 Lanalyse des donnes recueillies Ds les traitements termins, et si possible avant mme de les avoir tous effectus, il faut commencer analyser les rsultats obtenus. Cette analyse permet dans un premier temps de vrifier les rsultats en les comparant avec ceux des annes prcdentes. Si des diffrences importantes ou des incohrences apparaissent, il est indispensable de procder des vrifications compltant celles dj effectues au moment du retour des donnes. Cette nouvelle vrification incluant plusieurs lments (exhaustivit, champ, dfinitions utilises) permettra de dterminer sil ny a pas eu derreurs non dtectes dans les phases prcdentes. La collecte des donnes 51Comme pour le traitement des donnes, il faut tenir compte des ressources humaines et matriels disponibles. Bien entendu, cest aussi un domaine o des formations peuvent tre dispenses aux personnes qui vont avoir la charge de ces analyses car une excellente matrise des logiciels de traitements de donnes est indispensable pour dfinir correctement les analyses statistiques ncessaires. Cette analyse des donnes doit tre faite trs rapidement pour produire des notes brves donnant les premiers rsultats tirs des nouvelles donnes traites. Elle sera ensuite complte par des tudes portant sur les diffrents tableaux constituant lannuaire statistique, lment important de la diffusion dinformation. Dautres analyses doivent tre menes pour rpondre aux attentes des diffrents utilisateurs. Elles sinscrivent dans le cadre plus large de la diffusion dinformation. Les indicateurs doivent faire lobjet danalyses trs dtailles (cf. le traitement de cet aspect de lanalyse dans le chapitre 5). 4.5.7 La diffusion - communication des informations La communication des informations est essentielle pour SIME car elle permet de valider ses capacits oprationnelles et son efficacit auprs de tous les partenaires et utilisateurs auxquels linformation est destine et de remporter leur adhsion. Cette diffusion - communication prend diffrentes formes selon les destinataires et leurs besoins. A un premier niveau, lorsque linformation est destine aux responsables du systme ducatif, une information trs rcente doit tre fournie le plus rapidement possible. Elle est alors lobjet dune note dinformation courte et synthtique retraant lvolution des derniers rsultats dans leur contexte. A un deuxime niveau, les informations sont transmises un cercle plus large dutilisateurs dans le systme ducatif. Plusieurs supports de communication peuvent tre employs : - un annuaire statistique sur support papier et/ou support lectronique : CD-Rom ou site internet. Au fur et mesure du dveloppement de laccs et de lusage des outils lectroniques, ce Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 52mode de diffusion devra tre dvelopp. Lannuaire doit comporter des commentaires et de brves analyses pour ne pas rebuter le lecteur devant la profusion des tableaux. Il ne faut pas ngliger la prsentation des annuaires afin de les rendre attractifs, accessibles et faciles dutilisation. - des notes dinformation consacres un seul sujet comme par exemple lvolution des taux de scolarisation par rgion ou la scolarisation des filles ou encore les rpartitions public-priv, etc. Ces notes devront faire le point sur une question prcise en mobilisant toutes les donnes disponibles sur ce sujet et en laccompagnant dune analyse experte. Elles sont destines aux diffrents services du ministre et alimentent lensemble des gestionnaires du systme ducatif en donnes statistiques actualises. La liste des thmes de ces notes est tablie en collaboration avec les diffrents services du ministre de lducation avant le traitement des donnes afin dy adapter les traitements et indicateurs. Si lensemble des utilisateurs du ministre sont satisfaits parce quils ont les donnes quils souhaitent dans un dlai acceptable pour eux, SIME augmente sa reconnaissance et son caractre indispensable. - un accs linformation selon la demande. Lorsque la base de donnes est oprationnelle et que linformatisation du ministre est bien dveloppe, on peut personnaliser la diffusion de linformation. Il sagit dans ce cas de mettre disposition des personnels du ministre des outils pour interroger directement la base du SIME pour obtenir les informations souhaites. Ce type de transmission de linformation ne remplace pas les prcdents mais les complte car il permet de rpondre des demandes spcifiques qui ne peuvent pas toujours tre traites par lquipe du SIME. Cependant, cet accs personnalis linformation doit tre accompagn dune mise disposition des usagers dun logiciel simple et convivial afin de leur faciliter la tche sans pour autant reprsenter une charge de travail trop lourde. Par exemple, sur une base de donnes Oracle, un logiciel comme Business Object permet aux utilisateurs de lancer leurs propres requtes. - la diffusion dun document prsentant un ensemble dindicateurs rendant compte de ltat du systme ducatif : cest un aspect fondamental pour SIME. Elle est traite au chapitre 5. La collecte des donnes 53Quel que soit le mode de communication choisi (annuaires, notes spcifiques ou encore accs direct), linformation diffuse doit toujours tre accompagne dexplications prcises sur les donnes et indicateurs utiliss afin den favoriser la meilleure comprhension possible et, bien sr, dviter les mauvaises interprtations. 4.6 La spatialisation des donnes dans SIME 4.6.1 Les difficults rencontres On a vu les diffrentes sources qui permettent dalimenter le SIME. Il faut cependant tudier les questions de la disponibilit des donnes et de leur utilisation au niveau rgional ou sous rgional. Elles touchent directement aux discussions sur la dconcentration/dcentralisation et sur la carte scolaire. La plupart des pays disposent dun recensement scolaire annuel bas sur des informations recueillies par tablissement. Tous les regroupements gographiques sont alors possibles pour les informations contenues dans ce recensement scolaire. Nous tudierons laccs ces donnes et leur usage (au moins potentiel) un peu plus loin. Les problmes et les questions concernent dans ce cas la disponibilit des informations venant des autres sources pour ces niveaux rgional ou sous rgional. En premier lieu, se pose la question de la disponibilit des donnes dmographiques en constat et en projection depuis le dernier recensement de la population. En effet, si les donnes nationales sont en principe assez vite disponibles et rgulirement mises jour, il nen est pas de mme pour les donnes rgionales et sous rgionales. Il faut une collaboration trs troite avec les correspondants rgionaux de linstitut national de statistique pour rgler cette question. Notons que le problme des migrations interrgionales complique la tche de instituts alors que le niveau national nest affect que par les migrations internationales (le que peut videmment tre un euphmisme pour certains pays). En second lieu, se pose le problme des donnes bases sur des enqutes par sondage. Il est rare en effet que les rsultats de ces sondages soient significatifs au niveau rgional et a fortiori au niveau sous rgional. Cest une difficult gnralement insurmontable car il est trs difficile dimposer lobligation dobtenir cette significativit rgionale dans toutes les enqutes par chantillon. Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 544.6.2 La ncessaire diversit des informations recueillies et utilises chaque niveau administratif et gographique La pertinence dune information et de son utilisation dpend fortement du niveau administratif et/ou gographique et de lorganisation administrative. Ainsi des informations trs dtailles sur telle ou telle salle de classe na dintrt que pour ltablissement et le niveau administratif qui doit grer son entretien. Les autres niveaux doivent seulement connatre le nombre de salles de classes qui doivent tre rnoves ou construire. Il est donc important de ne faire circuler que les informations utiles sous une forme utilisable pour ne pas faire effectuer des travaux inutiles de collecte dinformation en particulier au niveau des tablissements. Cest en effet leur niveau quarrivent le plus souvent toutes les demandes dinformation. On retrouve ici lindispensable cohrence entre les niveaux administratifs sur leur demande dinformation aux tablissements. Faute de cette cohrence, on dcourage les chefs dtablissement et on engorge SIME. Cette ncessit danalyser les informations pertinentes selon le niveau administratif et gographique se retrouvera dans les travaux sur les indicateurs (cf. chapitre 5). Liste des donnes essentielles collecter au niveau rgional et au niveau sous rgional : Donnes sur les lves Rpartition par anne dtudes, sexe et ge Rpartition des redoublants par sexe et anne dtudes Pour la premire anne dtudes : rpartition des redoublants par sexe et ge Nombre dlves pratiquant le double flux par anne dtudes Distance moyenne parcourue par les lves Nombre dlves bnficiant de la cantine Nombre dlves internes Donnes sur les enseignants et les non enseignants Rpartition des enseignants par niveau de qualification et de certification, par anne dtudes et par sexe Rpartition des enseignants par ge et par sexe Nombre denseignants pratiquant le double flux Nombre denseignants dans des classes multi niveaux Nombre denseignants bnficiant dun logement de fonction Nombre de personnels non enseignants par catgorie, ge et sexe. La collecte des donnes 55Donnes sur les tablissements Nombre de salles de classe Nombre de salles de classe rparer Nombre de cantines scolaires Nombre dinternats Donnes sur la population Rpartition par ge simple et par sexe de la population de 3 29 ans par rgion, pour toutes les annes depuis au moins dix ans avec des projections jusqu au moins dix ans. Reprage des migrations : entres et sorties de chaque rgion et leur impact sur la population scolarisable. 575. Les indicateurs et les donnes pour le suivi des plans Les indicateurs sont des lments essentiels du systme dinformation et de gestion de lducation. En dautres termes, un bon outil de collecte doit saccompagner dun ensemble dindicateurs pertinents permettant dclairer et dvaluer les politiques ducatives. La qualit du SIME va ainsi le plus souvent tre juge sur les indicateurs qui seront produits ainsi que sur leur fiabilit, leur pertinence et leur capacit valuer et aider piloter le systme ducatif dans son ensemble. Chaque niveau gographique (tablissement, rgion, ensemble du pays) ou administratif doit bnficier dun ensemble dindicateurs appropri, car, comme dj mentionn dans la section sur les informations collecter, la liste des indicateurs, linstar de celle des besoins en informations, est diffrente selon le niveau concern. Certes, un certain nombre dindicateurs peuvent se retrouver dans les diffrentes listes tablies selon les niveaux mais, par exemple, il est tout fait logique de trouver, au niveau des tablissements, des indicateurs trs proches de la gestion quotidienne et peu dindicateurs de planification alors quau niveau national, on trouvera tous les indicateurs indispensables la planification du systme ducatif. Le dveloppement dun ensemble dindicateurs requiert une dmarche qui est la mme pour tous les niveaux concerns, savoir : - tablir les objectifs de politique ducative que lon souhaite piloter et/ou valuer ; - dduire de ces objectifs les indicateurs les plus pertinents pour ce pilotage et cette valuation ; - construire ou complter le systme dinformation pour quil permette de disposer de ces indicateurs. Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 585.1 Limportance des indicateurs Un principe clair sous-tend le travail de dveloppement des indicateurs : valoriser linformation statistique aux fins de prises de dcision politique. Si la collecte dinformations statistiques et leur gestion sont une tape importante dans tout systme de pilotage du systme ducatif, la valorisation de ces donnes, en les rendant utilisables notamment par les dcideurs, lest tout autant. La prise de dcision rationnelle ncessite, dans tout domaine, la disponibilit dinformations objectives. Les planificateurs de lducation, partout dans le monde, sont bien conscients de cette vidence. Comme dj mentionn, beaucoup de pays disposent de bases de donnes sur lducation, rgulirement mises jour grce, entre autres, aux rsultats des recensements scolaires. Mme si la qualit et la fiabilit de ces donnes sont loin dtre parfaites, leur utilit et leur pertinence pour la dcision politique sont claires. Cependant, les dcideurs politiques font peu rfrence ces donnes pour guider leurs politiques ducatives. Le problme pos a trait, du moins en partie, la prsentation et la diffusion des donnes disponibles. Ces dernires le sont souvent dans des annuaires statistiques classiques, qui contiennent trop dinformations brutes et sont donc loin dtre un outil destin clairer le dcideur. Celui-ci a besoin dinformations plus synthtiques, analytiques et pertinentes, prsentes sous une forme plus conviviale. Le dveloppement dun systme dindicateurs mis jour rgulirement, est par consquent fondamental pour une meilleure utilisation de linformation. A la question pourquoi dvelopper des indicateurs la rponse est quils permettent de bien mobiliser les informations disponibles et de valoriser linformation statistique. En synthtisant linformation, les indicateurs la rendent accessible et facile utiliser par les dcideurs politiques ainsi que par lensemble de la communaut ducative. Ils jouent ainsi un rle trs important dans la communication et la diffusion de linformation. Outre ce rle de valorisation de linformation statistique, les indicateurs sont des outils de gestion, de pilotage et dvaluation des systmes ducatifs. En dcrivant ltat de ces derniers, ils permettent didentifier les problmes, de dfinir ou de redfinir des stratgies, de mesurer et dvaluer les progrs raliss par rapport des objectifs de politiques ducatives. Bref, en alimentant les dbats publics, les indicateurs constituent un levier pour amliorer la qualit de lducation. Les indicateurs et les donnes pour le suivi des plans 59En rsum, les indicateurs constituent une tape importante dans lanalyse du systme ducatif. Le systme dindicateurs mettre en place doit fonctionner comme un tableau de bord. Il facilite la mise en vidence des problmes et permet de mesurer leur ampleur. Ce systme peut jouer le rle de signal dalarme, dun voyant prvenant de la surchauffe dun moteur. Lorsquil sallume, le spcialiste doit chercher les raisons et trouver les solutions pour rsoudre le problme. 5.2 Conditions pralables Pour quun systme pertinent dindicateurs puisse tre mis en place, il faut que deux conditions soient remplies : la prsence dun systme dinformation et celle de politiques ducatives cohrentes. 5.2.1 Prsence dun systme dinformation Il existe une dynamique entre indicateurs et systme dinformation. Nous savons quun bon outil de collecte doit saccompagner dun ensemble dindicateurs pertinents. Mais rciproquement, sans un bon systme dinformation, il est impossible de construire un bon systme dindicateurs. La plupart des pays du monde ont mis en place un systme dinformation statistique sur lducation. Ce systme cote cher. De plus, dans nombre de pays, et particulirement dans les pays en dveloppement, il nest pas toujours complet et encore moins mis jour. Par exemple, les informations sur lge des lves ne sont plus disponibles dans certains pays qui les recueillaient auparavant. Or, cette information est essentielle pour le calcul du taux net de scolarisation et pour analyser la mesure de la scolarisation effective un niveau denseignement donn. Par ailleurs, pour tre utilisable, linformation doit tre dactualit et porter sur lanne scolaire en cours ou dfaut sur lanne prcdente. Pour beaucoup de pays, la situation ne permet pas aux dcideurs politiques, pourtant intresss par leffet de leurs choix et actions, de sappuyer sur des donnes rcentes. Cette situation peut tre remdie en partie, comme indiqu au chapitre 4, en utilisant des enqutes rapides sur des chantillons reprsentatifs dcoles. Ces enqutes ne permettant de recueillir quun nombre limit dinformations montrant les volutions globales - doivent toutefois tre compltes par des enqutes exhaustives. La disponibilit des indicateurs permet damliorer des systmes dinformation dficients (en volume et en fiabilit). En effet, la publication des indicateurs constitue un retour dinformation pour les personnes qui sont Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 60des producteurs de donnes (chefs dtablissement, services rgionaux, etc.). Elles peuvent constater combien leur travail de recueil de donnes est important, utile et utilis, mais galement combien ce travail peut tre insuffisant ou inadapt et demande tre amlior. Bref, cest en faisant vivre les statistiques, en publiant des donnes et en les utilisant, que lon en amliore la qualit. 5.2.2 Existence de politiques et plans dducation Outils permettant de suivre le fonctionnement du systme ducatif et de mieux le piloter, les indicateurs dfinir et dvelopper doivent en effet ltre sur la base des objectifs et priorits fixs par la politique ducative. Ainsi, en plus dune description claire, pertinente et synthtique, les indicateurs doivent mesurer des vnements ou des volutions qui intressent les diffrents acteurs des systmes ducatifs. Encore faut-il que des objectifs clairs et mesurables aient t dfinis pour le systme ducatif. Ils peuvent se prsenter sous diffrentes formes : existence dun plan, dun programme cadre, de mesures bien identifies dans la loi ou dans certains dcrets, etc. Les objectifs ducatifs figurent non seulement dans les plans sectoriels ou sous sectoriels (ex. plan daction dEPT, programme de lducation de base, etc.), mais galement dans des plans de dveloppement plus large du type cadre stratgique de rduction de la pauvret dont lducation est une des composantes. Lorsque les objectifs sont clairement identifis, la suite du travail consiste laborer les indicateurs les plus appropris pour suivre et valuer les orientations proposes. A titre dexemple, au Lesotho une poque le plan quinquennal souhaitait conduire 80% dune gnration jusquen quatrime anne de lenseignement primaire. Lindicateur immdiatement dfini et le plus oprationnel dans ce cas tait la proportion dune gnration atteignant la quatrime anne de lenseignement primaire. De mme pour le Bnin o un objectif quantifi du mme type avait t fix, savoir atteindre un taux brut de scolarisation de 78 % en 2000 et un taux de redoublement de 15 %. On peut ranger dans la mme catgorie dobjectifs quantifis, les objectifs de rduction des disparits filles-garons ou daugmentation de la part du budget consacr lenseignement fondamental, et dautres encore.... Lorsque les objectifs sont plus vagues, du style amlioration de la qualit de lenseignement , le travail savre plus dlicat. Il suppose en effet de dfinir tout dabord ce que lon entend par qualit dans le pays tudi. En dautres termes, que faut-il mesurer : est-ce la qualification des enseignants, le niveau des lves (rsultats /acquis scolaires), le nombre dannes dtudes Les indicateurs et les donnes pour le suivi des plans 61passes lcole, une scolarit sans redoublement, un bon taux dencadrement (rapport lve/enseignant), le contenu des programmes et la manire dont certains sujets sont pris en compte, une plus grande disponibilit du matriel denseignement et dapprentissage, un environnement scolaire plus sr ? Des objectifs tels que renforcer les capacits institutionnelles , amliorer le rseau scolaire et amliorer lencadrement des enseignants sont de mme nature21.On voit ici tout lintrt du dbat qui va permettre de fixer la liste des indicateurs et lensemble des difficults rencontres pour transformer un objectif politique en indicateur. En conclusion, si les indicateurs aident prendre des dcisions, et sil faut lier leur dveloppement une politique ducative, les deux choses ne se rduisent pas lune lautre. Autrement dit, les indicateurs ne servent ni fonder ni dfinir les politiques mais aident dfinir des stratgies et mettre en oeuvre les politiques. Une politique ne se rduit donc pas une liste dindicateurs. Ces derniers mesurent leffet des politiques. 5.3 Quelques exemples dobjectifs Pour pouvoir correctement valuer un plan ou une politique ducative, il est essentiel dexpliciter clairement les objectifs viss. Ces derniers peuvent tre : quantitatifs : atteindre un taux de scolarisation de 80 % dans le primaire, rduire le taux de redoublement 5 %, atteindre un rapport lves/matre de 45, etc. ou qualitatifs : amliorer la qualit de lducation, viser plus dquit, amliorer lefficacit ou lefficience du systme ducatif Beaucoup de politiques ducatives ou de plans ne dfinissent pas toujours de faon prcise leurs objectifs. Il faut alors extraire ces derniers des dclarations et des textes officiels de politique ducative puis faire valider les objectifs ainsi redfinis par les responsables de ces politiques ou de ces plans. A titre dexemples, voici des listes dobjectifs dfinis diffrents niveaux. 21 Sauvageot, 1996, p.14. Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 625.3.1 Au niveau international Les objectifs dfinis au niveau international sont par exemple ceux relatifs lEducation pour Tous (EPT) fixs dans le Cadre daction de Dakar en avril 2000, que tous les pays doivent atteindre dici en 2015 au plus tard (Encadr 1).Si lensemble des objectifs restent assez proches de ceux dfinis Jomtien en 1990, le Cadre daction de Dakar met laccent sur dautres aspects de lducation tels que llimination des disparits entre filles et garons en matire dducation dans lenseignement primaire et daccs dans le secondaire ou encore lducation non formelle. Ces nouveaux objectifs vont ncessiter le dveloppement dautres indicateurs venant complter la liste des 18 indicateurs dj utiliss lors du bilan lan 2000 de la dclaration de Jomtien. Encadr 1. Les six objectifs dEducation pour Tous (EPT) (i) dvelopper et amliorer sous tous leurs aspects la protection et lducation de la petite enfance, et notamment des enfants les plus vulnrables et dfavoriss ; (ii) faire en sorte que dici 2015, tous les enfants, notamment les filles, les enfants en difficult et ceux appartenant des minorits ethniques, aient la possibilit daccder un enseignement primaire obligatoire et gratuit de qualit et de le suivre jusqu son terme ; (iii) rpondre aux besoins ducatifs de tous les jeunes et de tous les adultes en assurant un accs quitable des programmes adquats ayant pour objet lacquisition de connaissances ainsi que de comptences ncessaires dans la vie courante ; (iv) amliorer, dici 2015, de 50 % les niveaux dalphabtisation des adultes, et notamment des femmes et assurer tous les adultes un accs quitable aux programmes dducation de base et dducation permanente ; (v) liminer les disparits entre sexes dans lenseignement primaire et secondaire dici 2005 et instaurer lgalit dans ce domaine en 2015 en veillant notamment assurer aux filles un accs quitable et sans restriction une ducation de base de qualit avec les mmes chances de russite ; (vi) amliorer sous tous ses aspects la qualit de lducation dans un souci dexcellence de faon obtenir pour tous des rsultats dapprentissage reconnus et quantifiables notamment en ce qui concerne la lecture, lcriture et le calcul et les comptences indispensables dans la vie courante. Les indicateurs et les donnes pour le suivi des plans 635.3.2 Au niveau national Les objectifs contenus dans le Programme dcennal de dveloppement de lducation au Mali (PRODEC) illustrent un exemple dobjectifs dfinis au niveau national : une ducation de base de qualit pour tous ; un enseignement professionnel adapt aux besoins de lconomie ; un enseignement secondaire gnral et technique rnov et performant ; un enseignement suprieur de qualit rpondant des besoins prioritaires et cots matriss ; une utilisation des langues maternelles dans lenseignement formel, concomitamment avec le franais ; une politique oprationnelle du livre et du matriel didactique ; une politique soutenue de formation des enseignants ; un partenariat vritable autour de lcole ; une restructuration et un ajustement ncessaire la refondation du systme ducatif ; une politique de communication centre sur le dialogue et la concertation avec tous les partenaires ; une politique de financement du dveloppement du systme ducatif prenant en compte la mobilisation des sources de financement des collectivits dcentralises et des communauts. Ce type de plan permet une identification claire des objectifs car il prcise tous les aspects sur lesquels cette politique de dveloppement de lducation veut intervenir. Voici un autre exemple dobjectifs que lon trouve dans les politiques ducatives de certains pays : Dveloppement de lenseignement primaire dans ses aspects qualitatifs et quantitatifs ; Gnralisation de laccs lducation ; Passer dun taux net de scolarisation de 66,2 % en 1989/90 80 % en 2010 ; Accrotre loffre dducation ; Amliorer la qualit de lenseignement ; Consolider lefficacit interne du systme ; Amliorer lencadrement des enseignants ; Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 64 Amliorer les conditions daccueil et dencadrement ; Amliorer la qualification des matres ; Rechercher lgalit des chances entre filles et garons et par zones ; Rduire les disparits rgionales et par sexe ; Augmenter la part du budget consacre lenseignement fondamental ; Contrler les cots ; Dfinir les nouvelles stratgies pour contenir lvolution des cots ; Renforcer les capacits institutionnelles. Ces objectifs peuvent tre regroups en quatre thmes : laccs lducation, la qualit de lenseignement, les disparits, la gestion et le financement, certains tant plus prcis que dautres. Ainsi, la diffrence entre amliorer la qualit de lenseignement , objectif assez vague, et amliorer la qualification des enseignants , objectif plus prcis, est vidente. 5.3.3 Au niveau rgional Outre des objectifs quil convient de mesurer, aussi bien au niveau rgional que national, certains objectifs peuvent tre plus spcifiques et trs lis lorganisation du pays et notamment sa dconcentration/dcentralisation. Ainsi, par exemple, si cest la rgion qui doit grer les remplacements denseignants dans le secondaire, il sera important pour elle de mesurer sa capacit remplacer les enseignants absents afin de poursuivre lobjectif consistant minimiser les absences non remplaces. De la mme manire, si la carte scolaire doit tre construite par la rgion, il est important pour elle de connatre les distances moyennes parcourues par les lves pour se rendre lcole. Lobjectif associ est, dans ce cas, de diminuer la distance parcourir par les lves ou dorganiser, lorsque cela est possible, un systme de ramassage scolaire pour aider au transport des lves les plus loigns de lcole. 5.3.4 Au niveau tablissement Ltablissement a besoin de bien connatre la population quil accueille mais galement celle quil naccueille pas c'est--dire les enfants non scolariss dans sa zone de recrutement. Il doit galement se proccuper des conditions de travail quil offre ces lves et ces enseignants. Il doit savoir, par exemple pour un tablissement Les indicateurs et les donnes pour le suivi des plans 65secondaire, sil doit mettre disposition des lves et des enseignants une bibliothque, un centre de documentation, un lieu pour se runir. Il doit galement se proccuper de labsence des lves et de celles des enseignants. Latmosphre (ambiance de travail, environnement serein et performant, ) de ltablissement est important et influence les performances des lves. Sur ces quelques exemples, on peut dduire des objectifs associs : - possder une bibliothque ou un centre de documentation, louvrir le plus de temps possible aux lves et aux enseignants ; - faire diminuer les absences des lves ; - faire diminuer les absences des enseignants et plus particulirement les absences non remplaces, donc amliorer la liaison avec ladministration responsable de ces remplacements ; - faire diminuer les jours de fermeture de ltablissement en dehors des vacances scolaires (en raison par exemple de lorganisation dexamen, ) ; - faciliter lutilisation des livres de cours ; - amliorer latmosphre de ltablissement. 5.4 Comment passer des objectifs aux indicateurs Le dveloppement des indicateurs suppose que lon sache clairement et prcisment ce quest un indicateur. Les indicateurs sont des outils qui doivent permettre la fois de se rendre compte de ltat dun systme ducatif, et galement de rendre compte de cet tat lensemble de la communaut ducative, autrement dit lensemble du pays. Un indicateur est une information synthtique et analytique. Ce nest certainement pas une information lmentaire, une donne brute. Cest une information labore pour pouvoir tudier un phnomne ducatif. Il ne faut donc pas confondre une liste dindicateurs avec une liste de tableaux produits pour un annuaire statistique ou pour rpondre des besoins de gestion. Un nombre dlves entrant en second cycle est intressant pour le gestionnaire, de mme que le nombre denseignants et dlves dans le cycle. Mais lindicateur sera, dans le premier cas, la part dune gnration accdant en second cycle et, dans le second cas, le nombre dlves par enseignant (taux dencadrement). Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 66La tentation est souvent grande dajouter des donnes brutes aux indicateurs. Il faut rsister cette drive afin de conserver le caractre propre ce type de travail. Lidentification des indicateurs est fonction des objectifs de la politique ducative. En effet, une fois une premire liste dobjectifs dfinis, il faut attacher chaque objectif un ensemble dindicateurs. Bien videmment, un indicateur peut tre utilis pour plusieurs objectifs. Ce qui est cit ici lest titre dexemple, il ny a pas de volont dtre exhaustif mais plutt illustratif. 5.4.1 Au niveau international Le suivi et lvaluation des objectifs dEducation pour tous fixs Dakar (voir plus haut en 5.3.1) se feront en se basant sur la liste des 18 indicateurs fondamentaux utiliss pour le bilan EPT en lan 2000 (Encadr 2). Cette liste de lEncadr 2 doit toutefois tre transforme la lumire du Cadre daction adopt Dakar. En effet, ces indicateurs devront non seulement rendre compte de laccs lenseignement primaire obligatoire et gratuit de qualit de tous les enfants quels que soient leur sexe, leur situation socio-conomique et leur ethnie mais galement montrer que tous ces enfants le mnent jusqu son terme. En plus des taux daccs et de scolarisation (bruts et nets) dj disponibles, il faudra donc dautres indicateurs pour mesurer lachvement du cycle denseignement primaire (taux dachvement) ainsi que la disponibilit dun enseignement obligatoire (non seulement dans la loi mais aussi dans les faits) et gratuit. Il faut galement mesurer laccs et la participation lenseignement secondaire et aux programmes dducation permanente et sassurer que cet accs et cette participation sont quitables. A ce propos, la ralisation de la notion dgalit entre les sexes dans lducation, qui va au-del de lide de parit, ainsi que sa mesure, constitue un dfi quil faudra bien relever un jour. Il faut enfin mesurer les comptences acquises en lecture, criture, calcul, prciser et mesurer les comptences indispensables dans la vie quotidienne ainsi que la qualit de lducation. Les indicateurs et les donnes pour le suivi des plans 67Encadr 2. Les 18 indicateurs fondamentaux de lducation pour tous Indicateur 1 : Taux brut dinscription aux programmes dveil de la petite enfance, dans les secteurs public, priv et communautaire, exprim en pourcentage du groupe dge officiel concern, sil en existe un, ou sinon, du groupe dge de 3 5 ans ; Indicateur 2 : Pourcentage des nouveaux lves de premire anne de lenseignement primaire ayant suivi un type quelconque de programme organis dveil de la petite enfance ; Indicateur 3 : Taux brut dadmission : nouveaux lves de premire anne de lenseignement primaire en pourcentage de la population ayant lge officiel dadmission dans cet enseignement ; Indicateur 4 : Taux net dadmission : nouveaux lves de premire anne de lenseignement primaire ayant lge officiel dadmission dans cet enseignement en pourcentage de la population correspondante ; Indicateur 5 : Taux brut de scolarisation ; Indicateur 6 : Taux net de scolarisation ; Indicateur 7 : Dpenses publiques ordinaires pour lenseignement primaire : a) en pourcentage du PNB ;b) par lve, en pourcentage du PNB par habitant ; Indicateur 8 : Dpenses publiques pour lenseignement primaire en pourcentage du total des dpenses publiques dducation ; Indicateur 9 : Pourcentage des enseignants des coles primaires ayant les titres acadmiques requis ; Indicateur 10 : Pourcentage des enseignants des coles primaires certifis pour enseigner selon les normes nationales ; Indicateur 11 : Nombre dlves par matre ; Indicateur 12 : Taux de redoublement par anne dtudes ; Indicateur 13 : Taux de survie en cinquime anne (pourcentage de la cohorte parvenant effectivement jusqu la cinquime anne) ; Indicateur 14 : Coefficient defficacit (nombre idal des annes de scolarit ncessaires pour quune cohorte achve le cycle primaire, exprim en pourcentage du nombre effectif des annes de scolarit) ; Indicateur 15 : Pourcentage des lves ayant atteint au moins la quatrime anne de la scolarit primaire et qui matrisent un ensemble de comptences de base dfini lchelon national ; Indicateur 16 : Taux dalphabtisme des sujets gs de 15 24 ans ; Indicateur 17 : Taux dalphabtisme des adultes : pourcentage de la population ge de 15 ans et plus sachant lire et crire ; Indicateur 18 : Indice de parit dalphabtisme entre les sexes : rapport entre le taux dalphabtisation des femmes et celui des hommes. Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 68Pour y parvenir, il est indispensable damliorer les systmes dinformation non seulement sur la partie concernant les nouveaux objectifs EPT, les voies non formelles de dispenser lducation, mais galement dans les domaines o le bilan statistique de lan 2000 avait fait apparatre des lacunes, savoir : le financement de lducation ncessit de mieux prendre en compte les sources de financement prives et non gouvernementales et damliorer la couverture ainsi que la qualit de toutes les informations y ayant trait ; les statistiques dmographiques ncessit de rgler notamment la question des diffrences parfois considrables entre les estimations nationales et celles produites par les Nations Unies, laquelle entrane des incertitudes importantes sur la ralit des taux de scolarisation et du nombre denfants non scolariss. On peut rsumer la situation actuelle en mettant en regard les objectifs dEPT de Dakar et les indicateurs EPT existants pour les suivre et les valuer : a) Dvelopper et amliorer sous tous leurs aspects la protection et lducation de la petite enfance, et notamment des enfants les plus vulnrables et dfavoriss : Indicateurs 1 et 2 portant sur lensemble des enfants mais il faut aussi les calculer sur la sous-population enfants les plus vulnrables et dfavoriss. b) Faire en sorte que dici 2015 tous les enfants, notamment les filles, les enfants en difficult et ceux appartenant des minorits ethniques, aient la possibilit daccder un enseignement primaire obligatoire et gratuit de qualit et de le suivre jusqu son terme : Indicateurs 3, 8 et 13. Autres indicateurs ncessaires : le taux dachvement du primaire ; les indicateurs mesurant ladoption et lapplication de lenseignement primaire obligatoire et gratuit. Ici galement, il conviendra de distinguer les enfants en difficult et les minorits ethniques. c) Rpondre aux besoins ducatifs de tous les jeunes et de tous les adultes en assurant un accs quitable des programmes adquats ayant pour objet lacquisition de connaissances ainsi que de comptences ncessaires dans la vie courante : Indicateur 16 comme approximation mais il est ncessaire de le complter. Cet objectif est lun de ceux dont la mesure ncessite un travail mthodologique Les indicateurs et les donnes pour le suivi des plans 69consquent. Il conviendra en tout cas de bien dfinir et de mesurer limportance de ces programmes. Cela passe ncessairement par lamlioration des statistiques recueillies par les pays eux-mmes. d) Amliorer de 50 % les niveaux dalphabtisation des adultes, et notamment des femmes, dici 2015, et assurer tous les adultes un accs quitable aux programmes dducation de base et dducation permanente : Indicateurs 17 et 18. Mmes remarques que pour lobjectif prcdent. e) Eliminer les disparits entre sexes dans lenseignement primaire et secondaire dici 2005 et instaurer lgalit dans ce domaine en 2015 en veillant notamment assurer aux filles un accs quitable et sans restriction une ducation de base de qualit avec les mmes chances de russite : Indicateurs 3, 6, 13, et 15 par sexe. Outre ces indicateurs qui concernent uniquement lenseignement primaire, il faudra utiliser les indicateurs daccs et de participation dans le secondaire tels que le taux de transition par sexe du primaire au secondaire, les taux bruts et nets de scolarisation par sexe dans le secondaire, la part de chaque sexe dans lenseignement technique et professionnel, le pourcentage de jeunes quittant le systme sans qualification, etc. Enfin, le suivi de cet objectif exige quon aille au-del des indicateurs mesurant la parit pour prendre en compte la notion dgalit dans lducation. En effet, parit ne signifie pas toujours galit de traitement et dopportunits. f) Amliorer sous tous ses aspects la qualit de lducation dans un souci dexcellence de faon obtenir pour tous des rsultats dapprentissage reconnus et quantifiables notamment en ce qui concerne la lecture, lcriture et le calcul et les comptences indispensables dans la vie courante. Indicateurs 9 et 14. Ces indicateurs sont des approximations (proxies) et ne prennent pas en compte dautres aspects de la qualit tels que le contenu des programmes, la qualit des processus et mthodes dapprentissage, les heures de cours, la disponibilit de matriel didactique et de livres, lenvironnement scolaire (aspect des btiments et quipement, environnement sr et scurisant pour les enfants en particulier les filles, etc.), etc. qui sont tout aussi importants pour lamlioration de la qualit de lducation. Comme on peut le voir, certains objectifs ou proccupations ne sont pas aisment traduisibles en indicateurs. Ils ncessitent alors un travail de Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 70recherche appropri ayant pour but de traduire les proccupations dfinies en questions spcifiques. Les objectifs tels que assurer tous les jeunes des comptences pour la vie ou amliorer sous tous ses aspects la qualit de lducation relvent de cette catgorie. Les aspects qualitatifs de ces sujets de proccupations rvlent les insuffisances des indicateurs purement quantitatifs qui sont limits dans la description qualitative du systme ducatif et dans leur capacit analyser et bien cerner son fonctionnement. Il est par consquent urgent de mettre davantage laccent sur ces aspects. Il est parfaitement possible de trouver des indicateurs quantitatifs rendant compte de ces phnomnes qualitatifs. Cependant, la difficult trouver un consensus sur la notion de qualit tudie, la complexit de lvaluation des caractristiques qualitatives, la faisabilit et le cot de la collecte des donnes ncessaires sont quelques unes des raisons qui expliquent pourquoi les indicateurs qualitatifs sont actuellement faiblement dvelopps. Ce nest cependant pas une raison pour ignorer ces questions. Bien au contraire, il faut se donner les moyens pour trouver des solutions appropris chacun des aspects qualitatifs viss. 5.4.2 Au niveau national Les exemples qui suivent portent sur deux pays, le Mali et le Lesotho qui ont des proccupations ducatives sensiblement diffrentes lies au niveau de dveloppement de leur systme ducatif. Le premier, le Mali, a prcis les objectifs dfinis dans son Programme dcennal en laborant un plan daction oprationnel. La rdaction de celui-ci a grandement facilit la dfinition des indicateurs associs aux objectifs car le plus souvent lobjectif contient dj lindicateur qui en permet le suivi et lvaluation (objectifs dfinis en 1998) : porter le taux de pr scolarisation de 1,5 % 3,8 % en 2002 ; porter le taux de scolarisation de 43 % 61 % en 2002 tout en rduisant les disparits entre les rgions et entre les villes et les campagnes ; porter le taux de scolarisation des filles de 34 % 52 % en 2002 ; porter le taux de scolarisation pour lducation spciale de 0,5 % 2,75 % en 2002 ; permettre dici 2008 25 % des jeunes dscolariss gs de 9 18 ans daccder un programme dapprentissage minimum ; augmenter le taux dalphabtisme des adultes de 23 % en 1996 36,5 % en 2002 dont 23 % pour les femmes (contre 7 % en 1996) ; construire et doter en mobilier 11 000 salles de classe dici lan 2002 ; Les indicateurs et les donnes pour le suivi des plans 71 construire/rhabiliter 8 instituts de formation de matres (IFM) dici lan 2002 ; orienter 23 % des admis au diplme dtudes fondamentales (DEF) lenseignement professionnel en 2002 ; construire et/ou rhabiliter 10 structures de formation professionnelle dici 2002 ; construire et quiper 10 lyces dici 2002 ; amliorer le ratio lve/livre ; utiliser les langues maternelles comme mdium dans les premires annes ; recruter et former 2450 nouveaux enseignants par an au fondamental, 1419 formateurs pour lenseignement professionnel et 2059 pour lenseignement secondaire gnral et technique ; recycler 7300 enseignants au fondamental, 1152 au secondaire et 64 lenseignement normal dici 2002 ; accrotre la part du budget de ltat pour lducation hauteur de 27 % en 2002. Ci-dessous, se trouve la liste des objectifs et des indicateurs tablis pour le Lesotho. Dans les colonnes se trouvent les objectifs. A chacun de ces huit objectifs correspond un certain nombre dindicateurs, soit 36 au total. Les objectifs identifis pour le Lesotho taient les suivants : rendre le service ducatif plus efficace ; amliorer ltat des quipements et la disponibilit du matriel pdagogique ; perfectionner lencadrement pdagogique des enseignants ; amliorer la qualit de lenseignement ; amliorer la gestion des moyens et des cots ; remdier la surpopulation des classes ; amliorer la gestion du systme ducatif ; amliorer le niveau dacquisition des lves. Quelques remarques : Le Lesotho est trs proccup par la surpopulation dans ses classes et pour y remdier, il souhaite limiter lentre lcole dlves trs gs ou trop jeunes. Il a donc clairement dfini cet objectif et construit quatre indicateurs pour le mesurer : nombre dlves par classe, pourcentage dlves trs jeunes en premire anne, pourcentage dlves trs gs par anne dtudes et le Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 72rapport lves/matre. Il va suivre avec attention leur volution pour pouvoir vrifier si lobjectif de diminution du nombre dlves par classe est atteint et si les lves sont bien scolariss aux bons ges. Le Mali na pas formul un tel objectif car son problme principal est de dvelopper ses capacits daccueil. Cela se traduit par un nombre important dindicateurs (7 au total) pour mesurer cet objectif. Ainsi, la dfinition des objectifs et le choix des indicateurs sont fonction des orientations et des problmes propres chacun des deux pays. Le Lesotho, qui est plus scolaris, se proccupe davantage de la qualit de lducation en insistant par exemple sur les rsultats. Ce nest pas le cas du Mali qui a retenu quatre indicateurs pour mesurer le dveloppement de lintensit de la scolarisation. Dautre part, au Mali, les filles sont deux fois moins scolarises que les garons, do lobjectif de dveloppement de la scolarisation des filles. Ce nest videmment pas le cas au Lesotho qui est un des rares pays en Afrique o les filles sont plus scolarises que les garons. Par ailleurs, dix-sept indicateurs au Lesotho mesurent lefficacit de lenseignement. Cela sexplique car le Lesotho doit former ses jeunes pour leur permettre de trouver plus facilement un emploi en Afrique du Sud. En effet, prs de 50 % du PNB du Lesotho provient des revenus des travailleurs exerant une activit dans ce pays. Les quipements et les cots sont mentionns par les deux pays. Les indicateurs retenus pour suivre les objectifs doivent tre lis de faon logique ou empirique. Ces liens doivent tre issus dun modle ou dun cadre de rfrence dcrivant le fonctionnement du systme scolaire. La structure de ce modle de fonctionnement, dont le but est dviter laccumulation anarchique des indicateurs, peut varier selon le pays et le niveau danalyse, mais elle runira en gnral les lments dinformation concernant ce qui entre dans le systme les intrants -, les conditions denseignement leprocessus -, et les rsultats ou les produits - les acquis scolaires -, le nombre de diplms, etc. A partir des diffrentes dimensions du modle, on dterminera les indicateurs les mieux adapts22 . 22 IIPE/UNESCO : Systmes dinformation pour la planification et la gestion de lducation. Module 2 : Identification des besoins dinformation et construction dindicateurs , 2000. Les indicateurs et les donnes pour le suivi des plans 73Tableau 4 : Passer des objectifs aux indicateurs (Lesotho : Indicateurs par objectif)Equipe- Surpopu- Manage- Scolarisa- Effica- Rsul- Qualit Cots ment lation ment tion cit tats Pourcentage d'lves dans les salles de classe x Nombre d'lves par classe x Pourcentage d'lves trs jeunes en 1re anne x Pourcentage d'lves trs gs x Taux net d'admission x Taux net de scolarisation x Taux de redoublement x Pourcentage d'lves ayant achev la 3me anne x Pourcentage d'lves ayant achev la 7me anne x Pourcentage d'lves ayant russi le PSLE x x x Disponibilit et usage du syllabus x x Disponibilit et usage des guides x x Disponibilit et usage des livres x x Utilisation des guides pdagogiques x x Utilisation de la radio x x Nombre d'lves assis une table x x x Rapport lves/matre x x Qualification et exprience des enseignants x x Formation continue des enseignants x x Programmes de perfectionnement des enseignants x x N de diplms du Centre de Formation des Matres x x Taux de dpart des enseignants x x Enseignants dans les zones difficiles x x Habitations pour les enseignants x x Aide professionnelle aux enseignants x x Management par les inspecteurs x x Activits du conseil d'cole x Dpenses d'ducation en pourcentage du PIB x Dpenses d'ducation par niveau x Sources de financement des institutions scolaires x Dpenses publiques d'ducation en % du PIB x Dpenses par lve x Dpenses par lve/PIB par tte x Dpenses par enseignant x Dpenses par enseignant/PIB par tte x Sources de paiement des enseignants x Source : Ministre de l'Education, Lesotho, 1992. Primary education in Lesotho, Indicators 1992. Paris, UNESCO/Institut international de planification de lducation, p.38. 5.4.3 Au niveau rgional Certains objectifs nationaux tant repris au niveau rgional, il est tout fait lgitime dutiliser les mmes indicateurs. On retrouve donc des indicateurs sur les taux de scolarisation des lves, les dpenses dducation, la qualification des enseignants, etc. Pour des objectifs plus spcifiques mentionns titre dexemple au paragraphe 5.2.2, on peut citer le taux dabsences denseignants remplacs et son complment, le taux dabsences non remplaces. Il est galement utile de calculer un indicateur sur les distances moyennes parcourues par les lves pour se rendre lcole. Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 74Exemple : Gographie de lcole en France (publication annuelle du ministre franais charg de lducation nationale, direction de lvaluation et de la prospective) Liste des indicateurs de Gographie de l'cole L'environnement conomique et social Les moyens et les ressources humaines L'volution dmographique La structure sociale et conomique La richesse des rgions et des mnages Le chmage et la prcarit La dpense du ministre de l'Education Nationale et des collectivits territoriales Les boursiers L'encadrement des lves du premier degr L'encadrement des lves du second degr Le personnel enseignant Le personnel administratif, technique et d'encadrement L'offre de formation Les parcours scolaires La scolarisation des jeunes gs de 16-24 ans Les retards scolaires dans l'enseignement secondaire Les flux de sortie de l'enseignement secondaire La scolarisation des filles L'apprentissage et les contrats d'insertion en alternance Les rsultats L'volution des effectifs scolariss L'offre de formation dans le premier degr L'offre de formation en premier cycle du second degr L'offre de formation en second cycle du second degr Le poids de l'enseignement suprieur Les entres dans l'enseignement suprieur Les tablissements d'enseignement privs L'ducation prioritaire Les conditions d'accueil des lves Les acquis scolaires l'entre en sixime La proportion de bacheliers gnraux, technologiques et professionnels La russite aux examens La situation des jeunes sept mois aprs leur sortie de l'cole Typologie des acadmies 5.4.3 Au niveau dun tablissement Pour bien mesurer le fonctionnement, les conditions dexercice des enseignants, il est vital de connatre latmosphre ou encore lambiance qui rgne au sein de ltablissement, on peut utiliser des indicateurs comme : Les indicateurs et les donnes pour le suivi des plans 75 les moyens horaires de ltablissement, le nombre doptions offertes (dans les tablissements secondaires), la taille des divisions, des classes( ?) ; le nombre de logements de fonction, les caractristiques des enseignants ; le nombre de demande de mutations faites par les enseignants de ltablissement (rapport au nombre de postes denseignants par exemple) ; le nombre de demandes denseignants pour venir dans ltablissement. On mesure ainsi lattractivit de ltablissement. On peut aussi estimer les actes de violence en tenant compte de leur gravit. Il est galement intressant de connatre quelques indicateurs sur lenvironnement de ltablissement : le taux de scolarisation dans la zone de recrutement de ltablissement, les grandes caractristiques de la population habitant dans la zone de recrutement de ltablissement, les relations entre ltablissement et lactivit conomique de la rgion : visite dentreprises, jumelages Cest surtout important pour les tablissements techniques et professionnels. Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 76Un exemple dindicateurs pour des tablissements du second cycle de lenseignement secondaire : Indicateurs relatifs la population accueillie Caractristiques des lves prsents la rentre : sexe, ge moyen, catgorie socioprofessionnelle, proportion dlves en retard, proportion dlves trangers, proportion de redoublants ; Caractristiques des lves entrant dans le lyce la rentre : sexe, ge, proportion de redoublants, proportion dlves venant de lenseignement priv ; Origines scolaires des lves entrant dans le lyce la rentre. Indicateurs de ressources et de moyens Moyens horaires ; Caractristiques des enseignants ; Effectifs des lves par option. Indicateurs de rsultats Taux de russite au baccalaurat par srie ; Taux daccs au baccalaurat ; Proportion de bacheliers parmi les sortants de ltablissement ; Situation des lves sept mois aprs leur sortie du systme ducatif ; Acquis des lves en franais, mathmatiques, histoire-gographie et langue vivante. Indicateurs de fonctionnement Devenir des lves en fin de seconde ; Proportion dheures denseignement assures effectivement un lve ; Taille des divisions ; Importance des services lis lenseignement ; Importance des services lis la vie scolaire ; Mouvement du corps enseignant ; Accidents dans ltablissement ; Statut des lycens. Indicateurs denvironnement Intensit des relations avec lenvironnement conomique ; Donnes socio-conomiques par zone demploi. Les indicateurs et les donnes pour le suivi des plans 775.5 Mobilisation des sources disponibles et calcul des indicateurs Une fois la liste dindicateurs dfinie, il faut ensuite rassembler toutes les donnes ncessaires leur calcul. Il est important dtablir alors une liste des sources de donnes existantes et dassocier chaque indicateur avec les donnes lmentaires mobilises pour son calcul et les sources associes ces donnes. On peut alors se rendre compte de la difficult voire de limpossibilit den calculer quelques-uns. Il y a donc une interaction qui stablit entre les indicateurs et les sources de donnes, labsence de donnes pouvant conduire llaboration dune nouvelle collecte dinformation pour permettre son calcul. Mais parfois, limpossibilit persistante de calculer un indicateur doit conduire son limination et son remplacement. Il est galement indispensable dexpliciter les concepts et les formules de calcul utilises pour chaque indicateur, en bref de constituer un glossaire. En effet, le mme libell dindicateur peut cacher des diffrences entre pays mais aussi dans un mme pays des priodes diffrentes. Les changements de personnel, de recueil dinformation, de conception rendent ncessaires cette formalisation de la dfinition et du calcul de chacun des indicateurs. Si cette formalisation nest pas faite, le risque est grand dobtenir des indicateurs calculs sur des champs variables avec des formules de calcul diffrentes. Cest donc un point trs important pour la qualit et la prennit du SIME. On peut se reporter au chapitre 4 pour avoir des prcisions sur les sources de donnes disponibles. A titre dexemples, voici lexplicitation de quelques formules de calcul et de sources utilises (Mali 1992) 23 : 23 Cit dans Sauvageot IIPE, 1996, page 34. Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 78Nom : Taux brut dadmission. Finalit : Mesurer laugmentation de la capacit daccueil. Niveau : National et rgional. Ventilation : Par sexe. Mode de calcul : Effectif des nouveaux inscrits dans un cycle/ Population dge thorique dentre dans le cycle (Exemple : 1er cycle = 7ans). Source : Rapport des inspecteurs. Validit : Bonne. Frquence : Annuelle. Nom : Taux brut de scolarisation. Finalit : Mesurer laugmentation de laccueil. Niveau : National et rgional. Ventilation : Par sexe. Mode de calcul : Effectif total dun cycle/ Population dge thorique du cycle (Exemple : 1er cycle = 7-12ans). Source : Rapport des inspecteurs, donnes dmographiques de lInstitut national des statistiques. Validit : Bonne. Frquence : Annuelle. Nom : Taux net de scolarisation. Finalit : Mesurer lintensit de la scolarisation. Niveau : National et rgional Ventilation : Par sexe. Mode de calcul : Effectif scolaris dun groupe dges donns / Population de ce groupe dges. Source : Rapport des inspecteurs, donnes dmographiques de lInstitut national des statistiques. Validit : Bonne. Frquence : Annuelle. Les indicateurs et les donnes pour le suivi des plans 79De la mme manire, voici quelques exemples de dfinitions regroupes dans un glossaire24 : Enseignement Fondamental : Il comporte neuf annes dtudes. Il se dcompose en un premier cycle de six annes dtudes et un second cycle de trois annes dtudes. Ecole : Unit administrative o se droule lenseignement.Enseignement Priv : Il comprend des coles catholiques, des coles laques et des coles de base. Ecole de Base : Cest une cole cre linitiative dune communaut ou dune collectivit quelconque, dun jeune diplm ou dun jeune travailleur provenant du secteur de lenseignement. Medersa : Cest une cole fondamentale ne de linitiative prive dans le sillage des coles coraniques. La langue denseignement est larabe. Le franais est une matire denseignement comme le calcul, lhistoire, la gographie etc. Il est introduit partir de la troisime anne. Salle de classe : Tout btiment rattach une cole utilis pour accueillir une classe. Nombre dlves par classe : Cest le nombre moyen dlves dans une classe. Classes double division : Ce sont des classes o se trouvent des lves de diffrentes annes dtudes (au moins deux). Double vacation : Cest laccueil dans une mme salle de classe de deux groupes diffrents dlves dans une mme journe, des horaires diffrents. Taux brut dadmission : Cest la proportion de nouveaux entrants dans un cycle denseignement, quel que soit leur ge, rapporte la population dge lgal dentre dans ce cycle (7 ans en premier cycle, 13 ans en second cycle). Elve : Un lve scolaris dans lenseignement plein temps ; leur nombre doit tre pris dans le registre de prsence. Enseignant : Toute personne enseignant plein temps dans lenseignement fondamental. Le recensement annuel inclut des enseignants momentanment absents, par exemple en cong de maladie. Tout enseignant absent depuis plus de six mois ne doit pas tre compt. 24 cit dans Sauvageot IIPE, 1996, page 35. Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 80Aprs avoir explicit les dfinitions et les modes de calcul, il faut enfin vrifier la validit et la cohrence des rsultats obtenus. En effet, le calcul des indicateurs a mobilis diffrentes sources de donnes et ncessit de nombreuses tapes. Il est donc indispensable de vrifier le rsultat final et de sassurer de sa cohrence avec des donnes comparables ou des valeurs de ces indicateurs observes les annes prcdentes. Cest une phase indispensable. Si on nglige cette procdure, les risques dincohrence et derreurs sont forts et peuvent nuire la crdibilit de lensemble du SIME. Cest donc un point trs important prendre en considration. 5.6 Structures mettre en place pour laborer un systme dindicateurs Lactivit indicateurs est une composante trs importante du SIME. Elle doit tre organise en projet avec un objectif et un calendrier trs prcis. Pour mener bien un tel projet, il est trs utile davoir comme objectif une diffusion large et diversifie de lensemble des indicateurs dfinis. Ce point sera tudi en dtail dans le paragraphe suivant mais cette diffusion doit tre un lment structurant du projet indicateur dun SIME. Ds le dbut de lopration25, un chef de projet doit tre dsign. Cest lui qui animera les diffrentes structures mises en place ou mobilises par le projet. Il aura une solide exprience en statistiques et de bonnes capacits danalyse du systme ducatif. Il devra de plus tre capable de piloter un projet de ce type depuis sa conception jusqu la diffusion finale. Ce projet doit tre intgr dans les structures existantes et constituera un levier important dans la mise en place et la prennit du SIME. En effet, pour raliser une premire large diffusion des indicateurs, les services en place devront sorganiser pour faire fonctionner au mieux le SIME. La liste dindicateurs doit tre construite en associant troitement les diffrents services responsables de llaboration et de la mise en oeuvre de la politique ducative. Les choix des indicateurs doivent faire lobjet de discussions un haut niveau de responsabilit entre tous les services. Il est 25 Les paragraphes qui suivent sont inspirs de Sauvageot IIPE 1996 2003, pages 39-40. Les indicateurs et les donnes pour le suivi des plans 81donc souvent trs utile, pour ce travail sur les indicateurs, de constituer un groupe de pilotage compos des reprsentants de lensemble des services. Il peut ainsi tre form de membres de diffrents ministres si par exemple, lenseignement suprieur et la formation professionnelle sont la charge de ministres diffrents. Il sagit bien ici de rendre compte de lensemble du systme ducatif et non de la seule activit dun ministre de lducation. Puis, aprs les grandes orientations et les objectifs mesurer dfinis par le groupe de pilotage, un groupe de travail, constitu par un petit nombre dexperts et dirig par le chef de projet, doit alors raliser concrtement le travail. Tous les aspects devront tre traits. En rsum, deux instances sont ncessaires : un groupe de pilotage du projet et un groupe de travail charg de la ralisation. Cest assez classique et indispensable dans une conduite de projet. Les dlais de ralisation seront clairement dfinis avec un calendrier strict de fabrication des indicateurs pour le groupe de travail et un calendrier de validation politique pour le groupe de pilotage. La dure totale entre le dbut du projet et la publication dun premier numro du document ne dpassera pas dans lidal douze mois, mais nexcdera surtout pas dix-huit mois, car pour intresser et mobiliser toutes les nergies, le dlai de ralisation doit tre court. Il faut donc sorganiser en consquence. Aprs deux ou trois runions du groupe de pilotage, il est ncessaire daboutir une liste dfinitive dindicateurs devant figurer dans la publication. Seuls des problmes importants de disponibilit de donnes, non prvus, peuvent remettre en cause la liste valide par le groupe de pilotage. Aprs cette validation, ce dernier interviendra nouveau au moment de la discussion finale juste avant la diffusion des indicateurs. Pour la prennisation de lopration, il est indispensable que les services du (ou des) ministre(s) soient impliqus. Aprs la premire diffusion, il faut immdiatement prparer la seconde qui est primordiale pour la poursuite et la russite du projet. En effet, si lopration sarrte aprs la premire diffusion, lobjectif est rat. Comme ce sont les services rguliers qui vont toujours fabriquer les indicateurs, lorganisation du projet doit rellement les associer (cela a dj t dit) puis doit rapidement disparatre pour se fondre dans les services. Bien entendu, il faut que subsiste le rdacteur en chef qui succdera au chef de projet. Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 82Graphique 1. Structures mettre en placePetit nombre dexpertsReprsentants des diffrents ministres Prsident : chef du projet Validation politique et discussion finaleChef du projetComptences en statistiques et analyse du systme ducatifActeurs responsables de la prparation et de la mise en oeuvre de la politique ducativeComit dorganisationChoix des objectifs piloter et indicateursGroupe de travailTravail dexcutionDiffusion des indicateursProduction des indicateurs5.7 Analyse et prsentation des indicateurs Une fois les indicateurs calculs, il faut procder la mise en forme et aux analyses qui doivent accompagner les tableaux et les graphiques contenant les indicateurs. Il faut respecter un impratif clair : faire simple et rendre ces indicateurs accessibles tous les publics. Cela nest justement pas aussi simple et demande beaucoup deffort et de technicit dans la mise en forme et dans les analyses. Mais comme il sagit dune des parties les plus visibles du SIME il faut y attacher une grande importance. Il existe beaucoup de piges viter dans les prsentations retenues et il faut y prendre garde26.De la qualit de cette diffusion dpend limage externe du SIME et on comprendra sans peine quil faut donc consacrer beaucoup defforts cette partie. Fort heureusement, les outils microinformatiques dont on dispose aujourdhui facilitent grandement le travail27.26 Sauvageot IIPE, 1996 - 2003, pages 49-58. 27 Sauvageot IIPE, 1996 - 2003, pages 58-64. Les indicateurs et les donnes pour le suivi des plans 835.8 Usage et diffusion des indicateurs Divers types de support peuvent tre utiliss pour la diffusion : support papier, cd-rom, site Web, Selon le mode de diffusion choisi, la mise en forme peut varier. Si on choisit par exemple une diffusion papier, le systme de la double page a fait ses preuves28. Si on choisit une diffusion sur cd-rom ou sur un site Web, il convient dapporter beaucoup de soin lergonomie et la prsentation des rsultats. Il est en tout cas indispensable de rendre visible ce travail sur les indicateurs et de le rendre accessible tous les publics cibls. Bien entendu, les diffrents supports peuvent se complter utilement. Une prsentation difficile faire sur papier pourra bnficier des illustrations ralisables grce aux logiciels microinformatiques, une bonne reprsentation des rsultats sur support papier fera une bonne publicit au travail sur les indicateurs et donc au SIME. Selon le type dindicateurs et le niveau gographique, on peut sadresser aux responsables du systme ducatif (dcideurs, personnels administratifs, enseignants) ou lensemble de la population dans un souci de transparence et de rendre compte lensemble du pays du fonctionnement et des rsultats du systme ducatif. Mais dans tous les cas, limpratif initial de construction mentionn prcdemment (paragraphe 5.7) demeure. 5.8.1 Utilisation du document pour lvaluation interne et externe : le souci de transparence La diffusion des indicateurs est la preuve de la volont de transparence sur le fonctionnement du systme ducatif dans un pays. Cest pourquoi la dcision dune telle diffusion est politique et il est ncessaire dobtenir le soutien et laccord du ministre. Cest lui qui doit valider la diffusion finale et, mieux, la prfacer. Cela nest pas toujours facile mais cest fondamental. Il faut convaincre les dcideurs politiques de la ncessit de publier largement ces informations et viter, comme cela a t parfois le cas, que des documents de ce type restent dans des armoires (parfois plombes). 28 Voir ltat de lcole en France ou les indicateurs du Mali. Documents cits. Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 84Il faut en effet, quune fois produits, ces indicateurs soient largement diffuss et alimentent le dbat sur lcole. Ils doivent tre la disposition des hommes politiques (ministres, lus...), des responsables du systme ducatif, des associations de parents dlves, des syndicats denseignants, des chefs dtablissement et des personnels administratifs et techniques des tablissements scolaires, sans oublier la presse et le grand public. Le but est que ces indicateurs deviennent la rfrence dans les dbats politiques et les mdias. Cest un objectif ambitieux mais cest celui quil faut se fixer pour ce projet.Bien videmment, le succs de cette opration ne sera rel que si la diffusion des indicateurs accompagne ou suit une transformation de la manire dont sont prises les dcisions : la culture de la donne objective doit se rpandre et se dvelopper. Faute de cette transformation, le document perdra de son intrt et sans doute de son utilit. Par le pass, des documents du mme type sont apparus puis ont disparu faute dun rel impact. La parole est ici aux dcideurs. Les producteurs du document doivent tout faire pour en montrer lutilit et, comme il a dj t dit plusieurs fois, le construire pour quil devienne incontournable . Un bon exemple de russite cet gard est Ltat de lcole en France qui a russi devenir loutil indispensable toute discussion politique ou sociale sur lcole en France.5.8.2 Mise jour de la diffusion des indicateurs Il ne sagit pas de diffuser une seule fois des indicateurs et de sarrter aprs ce bel effort. Pour tre utile et utilise, cette diffusion dindicateurs doit entrer dans les murs et devenir incontournable pour toute information ou dbat sur lducation. Pour cela une seule solution : faire cette diffusion trs rgulirement afin que les donnes les plus rcentes soient toujours disponibles. Une production rgulire de ces indicateurs doit donc tre organise. Ceci entrane des consquences sur lorganisation du travail, le recueil de donnes, et sur toutes les oprations concernant la production des indicateurs. Les outils informatiques permettent deffectuer les mises jour des textes, des tableaux et des graphiques relativement facilement. Pour ce faire il faut organiser les donnes dans le tableur et conserver la mme mise en page pour le document. Ds que de nouvelles donnes sont disponibles, les mises jour doivent tre effectues. Evidemment, on peut envisager des procdures automatiques, mais elles peuvent parfois tre plus lourdes utiliser quune Les indicateurs et les donnes pour le suivi des plans 85mise jour manuelle. Il est donc ncessaire de bien analyser les procdures avant dinvestir dans une mise jour automatique Lidal est, bien sr, de parvenir rapidement une diffusion annuelle. Cela doit tre lobjectif atteindre. A ce stade, un rdacteur en chef doit succder au chef de projet. Pour que lopration devienne une routine, elle doit saccompagner dune complte immersion dans les services du ministre. Le rle du rdacteur en chef demeure bien videmment essentiel. Cest lui qui doit prserver la qualit, lhomognit du document et viter toutes les drives, y compris celles lies au succs du premier numro : demande de plus dinformations, de plus dindicateurs, au dtriment de leur qualit, etc. 5.8.3 Autres utilisations : les comparaisons internationales, interrgionales ou entre tablissements. Une fois les calculs faits, vrifis et valids, il est intressant et instructif de comparer les rsultats obtenus avec dautres units gographiques. Pour les indicateurs nationaux, on peut les comparer avec les mmes indicateurs dautres pays, pour des indicateurs rgionaux avec ceux de diffrentes rgions, pour des indicateurs dun tablissement scolaire avec ceux dautres tablissements scolaires. Cependant, pour que ces comparaisons soient pertinentes, il faut sassurer que les indicateurs des diffrentes units (pays, rgions, tablissements) ont t calculs en utilisant les mmes dfinitions et les mmes rgles de calcul, faute de quoi les comparaisons seront fausses et donc inutilisables. Il est donc trs important, lorsque lon souhaite pouvoir faire des comparaisons, de respecter des rgles et des dfinitions communes. On retrouve ici limportance des nomenclatures, ce langage commun indispensable la collecte des donnes et par consquent au calcul des indicateurs. Ces comparaisons sont fort utiles et deviennent de plus en plus apprcies par les responsables politiques. Mais si tout va bien lorsque la comparaison est flatteuse, il nen va pas de mme lorsquelle ne lest pas. Cest pourquoi il est indispensable de sassurer de la validit des comparaisons car si lon est sr de la validit du rsultat, il est plus facile pour le technicien de lassumer ou dexpliquer sa pertinence et ses limites. Pour lhomme politique, le responsable rgional, le chef dtablissement, il sagit aussi de leur faire Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 86acqurir et de dvelopper une culture et une connaissance de lvaluation du systme. Si les premiers pas dans ce domaine sont difficiles, la conduite dune politique (nationale, rgionale, dtablissement) gagne beaucoup tre value de faon rgulire. Accepter cette valuation, utiliser ces rsultats sont la base dune vritable politique dmocratique base sur la transparence. Des progrs ont t raliss dans ce domaine, mais la route est encore longue et les cueils nombreux. Le dveloppement des travaux internationaux ou nationaux sur les indicateurs peut apporter sa contribution ce vaste difice condition daccepter, de respecter et daider faire respecter les rgles qui garantissent la validit de ces comparaisons. Il est alors possible de complter les rsultats obtenus un niveau donn par des indicateurs venant dautres pays ou dautres rgions ou dautres tablissements. On peut galement fournir des moyennes ou des mdianes calcules sur des units donnes qui peuvent ainsi servir de rfrence (et non pas de norme) aux units de mme type. Exemples : rfrence nationale ou rgionale pour un indicateur dtablissement ; moyenne des pays de la mme zone gographique pour un indicateur national. Quelques exemples danalyse comparative : au niveau international, les travaux de lOCDE autour du projet INES (Indicateurs pour les systmes ducatifs) et de PISA (Programme international sur lvaluation des lves), de lUNESCO autour de lEducation pour Tous (y compris les valuations dlves faites dans le cadre du projet MLA (Monitoring Learning Achievment)), de la CONFEMEN avec le programme PASEC, des pays dAfrique de lEst et du Sud avec SACMEQ29, etc. au niveau rgional : on peut consulter Gographie de lcole en France3029 Se reporter aux publications de ces diffrents organismes. 30 Gographie de lcole, publication annuelle du Ministre franais de lducation nationale depuis 1995. Les indicateurs et les donnes pour le suivi des plans 87 au niveau tablissement, on peut consulter lanalyse des performances des lyces vis--vis du baccalaurat en France31.31 Trois indicateurs de performance des lyces. Diffusion annuelle du Ministre franais de lducation nationale, sous forme de documents imprims et sur Minitel de 1994 1997, et depuis lors diffus sur Internet. 896. Les diffrentes tapes de mise en uvre dun SIME performant 6.1 Etablissement dun bilan de la situation du pays en terme de systme dinformation Avant toute opration sur SIME, il est absolument ncessaire de procder un bilan de lexistant portant sur la totalit des sous-ensembles de SIME (cf. chapitre 2). Ce bilan doit tre conduit comme un vritable projet. Il doit tre pilot par une personne ayant des comptences en statistique, en informatique et tlmatique et en organisation. Il doit mobiliser des personnes et des institutions qui seront impliques dans la mise en place ou lamlioration du SIME. Une bonne faon de procder est dtablir une liste dindicateurs ncessaires au suivi des objectifs de politique ducative dfinis par le pays. Le calcul de ces indicateurs ncessite un certain nombre de donnes de base. On peut donc comparer les donnes de base ncessaires aux calculs des indicateurs avec les informations rellement disponibles dans lensemble du systme dinformation : recensement annuel, valuation des lves, enqutes spcifiques On identifie de cette faon les lacunes combler. Il faut alors laborer une stratgie et un calendrier pour le recueil des donnes manquantes. Pour les donnes disponibles, il faut analyser leurs principales caractristiques : fiabilit, rapidit de recueil. Comme la base du systme est lcole ou ltablissement, il est ncessaire danalyser la faon dont est recueillie linformation, les caractristiques et la rapidit de sa circulation entre les diffrents niveaux administratifs et gographiques. Cette analyse permet didentifier les difficults dans la collecte et la circulation dinformations : analyse de lorganisation du ministre liens entre statistiques brutes et outils de gestion liens entre les diffrentes institutions et dure de la mise disposition dinformations. Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 90A partir de ce double diagnostic (lacunes dans le systme dinformation, problmes dans le systme de recueil en place), des remdes doivent tre trouvs et un plan daction avec un calendrier prcis doit tre mis en place. Ce plan daction doit videmment concerner tous les sous-ensembles de SIME. Il va dpendre totalement du niveau de dveloppement constat du SIME dans le pays tudi. A titre dexemples, on peut examiner plusieurs situations. 6.2 Que faire devant une absence quasi-totale de donnes ? Il faut au plus vite constituer un groupe de pilotage autour dun responsable du projet SIME constitu du service statistique et des services gestionnaires disposant de donnes (par exemple la direction des personnels enseignants ou la direction de ladministration et des finances). Ce groupe doit alors dfinir les informations de base collecter en priorit et faire valider cette liste par les plus hauts responsables du ministre. On peut partir de la liste des donnes essentielles collecter propose au chapitre 4. Si la situation lexige, il est possible galement de sappuyer sur une ou plusieurs enqutes par sondage pour acclrer la disponibilit des donnes. Il faut ensuite construire des questionnaires centrs sur les donnes essentielles. Pour certaines donnes, et en cas durgence extrme, on peut recourir des enqutes sur chantillons condition cependant quil existe une base de sondage des tablissements complte et jour. Puis les questionnaires doivent tre transmis aux tablissements (sous forme papier ou sur support lectronique (disquette ou CD-Rom)). On doit mobiliser lensemble des acteurs pour cette collecte afin dobtenir une transmission et une rponse rapides de la part des tablissements. Il faut toujours effectuer plusieurs relances pour acclrer le retour des informations. Dans le mme temps, il faut mettre en place les outils de saisie et de traitement informatique des donnes. Ici se pose la question du niveau dinformatisation de ladministration de lducation. SIME : Prsentation du logiciel de lUNESCO EMIS Builder 91Pour raliser toutes ces oprations, il est le plus souvent ncessaire dorganiser des formations cibles pour les membres de lquipe de pilotage de SIME ainsi que pour les personnels des services les plus actifs dans SIME. 6.3 Que faire avec un niveau dinformatisation et de tlmatique extrmement faible ? Le groupe de pilotage devra accorder une trs grande priorit la mise en place dune informatique minimale. La premire tape est videmment dquiper en micro-ordinateurs lunit en charge du SIME au niveau de ladministration centrale. La seconde consiste quiper les services rgionaux en procdant par tapes : exprimentation dans quelques rgions, puis gnralisation lensemble des rgions. Une troisime tape concerne les circonscriptions ou, pour le second degr, les tablissements eux-mmes. L encore, il est ncessaire de procder par tapes : quelques circonscriptions et tablissements puis gnralisation. Les transferts de donnes doivent sadapter au dveloppement de la tlmatique et de la mise en rseau des diffrents niveaux administratifs. Les questionnaires papier doivent tre progressivement remplacs par des questionnaires lectroniques, les courriers par des transmissions via rseau tlmatique ou Internet/Intranet. Pour minimiser et acclrer les premires remontes de donnes, il est ncessaire de se limiter aux donnes essentielles en procdant comme indiqu au chapitre prcdent. Comme prcdemment, toutes ces oprations doivent saccompagner de formation pour les personnels les plus actifs. 6.4 Que faire sil existe dj un systme dinformation et un dbut de capacit en informatique et tlmatique Cest la situation la plus frquente et on va donc rsumer ici comment procder le plus souvent pour mettre en place SIME. On peut supposer que lorganisation de ladministration centrale est voisine de celle prsente dans le schma ci-aprs. Ce schma nest pas un modle mais Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 92il permet une prsentation plus aise. Dans un pays donn, il suffira de transposer les indications donnes en fonction de lorganisation propre de ce pays. Schma 3 : Exemple de dfinition du champ dtude du systme dinformation ducatif pour lducation Services centrauxDpartement de la formation des matres, des Curricula et des mthodes denseignementDpartement des personnels enseignantsDpartement des personnels administratifsDpartement des affaires financiresDpartement de lenseignement secondaire gnralDpartement pour lenseignement secondaire technique et professionnelDpartement pour lenseignement suprieurDpartement de la Planification et des statistiquesNiveau provincial et niveau du districtcolesDpartement de lEducation au niveau de la dlgation provincialeDpartement de lducation au niveau du districtMinistre de lducation Nationale (MEN)Dpartement de lenseignement primaire SIMESources externes dinformationsBureau central des Statistiques (Population)Commission nationale de PlanificationComme toujours, la premire tape va consister mettre en place une quipe de projet SIME dirige par une personne ayant des comptences en statistiques et en indicateurs de lducation, en organisation de systme dinformation et en pilotage de projets. Cette personne doit tre rattache au SIME : Prsentation du logiciel de lUNESCO EMIS Builder 93dpartement qui a la charge du SIME. On peut supposer dans notre exemple que ce sera le dpartement de la planification et des statistiques. Lquipe autour du chef de projet doit inclure un ou plusieurs reprsentants de chacune des directions productrices et utilisatrices des informations qui vont tre traites dans SIME. Dans notre exemple, on devra associer les dpartements pdagogiques (primaire, secondaire gnral et secondaire technique, enseignement suprieur) le dpartement des personnels enseignants et administratifs, le dpartement de la formation des matres et bien entendu plusieurs personnes du dpartement de la planification et des statistiques. Cette quipe doit trs vite organiser le projet SIME : liste des tches effectuer avec un ordre de priorit, calendrier, moyens ncessaires. Elle doit faire valider son projet par les plus hautes instances du (des) ministre(s) afin quelles soient conscientes de lensemble des lments : priorits, calendrier, moyens. 6.4.1 Analyse de lexistant et premier cadrage du SIME La premire tche de cette quipe sera, comme toujours, de faire une analyse bilan de lorganisation du (ou des) ministres en charge de lducation afin didentifier les systmes de gestion producteurs et utilisateurs de linformation. Lquipe devra ensuite faire un recensement dtaill des informations gres par chaque systme de gestion. Elle devra aussi dfinir prcisment le champ du SIME : sur les niveaux denseignement : enseignement primaire secondaire suprieur formation professionnelle enseignement dpendant dautres ministres comme lagriculture, la sant La question sera : faut-il traiter demble tous ces niveaux (situation idale) ou dmarrer seulement avec un sous-ensemble ? Il conviendra galement de dfinir les diffrents domaines couverts par SIME : tablissements scolaires, lves, enseignants, personnels administratifs, finances, matriels pdagogiques et quipements, etc. Il faut rpondre la mme question quau paragraphe prcdent (totalit ou sous-ensemble) et en plus dfinir quel niveau linformation doit tre disponible sur chacun des domaines. Par exemple, les donnes sur les lves doivent tre disponibles jusquau niveau de ltablissement mais les donnes financires doivent tre disponibles seulement au niveau national ou ventuellement au niveau rgional. A titre dexemple, on peut trs bien considrer quil faut dmarrer avec lenseignement de base sous ses diffrents aspects : lves enseignants Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 94finances. Il faut alors analyser finement chacun de ces trois domaines (Cf. schma 3). Schma 4 : Sous systme dinformation: Ecole (Proposition dune procdure denqute annuelle) QuestionnaireDistrictProvinceModule dentre des donnesDisquette Email ViaIntranetSIMEService responsable du pilotage des bases de donnesEcolesSIME : Prsentation du logiciel de lUNESCO EMIS Builder 95Lquipe devra dans le mme temps identifier les utilisateurs de linformation et procder la traduction de leurs besoins en donnes collecter et au calendrier que devra respecter cette collecte pour fournir linformation au moment opportun pour chaque utilisateur. Elle pourra cette occasion dcouvrir la ncessit de collecter de nouvelles donnes. Dans notre exemple concernant lenseignement fondamental, il faudra associer le dpartement en charge de ce niveau denseignement, le dpartement des personnels enseignants et la direction des affaires financires. 6.4.2 La formation du groupe de pilotage du SIME La formation du groupe de pilotage et des personnels les plus actifs est un lment trs important dans la russite du projet. Ces formations doivent tre trs cibles sur les oprations en cours ou lancer et ont un objectif oprationnel trs fort. Elles doivent dans un premier temps inclure des lments de statistique, dinformatique, de tlmatique et de gestion de projet. Elles devront tre une ressource pendant toute la dure du projet et permettre au groupe de pilotage et ses plus proches collaborateurs de russir leur mise en place. Schma 5 : Sous systme dinformation: Personnel enseignant Champ dtude de lapplication Gestion du personnel enseignant Ministre de lducation Nationale (MEN)Dpartement des personnels enseignantsInterface de saisie des donnesInterface de consultationSIMEOutils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 966.4.3 Modlisation des circuits dinformation et conception dun schma oprationnel global A partir de cette analyse et des dcisions concernant le champ et les domaines du SIME, lquipe devra dfinir une organisation rationnelle de linformation et de la gestion. Grce lanalyse faite prcdemment, elle devra sattacher viter les doubles (triples, ) demandes dinformations identiques en provenance de ladministration, organiser la coordination entre les services concerns et organiser la rpartition des tches. Par exemple, on peut choisir comme cadre lenseignement fondamental. Pour les lves le schma de circulation de linformation va se situer dans la remonte habituelle des informations statistiques partant des coles, puis passant par les dpartements de lducation du district et de la province (cf. schma 4..). Concernant les donnes sur le personnel enseignant, il faut se rfrer lanalyse faite prcdemment pour dfinir le meilleur circuit possible de linformation. En gnral, la direction des personnels enseignants possde un fichier individuel des enseignants quelle doit partager avec la direction des affaires financires puisque cette dernire doit assurer la paye de ces enseignants. Les informations incluses dans ce fichier proviennent des chelons locaux en charge du recrutement ou de la gestion des diffrents types de personnels. Il existe de fait plusieurs responsables puisque, dans la plupart des pays, plusieurs statuts de personnel coexistent : titulaires, contractuels, vacataires par exemple. Il importe donc pour chacune de ces catgories de bien dfinir comment va tre saisie linformation et comment elle va circuler entre les services. Il faut ici une coordination importante pour garantir lexhaustivit de linformation et son utilisation possible par lensemble des services intresss. Cest dabord clairement un problme li aux nomenclatures utilises : il faut donc sassurer de leur cohrence ou mieux de leur identit totale. Cest ensuite un problme de transmission dinformation entre services. Lquipe SIME doit effectuer cette coordination. On peut aboutir de cette faon au schma suivant : pour lensemble des personnels titulaires, la saisie et le contrle des donnes individuelles sont assurs par le dpartement des personnels enseignants sur la base de nomenclatures labores avec les diffrents services et en particulier avec le dpartement de la planification et des SIME : Prsentation du logiciel de lUNESCO EMIS Builder 97statistiques. Le dpartement des personnels enseignants transmet tous les utilisateurs (SIME inclus) des donnes agrges sur les enseignants titulaires ventiles selon les besoins exprims par ces utilisateurs. Le dpartement de la planification demandera certainement des donnes par ge, anciennet, statut et annes dtudes par exemple. Il pourra demander galement de distinguer les enseignants qui enseignent et ceux qui nenseignent pas. Cest possible si les nomenclatures ont t bien faites et bien utilises. pour les personnels vacataires, plusieurs possibilits : soit ils sont grs comme les titulaires : mme niveau de dcision dembauche, mme systme de gestion et, dans ce cas, ils sont traits comme les titulaires ; soit ils sont grs diffremment et dans ce cas il faut organiser une collecte de donnes spcifiques pour ces personnels. Cela peut tre par exemple la direction de la planification qui fait une enqute (lgre avec des donnes regroupes) pour connatre leur nombre et leurs principales caractristiques. A la fin de cette analyse, on aura labor un schma conceptuel des donnes. Pour chacune dentre elles, il faudra aboutir des dnominations et des dfinitions prcises permettant dtablir un rfrentiel des informations qui pourra facilement se transformer dans la phase suivante en ce qui constitue le cur du systme dinformation : le dictionnaire des donnes. Cette analyse globale devra galement tre faite pour chaque domaine de gestion. Sur lexemple des enseignants, il conviendra de dfinir les circuits dinformation pour chaque catgorie de personnels, les listes des caractristiques collecter de ces enseignants et les nomenclatures associes rpondant aux besoins de tous les utilisateurs (SIME compris). Lquipe devra ensuite dfinir et organiser la collecte des donnes et la circulation des informations entre les diffrentes institutions : tablissements district provinces administration centrale. En sappuyant sur les moyens informatiques et tlmatiques immdiatement disponibles, il faudra dterminer la faon dont les diffrents niveaux et les diffrentes institutions se transmettent et traitent les donnes. En cas de transformation programme de ces moyens, il faut immdiatement prvoir la faon dont cette transformation annonce peut faciliter les changes et/ou les traitements. Ainsi la mise en place dun Intranet Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 98entre ladministration centrale et les provinces peut faciliter grandement les transmissions dinformation entre ces deux niveaux. Larrive au niveau des provinces de personnels mieux forms et de matriels performants pourra permettre des traitements de donnes plus complets au niveau provincial. On pourra ainsi aboutir diffrents schmas de circulation de linformation selon les diffrents sous-systmes. Par exemple, pour les lves, on peut concevoir un schma de circulation dinformation comme dcrit dans le schma n 4. Linformation recueillie par questionnaire papier part de lcole, arrive au district qui contrle les donnes, vrifie et transmet la province. Celle-ci saisit ces questionnaires sur informatique et transmet linformation sur support lectronique - via le courrier ou via Internet ou Intranet - ladministration centrale. Pour les enseignants, pour continuer lexemple dcrit plus haut, la saisie des donnes serait effectue par les gestionnaires des personnels pour les titulaires (cf. schma n5). Par contre les informations sur les contractuels et les vacataires seraient recueillies dans les questionnaires venant des coles. Lquipe SIME devra galement dfinir le niveau que doit atteindre linformation. Par exemple, des informations nominatives sur les lves du second degr nont pas ncessairement besoin de remonter jusqu ladministration centrale. Mais dans ce cas, cest une information agrge qui doit remonter. Il faut donc la dfinir et se donner les moyens de la produire : par exemple, utilisation doutils de requtes sur une base de donnes pour produire des informations agrges. Diffrents documents de collecte doivent tre produits. Ils peuvent tre sur un support papier, comme dans lexemple donn, ou sur un support lectronique (disquette, CD-Rom) mais doivent tre en cohrence avec le mode de transmission dfini et les moyens disponibles. Rappelons quils doivent voluer avec les possibilits techniques. Ds que les tablissements sont quips en informatique et en tlmatique, les questionnaires peuvent tre labors sous format lectronique et transmis par tlmatique. Outre ces documents, il est indispensable, comme mentionn plus haut, de constituer un ensemble de nomenclatures couvrant lensemble des donnes collectes. Ces nomenclatures doivent tre agres et partages par tous les SIME : Prsentation du logiciel de lUNESCO EMIS Builder 99sous-systmes de gestion ou de statistique. En effet, sans nomenclature commune, ces sous-systmes seront incapables de se transmettre de linformation. Or cest absolument indispensable. On a vu une illustration de cette importance avec lexemple des enseignants. A la fin de cette phase, on doit donc disposer de plusieurs lments : un schma conceptuel des donnes, gnral et par sous-systme de gestion, permettant de construire un modle conceptuel des donnes ; un schma relationnel des donnes permettant de visualiser comment les donnes sont en relation les unes avec les autres ; de nomenclatures communes lensemble des producteurs dinformation (gestionnaires et statisticiens) de faon permettre les changes entre sous-systmes dinformation 6.4.4 Phase technique Bases sur ces lments, il faudra alors tablir les choix dorganisation et de traitements logiques et physiques des donnes. En clair, il faudra choisir lorganisation informatique correspondant le mieux aux diffrents lments. Il est donc ncessaire de constituer une quipe responsable dun sous-ensemble informatique du SIME. Cette quipe devra avoir de solides connaissances en informatique et en particulier en gestion de bases de donnes. La formation peut permettre damliorer les comptences de dpart de cette quipe et lui donner les moyens de construire un systme informatique performant indispensable au SIME. Les choix quelle devra faire doivent tre cohrents et harmoniss entre les diffrents niveaux gographiques et faciliter les changes. Il faudra donc dfinir le type de matriel retenu pour les rseaux informatiques (serveurs et postes de travail) et le systme oprationnel sur les serveurs (Windows, Linux, Unix..) et sur les postes de travail (Windows 2000, XP) Comme mentionn prcdemment, au niveau de ladministration centrale, ds que le pays est assez grand (disons plus de 1000 coles), il faut organiser le recueil des donnes en sappuyant sur un systme de gestion des bases de donnes (SGBD) comme Oracle, SQL Server, Interbase Il faut au plus vite Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 100installer ce systme et le configurer pendant la priode de collecte des donnes et sans attendre leur retour. Si le pays est petit, il est possible dutiliser Access. Il est indispensable de disposer de personnels comptents et forms ces outils et de leur assurer si ncessaire les formations complmentaires dont ils peuvent avoir besoin. Des connaissances en programmation spcifique (sur des langages comme C++ ou Visual Basic) peuvent galement se rvler trs utiles. A la fin de cette phase, on doit disposer dun modle physique des donnes complet. La scurit de la ou des base(s) doit galement tre garantie : sauvegardes mais galement confidentialit des donnes contre dventuelles intrusions (pare-feux en cas daccs Internet par exemple) 6.4.5 Les traitements et les premires analyses Il est important de choisir un outil informatique simple permettant la saisie des donnes et leur contrle. L encore, une formation des personnels est ncessaire, nanmoins dans une situation durgence, il est important de privilgier la simplicit (en utilisant par exemple le logiciel propos par lUNESCO). Ces traitements doivent saccompagner simultanment danalyses permettant dapporter tout de suite les rponses sur les grandes volutions que les donnes recueillies ont permis de rvler. Des prcisions sur les outils informatiques et sur leurs conditions dutilisation (MS Excel, MS Access, Oracle, SAS, SPSS, Idams, ) facilitant ces analyses sont donnes en 4.5.5. Celles-ci permettent galement de sassurer de la fiabilit des donnes et des traitements. Tous ces efforts doivent dboucher sur une note rapide rsumant les premiers rsultats obtenus en direction des hauts responsables du ministre. 6.4.6 La diffusion de linformation Elle doit tre mise en place le plus rapidement possible afin de rendre les services pour lesquels SIME a t mis en place. Les premires notes doivent tre transmises sans dlai aux responsables politiques et aux utilisateurs pour leur montrer lefficacit du systme mis en place et les bnfices quils peuvent en attendre. Ds que les moyens informatiques le permettent, des outils de consultation de la base de donnes doivent tre mis en place. Par exemple, sur une base de SIME : Prsentation du logiciel de lUNESCO EMIS Builder 101donnes de type Oracle, des outils comme Business Object ou Seagate Crystal Report, Beyond 20/20) peuvent permettre, aprs une formation, aux diffrents services utilisateurs deffectuer leurs propres requtes sur la base de donnes. Cest un lment trs important dans le dveloppement du SIME. Il faut dans le mme temps garantir une diffusion plus classique de linformation : annuaire statistique par exemple qui peut tre soit sur un support papier soit sur un support lectronique. 6.5 La construction dun premier ensemble dindicateurs Ds la premire remonte de donnes, il est important de lancer un projet indicateur en utilisant au mieux les donnes disponibles. Avec les donnes essentielles proposes au chapitre 4, on peut dj calculer : concernant les lves : les diffrents taux de scolarisation et dadmission par sexe, par ge et par rgion. On peut galement calculer des indicateurs sur les redoublements et sur laccs en fin denseignement primaire, l encore par sexe et par rgion. concernant les enseignants : le niveau de qualification et de certification par sexe, le nombre dlves par matre, la pyramide des ges des enseignants par sexe, concernant le financement : la part du budget consacr lducation, la part des dpenses dducation dans le PIB et le PNB, la part des dpenses dducation faites par les collectivits locales et les organismes privs, le cot dun lve rapport au PIB par tte. On peut ainsi constater quil y a dj matire diffuser rapidement des indicateurs et donc utiliser les lments fournis au chapitre 5. Ce lancement aura certainement un effet bnfique sur le dveloppement du SIME car lensemble des acteurs pourra constater au travers de la diffusion dindicateurs tout lintrt de participer pleinement un bon fonctionnement du SIME. Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 1026.6 Formation de tous les acteurs du SIME Aprs la phase dlaboration du systme, il faut imprativement construire une grande opration de formations pour tous les personnels qui vont tre concerns par SIME. Elles devront tre diffrencies selon le type de personnel puisque certains seront des producteurs dinformation et dautres des utilisateurs. Certaines personnes et certains services seront dailleurs la fois producteurs et utilisateurs. Ils devront alors tre forms pour ces deux aspects. Tous les personnels des sous-systmes mobiliss par SIME devront galement tre associs aux formations. Celles-ci doivent concerner tous les niveaux administratifs et gographiques. Pour les rentabiliser, on doit envisager gnralement des formations en cascade. Il sera donc ncessaire dorganiser des formations de formateurs par exemple au niveau national. Ces derniers auront la charge de former des quipes rgionales qui seront directement en contact avec les tablissements scolaires. Linformatique et la tlmatique devront galement tre prsentes dans les formations. Ce systme de formation devra accompagner toutes les volutions techniques ou technologiques du SIME. 6.7 Le suivi du dveloppement du SIME Ds que le stade de production minimale est dpass, il faut construire pas pas un SIME plus complet et plus cibl sur les objectifs du pays. Pour ce faire, tous les lments du SIME doivent tre dvelopps : collecte dinformation, calcul dindicateurs, diffusion des informations tous les acteurs, accessibilit au maximum dinformation pour tous les services et les personnes responsables. De plus, comme il est trs important de positionner les rsultats obtenus par rapport des objectifs moyen terme, il est souvent trs utile de calculer des projections deffectifs et de besoins en enseignants. Les premires peuvent tre faites avec diffrentes hypothses, et, par exemple, si on utilise une projection tendancielle, on se rendra compte plus facilement de la situation du systme SIME : Prsentation du logiciel de lUNESCO EMIS Builder 103ducatif par rapport un objectif tel que : scolarisation primaire universelle en lan 20XX. Lanalyse des besoins en enseignants lis au dveloppement de la scolarisation permettra danticiper sur des risques de pnurie denseignants ou de difficults graves de recrutements. Ces travaux prospectifs sont donc des complments fort utiles au SIME et gagnent mme tre intgrs dans SIME. 1057. Un outil au service de la mise en place de SIME : Prsentation du logiciel de lUNESCO EMIS Builder EMIS Builder est un programme qui permet de crer et dentretenir votre propre Systme dInformation pour le Management de lEducation (SIME). Le dveloppement de ce logiciel a pour but la construction dun systme ouvert et facilement adaptable aux besoins des concepteurs et utilisateurs de linformation. La flexibilit du logiciel permet son utilisation dans une grande varit de situations que lon peut rencontrer dans les pays en dveloppement (Ministres de lducation, Bureau de statistiques, Units administratives aux niveaux rgional et local et mme au niveau de lcole). Il peut tre utilis aux niveaux central ou dcentralis. La manire dutiliser le logiciel est dtermine par lorganisation de la collecte dinformations du systme ducatif. Ainsi si un rseau local existe ou mme sil nexiste pas, EMIS Builder facilite lintgration des donnes en provenance de diffrentes sources. Le SIME construit avec EMIS Builder va vous permettre : damliorer les capacits de la collecte, du traitement, de lanalyse et de la diffusion de linformation afin que les planificateurs, les administrateurs et les gestionnaires de lducation aient leur disposition des donnes fiables et opportunes ; de crer des interfaces faciles dutilisation pour la saisie et le stockage des donnes ; de faciliter laccs et la manipulation des donnes aux trois profils-types dutilisateurs de la base de donnes : programmeur dapplication, administrateur de la base et utilisateurs finals ; Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 106 de matricer le partage des informations dans un environnement multi-utilisateurs ; de maintenir la cohrence des dfinitions des donnes avec un dictionnaire de donnes et des mta-donnes ; dchanger des informations avec dautres systmes (systmes de gestion de fichiers, tableurs, interfaces utilisateurs finals), cest--dire limportation et lexportation des donnes ; dassurer lindpendance des donnes et des applications sur le plan logique et sur le plan physique ; de fournir des rsultats sous forme de rapports ou de tableaux analytiques destins tre diffuss sur diffrents supports : CD Rom, disquette, papier, Internet, etc. 7.1 Les modules de EMIS Ce logiciel comprend trois modules principaux : EMIS Builder : Ce programme vous permet de gnrer votre SIME selon les dfinitions et les paramtres que vous saisissez en rponse aux questions poses dans le processus de construction de votre SIME ; EMIS Edit : Ce module vous permet de revenir dans la construction de votre SIME et de modifier certains lments et paramtres dfinis dans votre SIME prcdemment ; EMIS Application : Ce programme gre votre propre SIME cr avec EMIS Builder. Les concepts de base utiliss par EMIS Builder Afin de faciliter la structuration et la construction de la base de donnes dans laquelle le SIME stockera ses informations, EMIS Builder utilise trois concepts principaux : lments, dimension et attribut. Ces concepts ont une signification spcifique dans ce contexte. Elments Un lment (objet ou entit) du systme dinformation est la reprsentation dun objet dot dune existence propre et conforme aux systmes de gestion du SIME : Prsentation du logiciel de lUNESCO EMIS Builder 107systme denseignement dans un pays donn. Exemples dlments dinformation : les tudiants (lves), les enseignants, les cours, les salles de classe, etc. Dimension ou proprit Chaque lment du SIME a des dimensions. Les dimensions permettent de dfinir un ensemble de donnes du mme type permettant de structurer la base de donnes support de linformation. Une dimension est parfois appele un axe. Les dimensions temporelles et spatiales sont des dimensions classiques. Attribut Chaque dimension possde des attributs. Les annes 1998,1999 par exemple sont des attributs de la dimension temporelle anne. Exemple : Le tableau suivant prsente deux exemples des lments, dimension et attributs selon EMIS Builder. Elment Sous lment Dimensions Attributs Age Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 108La valeur 120 nous indique quil y a 120 lves de sexe fminin gs de 6 ans qui se trouvent en premire anne dtudes. Afin de complter cette information, nous avons besoin dintroduire dautres dimensions pour llment lve, les dimensions temporelle, spatiale et le niveau denseignement. Par exemple, sil sagit des donnes pour lanne 2000, pour la rgion x et pour le primaire, notre information est complte. 7.2 Les tapes pour la cration dun SIME selon EMIS Builder Configuration de votre accs un SGBD Vous devez indiquer EMIS Builder la base de donnes qui servira de support votre SIME. EMIS Builder est compos de deux lments principaux : lapplication elle-mme et un systme de gestion de bases de donnes (SGBD). EMIS Builder utilise la connexion ODBC (Open Database Connectivity) pour accder aux sources de donnes. ODBC est un standard dvelopp par Microsoft qui permet laccs un grand nombre de bases de donnes partir dune seule application. Les pilotes ODBC permettent de se connecter toutes les bases de donnes gres par ODBC (Oracle, Sybase SQL Server, MS SQL Server, DB2, etc.). EMIS Builder adopte une architecture de client serveur avec les clients qui oprent sur une plate-forme de Windows et le serveur sur un serveur Windows NT ou Windows 2000. Les serveurs de bases de donnes distants utilisent SQL pour permettre aux clientes (votre application EMIS) daccder aux donnes. EMIS Builder peut aussi utiliser une base de donnes locale rsidant sur votre disque dur (DBase, FoxPro, Access, etc.) ; Cration des tables relatives aux dcoupages gographique ou administratif existants dans votre pays Linformation contenue dans ces tables permet la saisie ou lanalyse de vos donnes selon la dimension spatiale dsire. La gestion de la saisie des donnes peut suivre le dcoupage administratif du MEN et la prsentation des donnes peut utiliser un autre dcoupage, par exemple celui des recensements de population pour permettre le calcul et lanalyse des indicateurs ncessitant les donnes sur la population (Taux de scolarisation par exemple). SIME : Prsentation du logiciel de lUNESCO EMIS Builder 109Le diagramme ci-dessous prsente un exemple de la coexistence de deux dcoupages administratifs, celui du recensement et celui du Ministre de lducation nationale. EMIS Builder vous permet, par exemple, de saisir les donnes selon les dcoupages du MEN et de prsenter les rsultats et analyses selon le dcoupage du recensement. Recensement MENPrfectureSousprfectureInspectionRgionDistrictEcolePaysSi vous avez des donnes sur le dcoupage gographique dans une autre base de donnes ou en Excel ou texte, vous pouvez importer ces donnes vers votre SIME. Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 110Cration des tables concernant les informations sur votre systme denseignement Au cours de ltape suivante vous devez saisir les informations relatives votre systme ducatif complet, mme si vous vous occupez seulement dun niveau denseignement, car lapproche de SIME est sectorielle. Cela ne veut pas dire que vous devrez saisir toutes les informations concernant les autres niveaux denseignement, mais ventuellement vous pourrez importer facilement des donnes collectes par dautres ministres ou units administratives. Vous devez entrer linformation concernant, en plus du niveau denseignement, les cycles et lorientation du programme dans le cas de lenseignement secondaire (gnral et technique et professionnel). Linterface de saisie des donnes vous permet dadapter les noms des niveaux aux noms nationaux et dentrer la dures des tudes et lge dadmission dans chaque niveau et cycle. En outre, si dans votre pays existent plusieurs systmes denseignements (ge dadmission ou dures diffrentes), EMIS Builder vous offre la possibilit de tenir compte de ces diffrences. Ajout et dition dlments Vous pouvez ajouter des nouveaux lments et adapter les lments fondamentaux la terminologie nationale. EMIS Builder contient des lments fondamentaux (noyau) sans lesquels SIME ne saurait tre un vrai systme dinformation. Ces lments ainsi que ses dimensions et attributs ne peuvent tre ni effacs ni changs. Vous pouvez seulement les adapter la terminologie utilise dans votre systme. Ces lments sont : (Appartenant au systme ducatif) : Identification des tablissements scolaires ou universitaires ; Elves ou tudiants Personnel enseignant et personnel non enseignant Btiments Fourniture et quipement Manuels pour les lves et les enseignants Facilits scolaires Curriculum Finances et dpenses dducation SIME : Prsentation du logiciel de lUNESCO EMIS Builder 111(Donnes externes) : Population Budget PIB Concernant les informations sur les lves ou les tudiants, EMIS Builder vous permet de saisir les donnes agrges pour chaque institution (cole, collge, lyce ou facult, etc.). Concernant les donnes sur le personnel (enseignant ou autre personnel) EMIS Builder vous offre deux possibilits : la saisie individuelle des informations pour chaque personnel enseignant ou autre et la saisie des donnes agrges pour chaque institution. La premire option pourrait tre utilise par le Bureau des ressources humaines de votre MEN et la deuxime par le bureau de la planification par exemple. Loption dition des lments vous permet dadapter la terminologie nationale les noms des lments existants (noyau). Ajout et dition des dimensions et de ses attributs Une fois les lments ajouts, lutilisateur doit inclure les dimensions et attributs correspondants ces lments. Comme pour les lments les dimensions et attributs peuvent tre adapts aux dnominations nationales avec laide de linterface dition. Votre SIME Une fois saisie toute linformation concernant le dcoupage gographique ou administratif, le systme denseignement, les lments, dimensions et attributs inclure dans votre SIME, vous pouvez passer ltape suivante, la cration de votre SIME. Vous devez slectionner les lments du systme inclure dans votre SIME. Par exemple vous pouvez exclure dans un premier temps, llment Dpenses dducation , et vouloir linclure plus tard en utilisant le module EMIS Edition. Au cours de cette tape EMIS Builder va crer toutes les interfaces ncessaires pour la saisie des donnes qui seront disponibles dans votre SIME. Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 1127.3 EMIS Application Une fois votre SIME cr, EMIS Application vous permettra de lexcuter et de grer tous les modules qui le composent. Ces modules sont : Module pour la saisie des donnes : Vous aurez votre disposition des interfaces pour entrer les donnes concernant les lments que vous avez retenus comme faisant partie de votre SIME. Les donnes saisies seront stockes dans la base de donnes cre par EMIS Builder. En outre vous aurez des interfaces pour la saisie des donnes externes comme la population, le budget et le PIB. Ces interfaces vous permettront aussi daccder la lecture et la mise jour des donnes stockes dans la base. Module des rsultats : Ce module vous permet de consulter des tats prprogramms, comme par exemple les lves de lenseignement primaire par anne dtudes selon les rgions, etc. Vous pouvez crer aussi un nouveau rapport laide de lexpert cration dtats. Finalement vous avez la possibilit dentrer directement des requtes SQL depuis son diteur SQL. De cette faon vous pouvez adresser des requtes votre base de donnes pour des donnes spcifiques. Module graphiques : Ce module vous permet de crer de graphiques qui pourront tre intgrs dans vos rapports ou publis sparment. Ce module comporte les types de graphiques les plus utiliss : graphes en barres et en secteurs, surface 3D, nuage de points XY radar, etc. SIME : Prsentation du logiciel de lUNESCO EMIS Builder 113 Module des indicateurs : Ce module comporte deux options : (i) une liste des indicateurs de lducation les plus utiliss, parmi lesquels les indicateurs ncessaires pour le suivi et lvaluation des objectifs dEducation Pour Tous fixs Dakar dont la liste comporte 18 indicateurs fondamentaux utiliss pour le bilan EPT en lan 2000 ; (ii) un expert cration dindicateurs qui vous permet de crer de nouveaux indicateurs spcifiques qui ne figurent pas sur la liste prcdente. Module modle de simulation : Ce module vous permet de prparer vos donnes pour que le modle de simulation de lUNESCO EPSSim32 puisse les utiliser pour llaboration des politiques et stratgies ducatives. Module danalyse : Ce module vous permet la cration des graphes et des tableaux de rfrence croiss pour visualiser et analyser vos donnes selon diffrentes perspectives. Il constitue un outil daide la dcision dans le management du systme ducatif. Module outils : Ce module intgre certains outils tels que les multiplicateurs de Sprague,calcul dindex, des paramtres statistiques (moyennes, variance, etc.), des ajustement des tendances, etc. 32 La planification de lducation travers la simulation informatique. 2001. Paris, UNESCO.Outils dinformation pour la prparation et le suivi des plans de lducation 114Conditions requises (configuration minimale) pour linstallation dEMIS Builder Microsoft Windows 95 ou suprieur Minimum de RAM 32 Mo (Recommand 128 Mo) Minimum de capacit disque dur requise 20 Mo Lecteur CD-Rom 115ConclusionCe document a pour seule ambition de donner quelques ides pour faciliter la construction dun SIME et son dveloppement. Il a aussi comme objectif de montrer que cest ralisable quel que soit le point de dpart, et quil est possible de produire rapidement des lments (des indicateurs) indispensables au pilotage et lvaluation dun systme ducatif quel quil soit. Reste au lecteur vouloir / pouvoir faire et faire. Plus que les prcdents, le sicle qui commence sera celui de la connaissance. Lducation et la formation ont donc un rle majeur jouer. Au niveau des pays comme au niveau des organisations internationales, limportance donne la dclaration Education et Formation tout au long de la vie le prouve sans quivoque. Pour faire face ce dfi, il est essentiel de construire les outils permettant de grer, piloter, valuer au mieux ce systme ducatif. Celui-ci dans le mme temps devient de plus en plus complexe avec lirruption de nouveaux moyens daccs aux connaissances, de nouveaux publics lis cette formation tout au long de la vie. Construire un SIME performant permettant de rpondre toute cette complexit nest pas chose facile. Le faire voluer pour ladapter aux volutions de lcole ne lest pas davantage. Mais, il ny a pas dautres choix vu limportance des enjeux. Donc bon vent tous les SIME prsents et venir. 117Rfrences bibliographiques CHANG, G.C. ; RADI, M., 2001. La planification de lducation travers la simulation informatique. Paris, UNESCO. (Politiques et stratgies dducation 3, ED-2001/WS/36.). HALLAK, J., 1976. La mise en place de politiques ducatives : Rle et mthodologie de la carte scolaire. pp.16-17. (Un rapport de recherche de lIIPE.) Bruxelles, Paris. Editions Labor/Fernand Nathan/Les Presses de lUNESCO. IIPE/UNESCO, 2000. Systmes dinformation pour la planification et la gestion de lducation. Module 2 : Identification des besoins dinformation et construction dindicateurs. Paris, UNESCO/IIPE. JALLADE, L. ; RADI, M. ; CUENIN, S., 2001. Politiques et programmes nationaux dducation face la coopration internationale : Quel rle pour lUNESCO ? Paris, UNESCO. (Politiques et stratgies dducation 1, ED-2001/WS/5.). MCMAHON, W., 1993. Un systme dinformation pour la gestion fonde sur lefficience. Paris, UNESCO/IIPE. SAUVAGEOT, C. 1996. Des indicateurs pour la planification de lducation : un guide pratique. Paris, UNESCO/IIPE. (Deuxime dition en collaboration avec Nicole Bella mars 2003). SYLLA, K. Dcentralisation et systme dinformation ducatif. Paris, UNESCO/IIPE. (A paratre). UNESCO, 1983. Rapport sur la collecte et l'utilisation des donnes dans les pays en dveloppement. Paris, UNESCO (Division des Statistiques. Document prpar par Birger Fredriksen). UNESCO/PROAP, 1992. Educational Management Information System.Bangkok, UNESCO/PROAP. Table des matires

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