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  • 10Jornades sobre terrasses i prevenci de riscos naturals Mallorca 14, 15 i 16 setembre 2006

    LESTERRASSESANTIROSIVESENAFRIquE.TYPOLOGIE, EFFICACIT, LIMITES

    ET AMLIORATIONSE. Roose

    Dir. Rech. IRD, UR SeqBio. BP 64501, F 34394 - Montpellier Franceroose@mpl.ird.fr

    RSUM

    Diffrentes formes de terrasses antirosives sont connues depuis longtemps et combines dans les paysages montagneux de lAfrique, en particulier au Maghreb, en Afrique occidentale, en Afrique orientale et Ma-dagascar. Leurs formes et objectifs sont souvent diversifis sur un mme versant : des terrasses progressives pour ralentir le ruissellement et retenir la terre sur le haut des versants, des terrasses en gradins pour stocker de la terre et de leau en milieu semi-aride ou pour faciliter lirrigation proximit des sources et des rivires. Leur efficacit pour retenir leau et les sols, assez mal connue, a t dmontre par de rares exprimenta-tions lchelle de parcelles de quelques centaines de m et sur quelques petits bassins versants. Cepen-dant, dans certains cas de pentes trop fortes (>60%), de zones tremblement de terre, de roches sujettes glissements (marnes gypse, schistes, gneiss), de sols gonflants fissuration ou trous danimaux fouisseurs, les terrasses se sont avres inadaptes. Ces techniques traditionnelles ou importes de force ont souvent t abandonnes car elles exigent trop de travail (mieux valoris en ville) et de fertilisation pour tre rentables conomiquement. Ces techniques peuvent tre amliores en slectionnant des systmes de culture intensifs propres aux montagnes, en rduisant les temps de travaux, en utilisant des techniques plus faciles pour stabiliser les talus (agroforesterie/haies vives et lgumineuses), en protgeant la surface du sol, en adaptant la ferti-lisation et lirrigation raisonnes.Mots-cls : Afrique, terrasses, typologie, conservation eau et sols, limites, amliorations.

    RESUMEN

    Hace tiempo que se conocen diferentes formas antierosivas que se complementan en los paisajes mon-taosos de frica, en particular en el Magreb, en frica Occidental, en frica oriental y en Madagascar. En una misma vertiente pueden variar sus formas y funciones: terrazas progresivas para frenar la escor-renta y retener la tierra en la parte alta, terrazas en gradas para almacenar la tierra y el agua en lugares semi-ridos o para facilitar la irrigacin en proximidad de fuentes y torrentes.Su eficacia para retener el agua y los suelos, bastante mal conocida, ha sido demostrada a partir de algunas experimentaciones a escala de parcelas de algunos cientos de m2 y en pequeas cuencas hi-drogrficas. Sin embargo, en ciertos casos de pendientes abruptas (>60%), en zonas de terremotos, de rocas sujetas a deslizamientos (margas, esquistos, gneis), de suelos expansivos con fisuras o galeras de animales, las terrazas se muestran ineficaces. Estas tcnicas tradicionales o forzosamente importadas han sido a menudo abandonadas al exigir demasiado trabajo (mejor valorizado en ciudad) y fertilizacin para ser rentables econmicamente.Estas tcnicas pueden mejorarse con el tiempo mediante la seleccin de sistemas de cultivo intensivos propios de reas montaosas, la reduccin del tiempo de los trabajos, la utilizacin de tcnicas ms fci-les para estabilizar el talud (agroforestales/setos vivos y leguminosos), la proteccin de la superficie del suelo, y la adopcin de una fertilizacin e irrigacin razonadas. Palabras clave : frica, terrazas, tipologa, conservacin agua y suelos, lmites, mejoras.

  • 10 LesterrassesantirosivesenAfrique.Typologie,efficacit,limitesetamliorations.

    INTRODUCTIONDiverses formes de terrasses ont t dveloppes pour divers objectifs dans les rgions montagneuses dAfrique depuis des sicles ou introduites lpoque coloniale, ou plus rcemment avec la coopration internationale (Critchley et al, 1994 ; Hallsworth, 1995 ?). Ces systmes de lutte antirosive mcanique limitant la pente ont la rputation dtre efficaces pour con-server leau et les sols sur les fortes pentes (Hudson, 1988 ; Hurni 1992 ; Igbokwe, 1996) et de permettre une certaine intensification de la production de cultures spcifiques des montagnes tropicales (Hiol-Hiol et al., 1996) et la scurisation foncire (Chaker et al., 1996).Mais cette rputation est conteste divers niveaux, soit que leur efficacit antirosive a t remise en cause lors dinstallation sur des pentes trop fortes, sur des sols argiles gonflantes (Heusch, 1986), des roches favorisant le glissement des couvertures pdologiques, ou des sols superficiels, trs pauvres, rocailleux ou trs acides dont les rendements des cultures ne peuvent tre intressant quaprs lapport dengrais hors de porte des paysans pauvres (Roose et Ndayizigiye, 1997 ; Critchley et al., 2001). Par ailleurs, les conomistes font remarquer que la construction des terrasses exige normment de travail. De mme leur entretien (30 60 j/ans) est indispensable de telle sorte que ces amnagements ne sont pas toujours rentables et quils laissent peu de temps au fermier pour soigner ses cultures. Cependant, certai-nes terrasses ont t cres une poque (XVI sicle) o se rfugier en montagne tait le seul moyen de survivre linvasion des cavaliers musulmans ou des ngriers (ex. Dogons au Mali, Mafa au Cameroun, Maku, Enugu au Nigeria et Kabi au Togo).Malheureusement, on dispose de trs peu de donnes incontestables sur lefficacit des systmes intensifs crs sur terrasses. Les rares exprimentations connues ont t values sur de petites parcelles (100 m), beaucoup trop troites pour intgrer les risques de ravinement ou glissements de terrain (Roose, Nyamu-linda, Ndayizigiy, Byiringiro, 1988). Dans cette synthse, nous tenterons de prsenter une typologie des terrasses en fonction des formes et des objectifs poursuivis, danalyser les rares rsultats disponibles en Afrique sur lefficacit des terrasses pour intensifier la culture et protger les sols des versants tout en rduisant les pertes en eaux de ruis-sellement et les risques dinondation. Nous tenterons enfin de donner quelques pistes pour amliorer la valorisation de ces terres amnages.

    1. TYPOLOGIE

    Il existe en Afrique trois types principaux de terrasses et de nombreuses variantes.

    1.1. Les terrasses en gradins

    La zone cultive est quasi horizontale, parfois mme en lgre contrepente de faon viter le dbor-dement du ruissellement sur les talus, ce qui entrainerait la destruction de lamnagement. Le premier objectif de ces gradins est dinfiltrer en plus des pluies, toute leau disponible : soit les eaux de ruissel-lement captes sur les talus et les espaces inter gradins (terrasses discontinues non irrigues sur les ver-sants), soit les eaux de source (T. sur versants) ou du torrent (T. de valle) amenes sur ces terrains par des petits canaux (sguia). Le long des oueds, des haies darbres ou des murs protgent les basses ter-rasses de linondation durant les crues (Hamza, 1996 ; Sabir, 2002). Un systme de rpartition (planches et drains, cuvettes, micro-bassins) permet de distribuer les eaux sur la terrasse en fonction des besoins des cultures et de la disponibilit en eau (tour darrosage). Le second objectif est daugmenter le volume de terre disponible pour les cultures, en particulier sur les sols caillouteux des versants raides. Enfin, en rduisant le gradient de la pente on espre protger les sols contre lrosion : on supprime lnergie du ruissellement et donc la majorit des transports solides. En ralit, le terrassement narrte pas la d-gradation de la surface du sol par la battance des pluies (encrotement de la surface) et, en augmentant linfiltration, il augmente paralllement les risques de glissement de terrain : do la ncessit dassocier les arbres (racines profondment ancres dans les fissures des roches) aux autres cultures irrigues in-tensives (ex. Asni, Haut Atlas, Maroc).

  • 10Jornades sobre terrasses i prevenci de riscos naturals Mallorca 14, 15 i 16 setembre 2006

    Variantes - On distingue dabord les terrasses de versant irrigues par capture du ruissellement ou dune rsur-gence, des terrasses de valles irrigues par inondation lors des crues des oueds (Sabir, 2002 ; Roose et Sabir, 2002).- Les talus peuvent tre creuss dans la masse de la couverture pdologique (ex. dans les loess en Chine, ou les argilites, marnes ou schistes au Maroc ou dans les sols ferrallitiques profonds de Mada-gascar). Au Rwanda, les talus sont creuss dans les sols ferrallitiques et complts en hauteur par des mottes dherbes jusqu atteindre 1 2 m de dnivele. Pour ne pas perdre trop de surface cultivable (30-50%), on recherche le fruit (distance horizontale entre la base et le sommet du talus) minimum pour atteindre une bonne stabilit du talus, tout en permettant la production fourragre.- Les talus peuvent tre protgs par une murette en pierres rectangulaires soigneusement choisies et stabilises par des petits cailloux : elles sappuient sur un replat creus dans les altrites ou dans la ro-che. Le contact entre le sol et le mur est assur par un remplissage de graviers drainants. Le fruit du mur tant au minimum de 10 20%, on perd automatiquement autant de surface cultivable. Selon la pente du terrain et lorigine des pierres, cet amnagement ncessite 700 1.500 hommes.jours/ha. - Sur les zones relativement stables (ni trop pentues, ni trop humides), on se contente souvent de creuser la surface du sol en amont de la terrasse et de tasser la terre sur le talus aval, quitte le recouvrir ensuite des cailloux extraits lors du planage et des labours, ou dherbes et de broussailles diverses (fruit 50%). En cas de dgradation du talus, on le renforce localement avec des pierres (Atlas au Maroc : Sabir, 2002). - La largeur des terrasses varie de 20 2 m lorsque la pente augmente de 6 50% pour des talus de 1 m de hauteur et 10% de fruit. - Sur certaines hautes terres du Nord du Rwanda (Ruhengeri) ou de Tanzanie (Monts Uluguru) (Tho-mas, 1988), la pente est telle (60 90%) que les paysans ont cr un syst