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  • LES NORMES DE TI~LI~VISION*

    par Yvon DELBORD Ing6nieur en Chef de la Division (( T616vision )) du C. N. E. T.

    Pr6sidertt du Comit6 Sup6rieur Technique de T616vision..

    SOMMAIBE. - - L'auteur subdi~ise cette Jtude des normes de t#lgvish)n en quatre parties. Apr~s an rappel historique de l'$volution des normes, il indiqae l'importance relative des dic, erses normes, mentionne les di~,ergences inter- nationales et quelles en sont les raisons, et, finalement, expose le point de r ]rangais.

    A. I~APPEL HISTORIQUE

    DE L'EVOLUTION DES NORMES.

    Nous ne parlerons dans cet expos6 que des normes pour moyenne et haute d6finitions c'est a-dire pour des hombres de lignes sup6rieurs h 400, faisant ainsi abstraction des premieres 6missions ofilcielles de l'Administration fran~aise de 1935 qui utilisaient une analyse s6quentielle h 180 lignes au moment off la Grande-Bretagne adoptait, apr6s bien des dis-

    sp6cification du premier 6quipement anglais pr6- voyait la possibilit6 de revenir h l'analyse s6quen- tielle et k un nombre de lignes plus faible. Natu- rellement une fois mis en exploitation ce dispositif se r6v61a excellent h tous points de rue, et il ne fur plus question de retour vers le pass& Aux ing6nieurs fran~ais qui demandaient la raison pour laquelle le nombre de lignes ne correspondait pas tout h fait au maximum que permettait la technique de cette 6poque c'est-h-dire 500 lignes environ, les ing6nieurs

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    F~G. 1. - - Signal anglais EMI - Type B.

    cussions'et des exp6rlences, le syst~me h 405 lignes (34 5) propos6 par la Soci6t6 Electric and Musical Industries.

    Peut-gtre est-il bon d'insister sur ]es difficult6s qu'avait rencontr6es cctte Soci6t6 pour faire admet- tre son point de rue pa r la British Broadcasting Corporation. Dans ces normes deux 616ments sem- blaient peu stirs : l ~ le syst~me h trames intercal6es, 2 ~ le nombre de lignes trop 61ev6 ; c'est pourquoi la

    * Cet article repr6sente la " somme " de diverses conf6- fences, causeries ou communications, fares sur ce th6me par l 'auteur en diff6rentes occasions (h Li6ge, Bruxelles, Rome, Turin, Ziirich, Gen6ve) au cours de l 'ann6e 1949. Sous une forme quelque peu diff6rente cet expos6 a 6ga- lement 6t6 publi6 par la Revue Belge de l'~lectronique (Juil let 1949, pp. 3-13, Aodt 1949, pp. 22-29, Septembre 1949, pp. 8-12, 4 e partie h paraltre).

    de la Soci6t6 E. M. I. r6pondaient :

  • t, 4, n ~ 11, 1949]

    Les techniciens fran~ais, arn6ricains et allemands 6talent unanimes pour dire que l'on pouvait choisir un hombre de lignes plus grand ; certain industriel franCais tout en adoptan~/la forme des signaux bri- tanniques proposait 495 lignes (5 !) I t )d i sant

    (5 ~a

    LES NORMES D~ T~r4VISION 2/9

    impulsions de ligne (0,~ I) pour permettre une s6paration facile des impulsions de synchronisation de lignes ct d'images. Des 6tudes l'amen~rent au syst~me connu sous le nom de (( d6phasage interne ~) dans lequel une acc616ration et un ralentissement

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  • 3/9

    que les divers syst~mes seralent essay6s conjoin- tement,

    Le ehiffre adopt6 en Allemagne (i937), en Italie (t938) et aux ]~tats-Unis (1939) 6tait 441 (7 7 9) ;

    ~SLanc j~

    YVON DELBOBD [ANNALES DES TI~L~COMMUNICATIONS

    d'images selon qu'il s'agissait d'une analyse paire ou impaire (voir figure t) ; un signal d'6galisation qu'ils appelgrent (~ Trabant ~) (satellite) leur sembla n6ces- saire ; d'autre part la r6p6tition de plusieurs ira-

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    6,~ ]2. ~/']nau,~ de s ynchro. 5~naux de v/sion ,suppmme'~ pendant, au molh~ ~O//~ne.s

    Fro. 3. - - Signal frangais, C. F. T. H. ~55 lignes (Type T).

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    il est h remarquer que l'adoption de 441 lignes aux t~tats-Unis eorrespondait h une technique plus avanc6e qu'en Europe, puisque la cadence d'analyse verticale 6tait de 60 par seeonde et eonduisait hun spectre de fr6quenees plus 6tendu de 20 ~.

    pulsions larges apparu~ superfine et ils adopt6rent une impulsion large unique. Voir signal type D (fig. 5).

    Les ing6nieurs am6rieains essay~rent 6galement de pcrfectionner les signaux anglais et, eroyant eomme

    Dermcre I/~ne g/.~le fee/t~ne r

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    u in e//~'m~ a//oodSes 3~nal d)ma# E,I/~nes norma/es

    F~. 4 . - - Signal fran~ais, Compagnie des Compteurs, 450 lignes (Type C).

    De plus les ing6nieurs allemands, se plaeant hun autre point de rue, eritiqugrent dans les signaux anglais, la diff6renee d'aspedt du d6but du signal

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    les Allemands que la diff6rence d'aspect des signaux d'image 6tait cause du non-intercalage des :trames sur certains r6cepteurs britanniques, ils ajout~rent aux signaux anglais des impulsions br~ves h cadence double qui pr6c6daient (signaux de pr6paration) et suivaient (signaux d'6galisation) les impulsions larges (voir signal type U, fig. 6). Enfin, diff6rence fondamentale sur laquelle nous reviendrons, ils adopt~rent la modulation n6gative au lieu de la modulation positive.

    Peut-~tre 6tait-il n6cessaire que chaque pays com- bin~t des signaux diff6rents pour 6ehapper aux exeellents brevets de la Soei6t6 E. M. I., peut-gtre des questions de prestige national suffirent-elles h moti- vet ces

  • t. 4, n o 11, 1949] LES NORMES

    tionale semblait h la lois tr& facile et tr~s souhai- table, la tendance g6n6rale fut d'6viter , h tout prix ~> cette normalisation et aucun pays n'6chappa h cette cc n6cessit6 ~> d6plorable.

    La guerre arriva et les 6missions de t616vision s'arrgt~rent partout dans le monde saul dans Paris occup6, off les Allemands impos~rent leur technique d6fendable et leurs programmes ridicules. Pourquoi cc ~ privilgge ~. Pourquoi arr&er les 61nissions h Berlin pour les reprendre h Paris ? Plusieurs raisons ont 6t6 donn6es, certaines diplomatiques : avoir l'appui fran~ais lors d'une normalisation interna- tionale de t616vision ; d'autres, militaires : n6cessit6 de camoufler des 6missions de radioguidage trans- mises par l'antenne de ]a Tour Eiffel, d'autres

    Dr T~LfiWSmN 4/9

    compte de l'absence de r6cepteurs dans le public' modifi~rent leurs normes et adopt~rent les normes reeommand6es par le F. C. C. imm6diatement avant Pearl Harbour c'est-h-dire :

    ~o pour le hombre de lignes le chiffre de 525 (3 5 ~ 7) qui augmentait le pouvoir de r&o- lution vertical d'un peu moins de 20 % ;

    20 pour la vid6ofr6quence ultime, 4 Mc/s, qui faisait croRre la d6finition ~orizontale de seule- ment 7,25 %. Ce gain insignifiant ne tcnait pas compte des 6normes progr& techniques r6alis6s pendant la guerre dans des domaines voisins tels que celui du radar et cclui des tr& hautes fr6- quences.

    Les Anglais de leur c6t6, payant tr& cher le

    de prcpara~mn ~]nchronl~glon Jrnpula/on.r Jrp/ou/~'/on$ o6

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    H .~ durWo d'une ,7~ne V = dur~ d'une exp/o,'M/on vcrb'eak

    Fro. G. -- Signal am6rieain, 525 lignes (Type U).

    sentimentales : nfcessit6 de trouver un emploi -h ccrtains prot6g6s du Ftihrer. Le vrai motif de ces 6misslons nous importe peu. Elles permirent aux seuls Fran~ais de poursuivre leurs 6tudes de t616- vision pendant les interminables mois de 1940-41-42- 43, d'obtenir des r6sultats remarquables.., et de les garder pour eux. Du point de vue des normes de t616- vision la conclusion g6n6rale des techniciens fran~ais fur la suivante : Un r6cepteur bien eonstruit ne pr6sente aucun d6faut d'intercalage quelle que soit la forme des signaux de synchronisation d'image : impulsion unique, impulsions multiples, pr6sence ou absence des signaux d'6galisation, etc. Un tel r6eep- teur peut fonctionner correctement, sans retouche, m6me si l'on passe d'un type de signal hun autre. La cons6quence pratique pour la normalisation de 1949 fut la suviante : ~ Puisque tousles types de signaux de synchronisation sont bons nous choisirons le signal le plus simple. ,) D'autre part, par leurs exp6riences clandestines ils avaient appris qu'un nombre de lignes d6finitif ne pouvait &re inf6rieur h 700.

    Mais revenons g 1944. Les t~tats-Unis, au moment de reprendre leurs 6missions de t616vision et tenant

    tribut de leur avance techniqu~ de 1936, 6talent contraints de reprendre leurs 6missions avec les caract@istiques h 405 lignes vieilles de 8 ans.

    En France, pratiquement aucun r6cepteur h 450- 455 lignes n'existait dans le public et tousles cons- tructeurs avaient essay6 des nombres de lignes allant de 700 h I 200 lignes ; chacun d'eux 6tait pr& h adopter un nombre quelconque compris entre ces valeurs. Au cours de discussions relatives aux nou- velles normes, chaque constructeur exposa son point de vue et Fun d'eux faisant remarquer qu'

  • 5/9 sagement les ing6nieurs n6erlandais avaient accru le pouvoir de r6solution horizontal de l'image.

    On apprit peu apr6s que les Russes, pour une t616vision collective, c'est-~-dire sans r6cepteurs indi- viduels, avaient adopt6 625 lignes avec des trames non intercal6es. Ces deux renseignements contra- dictoires ~ pourquoi choisir 625 (54) plut6t que

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