lejay, histoire de la littérature latine des origines à plaute, 1925

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  • HISTOIREDE LA

    LITTRATURE LATINE

  • De LOUIS PICHARD

    Sous presse :

    TIBULLE et les auteurs du Corpus Tibullianum, texte tabli d'aprs lamthode de critique verbale de M. Havet, Paris, Ed. Champion.

  • BIBLIOTHEQUE de la REVUE des COURS et CONFRENCES

    PAUL LEJAYMembre de l'Institut

    Professeur l'Institut catholique

    HISTOIRE DE LALITTRATURE LATINE

    DES ORIGINES A PLAUTEPublie par

    LOUIS PICHARDProfessenr l'Institat catholique de Paris

  • AVANT-PROPOS

    M. l'abb Paul Lejay, membre de l'Acadmie desInscriptions et Belles-Lettres, professeur l'InstitutCatholique de Paris, avait rsolu d'crire une Histoire dela littrature latine.

    L'uvre devait tre immense. Elle et compris cinqforts volumes in-8 et servi de rplique l'admirable His-toire de la littrature grecque de MM. Alfred et MauriceCroiset. D'aprs le trait pass avec la maison Hachette,M. Lejay se proposait de finir son travail en 1930 et delivrer le premier tome en janvier 1922. Mais une mala-die soudaine le terrassa le 13 juin 1920. Pendent oprainterrupta.

    Sa sur, M"* Lejay, nous a confi le manuscrit del'ouvrage. Nous 1 avons lu, admir, et c'est avec con-fiance que nous publions aujourd'hui quelques chapitresd'une substance rare. Dj l'loge en a t lu l'Acad-mie des Inscriptions et Belles-Lettres. Dans la sance du23 dcembre 1921, le successeur de M. Lejay l'Institutde France, M. R. Delachenal utilisa le manuscrit et tous

  • AVANT-PROPOS

    les renseignements que nous avions pu recueillir pourconserver et honorer la mmoire de l'illustre matre (1).Puis la Reuue des Cours et Confrences nous ouvrit sespages, et de mars 1922 juillet 1923 ses lecteurs eurentla primeur de la publication.Pour situer le prsent petit volume dans son cadre

    naturel, rappelons le plan gnral de l'ouvrage :

    Tome I. L'POQUE archaque. Les origines de la littrature clas-sique.

    Tome II. Le PREMIER ge classique. Le sicle de Cicron.Tome III. Le deuxime ge classique. Le sicle dAuguste.Tome IV. L'ge t>'argent . La fin de la littrature classique.Tome V. Les Renaissances. La renaissance de rarchasme,

    la renaissance par le christianisme, la renaissance pa:ienne.

    Ce qui a t rdig ne forme qu'une partie du tome P"^:le plan du volume initial comprenait trois livres : LivreP*". Les caractres gnraux et les origines. Le cha-pitre i^^ : Introduction : le pays, les peuples, les langues,ne nous est pas parvenu. M. Lejay se rservait sans doutede l'crire, aprs avoir achev le reste du volume, adoptant ainsi l'avis de Pascal : 'x La dernire chose quel'on trouve en faisant un ouvrage est desavoir celle qu'ilfaut mettre la premire. Nous reproduisons ici les autres chapitres de ce

    livre P"" : Les premiers documents latins. Le droitromain considr en gnral. Le plus ancien droit

    (1). Notice sur la vie et les travaux de M. l'abb Paul Lejay.

  • AVANT-PROPOS VII

    romain. Premiers essais littraires et premiers diver-tissements dramatiques.

    Le livre II intitul L'poque des guerres puniquescomportait cinq chapitres. Seul, le premier est insrici: Epope saturnienne et drame la grecque (LiviusAndronicus et Nvius). Les deux chapitres suivants, con-sacrs Plaute, seront publis part ; ils sont trs longs,

    et moins soigns que les prcdents. Nous ne poss-dons pas les deux chapitres qui devaient tudier, l'un,Ennius, lautre, Caton et les premiers essais de la prose .

    Le livre III, L poque des Scipions, prsentait lessubdivisions suivantes :

    Le second ge de la comdie latine, Trence.Les dernires destines de la tragdie latine.

    Lucilius.

    La diffusion de la littrature entre Pydna et la dfaitedes Teutons et des Cimbres.

    Quelle mlancolie de constater que ce programmen*a pas eu son entire excution I M. Lejay tait mieuxprpar que personne pour donner la France unegrande histoire de la littrature latine. Trente-cinq annesd'tudes et d'enseignement passes dans un commerceassidu avec les auteurs latins, l'uvre considrable qu'ilavait accomplie, les connaissances varies et prcisesqu*il avait mthodiquement accumules, tout permettaitd'attendre de lui une synthse magistrale. Il a remaniet complt la syntaxe latine de Riemann, publi plu-sieurs ditions classiques : morceaux choisis des Meta-

  • VIII AVANT PROPOS

    morphoses d'Ovide, premier chant de la Pharsale deLucain, Horace et Virgile en collaboration avec M. Fr-dric Plessis ; son dition savante des Satires d'Horaceest un chef-d'uvre d'rudition ; il a compos une tudesur saint Csaire d'Arles ; bref, nul ouvrage concernantles antiquits latines, paennes ou chrtiennes, philo-logie, linguistique, pigraphie, palographie, archolo-gie, patristique, histoire, ne le laissait indiffrent.

    On estime qu'il a publi plus de douze cents articles. Leplus grand nombre se trouve dans la Revue de philolo-gie, dhistoire et de littrature anciennes dont il tait,avec MM. Chtelain et Haussoullier, l'un des directeursdepuis 1911. Avec M. l'abb Hemmer, il a entrepris unecollection de Textes et documents pour Vtude historiqueet du christianisme. Il crivait encore dans la Revue cri-tique dhistoire et de littrature, le Journal des savants,le Bulletin critique, la Revue des Etudes grecques, laRevue d'histoire et de littrature religieuses, le Diction-

    naire de Thologie catholique,le Dictionnaire d'Archologiechrtienne et de Liturgie^la Revue de VInstitut catholique,VEncyclopdie catholique de New-York (The catholicEncgclopedia), la Revue de VInstruction publique en Bel-gique, etc.

    Cet ouvrage immense, M. Lejay le jugeait, en mmetemps qu'une oeuvre de science, une uvre patriotique.Nous trouvons l'cho de cette intention dans une notequ'il avait rdige pour exposer la mthode suivie dansla composition de la bibliographie: Ces pages, crit-il,

  • AVANT-PROPOS IX

    ne seront pas encombres de titres allemands, mais il yen aura encore beaucoup, parce qu'on ne peut faireautrement. La guerre de 1914 a clos une priode de l'his-toire des tudes classiques. Mais nous ne pouvons pour-suivre et renouveler ces tudes qu'en tenant le fil qu a-vaientpendant plus d'un sicle tir eux pour leur pro-fit les Allemands et les germaniss. Esprons que dansun autre sicle, grce notre travail et celui de noslves, nos petits-neveux auront la mainleve de cettehypothque. Aussi, avec quelle joie avait-il accueilli lacration de l'Association Guillaume Bud et avec quellesympathie il en saluait les premiers travaux !

    Il ajoutait : Mais, en dehors des livres allemands,qui peuvent avoir une utilit pratique immdiate et nouspargner de refaire une tche faite, nous devons recou-rir plus qu'auparavant aux uvres de nos grands anctresdu XVI et du XVII sicle, o tant de questions, dbattuesdepuis, se trouvent dj tranches, o il y a tant d'exem-ples d'une mthode rigoureuse, avec une ruditiondsesprante. Ce bel loge des savants franais, M. Lejay le mritait

    personnellement. M. S. Reinach l'a dit : a C'tait un grandsavant, de la Hgne des meilleurs, de celle qui passe enFrance par Casaubon, Guyet et Graux (1). )) MHavetestallplusloin : Il a t le type du latiniste complet (2).

    (1) Reoue archologique, juillet-octobre 1920, S. Reinach, Paul Lejay

    ^

    p. 9.

    (2) Le Flambeau, Revue bclffe des questions politicjues et littraires,31 janvier 1921, L. Dorei et L. Havet, Paul Lejay , latimste franaii, p. 51.

  • AVANT-PROPOS

    Il nous a donc paru qu'il fallait sauver ce quinous reste de ce matre. Tel quel, le petit volume quenous publions mrite de vivre. Il rendra service. On ytrouvera une tude approfondie o se manifestent brillam-ment les qualits de M. Lejay, la fois grammairien,philologue et historien. On y verra les rsultats de cette mthode rigoureuse et les tmoignages innombrablesde cette a rudition dsesprante qu'il admirait chezses prdcesseurs franais. Que de choses sont conden-ses en 250 pages I vues profondes, aperus nouveaux

    en particulier la place faite au droit romain dans une his-toire de la littrature , rapprochements ingnieux etintressants (1), examen subtil de certains dtails de style.On verra l'auteur, dou d'une solide culture gnrale etdont la curiosit paraissait sans limites, confirmer oudiscuter, sur plusieurs grandes questions, les opinions deBossuet, de Voltaire et de J.-J. Rousseau ; et proposd'un procd littraire, qu'il remarque dans les pre-mires uvres latines, il saura faire allusion descrivains tout modernes, Alphonse Daudet et EdmondRostand.Un de ces rapprochements, qui montre, non plus seu-

    lement l'tendue de l'rudition, mais la richesse de l'me,a t ainsi comment par M. Delachenal :

    (( Dans un des chapitres de son histoire de la littra-

    (1) Voyez, par exemple, pp 189-192, la comparaison tablie entre lespremires associations dramatiques des Romains et la socit joyeuse del'Infanterie dijonnaise.

  • AVANT-PROPOS XI

    ture latine, celui qu*il relisait encore en mars 1920,

    M. Lejay s'est attach faire ressortir par quelquesexemples caractristiques lestyle lapidaire du vieux poteNvius. Un distique qu'il reproduit, de forme bienrugueuse pour nos oreilles habitues l'harmonie desvers de Virgile, peint, en termes d'une simplicit unpeu fruste mais forte, la solidit de la vieille infanterieromaine :

    Seseqae ii perire maiiolunt ibidemQuam cum stupro redire ad suos popularis.

    Ils aiment mieux prir sur place que de revenircouverts de honte prs de leurs compatriotes.

    (( Et alors qu'on s'attendrait voir cette citation com-plte par quelque commentaire philologique ou gram-matical, voici ce qu*on lit, avec une surprise attendrie,sous la plume de Lejay : a Un adverbe (ibidem) est lourdpar dfinition, mais comme il est ici le mot expressif IIl renferme en lui Tordre loquent du 5 septembre 1914 : Une troupe qui ne peut plus avancer devra, cote quecote, garderie terrain conquis et se faire tuer sur place