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  • Trivium7 (2010)Max Weber et la bureaucratie

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    Hubert Treiber

    tat moderne et bureaucratie modernechez Max Weber................................................................................................................................................................................................................................................................................................

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    Rfrence lectroniqueHubert Treiber, tat moderne et bureaucratie moderne chez Max Weber, Trivium [En ligne], 7|2010, mis enligne le 06 dcembre 2010, consult le 21 mai 2015. URL: http://trivium.revues.org/3831

    diteur : Fondation Maison des sciences de l'Hommehttp://trivium.revues.orghttp://www.revues.org

    Document accessible en ligne sur :http://trivium.revues.org/3831Document gnr automatiquement le 21 mai 2015. Tous droits rservs

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    Trivium, 7 | 2010

    Hubert Treiber

    tat moderne et bureaucratie modernechez Max WeberTraduction de Olivier Mannoni

    I.1 Pour reprsenter les liens rciproques qui unissent ltat et la bureaucratie modernes, il

    semble que nous puissions prendre comme point de dpart cette dfinition de ltat datantde la dernire priode de lexistence et du travail de Weber, que lon peut lire dans lesConcepts fondamentaux de la sociologie: Nous entendons par tat une entreprise politiquede caractre institutionnel [politischer Anstaltssbetrieb] lorsque et tant que sa directionadministrative revendique avec succs, dans lapplication des rglements, le monopole de lacontrainte physique lgitime1.

    2 Plusieurs raisons plaident en faveur du choix de cette dfinition; la principale est le fait queles caractristiques qui y sont exposes ne permettent pas seulement dtudier les principalesdimensions du concept wbrien de ltat2, mais aussi et simultanment dtablir un lientroit avec la bureaucratie (direction administrative). Cest surtout la caractristique delentreprise caractre institutionnel ou de linstitution (auquel Weber accorde une attentionparticulire dans son texte sur les catgories3, dans sa sociologie du droit4 et dans les Conceptsfondamentaux de la sociologie5) qui justifie le choix en faveur de la dfinition de ltatque nous avons cite6. Dune part, le concept dinstitution, avec la caractristique des ordresstatutaires octroys7 comme point final dune volution que Weber a rsume en une phrasedans la Sociologie du droit8, volution qui, dans le 2 de la Sociologie du droit, est aussidsigne comme un processus juridique de rationalisation, ce qui associe la dfinition de ltatcite plus haut au thorme de la rationalisation chez Weber. Dautre part, en faisant appel un concept juridique exact pour lexamen sociologique, Weber met en uvre lannoncequil avait faite dun point de vue mthodologique et selon laquelle au cours de ltude delactivit relle qui manifeste partout de constantes transitions entre les cas typiques, lasociologie doit invitablement trs souvent utiliser les expressions rigoureuses (parce quefondes sur une interprtation syllogistique des normes) du droit, quitte leur substituer parla suite son propre sens, radicalement diffrent du sens juridique9. Mais cest prcismentl que le concept sociologique dinstitution (dans les Concepts fondamentaux de la sociologiecomme dans lessai sur les catgories de ce que lon appelle la Thorie de la science) meten avant ces caractristiques propres au concept dinstitution dans les sciences du droit,ce qui pose de singulires difficults un mode dobservation sociologique orient versltat pour laquelle lexpression tat ne dsigne que le droulement dune activithumaine dune espce particulire 10, mme si la notion sociologique dinstitution ausens de lexistence de rglements rationnels tablis par des hommes et [d]un appareilde contrainte conu comme un lment contribuant dterminer lactivit11 ne ngligepas totalement le niveau de laction. Si cette dimension du niveau de laction avait tintgre la rflexion, la rception du modle wbrien de la bureaucratie par la sociologiede lorganisation amricaine (mais aussi par les reprsentants de lenseignement de la gestionen Allemagne) aurait t diffrente12. Sur le plan conceptuel et systmatique, cela a tinterprt de manire convaincante comme un rtrcissement de la vision13 la proximit duconcept wbrien dinstitution avec la thorie de linstitution de ltat sur la ligne de lcoleGerber / Laband, comme avec la thorie de linstitution relevant du droit public chez OttoMayer, avec une conception de ltat autoritaire et monarchique, centre sur le pouvoir14,influence de manire non ngligeable la conception que Weber a de ltat. Cela, se rvledonc avantageux dans la mesure o cette conception lie au pouvoir fait apparatre lappareilbureaucratique comme une dimension de la sociologie de ltat. cette restriction du regard

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    au niveau conceptuel et systmatique, due un emprunt la terminologie juridique15, on peutcependant opposer un largissement de la vision lourd de consquences, d la volont deWeber de ramener des entits collectives comme ltat au niveau de lactivit dindividus,activit oriente par un sens, en tenant compte du fait que lon associe ce type de structurescollectives des reprsentations trs prcises que les individus prennent comme points de repreet auxquelles ils ragissent, le cas chant, par un comportement adquat. Si lon suit ce modedobservation de Weber (quil faut toujours intgrer la rflexion) qui conoit ltat comme un complexe spcifique dactivit commune accomplie par des hommes16, alors lesconceptions postmodernes qui voient dans ltat une structure polycentrique ou le fontdissoudre dans des rseaux politiques se rapprochent de manire extrmement surprenantede Weber, ce Weber dont les conceptions sur la bureaucratie moderne sont qualifies dedpasses ou ne correspondant plus des conditions denvironnement transformes17.

    II.3 Nous prsenterons brivement dans ce chapitre les principales caractristiques de la dfinition

    que nous avons expose en introduction, en nous efforant tout particulirement de faireapparatre les liens qui rattachent ces grands traits mais aussi darriver une prsentationde la bureaucratie comme forme de domination spcifiquement moderne, dont la gense nedcoule pas seulement de certaines conditions dtermines18 mais constitue aussi pour Weberle germe de ltat occidental moderne19.

    4 (1) Lorsque Weber dcrit ltat comme une entreprise institutionnelle politique ,lassociation des mots institution et entreprise vise dans un premier temps la dure et lacontinuit20; simultanment, le caractre dentreprise de ltat moderne renvoie au fait quaufond, sa nature est parfaitement identique celle de la fabrique et, pour ce qui concerne lerapport de domination existant dans chaque cas au sein de lentreprise, prsente un autrepoint commun structurel dans la concentration des moyens objectifs de lentreprise entreles mains de lentrepreneur ou du matre politique21. Pour caractriser plus prcisment lanotion dinstitution, dont les caractres, nous lavons dj signal, sont emprunts lconomieconceptuelle juridique de cette poque, on fait appel aux lments de dfinition, pas tout faitidentiques, prsents dans lessai sur les catgories et dans les Concepts fondamentaux de lasociologie22. Linstitution, en tant que forme de socialisation constitue sous forme daction,se distingue selon les principes des Concepts fondamentaux par une cohsion rgule (verslextrieur) de manire rationnelle, ainsi que par des ordres dots dun statut rationnel quisont octroys la personne soumise au pouvoir de linstitution (participants contraints),cest--dire imposs sur la base de lexpectation que suscite laccord23. Le caractrede domination et de contrainte est certes dj intgr au concept de loctroi24, mais ce nestque dans la dfinition de linstitution dveloppe dans lessai sur les catgories que Weber lefait expressment. La dfinition a explicitement recours la caractristique de lappareil decontrainte et il note son propos que celui-ci codterminerait de fait laction de ceux qui sontsoumis au pouvoir de loctroi25. Lattribut politique ajout lentreprise institutionnellerenvoie lui aussi laspect de la violence ou de la domination, sans laide desquels onne pourrait dfinir le caractre politique dun groupement26.

    5 On a dj attir lattention sur le fait que la caractristique des rglements statutaires respectantune rationalit (avec finalit) caractrise aussi le point final dune volution laquelleest soumis le thorme de rationalisation de Weber. Ainsi, les distinctions conceptuellesentreprises dans lessai sur les catgories (activit communautaire, associative et sociales, dunct, action de groupement et dinstitution de lautre) ne constituent donc pas seulement unestructure de relation logique, mais renvoient aussi simultanment une relation qui volue aucours de lhistoire et qui exprime le degr spcifique du potentiel social de rationalisationquils reclent27.

    6 (2) En nommant explicitement la direction administrative dans cette dfinition de ltat, Weberse rattache aux dfinitions du groupement et de la domination28, o il vise explicitementlaspect de linstauration par la force des ordres de groupement ainsi que le caractre de

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    domination qui sattache une relation sociale ferme vers lextrieur. Lorsquil attireprcisment lattention29 sur le fait que les membres de la direction administrative sedistinguent par une attitude interne spcifique face la direction du groupement, ce sontles hypothses fondamentales de la sociologie wbrienne de la domination qui entrent en jeu.Il est facile de les dcouvrir si lon considre les rflexions de Weber sur la sociologie de ladomination comme une rponse la question de Hume: Why are the many governed bythe few? On voit que la domination du petit nombre sur le grand nombre repose sur leurcapacit suprieure dorganisation, qui consiste notamment dans ldification dune directionadministrative et dans la aptitude en disposer; mais elle tient aussi au fait quils sont capablesdveiller et de maintenir la foi dans la lgitimit (Rechtmigkeit) de leur domination enpremier lieu auprs des membres de la direction administrative, mais aussi chez les domins.Sil sajoute, au pilier extrieur dune domination (cest--dire une direction administrative),des motifs de justification internes, celle-ci se rvle incomparablement plus stable quunedomination qui nest pas capable dhonorer sa prtention la lgitimit30.

    7 (3) Avec la caractristique, particulirement mise en valeur, du monopole de la contraintephysique lgitime31 pour la mise en uvre des organisations, Weber souligne une nouvellefois que ltat moderne (tout comme les groupements politiques ou les communautspolitiques qui le prcdent historiquement32) est un rapport de domination de lhomme surlhomme tay sur le moyen de la violence [Gewaltsamkeit]33, ceux qui sont soumis ladomination considrant lutilisation de la violence comme lgitime34. Il faut appeler, avecHermes35, que Weber ramne au charisme militaire le monopole (lgitime) de la violence et lacomptence (lgitime) dicter des statuts36. Lorsque tous deux monopole de la violence etcapacit dtablir un statut sont donns, le groupement politique devient tat, qui garantit lavalidit de ses organisations statutaires en mettant en uvre la violence lgitime. Cela renvoiesimultanment la fonction37 cratrice dordre exerce par la violence, de la mme manireque tout ordre social engendr par la force a besoin de la force pour limiter sa force. Toutprojet dordre est soumis ce cercle vicieux de la matrise de la force: lorganisation sociale estune condition ncessaire de lendiguement de la force la force est une condition ncessairedu maintien de lorganisation sociale38. Pour ltat moderne, il est aussi caractristique,dans le contexte de la question que nous venons de soulever propos des limites que londoit apporter la force institutionnalise, quil nexiste de violence lgitime que dans lamesure o lordre tatique la permet ou la prescrit39. Ltat moderne est ainsi un tat dedroit, ce que Weber souligne par la formule selon laquelle aujourdhui, la contrainte juridiquepar la force est le monopole de linstitution du droit40. Puisque Weber parle de droitlorsque les ordres statutaires sont garantis de lextrieur par la force41 (direction contraignante),et quil parle, en cas dexistence factuelle dune [] force (de commandement), si lescommandements de celle-ci sont aussi respects dans les faits, dune domination, qui, poursa part, est en qute de lgitimit42, la domination et le droit sont, du point de vue catgoriel,lis lun lautre par le biais de la lgitimit43. Si, en outre, le concept de domination44

    na pas pour seul but le respect effectif dun commandement, mais exige que les dominsfassent du contenu du commandement, au nom du commandement lui-mme, la maximede leur activit et lacceptent comme norme en vigueur , ce nest pas seulement decette manire une acceptation gnrale du rapport de domination (petite lgitimit), quiest postule, mais aussi une comprhension45, telle quelle sexprime en particulier dans lanotion de prsentation de la norme dans lessai sur Stammler46 et dans le conceptde validit de lessai ou du fragment de texte Die Wirtschaft und die Ordnungen47 48.Dans cette optique, les commandements indiquant lexercice de la domination apparaissentcomme des maximes, dans le sens de rgles considres comme obligatoires ouexemplaires et qui font office de motifs de dtermination factuels de lactivit humainerelle. Selon Weber, conformment au concept de validit, y sont associs un devoirou lide dune obligation qui agit durablement sur ces motifs de dtermination etaugmente ainsi la probabilit dorientation sur des maximes que lon peut expliciter (sur

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    des ordres statutaires ou sur le droit) et, pour finir, sur leur respect49. On peut doncaffirmer que le groupement politique nest pas seulement le domaine de validit empiriquede commandements accepts de manire normative (= domination) mais aussi le domainedaction empirique de normes garanties par la contrainte (= droit)50.

    8 Comme toute direction administrative, la bureaucratie moderne se distingue par le fait quuncercle de personnes [] habitu obir aux ordres de chefs se tient en permanence disposition et se rpartit lexercice de ces pouvoirs de commandement et de contrainte quiservent au maintien de la domination (organisation) 51. Ce qui vaut pour les dominssapplique tout particulirement aux bureaucrates: sils obissent aux ordres, cest notammentparce que la validit (de ce) pouvoir de commandement sinspire de lide de lexistencedun ordre considr comme obligatoire et exemplaire (lgitime) cest--dire, dans lecas de ltat moderne, dun ordre (de droit) pos de manire statutaire et rationnelle, et auquelsont aussi soumis les dominants eux-mmes. Cela apparat aussi dans lactivit administrativedes bureaucrates qui satisfont au devoir objectif de leur fonction et sans considration depersonne exercent de manire rigoureusement formaliste, en fonction de rgles rationnelles et, lorsque celles-ci font dfaut, en fonction de points de vue lis la fonctionnalit concrte52

    -les affaires lies leurs fonctions. Pour cette raison, dans le quotidien de ladministration,pour autant que celle-ci se rapproche du type de la domination lgale53, la violence, commemoyen de domination, est remplace par le procd juridique, bureaucratique, et devient parl-mme invisible54.

    9 Dans sa critique dune lecture, reprsente par Renate Mayntz55, du type de bureaucratiewbrien, Tyrell indique que lactivit bureaucratique en tant que telle, ds lors quelle est,de manire primaire, programme sous forme conditionnelle, ne procde pas de maniretypique en fonction de la rationalit de la finalit 56. La programmation conditionnelle,dans lesprit dune succession de conditions et de consquences, nest pas seulement le codersumant la succession de lordre et de lobissance57, mais aussi la succession prescrite deltat de fait et de la consquence juridique. Cest pourquoi Weber utilise, et ce nest pas parhasard, limage de lautomate du droit, qui sapplique certes au juge, mais est galementutilisable pour le fonctionnaire de ladministration, automate dans lequel on insre, enhaut, le fait et ses cots, afin quil recrache en bas le verdict et les motifs58. Limage dedistributeur de droit ou darticles de lois fait penser aux juristes de ladministration forms luniversit, tel que les a notamment produits lAllemagne59. Elle vise aussi le spcialistehumainement impartial, et donc rigoureusement objectif60 qui dcide selon des rglescalculables universelles et quil faut ainsi considrer interchangeable par principe, parceque nimporte quel fonctionnaire form dans sa discipline fonctionne de la mme manire,dautant plus que le formalisme sinscrit dans lessence de toute formation juridique, ycompris celle des juges et des fonctionnaires dadministration, si lon ne veut pas cultiverlarbitraire61. Limage du distributeur de paraphes, appliqu la bureaucratie moderne, serapporte toutefois aussi au fonctionnement prcis, univoque, linaire, toujours li desrgles et donc prvisible de lexcution bureaucratique des [] affaires administratives62 ;cest la raison pour laquelle Weber conserve aussi lancienne mtaphore de la machine63 oude la mcanisation64. La mcanisation, dans ce contexte, renvoie moins luniformit delactivit commande65 quau dressage mcanis et linsertion de lindividu dans unmcanisme auquel il ne peut chapper et qui le force suivre66 la fois en tant quecause et consquence de la discipline, dont, aux yeux de Weber, la bureaucratie passe pourlenfant le plus rationnel, notamment en raison de son objectivit imperturbable, cequi la rend en mme temps vulnrable la tentation de se mettre la disposition de toutpouvoir qui rclame son service67. linverse, la machine bureaucratique, comme nimportequelle autre, engendre galement des contraintes dadaptation dune nature particulire, aussibien chez les bureaucrates eux-mmes que chez ceux qui dpendent de leurs prestations,notamment dans le domaine de la prvoyance. Ceci est aussi favoris par linclination desfonctionnaires traiter dans un sens matriel et utilitaire les tches dadministration qui sont

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    les leurs au service du bonheur des administrs68, tches qui rpondent aux revendicationsdes catgories dfavorises. Dune manire gnrale, la bureaucratie peut perdre son caractreinstrumental de servante de la politique et gagner en autonomie, dans la mesure oelle parvient se soustraire la prtention de la politique diriger, en sappuyant sur sesconnaissances spcialises et fonctionnelles par principe suprieures69. Cela dit, la bureaucratiemoderne se distingue justement par une srie de mesures prventives qui visent toutes assurer son caractre instrumental: les fonctionnaires sont ainsi avant tout coups des moyensdadministration et ne peuvent prtendre tre propritaires de leurs fonctions. Il faut toujoursse rappeler que Weber adopte une attitude ambivalente lgard de la bureaucratie moderne.Dune part, il accorde la domination rationnelle lgale (dont la bureaucratie serait le type leplus pur) la capacit de principe de transformer et de varier ses rgles. Cette aptitude placeltat moderne en situation de maintenir lappareil bureaucratique flexible et adaptable dansdes conditions gnrales en changement ce qui est du reste aussi lune des conditions pourque ltat en formation puisse se librer des liens du traditionalisme70. Dautre part, Weberparle galement des stratgies opposes des bureaucrates, visant dfendre leurs acquis et refuser dapprendre, dont de nombreuses tudes empiriques sur la bureaucratie ont depuisdmontr lexistence dans une prtendue rfutation de Weber 71. La revalorisation dela rationalit matrielle que lon peut observer en mme temps est la fois la cause et laconsquence dune autonomisation de la bureaucratie, qui dans la mesure o sa rationalitformelle sabsolutise retombe dans des modles pr-rationnels72. Cela ne semble donc pastre un hasard si la bureaucratie de Kafka, qui prsente ce type de traits absolutistes ,rpond ne serait-ce que pour cette raison aux caractristiques traditionnelles de la bureaucratiepatrimoniale73 ou si des organisations bureaucratiques (administration des cadres)74 de lancienbloc de lEst ont plutt t considres la lumire du type de la bureaucratie traditionnelle75.Limage kafkaenne de la bureaucratie comme appareil technique ayant tendance intgrertoujours plus largement des aspects de notre existence autrefois [] grs de manire libre etnaturelle, les aspirer dans ses chambres, casiers et sous-casiers76 est facilement compatibleavec les visions quavaient Alfred et Max Weber dune machine bureaucratique que loncroit capable, dans certaines conditions, de fabriquer lhabitacle de [la] servitude des tempsfuturs77. Pareille gyptisation de la socit mene de manire rationnelle semble pourWeber se situer dans le domaine du possible dans la mesure o pour les sujets devenushommes dordre78, une administration aux mains de fonctionnaires, une administrationet une intendance bonnes du point de vue technique, autrement dit rationnelles, [sera] luniqueet ultime valeur [qui] dcidera de la manire dont leurs affaires doivent tre menes79.

    10 Outre les consquences de la bureaucratisation que nous venons brivement daborder, Webertraite avant tout des conditions de sa gense et de ses tendances la propagation. Labureaucratie comme phnomne moderne est apparue en Occident en mme temps quuneconomie montaire et quun capitalisme en formation80, lequel avait intrt obtenir lascurit du droit et la prvisibilit, deux qualits qui favorisent leur tour ce capitalisme et quela rationalit formelle de la bureaucratie et du systme de droit (qui lui correspond) est le mieux mme de garantir81. La cration darmes permanentes (sur le continent)82 et ladministrationfiscale ncessaire leur financement83 ont tenu une part considrable dans la constructionet lextension dun appareil moderne dadministration et de fonctionnaires84, une techniqueavance dans le domaine de linformation et des transports et, dune manire gnrale,lextension quantitative et qualitative considrable des missions de ltat85, notamment dansle domaine de la prvoyance86. Selon Weber, la bureaucratie moderne doit son triomphe sa supriorit technique sur des formes pr-modernes de ladministration, ou des formesdexercice honorifique de celle-ci87. La bureaucratisation universelle et inluctable88 neconcerne pas seulement des entits, comme les partis (de masse)89 et les administrationslocales90, mais aussi des pays comme lAmrique qui, jusqualors, ne connaissaient pasde corps de fonctionnaires forms et professionnels91. Dans ce contexte, Weber parlemme dune europanisation de lAmrique 92 ; il estime que toute dmocratie dun

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    grand tat , y compris donc la dmocratie amricaine, se dveloppera pour devenir unedmocratie bureaucratise de la mme manire que le socialisme rationnel93, en tantqualternative technique au capitalisme rationnel94, ne reprsente quun surcrot debureaucratie.

    III.11 Le modle de bureaucratie souvent cit de Weber, et pour la construction duquel il a utilis

    des publications sur la bureaucratie prussienne95, prsente les caractristiques suivantes:

    1. Les affaires administratives sont organises la manire dune entreprise ,elles sont excutes de manire linaire et selon des rgles fixes. La directionadministrative saccomplit selon des rgles abstraites ( statutaires ) qui rendentlaction administrative impersonnelle, mais plus calculable;

    2. les affaires administratives sont organises selon le principe de la division du travail,selon des comptences fixes96 qui

    3. sont intgres dans une hirarchie administrative;4. les moyens de ladministration et du fonctionnement ne sont pas la proprit personnelle

    des bureaucrates,5. et le dtenteur dune fonction ne peut pas se lapproprier.6. Le principe en vigueur est celui de larchivage des dossiers [Aktenmigkeit] (rgle de

    lcrit).7. Les membres dune direction administrative ainsi caractrise nobissent quaux

    devoirs de leur charge et sont soumis une discipline administrative et des contrlesrigoureux et homognes. Ils sont recruts sur la base dune qualification professionnellequi suppose une formation particulire et qui est atteste par des examens (diplmes)97.Le fonctionnaire spcialis exerant sa fonction comme profession principale estnomm, et employ par contrat; il est tenu une obligation de fidlit envers sa fonction,dont la signification est souligne par des particularits analogues des privilges: unposte garanti vie, un ddommagement prenant la forme dun traitement, la perspectivedune carrire en fonction de lanciennet ainsi que la perspective dune assurancevieillesse (pension)98.

    Les caractristiques numres ici composent une construction idaltypique. Il sagit doncdune formation de pense de nature heuristique. On nglige souvent cet aspect, peut-treaussi parce que les propos de Weber sur la bureaucratie moderne ont, dans la partie anciennede la sociologie de la domination et dans ses textes politiques, plutt un caractre descriptif,des analyses historiques et structurelles sy mlant aux perspectives sociales globaleset internes lorganisation 99. Si lon accepte que lidaltype est au service dun intrtheuristique concret100, cette construction devient un instrument (de connaissance). Cela devientclair si lon se rappelle que lorganisation rationnelle de ladministration et du travail sontpour Weber des structures centrales de la civilisation occidentale moderne. La rationalisationformelle et lexistence dun type dhomme spcialis101 renvoient une objectivation de ladomination des hommes sur les hommes, qui reprsente quant elle la spcificit dune culture centre sur la matrise du monde et non sur ladaptation au monde 102

    (perspective de comparaison historique et perspective sociale globale)103. En ce sens, il existeun lien manifeste avec la thorie wbrienne de la rationalisation, laquelle se rapportent, ilest vrai, aussi bien sa sociologie de la domination que son modle de bureaucratie. Si lon serfre la problmatique que Weber a formule dans son Avant-propos:

    Quel enchanement de circonstances a conduit ce que lOccident prcisment, et lui seul,ait vu apparatre sur son sol des phnomnes culturels qui se sont inscrits dans une direction dedveloppement qui a revtu [] une signification et une validit universelles104,

    et si lon se rappelle que Weber compte au nombre de ces phnomnes culturels, entre autres,les fonctionnaires spcialiss, ladministration moderne (rationnelle) et ltat moderne105, onpourrait parfaitement comprendre que si lon dsire traiter la problmatique mentionne plushaut en tenant compte du phnomne de civilisation quest la bureaucratie moderne, il faut

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    mener entre autres une analyse orientation comparative de la bureaucratie moderne et desformes pr-modernes de lactivit administrative, et lon a besoin pour cela dinstrumentsappropris qui permettent de dmontrer la diffrence postule du niveau de rationalit. Danscette mesure, le modle de la bureaucratie reprsente le type de bureaucratie rationnelle auquelon oppose, sous forme comparative (perspective structurelle), une forme pr-rationnelle(patrimoniale) de la bureaucratie106 ou des types alternatifs du point de vue structurel (commeladministration par les notables), afin de pouvoir classer des formes historiquement existantesde lactivit rationnelle dans la catgorie du plutt rationnel ou du plutt non-rationnel107.Comme pour toute comparaison, on augmente le gain de connaissances, mais les propos ainsiobtenus ne peuvent pas tre absolutiss, comme cest assez souvent le cas dans lutilisation dela citation qui suit. La supriorit de la bureaucratie moderne est en quelque sorte relativisedelle-mme par la comparaison:

    Un mcanisme bureaucratique pleinement dvelopp se comporte leur gard [cest--dire lgard des autres formes, N.d.l.A.] exactement comme une machine lgard des typesnon mcaniques de production de biens. Prcision, rapidit, univocit, principe de larchivage,linarit, discrtion, homognit, subordination rigoureuse, conomies de frictions, de cotsobjectifs et personnels sont ports loptimum dans le cas dune administration rigoureusementbureaucratique, et spcifiquement: monocratique, exerce par des fonctionnaires individuels, parrapport toutes les formes dexercice collgial, honorifique ou comme activit secondaire108.

    12 Si le patrimonialisme politique fonctionne comme type contrastant au niveau de la perspectivestructurelle, il peut aussi servir de point de dpart pour un mode dobservation historiquepratiqu la lumire de la thorie de la rationalisation et qui, de manire analogue laproblmatique formule par Weber dans son Avant-propos, sinterroge sur lenchanementde circonstances grce auquel ltat patrimonial a pu bnficier, en Occident, dopportunitspour devenir un tat rationnel109. Sur la base de la partie ancienne de la sociologie de ladomination, de celle des travaux consacrs par Weber lthique conomique des religionsuniverselleset laide de sries de concepts idaltypiques 110 de types fondamentauxtraditionnels ou de types de formes particulires (ville, hirocratie), on peut reconstituer desstades dvolution idaltypiques de la patrimonialisation en Occident, par contraste avec desstades dvolution dans les empires moyen-orientaux111, afin de faire comprendre ainsi lavraisemblance de linvraisemblable: la formation moderne de ltat112. Un double rle semblechoir aux sries de concepts idaltypiques. Dune part, elles servent comprendre lematriau historique traiter ; dautre part, on peut grce elles et des fins heuristiquesconstruire des volutions sur le plan de lidaltype113. Il sagit dun procd recevable, selonWeber, pour autant que lon ne mlange pas thorie et histoire, que lon ne les confondepas et a fortiori que lon ne combine pas la construction idale dun dveloppementet la classification conceptuelle didaltypes de certaines structures culturelles [] en uneclassification gntique et que la srie des types qui en rsulte napparaisse pas commeune succession historique de types obissant la ncessit dune loi114.

    13 On devrait prsent avoir clairement compris que le modle de bureaucratie de Weber estconstruit en fonction de la problmatique qui lintresse particulirement au sein des sciencesde la culture: celle de la rationalit spcifique lOccident115, qui est caractrise par une sriede phnomnes culturels propres celui-ci. Ne pas en tenir compte conduit des malentenduset des erreurs dinterprtation. Il arrive assez frquemment que le modle bureaucratiquesoit aussi prsent comme une description exacte de la ralit , parce que certains deses caractres permettent de dcrire les structures dorganisation de ladministration publiqueou des principes traditionnels de la fonction publique professionnelle. Cest mconnatre lafonction de lidaltype, comme aussi son application prescriptive dans lesprit dun modle dela manire dont il faudrait modeler certaines organisations. Ce qui, en revanche, correspond la fonction de lidaltype, cest la procdure propose pour le travail historique proprementdit, et que Weber lui-mme a toujours respecte : dterminer (dans chaque cas particulier)combien la ralit se rapproche ou scarte de ce tableau idal116. On pourrait citer commeexemple, en portant son regard vers les tats-Unis dune part, llection des fonctionnaires par

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    les domins117, dautre part laffirmation selon laquelle, en Prusse, la noblesse est parvenue affirmer sa position dominante et dsactiver les rgles dune carrire et dune promotionau mrite118, ce qui conduit, dans les deux cas, entreprendre des coupes dans le niveau derationalit pos comme aune par lidaltype. Dune manire gnrale, il faut accepter lideque des phnomnes tels que la bureaucratie cooprative, qui ne rgne pas mais ngocie,doivent tre considrs comme un passage lirrationnel119 dans le cadre de rfrencefix par Weber, ne serait-ce quen raison de la logique de construction qui caractrise leprocessus de rationalisation, et mme si les ngociations satisfont pour leur part aux critresde rationalit120.

    IV.14 Bien que Weber oriente sa typologie de la domination en fonction de certaines diffrences

    de base dans les fondements gnraux de la validit de la domination (lgitimit),il se concentre, dans ses plus anciennes tudes de sociologie de la domination, sur lespiliers extrieurs de celle-ci, cest--dire sur la question de lorganisation et du modede fonctionnement de la domination121. Cela concerne en premier lieu le rapport entre leseigneur et la direction administrative, cest--dire entre la direction politique et lappareilbureaucratique, une thmatique dans laquelle les domins tiennent un rle marginal. La placecentrale est tenue par consquent par le secteur de ralit constitu par les confrontations entrele seigneur et la direction (lutte) pour lappropriation ou lexpropriation des pouvoirs dedomination ou des moyens administratifs, ce qui, en raison de lissue par principe incertaine decette lutte de pouvoir, permet de tenir compte de la catgorie de la contingence, hautementsignificative pour la comprhension que Weber a de lvolution historique.

    15 Lorsquil aborde la bureaucratie moderne, Weber discute du rapport tendu entre la politique(direction politique) et ladministration suivant trois thmatiques principales. Le cas idal dela (1) domination par le biais dune direction administrative bureaucratique dans laquellelappareil a un caractre purement instrumental, peut, dans le quotidien administratif et souscertaines conditions, se muter en une (2) domination de la direction administrative, ou enune domination du corps des fonctionnaires dans laquelle lappareil bureaucratique a prisson autonomie lgard de la direction politique. Enfin, il existe (3) une domination desfonctionnaires dans laquelle la direction politique nest pas entre les mains de politiciensprofessionnels traditionnels122 montrant passion, sentiment de responsabilit et sens de lamesure123, mais entre celles de fonctionnaires qui ne se proccupent pas de politique ou delutte pour le pouvoir124.

    16 Parmi les conditions structurelles qui aident assurer le primat de la politique, on trouvela sparation, constamment mise en relief par Weber, entre ladministration et les moyensobjectifs de fonctionnement et dadministration. Pour ne pas se livrer entirement lasupriorit des connaissances spcialises et lies au service, le dilettante au pouvoirinvente la solution de la formation dune direction (Stabsbildung)125, cest--dire du contrledes experts par des experts (issus de lorganisation fonctionnelle), ce qui entrane un conflitpermanent entre spcialistes et gnralistes. Il y a plus important encore que ce type decontrle: les prcautions et mesures institutionnelles laide desquelles on peut rduire lasupriorit dont dispose la bureaucratie sur le parlement en matire de connaissance, ou dontcelui-ci reoit des possibilits de contrle efficaces sur ladministration126. Concrtement,Weber pense linstitution de commissions parlementaires efficientes et lintroduction dudroit denqute127 ; dune manire tout fait gnrale, il juge ncessaire une progressionde la parlementarisation et de la dmocratisation (pour prvenir aussi une domination desfonctionnaires).

    17 Mme si, dans la bureaucratie moderne, il y a une sparation entre les fonctionnaires, dunct, les fonctions et les moyens dadministration de lautre, mme si les fonctionnaires sontrecruts selon des critres objectifs (qualification spcialise), une bureaucratie revendiquantses connaissances sur ses domaines de spcialisation, son service et ses procdures et secomportant ainsi en acteur politique, peut se drober au contrle exerc par lexcutif et

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    le parlement. Weber avait sous les yeux une volution de ce type, avec lexemple duconstitutionnalisme fictif de la Prusse et de la Russie. Ce nest pas seulement la suite deson entranement et [de] sa scolarisation spcialise et rationnelle128 que la bureaucratiea acquis un caractre inluctable sans prcdent, dautant plus que ses formesirrationnelles (bureaucraties patrimoniales), une fois tablies, comptaient au nombre desentits sociales les plus difficile dtruire129. La question de linfluence quexerce unebureaucratie moderne forme sa discipline et hautement spcialise sur la politique a toujourst un thme de la recherche sur la bureaucratie130. Mais ce nest que tout rcemment que lona men une tentative, aussi problmatique soit-elle, pour tudier empiriquement le potentieldinfluence des bureaucraties ministrielles sur la politique (cabinet, direction de dpartement;parlement)131. Mentionnons-la malgr tout brivement ici, parce que lon y opre une tentativeinstructive de distinguer trois possibilits de prise dinfluence. Dans la phase de dcisionpr-politique, la bureaucratie a la possibilit ou bien de mettre elle-mme certains thmes lordre du jour (fixation dagenda ou bureaucratic free enterprise), ou bien dinfluencerselon ses propres conceptions la mission assigne par la politique (interaction stratgique); dela mme manire, dans la phase post-politique de la mise en uvre, la possibilit de prciserles lois promulgues par des dcrets dapplication dtaills conformes ses conceptions(drifting bureaucratique). Comme la recherche sur limplmentation la suffisamment montr,ladministration excutive a la possibilit dinterprter ou de transformer son gr lavolont du lgislateur132.

    18 Weber a vcu de manire immdiate, sous la forme du Reich wilhelmien, la domination desfonctionnaires, cest--dire le fait que les positions politiques dominantes soient occupespar des fonctionnaires. On pouvait lexpliquer, pour lessentiel, par un parlementarismeinsuffisamment dvelopp qui ne se prtait pas servir de plateforme au choix des chefspolitiques, ainsi que par lexistence dune bourgeoisie qui ne dtenait pas la volont depouvoir et ne produisait pas une culture politique adapte qui aurait pu tre utile laprofession de la politique133. Parce que Weber, dune manire gnrale, appelait de sesvux une parlementarisation et en particulier un renforcement du parlement, ainsi quuneabrogation de la clause dincompatibilit de larticle 9 de la Constitution du Reich134, ildiscernait des facteurs dcisifs dont on peut rendre responsable la proportion importantede fonctionnaires dans les positions politiques dirigeantes, et dont on peut aussi dire quilsont t confirms empiriquement. Comme la montr Lang pour la France et lAllemagne(1871-2000), cest--dire pour des pays dots dune tradition tatiste marque, les membresdu gouvernement se recrutaient plutt dans ladministration lorsque la position du parlementtait faible dans la structure de pouvoir de ltat135. En dautres termes, avec le pouvoir duparlement et des partis (monta) aussi la part des hommes politiques exerant des fonctionsexcutives, qui provenaient de leur milieu136. Le lien troit entre la proportion leve defonctionnaires au sein du gouvernement et la clause dincompatibilit137 est en outre confirmpar des tudes empiriques et comparatives internationales138 et vaut tout particulirement pourle Reich wilhelmien139. En Allemagne fdrale, une fonction ministrielle est compatibleavec un sige au parlement, cest mme pratiquement la rgle, de la mme manire que lechancelier fdral est lu par le parlement. Dans cette mesure, le parlement a gagn uneimportance considrable pour ce qui concerne le recrutement de membres du gouvernement140,et linverse le passage de positions administratives dlite vers la politique est extrmementrare141.

    19 Cest contre la domination des fonctionnaires et la politique bureaucratique qutaient orientes les revendications wbriennes142 introduction du suffrage universelgal, parlementarisation mais aussi sa proposition visant faire lire les chefs politiquespar plbiscite afin de faire contrepoids une bureaucratie toute puissante dont il taitconvaincu du caractre inluctable et de la capacit survivre. Il se trouve cependant quecest justement le concept wbrien de la domination charismatique des chefs que lon nacess de critiquer. Des interprtes minents de Weber, comme WolfgangJ. Mommsen, ontmme jadis affirm quil avait contribu donner au peuple allemand la volont mentale

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    dacclamer un chef, et donc aussi, dans cette mesure, Adolf Hitler143. On a cependant pulire depuis, chez Mommsen, que derrire la construction unilatrale et maints gards tropaccaparante de la dmocratie plbiscitaire du chef [plebiszitre Fhrerdemokratie] setrouve galement le motif du maintien possible dun ordre libre dans un monde qui tend la ptrification144. Mommsen sest ainsi rapproch de la position de Breuer, pour lequel leconcept de la dmocratie plbiscitaire des chefs ne se situe pas dans une continuit avec lenational-socialisme, mais reprsente au contraire la tentative aussi problmatique soit-elle de domestiquer les tendances charismatiques de la dmocratie de masse moderne145. Alencontre de la sociologie wbrienne de la domination dans sa formulation tardive, on peutcependant argumenter avec Mommsen que mme si elle se donne encore pour neutre dansde vastes domaines, elle prsente cependant des tonalits politiques qui refltent effectivementles expriences contemporaines (phase de naissance de la Rpublique de Weimar), maisqui sont galement issues de la philosophie pessimiste de lhistoire de Weber. Celle-ci estperceptible dans lide que seule une figure de chef dote de charisme pourrait retenir, voireempcher le remplacement ou ltouffement de la politique par des objectifs et des routinesdirigs par la bureaucratie.

    V.20 Si lon jette un regard sur la longue liste des textes consacrs au New Public Management

    (NPM), il semble que lon ait assign au modle wbrien de bureaucratie le rle de faireressortir, comme un modle contrastant, la supriorit et la contemporanit du concept deNPM146. Ses caractristiques sont pourtant aussi trangres la ralit que le modle debureaucratie idaltypique de Weber, parce quelles restituent les intentions dune philosophiede la rforme147. Si, en revanche, lon fait appel des tudes sur la recherche europenne,lon a une opinion inverse sur la possibilit dy intgrer Weber. Lepsius interprte ainsi lesrflexions de Weber sur la bonne forme institutionnelle donner la relation entre parlementet gouvernement, entre bureaucratie et direction politique, entre efficience et dmocratie la fin de lempire de Guillaume II, comme un programme danalyse des institutions et dela politique des institutions148, qui peut aussi sappliquer la construction et lextensionde lUnion Europenne. Lintrt que Weber prsente pour nous repose sur lactualit deses problmatiques et sur la base mthodologique de ses propositions pour une solutiondu problme149. Le programme de Weber pour une rorganisation de lAllemagne sur labase dune thorie des institutions contenait des propositions en vue dun ordre institutionneldans lequel, dune part, dans la mise en uvre de certaines proprits du systme unedomination du parlement pouvait fixer des limites une domination de la bureaucratie eto, dautre part, en cas de conflits dintrt, on garantissait la capacit de prendre unedcision. Mais si lon garantissait la pluralit des intrts et lacceptation des conflits, unepoursuite consistante et long terme de valeurs spcifiques150 semblait toutefois possible;on devrait ds lors procder de manire analogue pour le modelage de lUnion Europenneet se demander quelles comptences devaient tre confies quel organe, par le biais dequelles possibilits ces comptences devaient tre contrles et les nouveaux ordres europenslgitims, et quelles consquences vraisemblables ces ordres devraient sattendre.151 Avecce recours Weber sur le plan de la thorie des institutions, mais aussi avec cette conception,qui se rfre elle aussi lui, visant considrer lUnion Europenne sociologiquementcomme un groupement de domination (europen et en devenir) 152, Lepsius a montrque lon peut analyser lUnion Europenne en utilisant Weber, mme si son modle debureaucratie ne correspond pas la forme de direction administrative existante,laquelle sedistingue par des directions composes de fonctionnaires multinationaux engags dans unecoopration internationale durable et disposant en outre de structures de communication etde coordination informelles particulires153. Lactualit de Weber tient avant tout la questionquil pose: celle des conditions structurelles complexes qui tendent encourager une prisedautonomie de ces groupements de fonctionnaires, augmentant ainsi considrablement leschances dune politique bureaucratique (dans le sens dune domination du corps des

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    fonctionnaires) dans le quotidien de ladministration. Pour simplifier, on peut mentionner lessuivantes conditions structurelles gnrales dune politique bureaucratique dans le cadrede lUnion Europenne. Le premier niveau des commissaires (collge des commissaires),avec leurs cabinets (dots dune fonction de direction), a en dessous de lui un deuximeniveau de lappareil dadministration et des fonctionnaires (directions gnrales ; services)que lon peut dcrire au mieux laide de caractristiques qui correspondent aux principesstructurels traditionnels des organisations administratives bureaucratiques154. A un troisimeniveau sest form, avec le nombre incalculable des commissions, une bureaucratieparallle155 constitue de rseaux administratifs et dinstances intertatiques gres par desfonctionnaires (bureaucratie de fusion)156 qui ne se plient pas aux structures bureaucratiquestraditionnelles. Dans ces rseaux horizontaux [], les reprsentants du gouvernementsont au contraire intgrs, avec la participation de groupements privs et dexperts, dansun cadre de contact et de communication dlimit sur le plan institutionnel, continuel etlargement informel, qui dissout la structure tatique traditionnelle des espaces de comptencechelonns hirarchiquement et prsentant une imputabilit relativement transparente dela responsabilit et de la comptence 157. ce troisime niveau, dans le pass commeaujourdhui, est aussi accumul le savoir spcialis, de service et de procdure, cest lque lon collecte et produit le savoir 158, dautant plus que par le biais des rseauxdadministration intertatiques (Wessels) qui y sont disponibles, on peut faire appel auxstocks dinformation des acteurs nationaux159, de telle sorte que cette supriorit [] enmatire de savoir (Weber) permet une politique bureaucratique mene en bonne partie lcart du parlement:

    chappant peu prs lobservation du public, lombre de tous les contrles politiques etdmocratiques, traverss par une philosophie (ou une idologie) managriale et technocratiquede rsolution des problmes, accessible aux pressions dintrts organiss, notamment no-corporatistes, ce sont presque exclusivement des fonctionnaires et des eurocrates, avec laparticipation dexperts scientifiques discrtement coopts au sein de petits aropages informels etopaques, qui prennent les dcisions sur des questions sociales et politiques de grande porte []dans lespace dintgration europen.160

    VI.21 Pour terminer cet aperu consacr ltat et la bureaucratie chez Weber, il faut

    rappeler avec Lepsius que la sociologie de Weber associe lactivit sociale des acteurs la structuration de la coordination de laction et aux contextes du sens donn par sesorientations161. Selon Lepsius, on ne doit cependant pas considrer cette tridimensionnalitcomme une analyse plusieurs niveaux:

    lactivit sociale se droule au contraire au niveau des acteurs [], dans des contextesdactions structurs et se rfrant des valeurs; le niveau de la coordination de laction pardes rgles, des organisations, des groupements et des institutions se rfre toujours aux contextesqui apportent une lgitimit au niveau du sens et lactivit sociale dacteurs; le niveau desvaleurs culturelles regroupe des combinaisons multiples dides de valeur dans une slectionextrmement diverse, en tant quorientations de laction et lgitimations dorganisations.162

    Dans cette mesure, Weber, avec ses concepts, veut apprhender des processus et non des entitscollectives, raison pour laquelle on lit aussi dans lessai sur les catgories, en termes concis etramasss: Pour la sociologie, il ny a, derrire la notion dtat [], que le droulementdune activit humaine dune espce particulire163. Weber a expliqu ce quil entend par ldans une lettre Robert Liefmann le 9mars 1920, en linformant par ailleurs de sa volont demettre un terme lactivit ininterrompue qui travaille avec des concepts collectifs:

    La sociologie ne peut elle non plus tre pratique quen partant de lactivit du, ou des, quelquesou nombreux individus, cest--dire de manire strictement individualiste dans la mthode[]. Ltat, dans le sens o lentend la sociologie, nest que la possibilit que certaines espcesdactivits spcifiques aient lieu, lactivit dindividus dtermins. Rien dautre []. Llmentsubjectif, ici, est le suivant: lactivit est oriente vers des valeurs dtermines. Lobjectifque nous les observateurs portions ce jugement: il existe une chance que cette activit, orientesur ces valeurs, existe. Si elle nexiste plus, ltat nexiste plus164.

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    22 Un tel concept processuel de ltat, centr sur des orientations daction dtermines165, esttaill la mesure de transformations la fois conscientes et induites par des changementsde signification166, de telle sorte que mme des transformations radicales qui dnotent unemodification du rle de ltat167 peuvent ainsi tre apprhendes par son intermdiaire.La cristallisation presque exclusive de lintrt sur le modle de bureaucratie wbrien apratiquement empch que lon prte attention sa conception de ltat, centre sur laction.

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    Notes

    1 Weber, WuG, p.29 [E&S, p.97]. Dans les commentaires de cette dfinition, Weber dit explicitementque ce concept de ltat vaut pour ltat moderne entirement dvelopp (ibid., p. 30). Weber lui-mme indique (ibid., p. 636 ; MWG I/22-4, p. 411) que le concept moderne de ltat nest pasapplicable des formes pr-modernes de structures politiques (par exemple : fodalisme, tat desordres [Stndestaat] ), mme sil utilise de manire trs libre le concept d tat . Voir Breuer(1993), p.207. Parmi les autres textes illustrant son concept de ltat, citons MWGI/17 (Politik alsBeruf), notamment p.157-160, p.162sqq., p.166sq.: [] que ltat moderne est un groupement dedomination de type institutionnel (anstaltsmig) qui sest efforc et a russi monopoliser, lintrieurdun territoire, la violence physique lgitime comme moyen de domination, et qui a rassembl cettefin entre les mains de ses dirigeants les moyens matriels de lentreprise, tandis quil expropriait tous lesfonctionnaires qui, en vertu des droits propres des tats (Stnde) disposaient jadis de faon autonomede ces moyens, et quil sest mis leur place au sommet de ltat. [trad. de C.Colliot-Thlne, SP,p.127sq.]. galement : MWGI/15 (Parlament und Regierung im neugeordneten Deutschland),p.450-454, 460-467 [trad. fr.: OP, p.307sq.];MWGI/16 (Deutschlands knftige Staatsform). Parailleurs: WG, p.289sqq., GARSI, p.3sq. (Vorbemerkung): Dune faon gnrale, ltat au sensdune institution (Anstalt) politique dote dune constitution tablie rationnellement, dun droit fixrationnellement et dune administration conduite par des agents spcialiss conformment des rglestablies et rationnelles, cest--dire des lois. [SR, p.492sq.]. Cf. ibid. (Einleitung), p.267sq.,272sq.; MWGI/19, p.119sq., 124sq.; GARSI (Zwischenbetrachtung), p.547sq. [trad. fr.: SR,p.410-460]; MWGI/19, p.491sq.2 Anter (1996), p.13.3 WL, p.466sq. [ETS, p.325sq.].4 WuG, p.429sqq.5 WuG, p.28 [E&S, p.27].6 Sur les difficults qui rsultent dune application universelle du concept de groupement politique parle principe territorial intgr la dfinition, voir Hermes (2003), p.90. Sur la signification du principeterritorial lgard du concept de politique, voir Tyrell (1999), p.283.7 WuG, p.28 [E&S, p.27]; WL, p.468sq. [ETS, p.330]. Il faut rappeler, avec Hermes (2004), p.222sq.,que chez Weber, lordre reprsente un concept gnrique dont le droit est considr comme une sous-espce. Voir WL, p.445, note1 [ETS, p.354]. Les institutions statutaires de ltat (rationnel) sont,de ce point de vue, du droit. Sur la problmatique associe au concept dordre: Anter (2004), p.86sqq.8 WuG, p.449: Depuis la rvlation charismatique de nouveaux commandements, le chemin le plusdirect de lvolution mne, via limperium, la cration de droit par le statut convenu et octroy.9 WL, p.440 [ETS, p.347] ainsi que Gephart (1990).10 WL, p.440 [ETS, p.347]; WuG, p.6sq. [E&S, p.39sq.].11 WL, p.466 [ETS, p.386].12 Mayntz (1968); Derlien (1989). Ce que lon appelle la thse de lefficience est rpandu, voirpar exemple Beetham ([1987], p.14sqq.) qui crit ce propos: Weber believed that the definingcharacteristics of bureaucracy were also necessary conditions for administrative or organizationalefficiency. En rgle gnrale, on prsente aussi le modle de la bureaucratie comme un prototype deschma de la fin et des moyens. Voir Hoffmann (1981). Kieser (1999) est une exception, entre autres

  • tat moderne et bureaucratie moderne chez Max Weber 21

    Trivium, 7 | 2010

    parce quil prsente parfois les unes ct des autres, sans les lier, des interprtations fort diffrentesmises par des experts de Weber.13 Hermes (2005); en se rfrant Schnberger (1997).14 Hermes (2005), p.18-21; Schnberger (1997), p.21-120, ainsi que dj Speer (1978), p.37-41.galement Mayer (1908), p.53sq., 68-70. Pour les juristes dont il est question dans le texte, le pouvoirde volont de ltat est toujours un pouvoir de domination. La conception monocentrique, focalisesur le pouvoir dtat comme centre de volont dominatrice concrtisait ltat [] dans lactivitorganique de mise en ordre et dadministration mene par les organes de ltat incarnant le pouvoirdtat (Herms [2005], p.19; ainsi que Hanke [2005], p.4sq.) Voir aussi Stolleis (1992), p.330sq.(Mthode juridique et thorie constitutionnelle du Reich); galement Ellwein (1990). Lapprochede Laband suscita des oppositions. Otto von Gierke et Fritz Stoerk, notamment, critiqurent sa manirede rduire ltat au point de focalisation juridique dun pouvoir dtat exclusivement exerc du hautvers le bas (Stolleis [1992], p.345; galement Hanke [2005], p.9sq.; Boldt [2001]). Sur linfluencede Jellinek sur Weber, cf. Breuer (2004). Il faut toutefois rappeler que Weber, pour ce qui concerne sonconcept du pouvoir et de la domination (WuG, p.28, p.544; MWGI/22-4, p.135) est galement li des classiques que les ombres du Reich imprial natteignaient pas. Lorsque Gerhardt ([1996], p.18)attire lattention sur le fait que le pouvoir nest comprhensible que dans des contextes intentionnelset dit ce propos que de la mme manire quaucun pouvoir ne peut tre reprsent sans une volontagissant travers lui, la volont se dcompose elle aussi lorsquelle perd son pouvoir ; elle devientune volont impuissante et donc un simple souhait. Cette cristallisation conceptuelle sur la volont,qui caractrise chez Weber le concept de pouvoir tout comme celui de domination (comme expressionde la volont et par l-mme comme commandement), montre justement quel point il fait appelaux classiques. Pour Kant aussi, au bout du compte, la volont est un commandement (citdaprs Gerhardt (1996), p.222sq.). Laffinit lective avec Saint Augustin est tonnante (Gerhardt[1996], p.44): Le pouvoir vritable, on peut comprendre Augustin ainsi, est un pouvoir de domination(dominandi potestas). Il part dune volont et est orient sur une autre volont, ne misant sur rien dautre,en loccurrence, que sur lintelligence du soumis. tonnant aussi, le paralllisme entre la dfinition dela domination chez Weber (WuG, p.544; MWGI/22-4, p.135) et lidal dobissance des bndictins:Lacte est accompli en fonction de lobissance, lorsque la chose commande est excute; selon lavolont, lorsque celui qui obit dsire la mme chose que celui qui commande; selon lintelligence,lorsquil ressent la mme chose que celui-ci, en sorte quil considre lordonn comme tout fait bon.Et lobissance est imparfaite si, ct de lexcution, nexiste pas aussi luniformit du dsir et de lasensation entre celui qui commande et celui qui obit (Balthasar [1961], p.376). Rappelons que Weber,lui aussi, (WuG, p.544sq., MWG1/22-4, p.135sq.) tient dj compte pour la chane causale entrelordre et son excution, de lempathie, autant que de lintuition, ou mme de la persuasionrationnelle. Dans cette mesure, la dfinition de la domination (WuG, p.544; MWGI/22-4, p.135)comporte dj une sorte daccord de lgitimit. Sur le concept de domination chez Weber, cf. aussiTyrell (1980).15 Cette rduction du champ de vision conditionne par la terminologie (tat institutionnalis)pourrait galement tre mise en relief dans la critique de Weber par Knbl ([1988], p.353sq.) dans lecontexte des analyses comparatives des socits, celles de la Prusse, de lAngleterre et de lAmrique.Avec lAngleterre et lAmrique, il a consciemment intgr dans la comparaison des pays qui nont pasproduit de bureaucratie patrimoniale, mme si les premiers germes en ont exist en Angleterre (WuG,p.390, [SD, p.192], 560; MWGI/22-4, p.180).Voir aussi Herms (2003), p.185sq., 191.16 WuG, p.6 [E&S, p.42, trad. mod.].17 Hesse (1987), p.79; cf. aussi Anter (1996), p.95; Wilke (1997); Hill (1997), p.65sq.18 Schluchter (1972), p.74.19 WuG, p.128 [E&S, p.297].20 Dans les commentaires au 15 des Concepts fondamentaux de la sociologie, (WuG, p.28, alina1[E&S p.94]) Weber parle par exemple de la continuit dune activit en finalit).21 MWGI/15, p.452sq.; MWGI/17, p.163sq. [OP, p.323sq.].22 Particulirement instructifs sur ce point, les propos que lon trouve chez Hermes (2003), notammentp.84-92, 140-151, qui contrairement Breuer (1993) , ne part pas de deux notions de ltat conuesdiffremment. La divergence rsulte du fait quHermes refuse une lecture qui dduit de lessai sur lescatgories une opposition entre institution et groupement et considre plutt linstitution comme le casspcifique rationnel du groupement (Hermes [2003], p.84-91). On peut dautre part opposer Hermeslide que chez Weber, il existe aussi, ct du concept troit, moderne, de linstit