edmond de goncourt hokusai kitsune

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Hokousaï : l'art japonais au XVIIIe siècle / Edmond de Goncourt ; postf. de M. Léon Hennique ; éd. définitive publ. sous [...] Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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goncourt

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  • Hokousa : l'art japonaisau XVIIIe sicle /

    Edmond de Goncourt ;postf. de M. Lon

    Hennique ; d. dfinitivepubl. sous [...]

    Source gallica.bnf.fr / Bibliothque nationale de France

  • Goncourt, Edmond de (1822-1896). Hokousa : l'art japonais au XVIIIe sicle / Edmond de Goncourt ; postf. de M. Lon Hennique ; d. dfinitive publ. sous la dir. de l'AcadmieGoncourt. 1922.

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  • EDMOND DE CONCOURT

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    HokousaL'art japonais au xvnr sicle

    dition dfinitive

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  • Ho~usa

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  • Il a t tir de cet ouvrage

    Vingt MeMptotres sur papier da Hollande,numrots de jt

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    t-)C-simi)c du portr.~ d'Hokous.)), octognaire.

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  • EDMOND DE CONCOURT

    M~ousa~Ap~r JAPONAIS AU XVnr S!CLE

    t'

    POSTFACE DE M.LON HENNIQUE

    (de l'Acadmie Goncourt)

    DITION DFINITIVE

    publie sous la direction de l'Acadmie Goncourt

    PARISBMEST FLAMMARION

    M BMTNUR

    :6, Rue Ritctne. a6

    EUGNE FASQUELLE

    DI'fBUR

    n. Rue de Grenelle, u 1

    Tou. dr~t. d. tftdacti. d'.d.phM.t d. reproduction r~.rY.peartoat)

  • PRFACE

    L'~cAo de Paris publiait, sous ma signature, le

    7 juin i892, cet article.

    La vie littraire, en ses durets, a parfois d'ai-

    mables surprises, mais au bout de bien des

    annes.

    Cet hiver, je recevais cette lettre du Japon

    Yokohama (Hpital gnral).

    Monsieur,

    Voulez-vous permettre un jeune Franais de vous

    exprimer tout le plaisir que lui a caus Outamaro,mieux plac que tout autre pour le comprendre puisqueje suis au milieu des Japonais.

    J'avais quinze ans quand j'ai lu ~o9M~ PA~o~e~e et

    j'ai voulu tre interne, et je suis mdecin. La Maisond'un Artiste m'a fait venir au Japon. En un mot, commecette toile qui guide le marin, ignorante elle-mmedes destins qu'elle mne, vous avez eu une influence

    4ominatrice sur toute ma vie.Je vous le dis, pourquoi ne vous l'ai-je pas dit plus

  • 6 L'ART JAPONAIS

    tt, cette timidit bte qui fait qu'on est muet devantla femme qu'on aime, fait aussi qu'on renferme en soises amours littraires; c'est peut-tre la raison quifait que je n'ai jamais os aller vous rendre une seulevisite quand j'tais Paris.

    Permettez-moi de me mettre votre disposition. Jesuis au Japon, j'aime le Japon, je parle le japonais et,comme on dit dans les vieux drames Je vous suisdvou corps et me M Protez, usez de moi.

    Docteur MICHAUT.

    Cette lettre me faisait demander au docteur, sans

    grand espoir de russite, la traduction de la biogra-phie d'Hokousa tire du livre manuscrit Ouhi-

    yoy Rouik, par Kidn, complt successivement

    par Samba, Moumei, Guekkin, Kisan, Tanhiko,traduction que je n'avais pu obtenir des Japonaishabitant Paris, et je la reois aujourd'hui, cette tra-

    duction, de l'aimable docteur, en collaboration avecle Japonais Ourakami.

    Cette traduction, j'ai le projet de la faire eniMa"dans l'tude annonce en un volume sur Hokousa,mais, mon ge, on n'est jamais sr du lendemain,

    et je veux que cette tude biographique ds Vaaari

    japonais sur le grand ~artiste qui proccupe sivivement le monde de l'art europen, et qui n'aencore t ni imprime, ni traduite en franais,

  • HOKOU3A 7

    paraisse dans l'cho de Paris pour la premirefois.

    Hokousa.

    Ydo, Hokousa est, dit-on, le d'unfabricant de miroirs de la cour de 7o/;o/yaM;

    Son nom d'en fance e~ Tokitaro; plus tard, !7~changea contre celui de T'o~o.

    Il entre d'abord comme ~~c chez Katsoukawa5AMM~~ et, pour nom ~ar~~c, /Mf le nom deKatsoukawa Shunrd. L, il peint des acteurs et des

    M~M~~c~M~/e~/e~ T~oM~oM~ y

  • 8 L'ART JAPONAIS

    dit-on, cause de sa pro fonde vnration pour le

    dieu ~O~M~AM- Quant au nom de Tato,

    il l'abandonna p~~ tard son ~e~d~'e Shighno-

    bou.

    Le style appel Hekousa-riou est le style dela

    vraie peinture Oukiyoy, la peinture naturiste, et

    Hokousa est le vrai et le seul f ondateur dune

    peinture qui, prenant ses assises dans la peinture

    chinoise, cst la peinture de l'cole japonaise mo-

    derne.

    Et son

  • HOKOU8A 911

    ~CMt~' entrrent dans ~o~ atelier, et, dans ce

    temps o il y avait bien des peintres dans les villesde Nagoya, de ~'d

  • iO L'ART JAPONAIS

    de Chine. /

  • HOKOUSA'f

    presque aussitdt cette e~O~~OM /M~

  • i2 L'ART JAPONAIS

    Hokousa avait la manie de changer perptuelle-ment d'habitation et ne demeura jamais plus d'un

    ou de deux mois dans le mme endroit.

    Hokousa mourut le i3

  • HOKOUSAf 13

    manuscrit des Sances de /ca~/Mtc Royale dePeinture, provenant de la bibliothque d'un portier,ramasse sur les quais, la biographie indite deWatteau par le comte de Caylus biographie qu'oncroyait perdue et qui manque aux MMOIRES !N-DITS SUR LES MEMBRES DE CETTE ACADMIE, dite en1854. Aujourd'hui je donne pour la premire fois,dans une langue de l'Europe,la biographie inconnued'Hokousa, le plus grand artiste de l'Extrme-Orient.

    Pour la biographie de ce grand peintre de l'Ex-trme-Orient, compltement inconnue en Europe,cette brve notice tait quelque chose, mais cen'tait vraiment pas assez.

    C'est alors que, dans la patrie d'Hokousa, sepubliait par le Japonais 1-ijima Hanjr Katsous-AtAa Hokousa dn, une biographie du peintre,illustre de dessins et de portraits, contenant desrenseignements du plus haut et du plus intimeintrt.

    Or, la traduction de cette biographie japonaise,tait-ce suffisant encore pour faire connatrel'Homme et son uvre ? Non Il fallait tenir entreses mains cette uvre presque complte, et,soit au Japon soit en Europe, il n'existe cette uvre,je crois, que chez Hayashi qui, depuis nombred'annes, collectionne son peintre favori. C'est

  • L'ART JAPONAIS

    donc sur cette uvre, contenant les impressionsles plus belles, les petits livres les plus rarissimes,les illustrations des romans, en 90 volumes, les pluscompltes, les dessins les plus authentiques; que j'aipu crire cette biographie, aid de l'rudition dece compagnon de travail qui s'est mis obligeam-ment ma disposition et qui, dans de longues etlaborieuses sances o j'ai eu l'ide de lui fairetraduire les prfaces que Hokousa a jetes entte de ses albums, m'a fourni toute la documentation ne se trouvant pas dai~le Katsoushika Ho-kousa dn, ou dans le 0~ ~t~

    1 deKidn.

    VoM la dcomposihon des cinq mots OM~o~~oMtM 4~A. qui Ootte, qui est en mouvement mondedessm r~ mme espce Ad recher~e ~Et

    mem~esp:ch~=

    mme espce de choses. u

    Auteuil, 20 dcembre iM5.

    .Ep~r~DE CONCOURT.

  • 1Dans les deux hmisphres, c'est donc la mme injus-tie.e pour tout. talent indpendant du pass Voici lepeintre qui a victorieusement enlev la peinture de sonpays aux influences persanes et chinoises et qui, parune tude pour ainsi dire religieuse de la nature, l'arajeunie, la renouvele, l'a faite vraiment toute japo-naise voici le peintre universel qui, avec le dessin lePlu. vivant, a reproduit l'homme, la femme, l'oiseau,le poisson, l'arbre, la fleur, le brin d'herbe; voici lepeintre qui aurait excut 30000 dessins ou peinturer.voici le peintre qui est le vrai crateur de l'OM~d y~le fondateur de l'EcoL. vuu~ c'est--dire l'hommequi ne se contentant pas, l'imitation des peintres aca-dmiques de l'cole de Tosa, de reprsenter, dans uneconvention prcieuse, les fastes de la cour, la vie ofH.cielle des hauts dignitaires, l'artificiel pompeux desexistences aristocratiques, a fait entrer, en son uvre,

    i. Z~ J~ono.~ par GoMM. PaHs, Quantin, 1883.. Hokousa a pour prcurseur Matahei au xvn. sicle.

    Hokousa ai

  • 16 L'ART JAPONAIS

    l'humamt entire de son pays, dans une ralit chap-

    pant aux exigences nobles de la peinture de l-bas

    voici enn le passionn, l'affol de son art, qui signe ses

    productions fou de dessin. Eh bien, ce peintre

    en dehors du culte que lui avaient vou ses lves, a

    t considr par ses contemporains comme un amu-

    seur de la canaille, un bas artiste aux productions

    indignes d'tre regardes par les srieux hommes de

    got de l'Empire du Lever du Soleil. Et ce mpris,dont m'entretenait encore hier le peintre amricain La

    Farge, la suite des conversations qu'il avait eues

    autrefois au Japon avec les peintres idalistes du pays,a continu jusqu' ces derniers jours o, nous les

    Europens, mais les Franais en premire ligner nous

    avons rvl la patrie d'Hokousa le grand artiste

    qu'elle a perdu il y a un demi-sicle.

    Oui, ce qui fait d'Hokousa l'un des artistes les plus

    originaux de la terre c'est cela qui l'a empch de

    jouir de la gloire mrite pendant sa vie, et le DICTION-

    NARE DES HOMMES ILLUSTRES DU JAPON constate que Ho-

    kousa n'a pas rencontr prs du public la vnration

    accorde aux grands peintres du Japon, parce qu'il s'est

    consacr la reprsentation de la Vie ~M~ot~e', mais

    que, s'il avait pris la succession de Kano et de Tosa, il

    aurait certainement dpass les Okiyo et les Bountch.

    i. Voir les articles de Burty et de Duret.

    2. Je me conforme & la traduction consacre, mais O~Att/dserait plutt traduisible par la vie coMron~e, la vie telle qu'elle

  • HOKOUSAl' i7

    Il

    Hokousall est n le dix-huitime jour du premiermois de la dixime anne de Hrki~le 5 mars 1760.

    11 est n Ydo, dans le quartier Honj, quartier de

    l'autre ct de la Soumida, touchant la campagne,

    quartier affectionn par le peintre et qui lui a fait un

    temps signer ses dessins le paysan de Katsoushika,Katsoushika tant le district de la province o se trouvele quartier Honjo.

    D'aprs le testament de sa petite fille Shira Tati, ilserait le troisime fils de Kawamoura ttiroymon qui,sous le nom de Bounsei, aurait t un artiste la pro-fession inconnue. Mais, vers l'ge de quatre ans, Ho-

    kousa, dont le premier nom tait Tokitaro, tait adoptpar Nakajima Iss, fabricant de miroirs de la famille

    princire de Tokougawa adoption qui lui faisait faus-sement donner pour pre ce Nakajima !ss.

    Hokousa, encore garonnet, entrait comme commisde librairie chez un grand libraire de Ydo o, tout la contemplation des livres illustrs, il remplissait si

    paresseusement et si ddaigneusement son mtier decommis qu'il tait mis la porte.

    Ce feuilletage des livres illustrs du libraire, celtevie

    i. Les Japonais mangent le ou du nom et le prononcent~foA'M. Maintenant encore, les Japonais aspirent trs fort 177 ducommencement du nom du peintre, et il faudrait peut-tre, pourconserver au nom l'aspiration de l-bas, rodoubler 1 mais ceserait changer trop compltement l'orthographe a taqueHo lepublic franais est habitu,

  • 18 L'ART JAPONAIS

    dans image, pendant de longs mois, avait fait natrechez le jeune hommf le got, la passion du dessin, etnous le trouvons vers Iesannesl773,1774, travaillantchez un graveur sur bois, et en 1775, sous le nouveaunom de Ttsouz, gravant les six dernires feuilles d'unroman de Santch. Et'le voil graveur jusqu' l'ge dedix-huit ans.

    m

    En 1778, Hokousa, alors dit Tetsouz, abandonneson mtier de graveur, ne consent plus tre l'inter-prte, le traducteur du talent d'un autre, est pris dudsir d'inventer,, de composer, de donner une formepersonnelle ses imaginations, a l'ambition de devenirun peintre. Et il entre l'ge de dix-huit ans dans l'ate-lier de Shunsh o son talent naissant lui mrite unnom le nom de Katsoukawa Shunr sous lequel lemaitre l'autorise signer ses compositions reprsen-tant une srie d'acteurs, dans le format en hauteurdes dessins de comdiens de Shunsh son m&tre,et o commence apparaitre chez le jeune Shunrun rien du dessinateur qui sera plus tard le grandHokousa.

    Et, avec la persvrance d'un travail entt, il con-tinue . dessiner et jeter dans le public, jusqu'en 1786,des compositions portant la signature de KatsoukawaShunr ou simplement Shunr.

    Les compositions de ces annes d'Hokousat, ainsi queles premires compositions d'Outamaro, taient gravesdans des petits livres cinq sous, ces livres populaires,

  • HM(OU6A

    au tirage en noir, la couverture jaune, d'o ils tirentleur nom /C~'ds~ Livaas JAUNES.

    Le premier livre jaune qu'il illustrait, en 178t l'ge de vingt et un ans, tait un petit roman en troisvolumes, intitul ~o~o itiji, GaACE A UN MOTGALANT, TOUT EST PERMIS, roman que ni Hayashi, ni lesbiographes du peintre japonais n'ont rencontr, et dontle texte, l'poque de la publication, a t attribu

    ~itaoMasanobou, plus tard le clbre romancier Ki-

    dn, tandis que le texte et les dessins sont d'Hokousaqui .avait publi cette plaquette sous le pseudonyme deKorwasa, sobriquet signifiant Est-ce c~ lerefrain d'une chansonnette du temps

    L'anne suivante, en 17S2, Hokousa publie lesC~Mi~ DKKAMAKOURA, deux fascicules dont il fait letexte et les dessins et qu'il prsente au public sous lenom de Guioboutsou pour le texte, et de Shunr pour lesdessins.

    C~t le rcit d'un fait historique, d'une tentative audu troisime shOgoun par~e~ voit, dans la succession des planches,le jeune ambitieux complotant presque enfant, se livrant

    ~e~~ militaires, apprenant d'un tacticien mys-trieux l'art de la guerre, et le moyen magique d'tre~~r~ hommes, sous son apparence sept~rpte. Et il organise la conspiration, qui fait gor-.gerles courriers, et il rve la protection d'un dieu favo-rable ses desseins, et a l'illusion de se voir dans unmiroir, en shOgoun, et un de ses affids en premierministre, et il tient conseil avec ses partisans, et ilbataille bravement avec les soldats envoys pour leprendre, et ennn, fait prisonnier, il s'ouvre le ventre,

  • 20 L'ART JAPONAIS

    tandis qu'au milieu de ses complices enchans sa mre,sa femme et ses enfants sont soumis la torture, samre la torture de l'enfumage.

    Il publie encore, la mme anne, un roman en deuxvolumes ~A~e~d Da

  • HOKOUSAf

    n'est pas parl du texte, et o seulement est annoncque l'illustration est de Shunr. Ce sont lo OnnnOujino Hotaroubi, TRANSFHMATON DR LA HAINE EN FEUDzs LUCMLBs DE Ouj (3 volumes). 2" Oyo YuzouriHanano ~d~td L'HMTAGE DU PARENT, LA GLOIRE DU NEZ(3 volumes). Dans ce dernier ouvrage Shunr devientGoummatei.

    Oui, en ces premiers temps, souvent Hokousa est la fois l'illustrateur et l'crivain du roman qu'il publie,et sa littrature est gote, grce des observationsintimes de la vie japonaise, est mme parfois attribue,comme on l'a vu pourson premier roman, des roman-ciers de la rputation de Kidn. Selon Hayashi, la lit-trature du peintre a un autre mrite l'esprit railleurde l'artiste en aurait fait un parodie de la littraturede ses contemporains, le leur style, de leurs procds,et surtout de l'entassement des aventures, et du mli-mlo des bonshommes modernes en contact avec despersonnages du xn' et du xiv' sicle, et ce serait trssensible dans LES COURRIBRS DE KAMAKOURA, o il auraitemploy, sur une lgende du xvn' sicle, tous les faitsfabuleux et invraisemblables de l'histoire du vieuxJapon.

    Ce double rle d'crivain et de dessinateur nedure gure que jusqu'en 1804, o il n'est plus quepeintre.

    1~

    En cette anne 1789, o lo jeune peintre a vingt-sixans, une circonstance particulire le fait quitter l'ate-

  • 22 L'ART JAPONAIS

    lier de Katsoukawa. Il avait peint une affiche d'un mar-chand d'estampes, et le marchand en avait t si satis-fait et si glorieux qu'il l'avait fait richement encadreret placer devant sa boutique, lorsqu'un jour passe devantla boutique un camarade d'atelier, d'une rception plusancienne que lui, et qui trouve l'affiche mauvaise, et ladchire pour sauver l'honneur de l'atelier Shunsh. Del une dispute entre l'ancien et le nouvel lve, lasuite de laquelle il quitte l'atelier avec la rsolution dene plus s'inspirer que de lui-mme, de devenir un peint.reindpendant des coles qui l'ont prcd et, en ce payso les artistes semblent changer de noms presque autantque d'habits, il abandonne la signature de Katsoukawapour prendre la signature de Mougoura, qui signifiebuisson, et disait au public que le peintre portant ce,nouveau nom n'appartenait aucun atelier. Et, secouantcompltement le joug du style de Katsoukawa, les des-sins signs Mougoura sont plus libres, plus vus sousune optique personnelle.

    V

    En 1786 Hokousa publie le Zenzn Takeiki, unfragment de l'histoire de Mi namoto, o commencent apparatre chez le jeune dessinateur les chevauchesterribles, les corps corps homicides de son uvrefuture.

    En 1792 Hokousa, toujours sous le nom de Shunr,illustre un CoNTE POUR LES ENFANTS de Kiodn, se rappor-tant la lgende de Momotaro o ses dessins, mettantde la vie humaine sous des figurations d'animaux, ont

  • HOKOUSAI 23

    2

    quelque chose des SCNES DE LA VIE PRIVE DES ANIMAUXde Grandville.

    Une mchante vieille femme, au visage ~e commedu vinaigre, surprenant un moineau qui mangeaitl'empois prpar pour empeser du linge, lui coupe lalangue, et c'est une envole comique des moineauxfuyant tire-d'aile dans une bousculade de peur.

    Mais, ct de la mchante femme, il y a un bonmnage qui aimait ce moineau, et le mari et la femmes'en vont criant dans les champs et les bois Qui a vule moineau la langue coupe? Cher petit moineau,qu'es-tu devenu ? ? Enfin ils trouvrent le pauvre petitbless dans la maison des moineaux o la mre avaitdj pans la langue de son enfant et o il tait soignavec amour par ses frres et surs. Oh l'aimable accueilfait ces bons vieux le pre leur dansa la Souzoum odo-

    la vraie danse des moineaux et, quand ils partirent,on leur apporta une bote dans laquelle ils trouvrent, leur rentre la maison, un marteau, un marteau dontchaque coup miraculeux faisait tomber une pice d'or.

    Or, la mchante voisine avait vu cela par la fentre.Elle obtient d'tre invite par les moineaux, se fait don-ner par eux une botte dont sort, lorsqu'elle soulve lecouvercle, une collection de monstres cornus qui lamettent en pices.

    Parcontre, la bonne femme trouve encore la pche d'osort Momotaro, le conqurant du royaume des monstres.

    En 1793 Hokousa illustre Himpoukou Wd~d dd

  • L'ART JAPONAIS

    La premire planche reprsente le lavage de l'enfant

    pauvre par le pre, prs du lit de la femme couche,tandis que la planche, en contre-partie, nous montrele lavage de l'enfant riche 'sous les yeux du mdecin,de la sage-femme, des servantes.

    Arrive pour le jeune riche et le jeune pauvre, quinzeans, le gun boukou, la majorit, l'entre dans la vie de

    l'homme, indique l-bas par le rasement du front et

    qui, chez le riche, est fait par un grand personnage, chezle pauvre par sa mre.

    Et ici commencent vraiment les deux routes laroute du riche dans son norimon au milieu de ses servi-

    teurs, la route du pauvre o il est tout seul et mal vtusous la pluie; la route du riche dans des paysagesd'arbres fleurs, tenant sa pense dans les beauts dela peinture, la route du pauvre dans des paysages dso-

    ls, au milieu des montagnes, comme cette montagneprs de Ki~to o les excavations forment comme lemot pre, prs de rochers comme ceux d'Is, sem-blables aux mamelles dessches de la mre du pauvre,peuplant sa pense du souvenir de leurs privations.

    Et les allgories continuent. C'est pour le riche la

    rception dans une auberge par de charmantes WOMS-ms avec, dans le lointain, des lignes de paysages for-mant ainsi que des armoiries des femmes du Yoshiwara,tandis que le pauvre, qui est entr dans le commerce,

    passe sur un pont qui est un soroban (une machine

    compter), se trouve sous des temples aux tours faitesde pices de monnaie, prs d'une pagode au toit cou-vert d'un livre de caisse, et fait la rude route de sa vieCM~Mway~ le bout de ses ongles, ce qui vut dire en

    japonais en supportant d'atroces souffrances.

  • HOKOUSA't is

    Et, a la fin des deux routes, le pauvre devenu riche,mont sur un cheval tran par un singe, la volontmene par l'intelligence, rencontre tout dpenaillle riche honteux de se trouver sur son chemin, tandisque disparaissent dans le lointain, sous des haillons demendiants, deux de ses familiers autempsde sa richesse.

    Et, comme apothose du pauvre, la dernire planchele montre adoss des caisses d'or surmontes de bou-teilles de sak.

    En 1794 Hokousa, sous le nom de Tokitar Kak,illustre Mousoum no Tomo zouna, LE CORDON D'UNEFILLE, petit livre dont le texte est de Kiorori.

    Une histoire assez obscure, o se voit une jeune filleachetant un journal dont la lecture lui fait quitter lamaison qu'elle habite, aprs avoir laiss une lettre quimet en larmes l'homme et la femme de la maison. Enroute, elle est attaque par de mauvais samouras, etdlivre par un passant qui lui donne l'hospitalit. Elleserait partie dans l'ide de venger son pre qui auraitt assassin. Puis, au moment o elle va tuer l'assassin,elle apprend qu'il est le pre de son sauveur, amoureuxd'elle. Et Hokousal' la reprsente lchant sa chevelurequ'elle tient dans sa main, prte a le tuer, et se conten-tant de lui faire perdre sa qualit de guerrier.

    Peut-tre cette anne, ou les annes qui suivent, pa-rait Seird MtM~Aa2eMSe?'aso6t, FTE IMPROVISE AU QUAR-TiEK DES MAisoNB VERTES, une srie d'estampes en cou-leur, runies en un album, montrant le Carnaval des ruesdu Yoshiwara o l'on voit des femmes thtralementcostumes et couronnes de chapeaux de Heurs, excu-tant des danses, jouant de petites scnes dramatiquea,reprsentant des revues de-l'anne.

  • 2C L'ART JAPONAIS

    En d795 Hokousar, alors dit Shunr, change encore

    une fois de nom, prend la succession de l'atelierde Tawaraya Sort de l'cole de Stat-sou, et signeSon.

    C'est l'poque o il met au jour ces innombrables

    sries de merveilleux sourimonos.

    VI

    Les sourimonos, les impressions moelleuses o lacouleur et le dessin semblent tendrement bus par la soiedu papier japonais, et qui sont ces images la tonalit

    si joliment adoucie, si artistement perdue, si dlave,de colorations pareilles aux nuages peine teints quefait le barbotage d'un pinceau charg de couleur dan.

    l'eau d'un verre, ces images qui, par le soyeux du pa-pier, la qualit des couleurs, le soin du tirage et de.

    rehauts d'or et d'argent, et encore par ce complmentdu ~CM/ra~cobtenu, le croirait-on, par l'appuiementdu coude nu de l'ouvrier sur le papier, ces images

    n'ayant rien de similaire dans la gravure d'aucun

    peuple de la terre, font une grande partie de l'uvre

    d'Hokousa.

    Ces impressions, dont le nom vient de sowt (empreinte

    prise au moyen d'un frottement), et mono (chose), ne

    sont point faites pour le commerce. C'est une carte du

    Jour de l'An qu'on onrait un petit nombre d'amis,c'est un programme de concert, c'est la commmoration

    d'une fte en l'honneur d'un lettr, d'un artiste mort ou

    vivant.

  • HOKOU6A i7

    1793

    Le premier sourimono qu'on connat d'Hokousa est la date de 1793, avec la signature de MougouraSAMW

  • M L'ART JAPONAIS

    1795

    En 1795, des sourimonos de femmes mls des sou-

    rimonos d'objets intimes, comme celui-ci, o se voient

    accrochs une grille une serviette brode, un sac de

    son, un parapluie, objets indiquant, que la mattresse

    de la maison vient de prendre un bain.

    Ces sourimonos sont signes Hishikawa Sri, ou si.sn-

    plement Sri.

    d796

    En 1796, un assez grand nombre de sourimonos dont

    les plus remarquables, deux longues bandes, sont une

    runion d'hommes et de femmes sur ces tables-lits aux

    pieds plongeant dans la rivire, et sur lesquelles on

    prend le frais, le soir.

    i797

    En d797, des sourimonos tirs de la reproduction

    d'objets de la vie familire, comme des enveloppes de

    paquets de parfums avec une branche fleurie de pru-nier des sourimonos o il y a une femme riant du

    kami Fokorokou auquel elle a mis une cocotte en pa-

    pier sur le crne ce sourimono o se voit un bateau

    dans lequel il y a un montreur de singe et toute une

    srie de sourimonos d'ironies contre les dieuide l-bas,sur papier jaune, avec coloration des sujets en violet et

    en vert.

    En cette anne qui, dans l'almanach japonais, est

    une a~nesous le signe du serpent, un joli petit souri-

  • HOKOU8A r M

    mono reprsentant une femme que la vue d'un serpenta fait tomber sur le dos, une jambe en l'air.

    Puis des bandes de grands sourimonos o se voientdes promenades de femmes dans la campagne.

    i798

    En 1798, de nombreux sourimonos o, particularitcurieuse, le cheval revenant avec l'lment de la terredans le calendrier japonais, beaucoup des sourimonos

    reprsentent un cheval, et cette reprsentation du che-val va dans les sourimonos jusqu' la figuration d'unette de cheval faite par les doigts d'un enfant traversun chssis.

    Ce sont un vendeur d'un joujou marchant sur unenatte et que regardent des Japonais deux enfants dontl'un fait danser, par-dessus un paravent, un pantinque l'autre accroupi terre contemple, les deux mainssous le menton; un marchand de th devant le templed'Ouyno Ydo, avec un groupe de femmes et d'en-fants des hommes et des femmes se dguisant en dieuxet en desses de l'Olympe japonais; une course de che-vaux un grand paysage au bord dela Soumida, avec detous petits personnages. Puis des sourimonos de femmes

    lacrmonieduthrc/MtMO~Mentre femmes; deux fem-mes lisant couches terre, l'une la tte penche sur le

    papier, l'autre lisant avec un joli mouvement de ttede ct, deux femmes roules l'une sur l'autre sur le

    plancher, s'arrachant une lettre.Et, dans ces grands sourimonos de femmes de cette

    anne et des annes qui vont suivre, Mokousa chappe la grce mignarde, poupine, conventionnelle de ses

  • 30 L'ART JAPONAIS

    nl'pmiQ1'~CI onft~ n .7. ..1-- _1_premires annes il arrive dans des cratures plusamples, plus en vraie chair, la vritable grce fmi-nine donne par l'tude d'aprs la nature.

    1799

    En 1798 est apparu pour la premire fois le nomd'Hokousa joint celui de Son. Mais ce n'est qu'aujour de l'an 1799 qu'il annonce officiellement sonchangement de nom, ~'t, chang de nom en Hokou-sa. H a cd son nom de Son son lve Sji et, avecle nom d'Hokousal', il prend le prnom de Tokimasa.Et l'anne suivante, en 1800, il signe dans les premiersmois Hokousa ~'ccedewwe~~ ~drt et, dans les der-niers mois, Hokousa fou de dessin, en japonais, GWA-KIOJINHuKOUSAl.

    L'anne1799estune anne o le mouton du zodiaqueest revenu dans le calendrier japonais et o nombrede sourimonos ont, dans quelque coin de la compoai-tion, cet animal. Un de ces sourimonos mme repr-sente un Japonais tenant en ses bras un mouton, etc'est peut-tre une allusion ceci. Le Japonais d'autre-fois, me disait le docteur Michaut, tonn de voir lesHollandais faire la traverse du Japon sans femmes,s'tait persuad que les moutons qu'ils avaient bord les remplaaient, et se l'tait si bien persuadqu' l'heure prsente les Japonaises qui ont commerceavec les trangers sont appeles par leurs compatriotesmoutons.

    Des sourimonos curieux d'industries la marchandede poudre dentifrice en train de faonner un bout de

  • HOKOU8A1 3i

    bois de camphrier noir pour en faire une brosse

    dents la fabricante de perruques et de nattes; la rou-

    leuse de la soie et sa fabrication la campagne.Une srie de femmes en buste.

    Une srie de petites femmes, la grce tortillarde

    une femme qui balaie la neige une femme qui debout

    plie une tone de sa hauteur avec une retraite du corpsdu plus joli contournement.

    Un sourimono reprsentant le plus pustuleux de

    tous les crapauds.Un grand sourimono d'une facture surprenante un

    store moiti relev sur une branche en Heur dontune partie se. voit obombre travers !e tissage dustore.

    1800

    Une srie de quinze sourimonos L'NNt'AKCE Ms PM-SONNAOIS HtSTORIQUM.

    Une srie de sept sourimonos LES sAcas DES BAMBOUS,de vieux sages reprsentes par des femmes modernes.

    Une srie de vingt-quatre sourimonos intitulePitTt FILIALE, parmi lesquels un charmant dessin d'unefemme lavant, le haut du corps nu, et dont le torse esttout toil des pttes d'un prunier en fleurs secou

    par le vent au-dessus de la laveuse.Une srie des douze mois de l'anne, reprsents par

    des femmes, o est un gracieux dessin de fillette japo-naise frottant un plancher et que regarde paresseuse-ment sa matresse.

    Trois musiques reprsentes par trois musiciennes.Une srie intitule !!u!T CHAMUMS, qui sont huit

  • L'ART JAPONAIS

    OarnraUftna rto ~nUtoa f~ n. 1~~

  • HOKOUSA 33

    180i

    Une srie de douze petites pices en hauteur intituleUNE PAIRE DE PARAVENTS.

    Une srie de petites femmes modernes ayant leurs

    pieds des vieillards historiques d'autres sicles.

    Quelques planches reprsentant des femmes faisant

    jouer des marionnettes sur un petit thtreParmi les pices spares, des acteurs et des scnes

    thtrales, dont l'une reprsente Dakokou faisant pleu-voir des pices d'or sur une femme puisant de l'eau.

    Cette anne, commencent paratre des sourimonosde natures mortes qui vont fournir Hokousa de si

    originales compositions e de si admirables impressions.Ce sont, dans les petites pices, un canard mort et unbol de porcelaine sur un plateau de laque; une cageo est un oiseau et un vase de fleurs.

    Dans les grandes planchesL'arrive des wa~~ dans un palais o clate la joie

    d'un groupe d'enfants qui les acclament et o, derriredes stores, s'aperoivent les ombres chinoises des

    princesses prises de curiosit mais ne se montrant pas.Des femmes dans un jardin, l'une s'ventant avec un

    cran, l'autre poursuivant des papillons avec un filet.Des femmes donnant la libert des grues, le jour de

    l'anniversaire d'une mort qui leur a t cur.

    Et, parmi ces grandes pices, deux trs beaux souri-monos

    Une norme et noueuse branche d'un de ces vieux

    pruniers appels l-bas dra~M couch, toute Heurtede roae et de blanc.

    Un chapeau de femme en paitio, au fond de crpe

  • 3* L'ART JAPONAIR

    rouge, laiss au milieu d'une alle de jardin et danslequel sont tombes de feuilles d'arbres.

    1802

    Une petite srie de trois planches reprsentant unjeu japonais par gestes, o il y a un juge, un chasseur,un renard et o, dans une des planches, la femme faitle renard avec ses mains rapproches de sa figure et re-courbes devant elle.

    Une srie de douze planches donnant un simulacredes scnes des rnins par des femmes et des enfants.

    Une srie en l'honneur de la Lune reprsente pardes femmes, et dans laquelle rien de plus gracieux quecette petite femme, la tte renverse en arrire etd'une main retenant sur sa gorge un fichu-fanchon decrpe noir, un &d~, tout envol autour d'elle et, del'autre main, tenant contre son ct un parasol ferm.

    Une srie sur Ydo, reprsente par des industrieset de petits paysages.

    Une srie intitule Lss DOUZE ANIMA ex DU ZODIAQUE,qui y figurent en gnral sous la forme de jouets entredes mains d'lgantes petites femmes.

    Parmi les grandes planchesUne promenade de femmes prs d'un cours d'eau o

    sont entrs des enfants dont l'un lve en l'air une petitetortue qu'il vient de prendre.

    Une grande langouste la teinte rougetre, du savantdessin d'un naturaliste, un sourimono fait pour le Jourde l'An aux frais d'une socit de vingt personnes.

    Des passants dans la brume des hommes porteursd'instruments de travail, des femmes, des enfants.

  • HOKOU8A.1' 35

    1803

    Une srie de trente-six planches Lus TRENTE-stx occu-PATIONS M L.\ viE. Parmi ces compositions, une charmante

    impression un petit Japonais qui apprend crire etdont la mre guide la main arme du pinceau.

    Une autre srie de cinq planches LES CINQ FORcas,

    ngures par des femmes.

    Une autre srie de dix planches Lzs CINQ cHRVAUMsLGANTS les cinq chevaliers lgants toujours repr-sents par des femmes.

    Une srie de sept planches LES SEPT KoMATt, les septpriodes de la vie de la potesse. Cette potesse la vieaccidente et si populaire an Japon, eut un momentl'am-bition de devenir la mattresse de l'Empereur, en mme

    temps qu'un sentiment tendre pour un seigneur lettrde la cour, nomm Foukakousa-no-Shsh, avec lequelon raconte qu'elle fit le pacte suivant. Il viendrait causeravec elle amour et posie quatre-vingt-dix-neuf nuits,et,lacentime nuit, elle lui appartiendra.it. L'amoureux

    remplit les conditions imposes par la potesse mais, sa sortie de chez elle, la quatre-vingt-dix-neuvime nuit,c'tait par un hiver trs froid, il fut gel. Au Japonune femme et un homme ont la rputation d'tre morts

    vierges la femme c'est Koma~ l'homme c'est Bnki.Parmi les grandes planchesLa danse d'une jeune fille avec un double parasol

    dans un palais o, derrire un store, est l'orchestre etderrire un autre store sont les princesses.

    Des scnes de thtre, entreautres Kintokiet sa mre.

    Quelques sourimonos dans la facture un peu brutale

  • LART JAPONAIS

    des sourimonos de Kito, parmi lesquels une cantine enlaque aur son tapis rouge, surmonte d'une branche decerisier en fleurs.

    180~ r

    Une srie intitule LES DOUZE MOts DE L'ANNBtc. Rappe-lons une fois pour toutes que, sous tous ces titres, ce sonttoujours de petits dessins de femmes.

    Une srie sans titre, et sans doute de dix, reprsentantles femmes de diffrentes classes la femme de la no-blesse, la grande courtisane, la yolaka, l'oiseau de nuit,raccrochant autour des chantiers et des entrepts.

    Une srie d'une dizaine de planches CoNTNMPLATONDM BtLLBS VUES DE YDO.

    Une srie de dix planches ayant pour titre Las DixLMENTS.

    Dans les planches parues sparment, un jeu de jeunefille o l'on prononce des noms d'animaux et o l'onpince le dessus de la main de celle qui se trompe, etdes branches d'arbustes fleuris surun papier ressemblant notre basin, -et une curieuse nature morte rappelantun peu la simplicit des sujets traits par Chardin surdes feuilles de bambou une tranche de saumon et unetranche de katsou, un autre poisson trs estim desJaponais.

    Parmi les grandes planchesLa cour du temple Ohji, avec son concours de monde.La maison de th d't, provisoirement tablie sur une

    route, o lamousm remplit la tasse de th d'un voyageursur un banc la porte, une femme cheval et un gar-onnet se rafrachissant.

  • HOKOUSA 37

    La coulisse d'une reprsentation dans un palais l'oa-verturedumanuscritde la pice, les apprts de la toilettedes acteurs, les essais des instruments.

    Cette anne, tant sous le signe zodiacal du rat, unsourimono du Jour de l'An reprsente un norme iaten neige, auquel un peintre peint !'il dans un attrou-pement d'hommes et de femmes.

    L'anne 1804 est l'anne o Hokousa a publi unnombre desourimonos tel que Hayashi dit que personnene pourrait en publier le catalogue complet.

    A ce catalogue de sourimonos, qui me sont presqueentirement fournis par la collection de Hayashi, et unrien par la mienne, je voudrais joindre quelques-uns desplus beaux, des plus originaux parmi les grands, parmiceux qui mesurent comme largeur 50 centimtres sur d8de hauteur, et qui se trouvent dans les autres collections.

    Et, tout d'abord, je citerai parmi ceux de la collectionManzi, qui sont en grandissime nombre, et tous horsligne, comme beaut d'preuves

    Un vol de sept grues sur le rouge d'un soleil couchant.Un prunier en fleurs, au pied duquel sonL deux faisans,

    et dont les rameaux s'tendant sur une rivire laissentvoir sous la verdure fleurie la perspective de deuxbateaux.

    Trois femmes agenouillesau bord d'une baie, le regard la mer, pendant qu'une servante soufuc avec le ventd'un cran le feu d'un rchaud sur lequel chauffe le sak.

    Au-dessus de la neige d'un cerisier tout fleuri, le volde deux hirondelles au col rouge. Rien ne peut donnerune ide de ladouceur de cette planche et, dans le nuage

  • 38 L'ART JAPONAIS

    de l'impression, le charme effac-de ces fleurs, o presqueun imperceptible gaufrage dtache les pistils.

    Je citerai parmi les sourimonos de la collection deM. Gonse

    Un bouquet d'arbres sur une rivire, et la devantured'un intrieur de maison o deux hommes travaillent la fabrication de poupes. Ce serait l'habitation de

    Toyokouni, le voisin d'Hokousar, dans le Katsoushika,en le temps o Toyokouni n'tait pas encore peintre,mais fabricateur de poupes.

    Un paysage tout blanc, tout rose, qui par la floraisondes arbres fruitiers est comme le jaillissement du prin-temps dans un paysage d'hiver.

    Je citerai parmi les sourimonos de M. VeverLa promenade, dans un temple, de Japonais et de

    Japonaises examinant les tableaux accrochs au mur,et o est reprsent un groupe de deux Japonaisarrts devant un kakmono, dont l'un regarde. la

    peinture et l'autre regarde les femmes.

    Un Japonais dans une Maison Verte en train defumer. Sa matresse, ct de lui, fait essayer, pourl'amusement de son amant, un pas de danse sa

    kamouro, sa fillette de service, dont un m&tre de

    danse, agenouill devant elle, guide les mouvements.Je citerai, dans le format moyen, parmi les souri-

    monos de M. Haviland

    Un dieu du tonnerre se prcipitant au milieu desclairs dans le bain d'une femme moiti dshabille;un lutteur ou un kami, dont une femme remplit desak la coupe, une coupe grande comme un plat,tandis que deux autres femmes accroupies ses piedsrient de sa grosse bedaine poilue, prenant l'air.

  • HOKOUSA M

    Dans les grandes bandes

    Une vue de la Soumida couverte de bateaux.Des tisseuses de soie, au mtier tabli en pleine cam-

    pagne, et dont l'une se voit travers les fils d'un com-

    partiment du mtier.

    De petits Japonais jouant auprs d'un pont. Impres-sion signe G'~A:!d/M ~oA:oMS

  • *0 L'ART JAPONAIS~r_ il ~'1sourimonos, il illustre un certain nombre d'ouvrages.

    En 1797, parait Hatsou Wakana, Las PaiMEups nzsLGUMES VERTS.

    Un volume rarissime, illustr en tout d'une seuleplanche d'Hokousal', qui signe Hokousa ~ort changde nom.

    Une paysanne en train de cueillirdes herbes, laquelleun enfant indique que le soleil se couche, et qui se re-tourne une main devant les yeux.

    La mme anne parat Yanaghi-no-ilo, CopDELETmsDU SAULE PLEUREUR, un volume de posies, dont l'illus-tration tait due Yeshi, Kitao Shighmasa, et Hokousa, qui reprsente'arive de la mer, aYnoshIma,o dferle une grosse vague, une planche qui a le douxcoloriage et le joli gaufrage d'un sourimono.

    La mme anne parat ~AMM~d ~'d, DISTRACTIONS DUpRNTEMps, un volume de posies dont Hayashi n'ajamais rencontr qu'un seul exemplaire, un volume auxnuances douces, amorties des planches, annonant unepublication faite par une socit d'amateurs.

    Une impression charmante est la planche en couleuro Hokousa a reprsent une collation dans la cam-pagne, et o des femmes s'amusent faire flotter surun cours d'eau des coupes sak, et l'homme auquelle courant l'apporte est oblig d'improviser une phrasepotique, sous peine, s'il ne peut l'improviser, deboire trois coupes.

    La mme anne parat encore Sandara Kasoumi,LA BnuMEDE LA CAMPAGNE, un volume fait en collaborationavec Shighmasa et Tsoukan.

    La planche qu'Hokousa) signe ~oAoMM ~dn' nousfait voir une habitation de la campagne dont sort une

  • HOKOU8A' 4i

    paysanne, un enfant la main, un autre enfant li

    sur son dos par sa ceinture, tandis que dans le fond

    arrivent des femmes de la ville suivies d'un porteur.Des roses, des gris, des jaunes, qui sont comme l'aube

    de ces couleurs, et au milieu desquelles clate le rougede la robe de l'enfant que la paysanne tient par la

    main.

    V!H

    En i798, parat Z~M /

  • L'ART JAPONAJS

    queue forme par le droulement d'une lettre japonaise, la tte faite par des besicles jouant l'appareil visuelde la libellule c'est une t6te de femme ncttant sur l'eau,dont les pingles de la chevelure lui donnent l'aspectd'un crabe; c'est un arbre dont les feuilles sont despices d'or; c'est un oiseau deux ttes, un dessinfaisant revivre ta lgende des deux oiseaux si amoureuxl'un de l'autre qu'ils semblaient ne faire qu'un oiseau.

    IX

    En ces annes, en cette fin du xvm' sicle, le talentd'Hokousal n'a pas seulement fait sa popularit chez sescompatriotes, ce talent commenait tre apprci parles Hollandais faisant leur visite d'office, tous les cinqans, Ydo, et l'un d'eux, que l'on croit tre le capi-taine Isbert Hemmel, avait eu l'intelligente ide derapporter en Europe deux rouleaux dus au pinceau del'illustre matre, reprsentant, le premier, tous les pi-sodes de existence d'un Japonais depuis sa naissancejusqu' sa mort, le second, tous les pisodes de l'exis-tence d'une Japonaise, galement depuis sa naissancejusque sa mort.

    Le prix convenu de ce curieux historique de la viejaponaise tait de 150 rios d'or (le rio d'or vaut unelivre sterling). Et Hokousa recevait du mdecin hol-landais attach l'expdition une commande d'undouble des deux rouleaux.

    Hokousal apporta tous ses soins et sa science la con.fection des quatre rouleaux, termins au moment dudpart des Hollandais. Et, quand Hokousa livra cee

  • HOKOUSA'I *3

    1.. 1 l'rouleaux, le capitaine, trs enchant, lui remit l'argentconvenu, mais le mdecin, sous prtexte qu'il avait untraitement infrieur celui du capitaine, ne voulut

    payer que la moiti du prix. A quoi Hokousa se refusa,aussi bien qu'h lui laisser un rouleau 78 rios.

    Mais la somme que le peintre devait toucher tait

    dj escompte pour payer des dettes, et la femme

    d'Hokousa lui reprochant de n'avoir pas cd un rouleau

    au mdecin, dont les 75 rios auraient sauv le mnagede la grande misre, Hokousa laissant parler sa

    femme, aprs un long silence, lui disait qu'il ne sefaisait aucune illusion sur la misre qui les attendait,mais qu'il ne pouvait supporter le manque de paroled'un tranger les traitant avec si peu d'gards, ajoutantJ'ai prfr lamisre un p~t~c~e~ (humiliation).

    Le capitaine, mis au fait du procd du mdecin, en-

    voyait son interprte avec l'argent et faisait prendreles deux rouleaux commands par le mdecin.

    Maintenant, sont-ils arrivs en Europe ces quatre rou-leaux ? Le capitaine Isbert Hemmel mourait en ~798,dans la traverse de Ydo Nagasaki. Ce qu'il y a de

    certain, c'est qu'ils ne sont pas au muse de la Ilaye,dont M. Gonse a fait une tude.

    Hokousa continua de vendre un certain nombre dedessins aux Hollandais, jusqu'au jour, o il lui fut inter-dit de livrer aux trangers les dtails de la vie intimedes Japonais.

    X

    Si vraiment il a t vers 300 rios d'or Hokousa

    par le capitaine hollandais, tsbert Hemmel, pour les

  • L'ART JAPONAIS

    quatre makimonos sur la vie japonaise, je crois bien quec'est la seule fois o sa pointure a t richement paye,car ses dessins pour l'illustration des livres le revenule plus clair de l'artiste, sont misrablement rtribuspar les diteurs, et au moment o l'artiste jouit de toutesa clbrit. Je donnerai, comme preuve, ce fragmentd'une lettre, adresse en 1836, d'Ouraga, l'diteurKobayashi.

    Je vous otuo'e trois /eM~cs ~?~ des Posiesde ~'e~o~Me des Thang. 42 momms (le mommvaut 10 sous), que j'ai toucher, retranchez unwowwc et demi queje vous dot et t'eMt'~e~ ~cwe~le reste, 40 momms et demi, au ~o~M~ de la /e~.

    D'aprs cette lettre, a mettrait ie payement dea dea-sins d Hokousat' de six huit francs.

    Et il se conserverait au Japon des billets o Ilokousaempruntait de misrables sommes pour le payement deschoses de la vie journalire, prs des fruitiers, des mar-chands de poissons, et c'est ainsi que j'entendais conter M. Bing que, parmi !es documents qu'it avait runissur Hokousal', il existait la demande par le peintre unditeur d'un emprunt d'un ri (28 francs), le priant delui payer ces 25 francs dans la plus petite monnaiepossible, ann de solder ses infimes dettes criardes prsdes fournisseurs de son quartier.

    Oui, ainsi que le tmoigne une autre lettre, o Hokou-sal' se plaint de n'avoir qu'une r.obe pour dfendre sonvieux corps de 76 ans contre le froid d'un hiver rigou-reux, l'artiste a vcu, toute sa vie, dans une misrenoire, par suite des bas prix pays au Japon par lesditeurs aux artistes, et l'eflet d'une indpendance d'es-

  • HOKOU6A 45

    prit qui lui faisait accepter seulement le travail qui lui

    plaisait, et aussi l'occasion des dettes qu'il eut payerpour son nls Tominosouk et son petit-fils, n de sa filleOmiyo, -du reste tirant une espce de vanit de cette

    pauvret.

    XI

    En i799 Hokousa publie ~zoM~Kt ~

  • L'ART JAPONAIS

    lequel un rassemblement de curieux regarde trois habi-tants de l'htel une fentre; la boutique du libraireTsoutaya, l'diteur d'Outamaro, avec sa marque faited'une feuille de vigne vierge surmonte du pic de Fouzi-yama, sur une lanterne. et ses piles d'images, et sescommis en train de faire des rangements, et l'annoncede ses albums nouveaux sur les planches de bois de ladevanture.

    Dans te troisime volume la cour du temple Asa-kousa emplie de la presse des acheteurs et des ache-teuses devant les petites boutiques de la cour un atelierd'armurier o un ouvrier martle une pice et o sontsuspendus une selle, des triers, des gants pour l'escrimedu sabre.

    XM

    Avec les livres et les sourimonos mis au jour parHokousa depuis 1778 jusqu' la fin du sicle, il est detoute ncessit de cataloguer les planches publies spa-rment par l'artiste pendant ces vingt annes.

    D'abord, dans ces planches publies sparment,quoique souventrunies en albums, ce sont vers 1778,avons-nous dj dit, des impressions d'acteurs ressem-blant tout fait des Shunsh, et tires dans des tonsjaunes av~c un rien dcoloration rostre, d'une harmonieun peu triste.

    Et parmi les rarissimes estampes de ces annes, il y aunKintoki entre un singe et un chien portant sonconre;un petitJaponnais riant d'un pcheur auquel une pieuvres'est attache; des ttes caricaturales destines tre

  • HOKOU8A 47

    a

    dcoupes pour l'amusement des enfants; des prome-nades de Japonaises dans des campagnes dsagrable-ment coupes par ces nuages rouges qui sont des imita-tions malheureuses des bandes de poudre dore desanciens rouleaux. Au fond, des reproductions assezgrossires de dessins que ne recommande pas encoreaux diteurs un nom connu.

    Vers 1793, une belle planche reprsentant le corpscorps de deux lutteurs aux anatomies lphantines.Dans les annes suivantes, un bateau de bonheur

    sur lequel l'Olympe japonais pche la ligne deuxdiptyques, l'un reprsentant une procession d'enfants,l'autro, une runion d'enfants dessinant d'aprs desimages un triptyque de t'attaque du chteau dcKzoukpar les ronins.

    Parmi ces compositions, un dessin tout fait capital,sign 6*/tMwd, et o s'annonce la mattrise future de l'ar-tiste. Un dessin, o Kintoki est reprsent une mainautour du cou d'un ours, un aigle sur l'paule, et o lecorps couleur de brique de l'enfant herculen, entre lenoir de l'&igle et le fauve de l'ours, fait do la colorationtoute-puissante.

    Une autre impression d'un grand caractre, repr-sentant l'impratrice Dakki qui, d'aprs une lgendejaponaise, serait un ~'e~o~ MCM/'yt~MM cette imp-ratrice ayant le got du sang, faisant ouvrir le ventredes femmes enceintes, et que l'on voit une fentre,regardant un enfant qu'un bourreau tient suspendu enl'air par le collet de sa robe, prt lui couper la tteavec son sabre.

    Une autre impression vous montre la desse duSoleil, ne du mariage de Isanagui et de Izanami, les

  • 48 L'ART JAPONAIS

    premires divinits mles et femelles cratrices du

    Japon, retire dans la grotte ferme par un immenserocher, et laissant le ciel et la terre plongs dans lestnbres au moment o Je dieu Tatikara, aux bras~Mtss~M~s, va la tirer, charme qu'elle est par le chant

    d'Ousoum, va la tirer hors de sa grotte.Un t796 Hokousa apprend la perspective de Shiba

    Kkan, qui la tenait des Hollandais, et cette tudeamne, cette anne, la publication d'une suite dedouze paysages qui ont, sous le pinceau du ma!tre

    japonais, comme un sentiment hollandais, et o Hokou-sa signe son nom horizontalement, ainai que dansl'criture de l'Europe.

    De cette srie qui renferme la premire ide de la

    Vague a, M. Mauzi possde un tirage extraordinaire

    qui a i air d'une suite d'aquarelles tire sur un papiertorchon.

    Vers cette poque Hokousa publie encore une sriede huit feuilles reprsentant huit vues du lac Biwa,dans une teinte de grisaille violace o bien certaine-ment existe une influence europenne.

    Ici il faut numrer les sries de Tokad, la route

    principale reliant Ydo Kito, et qui traverse les villesservant de stations. De l le nom des 53 a~'OMa qui,ajoutant celles de Ydo et Kito, forme une suite de55 planches.

    On compte cinq sries, car cette route de TkaM at un des sujets prfrs par le pinceau d'Hokousaqui, d'aprs Hayashi, en aurait dessin quatre avantd800.

    Une premire srie est du format in-4 en largeur avecun mdaillon

  • HOKOUSAY ~e

    De petits croquetons spirituels.Une deuxime srie galement du format in-4 en

    largeur, tire & ur le papier des sourimonos, et o, commeton, domine l bistre.

    Une jolie impression un enfant faisant du trapze la branche d'~ne ancre.

    Une troisime srie d'un petit format carr et oYdo et Kito font des diptyques.

    Coloriage d'une publication bon march.Une quatrime srie in-i2en hauteur. De beaux des-

    sins anatomiques.Une cinquime srie de format in-12, tire en souri-

    mono, et qui a paru seulement en d801.Dans cette srie il y a sept planches en format double

    et en largeur. Srie d'une grande finesse dans le traitet d'une remarquable douceur de couleur.

    Deux planches charmantes une femme se coiffantaccroupie terre et tenant d'une main derrire elle sanatte qu'elle peigne de l'autre, tout en se regardantdans un miroir; et une femme faisant du filet, qui seretourne dans sa marche vers un petit enfant se tra-nant derrire elle, attach par une corde sa robe.

    Il y a encore des sries de paysages.La srie des six TAMAGAWA, stie de six paysages

    d'un faire un peu brutal.Une seconde srie des six TAMAGAWA, avec le mdail-

    ton.

    Une srie des TRois SoiRNs, srie de trois petitspaysages anims par des promenades de femmes.

    Une grando vue panoramique des deux rives de laSoumida (H. 28, L. 60). aux maisons et aux arbresminuscules, commenant la fin d'un pont qui runit

  • M L'ART JAPONAIS

    les doux rives, et o se voit dans le hautdu ciel un imper-ceptible cerf volant

    Et $an

  • HOKOU8A si

    un Japonais porte sur ses pautcs son petit garon.10. Maison de paysan Skiya, un endroit renomme

    pour la quantit de ses lucioles que les Japonaiss'amusent enfermer dans une petite cage de soie

    H. Deux femmes, suivies d'un serviteurporteurd'uneplante et de deux bouteilles de sak, se promenant aubord de la Soum;da, en vue d un grand bateau d'ou unhomme puise de l'eau avec un seau.

    Jardinier arrosant des lgumes Ayas, prs d'unpetit pont sur lequel schent des bottes de paille de riz.

    ~2. Une femme apportant une tasse de th unJaponais, jouissant l'endroit, appel autrefois Mat-tiyama, de la belle vue de la rivire.

    14. Une barque o sont embarques deux Japo-naises.

    io. Effet de neige Moumwaka.~6. Et la promenade se termine, comme pas mal de

    promenades de Hokousar, par la descente de deux Japo-nais dans une Maison Verte M duYoshiwara.

    Parmi d'autres impressions de collections part-siennes.

    Une promenade dans le Yoshiwara.Une vue de l'entre d'un thtre, avec les t~te& de la

    foule d'hommes et de femmes rassembls pour en.tendre le boniment des acteurs sur l'estrade.

    Des teinturires, cette composition de dt'ux femmescoupes par une bande d'tone. qui a tente succ~sive-ment Outamaro, Toyokouni.

    Dos bcheronnes, la tte charge dot'agots.Une srie de caricatures amusante par 'e change

    'nont d

  • 5: L'ART JAPONAIS

    FT-- ."c. a.. CI. _J.ft .A_Ift PeUne srie de Six POTES, srie de six feuilles, avec le

    portrait du pote accompagn d'un paysage ou d'une

    fleur. Imagerie un peu vulgaire.Une reprsentation d'un thtre chantant o les

    acteurs ne font que les gestes et o les paroles sont

    dites par des rcitateurs aux bouches immenses.

    Une planche de trois musiciennes, l'une jouant du

    koto, l'autre du schamisn, la dernire du A:o~ (espcede violon).

    Une planche d'une femme passant en barque sous un

    pont.Une planche d'une femme se promenant sur un buf,

    dans la province de Ynoshima.

    Deux planches d'hommes et de femmes, la mare

    retire, pchant avec des paniers le poisson rest dan