depollution integrale du lac de bizerte -...

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MeHSIP-PPIF PHASE II DEPOLLUTION INTEGRALE DU LAC DE BIZERTE - TUNISIE REHABILITATION DES SITES DE STOCKAGE DES DECHETS INDUSTRIELS EL ARAAR TA 2008/S 140-186933 (RG/2008/01/FSF) Août 2012 MeHSIP-PPIF Programme d’investissement pour l’élimination des zones sensibles en Méditerranée Mécanisme d’aide à la préparation et à la mise en oeuvre des projets A TA operation funded by the European Union - FEMIP Support Fund

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  • MeHSIP-PPIF

    PHASE II

    DEPOLLUTION INTEGRALE DU LAC DE BIZERTE - TUNISIE

    REHABILITATION DES SITES DE STOCKAGE DES DECHETS INDUSTRIELS EL ARAAR

    T A 2 0 0 8 / S 1 4 0 - 1 8 6 9 3 3

    ( R G / 2 0 0 8 / 0 1 / F S F )

    A o û t 2 0 1 2

    MeHSIP-PPIF

    Programme d’investissement pour l’élimination

    des zones sensibles en Méditerranée Mécanisme d’aide à la préparation et à la mise en

    oeuvre des projets

    A TA operation funded by the

    European Union - FEMIP Support Fund

  • Étude de faisabilité: DepollutionIntegrale du Lac de Bizerte

    Name of Underlying Project: MeHSIP-PPIF

    Mediterranean Hot Spot Investment Programme

    Project Preparation and Implementation Facility

    Date

    Version

    Expert Team: Slim Ferchichi

    N. Marchesi (Project Leader)

    Project Director: M. Woolgar

    REVISION DATE DESCRIPTION PREPARED BY (AUTHOR) REVIEWED BY

    0 10/4/2012 Réhabilitation des sites de stockage des déchets industriels El Araar

    Slim Ferchichi N. Marchesi, G. Akl, T. Young

    1 12/9/2012 Réhabilitation des sites de stockage des déchets industriels El Araar

    Slim Ferchichi N. Marchesi, G. Akl, T. Young

    Document nr.: 5080309/30/DG/106

    Disclaimer

    Le programme est financé au titre du Fonds d’assistance technique de la FEMIP. Ce Fonds utilise des aides non

    remboursables accordées par la Commission européenne pour appuyer l'activité d'investissement que la BEI

    déploie dans les pays du sud de la Méditerranée, en assistant les promoteurs au cours des différentes étapes du

    cycle des projets.

    Les auteurs assument pleinement la responsabilité du contenu du présent rapport. Les opinions exprimées ne

    reflètent pas nécessairement celles de l’Union européenne ou de la Banque européenne d’investissement.

  • SOMMAIRE

    1 ETAT INITIAL DES SITES DE STOCKAGE DES DECHETS

    INDUSTRIELS EL ARAAR ...................................................................... 5

    1.1 SITE TINJA ........................................................................................................................... 5

    1.1.1 LOCALISATION .................................................................................................................................... 5

    1.1.2 CARACTÉRISTIQUES DU SOL ............................................................................................................... 6

    1.1.3 TYPES, SOURCES ET QUANTITÉS DES DÉCHETS ................................................................................. 8

    1.2 SITE MENZEL BOURGUIBA ................................................................................................... 9

    1.2.1 LOCALISATION .................................................................................................................................... 9

    1.2.2 CARACTÉRISTIQUES DU SOL ............................................................................................................... 9

    2 REHABILITATION DES SITES EL ARAAR ........................................ 12

    2.1 GÉNÉRALITÉS SUR LES TECHNIQUES DE TRAITEMENT IN SITU ...................................... 12

    2.1.1 APERÇU ............................................................................................................................................. 12

    2.1.2 PROCÉDÉS DE TRAITEMENT IN SITU ................................................................................................. 13

    2.2 ACTIONS DE RÉHABILITATION .......................................................................................... 18

    2.3 RESPONSABILITÉS .............................................................................................................. 19

    3 AMENAGEMENT DES SITES EN DECHETTERIES DES DECHETS

    INDUSTRIELS ..................................................................................... 21

    3.1 DESCRIPTION ..................................................................................................................... 21

    3.2 AMÉNAGEMENT DE LA DÉCHETTERIE ............................................................................... 23

    3.3 FLUX ET CIRCUIT DE LA MARCHANDISE ........................................................................... 24

    3.3.1 ETAPES D’ENTRÉE DE LA MARCHANDISE DANS LA DÉCHETTERIE ................................................... 24

    3.3.2 ETAPES DE SORTIE DE LA MARCHANDISE ......................................................................................... 25

    3.4 ORGANISATION DE LA DÉCHETTERIE ............................................................................... 26

    3.5 PERSPECTIVES D’EXTENSION DE LA DÉCHETTERIE ......................................................... 27

    3.6 MESURES DE PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT ......................................................... 27

    4 AMENAGEMENT D’UN CENTRE DE STOCKAGE AU NIVEAU DE LA

    DÉCHARGE EL FOULEDH APRES SA REHABILITATION ..................... 28

    5 ASPECTS ADMINISTRATIVES ET JURIDIQUES................................ 30

    6 COÛTS ........................................................................................... 31

  • ABBREVIATIONS

    BoQ Bill of Quantities

    CDM Clean Development Mechanism

    EC European Commission

    EIA Environmental Impact Assessment

    EIB European Investment Bank

    EIRR Economic Internal Rate of Return

    ESIA Economic and Social Impact Assessment

    EU European Union

    FDS Final Disposal Site

    FEMIP Facility for Euro-Mediterranean Investment and Partnership

    FIRR Financial Internal Rate of Return

    FIDIC Fédération Internationale des Ingénieurs Conseils

    FS Feasibility Study

    GIS Geographic Information Systems

    JSC Joint Service Council

    IFI International Financing Institutions

    MeHSIP-PPIF Mediterranean Hot Spots Investment Programme - Project Preparation and Implementation Facility

    MoE Ministry of Environment

    MoMA Ministry of Municipal Affairs

    MoPIC Ministry of Planning and International Cooperation

    MSW Municipal Solid Waste

    NAP National Action Plan

    NGO Non-Government Organisation

    PDD Project design Document

    PIP Project Implementation Plan

    PFS Project Fact Sheet

    PPP Public Private Partnership

    RIAL Reuse for Industry, Agriculture and Landscaping

    SW Solid Waste

    TA Technical Assistance

    ToR Terms of Reference

    USAID United States Agency for International Development

    WAJ Water Authority Jordan

    WW Wastewater

    WWTP Wastewater Treatment Plant

  • Programme d’investissement pour l’élimination des zones sensibles en Méditerranée

    Mécanisme d’aide à la préparation et à la mise en oeuvre des projets

    Financé au titre du Fonds d’assistance technique de la FEMIP

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    1 ETAT INITIAL DES SITES DE STOCKAGE

    DES DECHETS INDUSTRIELS EL ARAAR

    Deux dépotoirs pour les déchets industriels et assimilé ménagers : crée par une entreprise privée qui a des véhicules de collecte de déchets dans les zones industrielles de Menzel Bourguiba et de Bizerte.

    Le premier site à Tinja occupe une surface de 165 m x 85 m (environ 1,5 ha) et situé en bordure du lac de Bizerte et des rivages d’Oued Tinja.

    Le deuxième site occupe une surface d’environ 0,5 ha et situé à côté d’EL Fouledh à Menzel Bourguiba, sur la voie express menant à la ville de Menzel Bourguiba en arrivant de Tunis. Ces sites sont gérés par une entreprise privée (Entreprise EL ARAAR). Le consultant a pu accéder aux sites et avoir des entretiens avec le chef d’entreprise et quelques responsables sur site.

    Depuis cette année (2011), le responsable de l’entreprise El Araar veut régler sa situation et aménager les sites en centre de tri et de transfert des déchets industriel conformément à la réglementation environnementale en vigueur.

    Les sites contiennent des fûts, de la ferraille et autres déchets. Il existe, par conséquent, des risques de pollution des sols et d’infiltration vers les nappes phréatiques et vers le réseau hydrographique limitrophe des eaux de ruissellement. Les photos suivantes illustrent les deux sites.

    1.1 SITE TINJA

    1.1.1 LOCALISATION

    Le site de Tinja se trouve sur la route de Bizerte à la sortie de la ville de Tinja et juste avant l’intersection d’oued Tinja avec la route. La surface du site est d’environ 1,5 ha.

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    1.1.2 CARACTÉRISTIQUES DU SOL

    Ce site est exploité par l’entreprise El Araar depuis une dizaine d’années. Le sol du site et ses alentours est formé de remblais, de hauteur d’environ 70 cm.

    Un échantillon de sol a été prélevé au niveau du site durant la campagne d’investigation des décharges industrielles sauvages à Menzel Bourguiba. Les analyses de cet échantillon ont montré la contamination des sols par des hydrocarbures et des métaux lourds.

    Le prélèvement réalisé ne décrit pas suffisamment la situation du site de point de vue pollution des sols. En effet, l’échantillon a été prélevé à 20 cm de profondeur (forage avec une tarière dans un sol très consolidé) sans autres échantillons ailleurs.

    Un sondage à 50 m au nord du site a permis l’identification d’une nappe à moins de 2 m de profondeur. La qualité des eaux de cette nappe ne montre pas une pollution, du moins par les métaux lourds et les hydrocarbures.

    Une deuxième campagne d’échantillonnage des sédiments et d’analyses a été réalisée en juillet 2012, afin d’identifier le niveau atteint par la pollution et la nature de la pollution. Il s’agit de sondage à la tarière manuelle avec des prélèvements de surface, à 0,5 m de profondeur et à 1 m de profondeur. La carte suivante montre la situation des points de prélèvement :

    Vers Bizerte

    Lac de Bizerte

    Lac Ichkeul

    Oued Tinja

    Vers Menzel

    Bourguiba

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    Image satellitaire montrant la situation des points de prélèvements (T1, T2, T3 et T4) au niveau du

    site de Tinja

    Les paramètres analysés sont essentiellement les métaux lourds et les hydrocarbures. Le tableau suivant indique les résultats des analyses de laboratoire sur ces échantillons de sol.

    Code ID Cadmium

    (mg/Kg MS)

    Cuivre

    (mg/Kg

    MS)

    Fer (g/Kg

    MS)

    Plomb (mg/Kg

    MS)

    Zinc (mg/Kg

    MS)

    Mercure

    (µg/kg MS)

    Indices des

    hydrocarbures

    (mg/Kg MS)

    T1à50cm 0,728 11,9 21,4 34,4 93,1 103 < 12

    T2à50cm 0,476 16,6 29,4 24,4 4050 327 110

    T2à1m 1,7 26,9 24,9 49,7 4930 195 60

    T3à50cm 0,236 9,38 17,8 20,4 86,1 121 < 12

    T3à1m 0,171 2,57 15,3 6,41 47 154 < 12

    T4à50cm 0,227 7,11 19,2 9 77,1 102 < 12

    T4à1m 0,164 2,3 11,2 3,7 35,3 105 < 12

    Les résultats des analyses montrent bien que la pollution atteint souvent le 1 m de profondeur, essentiellement par les métaux lourds. Il y a lieu de signaler le sondage T2 et ses valeurs en Zinc, Mercure et hydrocarbures qui sont remarquablement élevés. Cette zone nécessitera lors des travaux de réhabilitation un suivi particulier.

    La pollution du site est superficielle, ne dépassant pas le premier mètre.

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    1.1.3 TYPES, SOURCES ET QUANTITES DES DECHETS

    Le site d’El Araar de Tinja est un centre de stockage et de transfert des déchets industriels collectés dans les zones industrielles de Menzel Bourguiba, Mateur et Bizerte. L’entreprise El Araar est un prestataire de service opérant dans la collecte des déchets dans les industries par des conventions et des protocoles lui permettant de collecter, transporter et éliminer des déchets industriels.

    L’entreprise possède 7 camions, 6 pick-up, 1 tracteur, 1poclain, 1 trax et des presses ferrailles et presses cartons. Le fonctionnement de l’entreprise est comme suit :

    Collecte des déchets des industries

    Déchargement dans ses sites

    Tri des déchets

    Transport des déchets non valorisables vers la décharge de Bizerte

    Découpage et compactage des déchets valorisables

    Stockage des déchets valorisables

    Transport des déchets valorisables aux recycleurs (exp : papier et carton vers Papeterie des Belvédères, Métaux vers El Fouledh, autres vers des recycleurs divers)

    Les déchets proviennent principalement des industries de production de chaussures de sécurité, des industries textiles, des industries mécaniques et électroniques et des ferrailles des véhicules.

    Les quantités mensuelles moyennes par type de déchets sont comme suit:

    Type de déchets Quantité

    Cartons 35 tonnes

    Coton 15 tonnes

    Bois 20 tonnes

    Fûts 2400 fûts

    Citernes (plastiques) 35 citernes

    Ferrailles 10 tonnes

    Sac plastique 3 tonnes

    Rebut (déchets non valorisables, va directement vers la

    décharge contrôlée de Bizerte) 2 tonnes

    Les caisses en plastique 900 kg

    PVC 500 kg

    Inox 1 tonne

    Aluminium 1 tonne

    Ces quantités concerne toute l’activité de l’entreprise, soit pour les deux sites de stockage Tinja et Menzel Bourguiba.

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    1.2 SITE MENZEL BOURGUIBA

    1.2.1 LOCALISATION

    Le site de Menzel Bourguiba est considéré comme l’annexe du site principal à Tinja. Il se trouve sur l’axe rentrant à la ville de Menzel Bourguiba en venant de Tunis. La surface du site est d’environ 0,5 ha.

    1.2.2 CARACTÉRISTIQUES DU SOL

    Le site est entouré de champs d’olivier, dont la terre est principalement sablo argileuse brunâtre.

    Vers Ville de

    Mzl Bourguiba

    Vers Tunis

    Entrée d’El Fouledh

    Huilerie

    Lac de

    Bizerte

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    Aucun échantillon de sol n’a été prélevé au niveau de ce site. Visuellement, le consultant a identifié la présence d’hydrocarbures et des huiles.

    Il s’agit d’une contamination par les hydrocarbures et par les métaux lourds.

    Une deuxième campagne d’échantillonnage des sédiments et d’analyses a été réalisée en juillet 2012, afin d’identifier le niveau atteint par la pollution et la nature de la pollution. Il s’agit de sondage à la tarière manuelle avec des prélèvements de surface, à 0,5 m de profondeur et à 1 m de profondeur. La carte suivante montre la situation des points de prélèvement :

    Image satellitaire montrant la situation des points de prélèvements (T5 et T6) au niveau du site de

    Menzel Bourguiba

    Les paramètres analysés sont essentiellement les métaux lourds et les hydrocarbures. Le tableau suivant indique les résultats des analyses de laboratoire sur ces échantillons de sol.

    Code ID Cadmium

    (mg/Kg MS)

    Cuivre

    (mg/Kg

    MS)

    Fer (g/Kg

    MS)

    Plomb (mg/Kg

    MS)

    Zinc (mg/Kg

    MS)

    Mercure

    (µg/kg MS)

    Indices des

    hydrocarbures

    (mg/Kg MS)

    T5/Surface 0,4 7,79 31,6 1,9 78,8 66,7 < 12

    T5à50cm 0,435 9,91 36,2 16,5 117 77,1 < 12

    T5à1m < 0,242 6,51 37,7 11,9 111 19,3 < 12

    T6à50cm < 0,242 7,44 33,2 16,7 89,5 < 4,34 < 12

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    Les résultats des analyses montrent bien que la pollution atteint uniquement les premiers 50 cm de profondeur, essentiellement par les métaux lourds.

    La pollution du site est superficielle, ne dépassant pas les premiers 50 cm.

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    2 REHABILITATION DES SITES EL ARAAR

    2.1 GENERALITES SUR LES TECHNIQUES DE TRAITEMENT IN

    SITU

    Les techniques d'assainissement in situ sont appliquées sur les lieux même, sans enlèvement des sols ou des sédiments contaminés et sans extraction des eaux contaminées. On peut y recourir pour nettoyer le sol de la zone vadose ainsi que le sol et l’eau de la zone saturée.

    2.1.1 APERÇU

    Dans ce chapitre, il est question des avantages et des inconvénients du traitement in situ par comparaison avec le traitement ex situ. On examine aussi divers points à considérer dans l’évaluation de la faisabilité d'un traitement in situ.

    Certaines des techniques utilisées pour traiter in situ les sols, les sédiments et les eaux souterraines contaminés sont présentées plus loin avec une explication de leur mode d'action ainsi que leurs avantages et leurs inconvénients.

    L’information fournie sur les diverses techniques décrites est complétée par une analyse comparative de leur coût et des facteurs influant sur ce paramètre.

    Avantages du traitement in situ

    Par comparaison avec le traitement ex situ, le traitement in situ est peut-être un moyen plus économique et moins perturbateur de décontaminer les sols, les sédiments et les eaux souterraines. Souvent, le traitement ex situ revient plus cher à cause des frais liés à l'enlèvement des matériaux contaminés ainsi qu’à l'exploitation et à l'entretien des installations de traitement.

    Par ailleurs, contrairement aux techniques de traitement ex situ, les méthodes in situ dérangent peu les activités en cours sur les lieux contaminés. Le traitement in situ ne nécessite ni matériel lourd pour l’enlèvement ni de grands espaces pour l’utilisation du matériel de traitement.

    Comme les matériaux contaminés restent en place pendant le traitement in situ, l'exposition des humains et de l'environnement aux contaminants est limitée au minimum. Par contre, lorsque les matériaux à traiter sont remontés à la surface, le risque d'exposition est plus grand.

    Souvent, le traitement in situ est l'option privilégiée, non seulement pour les raisons énumérées ci-dessus, mais aussi parce qu’il est parfois impossible de retirer les matériaux à traiter ou encore parce que le traitement ex situ suscite une opposition dans l'opinion publique ou dans les milieux politiques.

    Inconvénients du traitement in situ

    Malgré ses avantages, le traitement in situ a ses limites et il est relativement inopérant lorsque les conditions sont défavorables. En outre, avec les techniques in situ, le traitement est généralement plus long qu'avec les méthodes ex situ.

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    Les conditions des lieux influent tant sur le mode d'action que sur l'efficacité du traitement in situ. Divers facteurs du milieu sont susceptibles d'amoindrir l'efficacité de ce type de traitement dont les suivants : faible perméabilité et hétérogénéité du sol, distribution du contaminant, présence d'obstacles limitant l'accès aux zones contaminées et contrôle limité du procédé.

    Des obstacles, à la surface ou dans le sol, peuvent limiter l'accès aux zones à décontaminer; le cas échéant, le traitement in situ peut perdre toute efficacité.

    Il est difficile de vérifier l’efficacité des procédés de traitement in situ, car il est impossible d'avoir accès par tous les côtés aux matières à décontaminer; dans de telles conditions, le nettoyage peut manquer d'uniformité. Ce problème ne se pose pas avec le traitement ex situ.

    2.1.2 PROCÉDÉS DE TRAITEMENT IN SITU

    Les procédés de traitement in situ peuvent s'appliquer à la zone vadose, à la zone saturée ou aux deux à la fois. Dans ce qui suit, nous examinerons brièvement chacun des procédés.

    Le contaminant à éliminer peut être un produit à l’état libre qui flotte sur la nappe phréatique, un résidu qui subsiste dans la zone vadose et dans la zone saturée ou un composé dissous dans les eaux souterraines. Ci-après, nous décrivons les procédés auxquels on peut recourir pour remédier à ces différents types de contamination. Chaque procédé est présenté séparément, mais le traitement peut faire appel à plusieurs à la fois. Par exemple, l'élimination d'un produit subsistant à l’état libre dans le sol peut consister à pomper le produit en question avec les eaux souterraines jusqu’à la surface, puis à séparer le produit de l’eau, à traiter celle ci et à détruire ou recycler le produit extrait.

    Assainissement du sol de la zone vadose

    Les résidus de contaminants qui subsistent dans la zone vadose sont soit adsorbés (attachés) sur les particules du sol, ou retenus dans les espaces qui séparent ces particules. Les méthodes utilisées pour traiter le sol de la zone vadose mettent à profit les conditions du milieu non saturé, telles que la présence d'air (oxygène), le déplacement de l'air dans le sol et la présence de microorganismes pouvant dégrader les contaminants.

    Extraction sous vide

    Ce procédé, qu'on peut aussi appeler extraction des vapeurs, réduit la concentration des contaminants volatils présents dans le sol. Il consiste à créer un vide partiel dans le sol pour accélérer la volatilisation des contaminants et les entraîner jusqu'à la surface. L'air de la surface pénètre dans le sol par des puits d'aération horizontaux ou verticaux, aménagés en des points stratégiques dans la zone contaminée et en périphérie.

    Dans l'application considérée ici, une pompe raccordée à un seul puits d'extraction sert à créer un vide et à aspirer l'air du sol et éliminer le contaminant emporté dans le flux d’air; dans ce procédé, l'air pénètre dans le sol surtout par la surface, plutôt que par des puits d'aération. Le traitement réussit le mieux lorsque le sous-sol est assez perméable pour que l'air puisse y circuler librement.

    Lorsque le sol est très perméable, l'air peut passer directement de la surface au puits d'extraction, sans atteindre la zone contaminée qui se trouve ainsi être court-circuitée; pour empêcher ce phénomène, on peut recouvrir la zone à traiter : les matériaux de recouvrement empêchent l'air de migrer vers le puits d’extraction par le chemin le plus direct, le forçant à passer par la zone

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    contaminée. Cette technique éprouvée a été très employée dans les opérations d'assainissement aux États-Unis.

    L'extraction des vapeurs ne peut être utilisée que pour le traitement de la zone vadose lorsque celle-ci se compose de matériaux perméables comme le sable, le gravier, le limon grossier et lorsque les contaminants sont volatils. Si le sol à traiter ne possède pas une perméabilité à l'air suffisante pour l'extraction, on peut recourir à la fracturation pour accroître le flux d'air et ainsi accélérer l'extraction. Nous reviendrons plus loin sur cette technique.

    L'extraction sous vide présente notamment l’inconvénient d’obliger à traiter l'air extrait (effluents gazeux), qui renferme les contaminants. Les procédés utilisés pour le traitement des effluents gazeux sont décrits au chapitre 4. Par ailleurs, lorsque les contaminants ne sont pas tous volatils au même degré, l'extraction sous vide peut ne pas convenir ou devoir être combinée à d'autres techniques.

    Biorestauration

    La biorestauration est le processus par lequel des microorganismes (p. ex., des bactéries et des champignons) décomposent les composés organiques et les convertissent en biomasse, en produits intermédiaires et en sous-produits tels que le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4) et divers sels inorganiques.

    Les méthodes exploitant ce processus visent à influer sur l'accès aux contaminants et sur leur concentration, ainsi que sur la vitesse des réactions de biodégradation. Certaines caractéristiques du sol influent de façon déterminante sur la biodégradation : le pH (acide ou alcalin), la teneur en eau, la température et la teneur en nutriments.

    Avant de mettre en œuvre un traitement par biodégradation, il convient d'évaluer les conditions du milieu à traiter et d'effectuer des études de traitabilité pour déterminer si l'application envisagée est réalisable. L'évaluation des conditions du milieu nous renseigne sur la concentration et la nature des contaminants, leur distribution, la présence de microorganismes capables de les détruire, les propriétés édaphiques (du sol) propices à l'activité biologique, etc. Les études de traitabilité nous permettent de savoir dans quelle mesure les contaminants sont biodégradables, de déterminer la nature des produits intermédiaires et des sous-produits et de voir s'il y a moyen d'accélérer le processus de biodégradation.

    Les méthodes décrites ci-après font intervenir un processus de biorestauration.

    Bioventilation : consiste à faire pénétrer de l'oxygène dans le sol pour stimuler la biodégradation

    aérobie des contaminants.

    Bioaspiration : l'aspiration permet d'enlever le contaminant qui flotte sur la nappe phréatique et

    d'aérer le sol. Cette aération est comparable à la bioventilation, car elle favorise la volatilisation et la

    biodégradation des contaminants in situ. Les vapeurs de contaminant qui parviennent à la surface

    sont rejetées dans l'atmosphère directement ou après un traitement.

    Travail et amendement du sol : pratiqués normalement sur la couche superficielle, visent à modifier

    ses propriétés de manière à activer la dégradation microbienne des contaminants.

    Lessivage du sol

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    Le lessivage consiste à faire pénétrer des fluides dans le sol pour extraire les contaminants par

    désorption ou mise en solution. Le dispositif de lessivage comprend des installations de drainage en

    surface ou des galeries d'infiltration par lesquelles les liquides de lessivage pénètrent dans le sol. Le

    liquide d’élutriation (liquide de lessivage et contaminant en solution) est recueilli dans des puits peu

    profonds ou dans des dispositifs de drainage souterrains, puis pompé jusqu'à la surface où il est

    traité. Une fois débarrassés des contaminants qu'ils contiennent, les liquides de lessivage peuvent

    être recyclés.

    Comme toute une variété de liquides (eau, hydroxyde de sodium, divers alcools, etc.) se prête à ce

    procédé, le traitement peut être adapté à l'élimination des composés tant organiques

    qu'inorganiques. Le lessivage est d'application facile dans les sols perméables, et les sols traités ne

    nécessitent pas nécessairement d'autre traitement. Le coût d'un lessivage, généralement moyen,

    dépend de la solution employée.

    Cette technique présente l'inconvénient d'exiger une gestion très étroite de l'élutriation, car il faut

    empêcher le liquide de lessivage de s'échapper et de contaminer les eaux souterraines ou les eaux de

    surface hors du périmètre traité. En outre, si le sol n'est pas homogène et s'il est peu perméable,

    l'efficacité du traitement risque d'être considérablement réduite. Par ailleurs, bien que le lessivage

    donne de bons résultats, l'introduction dans le sol de solutions susceptibles d’avoir des effets

    toxiques alarme beaucoup d’utilisateurs potentiels. Ceux-ci s'inquiètent aussi des répercussions de

    ce traitement sur l’équilibre physico-chimique du sol traité.

    Traitement thermique

    Certains procédés de traitement thermique consistent à chauffer le sol in situ pour favoriser la

    désorption et la volatilisation des contaminants. On les utilise pour l’élimination des fractions

    aliphatiques (hydrocarbures à chaîne linéaire) et aromatiques (hydrocarbures à chaîne fermée) du

    carburéacteur et de l’essence, et des composés chlorés se volatilisant entre 80 °C et 300 °C. Dans

    une autre forme de traitement thermique in situ, on vise, non à éliminer les contaminants du sol,

    mais à les convertir en des composés solides chimiquement inertes.

    Volatilisation : peut être obtenue par l’injection d’un fluide chaud (eau, air ou vapeur), par

    chauffage à haute fréquence et par chauffage avec résistance électrique. Une fois extraits,

    les contaminants volatilisés sont traités au moyen d'une des techniques de traitement des

    effluents gazeux.

    Solidification : Pour induire un processus de vitrification in situ, on chauffe le sol contaminé,

    si bien qu'il se transforme en verre et en matériaux cristallins chimiquement inertes. On peut

    chauffer le sol en faisant passer un courant électrique par des électrodes qu'on y a

    introduites, la température pouvant ainsi être portée à 3 600 °C. À une telle chaleur, les

    silicates présents dans le sol fondent et forment une matrice de verre, les contaminants sont

    pyrolysés, et les métaux se volatilisent. À la fin du traitement, le sol est transformé en un

    matériau solide semblable au granit.

    Procédé électrocinétique

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    Le procédé électrocinétique, utilisé pendant plusieurs années pour assécher les sols, est maintenant

    appliqué à l’assainissement.

    Lorsque l'eau s'écoule dans le sol, les ions positifs qu'elle contient sont attirés par les particules

    chargées négativement, telles les particules d’argile du sol; peu à peu, les ions enrobent les

    particules du sol. Si l'on applique un champ électrique à un sol ainsi saturé, les ions positifs enrobant

    les particules de sol migrent vers la cathode. Dans le voisinage de celle ci, on peut extraire des

    solutions concentrées de ces ions. Cette méthode est efficace pour extraire les ions métalliques des

    sols.

    Le procédé électrocinétique est une technique d'application simple; les solutions de contaminants

    accumulées près de la cathode s'extraient facilement du sol. Le résultat obtenu est permanent.

    La sélectivité de cette technique pour les métaux peut sembler avantageuse, mais, en fait, c'est un

    inconvénient. En effet, il faudra prévoir d'autres traitements si des contaminants organiques doivent

    aussi être éliminés. En outre, le procédé électrocinétique consomme beaucoup d'électricité, ce qui

    en fait une méthode peu économique.

    Cette technique pourrait ouvrir de nouvelles voies en permettant d'extraire les ions métalliques de

    même que les hydrocarbures dissous dans les eaux souterraines. En effet, en migrant vers la

    cathode, les ions produisent un effet d’entraînement qui amène l'eau vers cette électrode, jusqu’à la

    zone où les contaminants sont recueillis. Si ce procédé se révèle efficace, le traitement ne sera plus

    limité aux métaux.

    Phytoassainissement

    Dans cette technique innovatrice et peu coûteuse, on exploite des plantes possédant des propriétés

    particulières leur permettant de concentrer, de dégrader ou de transformer les contaminants. Ces

    propriétés sont un attribut génétique de la plante, ou, comme c'est de plus en plus souvent le cas,

    résultent d'une manipulation génétique.

    Les plantes qu'on utilise pour cette forme de traitement dégradent les contaminants in vivo ou dans

    les limites de la rhizosphère. Les contaminants peuvent aussi s'accumuler dans leurs racines et (ou)

    leurs feuilles.

    Cette technique peut être employée pour le traitement des grandes surfaces où la contamination est

    faible et superficielle. Dans ces conditions, le traitement d'assainissement consiste à cultiver la

    plante spécialisée dont la récolte revient à enlever le contaminant. On peut ensuite traiter la matière

    végétale récoltée pour récupérer, détruire (p. ex., par incinération) ou concentrer le contaminant.

    Cette méthode présente l'important avantage de permettre d'assainir le sol in situ tout en

    perturbant très peu les lieux environnants. En outre, le sol ainsi traité conserve ses propriétés

    physiques, chimiques et biologiques naturelles.

    Le phytoassainissement comporte certaines limites. En effet, avec cette méthode, on ne peut traiter

    le sol qu'à une faible profondeur et l'élimination des plantes chargées des contaminants peut poser

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    un problème. Comme l'assainissement résulte de l'activité d'une plante, la zone traitée n'est guère

    profonde, car l'action de la plante se limite à la rhizosphère. Si la plante ne transforme pas le

    contaminant, celui-ci s'accumulant simplement dans ses tissus, il peut être nécessaire, pour

    l'éliminer, de recourir aux méthodes utilisées pour les déchets dangereux.

    Les plantes renfermant des contaminants ne peuvent servir à l’alimentation des animaux, car elles

    pourraient avoir une action délétère.

    Assainissement naturel

    L'assainissement naturel est le résultat de processus naturels qui ont pour effet de réduire la

    concentration des contaminants dans un milieu contaminé. Les processus en jeu sont biologiques ou

    non. Dans ce manuel, nous entendons par assainissement naturel (biorestauration passive) la

    dégradation des contaminants sous l'action des microorganismes présents à l'état naturel dans le

    milieu contaminé.

    Dans l'assainissement naturel, les microorganismes consomment les contaminants pour se

    développer (s’en nourrissent) en plus d'oxygène et de nutriments. Pour que le processus

    d'assainissement puisse s'opérer de façon efficace, le milieu doit être propice à la multiplication de la

    population microbienne. Les contaminants doivent être facilement accessibles aux

    microorganismes (par exemple, ils doivent être solubles dans l'eau interstitielle) et leur

    concentration doit rester à un niveau non toxique pour la microflore.

    Il faut d'abord déterminer si le processus peut s'opérer, puis en suivre l'évolution. Pour vérifier si

    l'assainissement naturel est réalisable, on commence par étudier le milieu contaminé afin de

    déterminer si les conditions sont propices. Si des insuffisances sont mises en évidence, on peut

    enrichir le milieu en y ajoutant des nutriments ou d’autres substances. Il faut ensuite surveiller la

    situation pour déterminer si le contaminant est bel et bien dégradé.

    Les processus naturels permettent surtout d'éliminer les composés organiques. Parmi les

    contaminants susceptibles d'être ainsi éliminés figurent les BTEX, les HAP et certains hydrocarbures

    chlorés. L'assainissement naturel est probablement inopérant lorsque les contaminants sont des

    produits à l’état libre ou des résidus de liquides non aqueux.

    Système de distribution et de récupération de contaminants

    Certaines techniques consistent à incorporer au sol des agents décontaminant, et d’autres, à

    récupérer les contaminants présents dans le sol. Les deux méthodes décrites ci-après combinent ces

    deux types de procédés.

    Brassage du sol : Ce procédé mécanique consiste à mélanger le sol in situ pour favoriser

    l'introduction d'agents qui immobiliseront les contaminants ou pour faciliter la récupération des

    contaminants.

    Fracturation pneumatique ou hydraulique : Dans l'industrie du pétrole, on utilise beaucoup cette

    technique pour fracturer les formations peu perméables afin de faciliter la récupération des

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    hydrocarbures qu'elles renferment. D'après l'étude préliminaire de cette technique appliquée à

    l'assainissement, on pourrait envisager de l'utiliser pour traiter des sols et des assises rocheuses

    contaminés. La fracturation peut être employée pour augmenter l'efficacité des procédés de

    pompage et de traitement ou pour améliorer les résultats de l'extraction à la vapeur dans les sols

    peu perméables.

    Résumé et comparaison des techniques utilisées pour la zone vadose

    La plupart des techniques décrites dans la partie précédente; on y trouve une synthèse et une

    comparaison de ces diverses techniques au point de vue de l'applicabilité, des avantages, des

    inconvénients, du coût, de la durée du traitement, de la disponibilité de la technique et des

    techniques complémentaires.

    Dans le cas des sites El Araar, il s’agit de sol perméable et une contamination par des hydrocarbures

    et des métaux lourds.

    La technique in-situ la plus adaptée à notre cas est celle de Lessivage du sol, surtout que la surface

    des sites n’est pas importante avec présence d’une nappe à moins de 2 m. mais d’avancer dans la

    mise en œuvre de cette technique il est indispensable d’exécuter une campagne d’échantillonnage

    de sol et une caractérisation détaillée de la nappe.

    Coût du traitement et facteurs influant sur ce paramètre

    Les techniques les moins coûteuses sont au nombre des procédés les plus souvent utilisés.

    Ce sont le lessivage du sol, l'extraction sous vide (avec ou sans traitement des effluents gazeux), la

    biorestauration et la bioventilation. Les autres méthodes, à l'exception de la vitrification in situ,

    coûtent à peu près la même chose, mais ne sont pas aussi utilisées parce qu'elles ne s'appliquent que

    dans des conditions particulières. Par comparaison, la vitrification in situ est extrêmement chère à

    cause de la forte consommation d'énergie qu'elle nécessite.

    L’assainissement d'un sol peu perméable coûte plus cher. Avec les procédés dans lesquels on fait

    s'écouler un fluide (air ou eau) dans le sol, le traitement dure plus longtemps et coûte plus cher

    lorsque le sol est peu perméable et que l'écoulement du fluide est difficile. Ainsi, le coût de six des

    techniques augmente lorsque la conductivité (air ou eau) du sol est faible. Quant aux procédés

    biologiques, leur prix augmente lorsque la température du milieu est basse, ce qui n'a rien

    d'étonnant; s'il faut élever la température du sol et stimuler la biodégradation, des frais additionnels

    sont à prévoir.

    2.2 ACTIONS DE RÉHABILITATION

    Dans le cas des sites exploités par l’entreprise El Araar, il s’agit de traiter une couche de terre polluée

    par les hydrocarbures et les métaux lourds, d’épaisseur de 0,5 m pour M. Bourguiba (0,5 ha de

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    surface) et 1 m pour Tinja (1,5 ha de surface), soit un volume total de sol contaminé de environ 20

    000 m3. La dépollution des sites peut se faire in situ ou hors site.

    Plusieurs techniques sont faisables :

    1) La dépollution par excavation de la couche contaminée et transport pour son traitement

    dans d’autre site par lavage ou traitement biologique. Il existe la possibilité d’un traitement

    dans le centre de traitement des déchets dangereux de Jradou, à voir avec les services

    compétents de l’ANGed.

    2) La dépollution par procédés physicochimiques ou Lavage de sols :

    Extraction des polluants au moyen d’un liquide qui est ensuite traité ;

    Généralement réalisé sur site avec un liquide d’extraction qui peut être de l’eau, de l’eau

    additionnée d’acide, un surfactant ou un solvant ;

    Peut être appliqué à des polluants métalliques ou organiques ;

    L’installation de lavage est généralement complexe; une technique simplifiée consiste à

    réaliser une lixiviation en tas.

    1) La dépollution par traitement biologique

    Les polluants sont dégradés par des micro-organismes (bactéries) généralement aérobies.

    Le traitement est le plus souvent réalisé sur site ou hors site par bio-pile ou compostage.

    Le traitement est applicable aux hydrocarbures avec une efficacité variable (hydrocarbures

    «légers» plus facilement dégradables).

    Si le traitement est appliqué aux hydrocarbures et dérivés complexes, il y a risque de

    métabolites de dégradation pouvant être dangereux.

    Le traitement biologique est relativement facile à mettre en œuvre mais nécessite du temps

    (plusieurs semaines ou mois).

    2.3 RESPONSABILITÉS

    Actions Acteur responsable

    Inventaires Pouvoirs publics

    Actions immédiates de mise en sécurité

    Responsable du site

    Pouvoirs publics (si responsable défaillant)

    Utilisateur atteint ou menacé par la pollution

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    Hiérarchisation des priorités d’intervention Pouvoirs publics

    Diagnostic préliminaire Responsable du site

    Pouvoirs publics (si responsable défaillant)

    Diagnostic approfondi Responsable du site

    Pouvoirs publics (si responsable défaillant)

    Choix des objectifs de réhabilitation Pouvoirs publics

    Choix de la technique de réhabilitation Responsable du site

    Pouvoirs publics (si responsable défaillant)

    Réalisation des travaux Responsable du site

    Pouvoirs publics (si responsable défaillant)

    Suivi des travaux contrôle des résultats Responsable du site sous le contrôle des pouvoirs publics

    Pouvoirs publics (si responsable défaillant)

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    3 AMENAGEMENT DES SITES EN

    DECHETTERIES DES DECHETS

    INDUSTRIELS

    Comme mentionné auparavant, l’entreprise El Araar avait l’intention de réaménager les deux sites

    en installations de tri, stockage et évacuation des déchets valorisables. Faute de financement, ils ont

    abandonné ce programme.

    Une fois les sites sont réhabilités, il est recommandé de les aménager en déchetteries des déchets

    industriels, équipés par tous les moyens de préservation de l’environnement tout en garantissant la

    performance lors de l’exploitation.

    La déchetterie est un espace aménagé, gardienné et clôturé pour le dépôt sélectif et transitoire des

    déchets. Une fois déposés, les déchets sont triés, nettoyés, préparés, stockés et évacués pour le

    recyclage et devenir une matière récupérable (matière première secondaire).

    La structure de la déchetterie dépend essentiellement de la nature des déchets collectés.

    Par nature des déchets, nous entendons, la qualité, le rythme d’apport (il y a des déchets

    saisonniers) et le type d’objets (taille, forme, poids et état de dégradation).

    Il est important de signaler que le modèle de la déchetterie est fonction également du mode de

    transport utilisé (en bennes, en camion ou en camion compacteur) pour l’apport des déchets vers la

    déchetterie et leur acheminement vers l’usine de recyclage.

    3.1 DESCRIPTION

    Les déchets industriels à récupérer et à traiter sont plus volumineux que les déchets ménagers. Par

    ailleurs, les déchets industriels sont beaucoup plus hétérogènes en termes de qualité et de quantité.

    Cette hétérogénéité rend l’identification de leurs composants laborieuse. D’autant plus que leur

    format les rend souvent difficiles à manutentionner.

    Contrairement à une déchetterie communale, une déchetterie industrielle ressemble plus à un «

    chantier de récupération » où l’espace est ouvert et peut facilement changer d’affectation.

    Vue d’une déchetterie industrielle :

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    Objets ou déchets recueillis : toutes les matières et tous les mélanges tels que définis par la direction

    de la déchetterie. Les livreurs sont souvent moins disposés que la population à opérer un tri au

    moment où les objets deviennent déchets. Les catégories sont plus difficiles à déterminer. Les

    objets sont souvent composites.

    Problèmes : difficulté à vérifier la qualité de la marchandise au moment où elle arrive à la

    déchetterie, le dessus du tas n’étant souvent pas équivalent au dessous du tas. Difficulté à manier les

    déchets de part leurs poids et leurs formes. Il faut parfois protéger certaines bennes contre la pluie

    par des toitures. Un aspect propre et ordonné est difficile à respecter.

    Structure : une place ouverte où peuvent facilement manœuvrer camionnettes et camions. Elle doit

    offrir des espaces différenciés pour chaque matière et une place de déchargement antérieure au lieu

    de stockage. Contrairement à la déchetterie communale, les déchets sont vidés et vérifiés avant

    d’aller rejoindre le lieu de stockage.

    Organisation : L’apport de déchets en grande quantité implique une redevance (ou une

    rémunération) et donc un système de pesage (éventuellement au m3), une identification du livreur

    et du type de déchets.

    Pour la gestion des déchets industriels, deux solutions sont possibles :

    Soit un système de casier à même le sol (des murs en béton) où une fois la matière vérifiée

    est poussée manuellement ou mécaniquement (à l’aide d’un chargeur) vers l’intérieur et

    stockée. Elle doit ensuite être ressortie pour être transportée à l’usine de recyclage.

    Exemple d’un chargeur :

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    Soit un système de bennes déposées directement sur le sol. La matière est transvasée

    manuellement ou mécaniquement dans la benne après vérification. Les bennes sont ensuite

    transportées par un camion Ampliroll.

    Il n’est pas absolument nécessaire de mettre en place un quai pour le déchargement des déchets. Il

    faut évidemment du personnel pour vérifier ou accomplir chaque opération. Le rôle du personnel est

    essentiel pour le bon fonctionnement de la déchetterie. Seuls sont admis les déchets pour lesquels

    une filière de récupération a été identifiée (convention avec les récupérateurs).

    Avantages : le tri à la source des déchets permet d’avoir une bonne qualité des matières récupérée.

    3.2 AMÉNAGEMENT DE LA DÉCHETTERIE

    La réalisation d’une déchetterie aux bonnes dimensions est un point crucial dans son

    fonctionnement. Sous-dimensionner une déchetterie peut entraîner une saturation des bennes ou

    des box et même un mélange des déchets. Contrairement, la sur-dimensionner engendre des

    surcoûts inutiles et risque de créer des zones grises (stockage définitif de déchets indésirables).

    En prenant ce paramètre en considération, les plans proposés donnent une première variante des

    emplacements des différentes matières récupérables selon les quantités et les volumes des déchets

    attendus.

    L’utilisation de box ou de bennes

    Partant du point de vue qu’il s’agit d’une déchetterie ouverte aux industriels de la région de Menzel

    Bourguiba-Bizerte, la quantité et surtout les volumes des déchets récupérés diffèrent de manière

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    importante des déchets ménagers (grandes caisses de bois ayant contenu un transformateur

    électrique, poutrelles de fer pouvant dépasser 2 mètres, etc.). Les dimensions des box (5x10 mètres)

    correspondent à des quantités industrielles de matières à gérer. Selon les équipements de transport

    à disposition de l’entreprise et selon la gestion des marchandises, ces box en béton peuvent être

    remplacés par des bennes (à ciel ouvert) à retirer directement par les repreneurs avec un camion

    approprié.

    Une autre option est de disposer une benne dans le box. Les dimensions de l’espace de travail

    environnant sont adaptées à l’outillage nécessaire adéquat (bennes, trax, pelleteuse, etc.). Des box

    plus petits sont entreposés à l’entrée de la Déchetterie afin d’y récupérer des déchets en plus petites

    quantités ou à plus haute valeur (ex : déchets non ferreux).

    La question du toit des box reste à débattre en fonction de la pluviométrie, du vent et du rythme

    d’évacuation de chaque matière. Le fer peut tout à fait résister à la pluie. Le papier lui ne le supporte

    que quelques jours, puis doit impérativement être utilisé et recyclé. Quant au bois, sa résistance est

    plus longue, mais il ne peut résister toute la saison hivernale.

    Pour éviter toute confusion entre les matériaux, il est très important de bien indiquer les différents

    contenus des box par des panneaux, des couleurs et/ou des pictogrammes. La hauteur des box

    devrait tenir compte d’une manutention par pelleteuse.

    Les sols sont suffisamment solides pour supporter l’action d’une pelleteuse ou la pose de benne

    (bétonnage et rail).

    Une aire de dépôt des ferrailles sera aménagée d’une façon à permettre un accès facile aux grands

    engins et de placer la machine de découpage et la presse.

    Les locaux techniques

    Les livraisons doivent impérativement être suivies et vérifiées consciencieusement.

    Dès lors, un bureau de réception est nécessaire. Un local technique fermé pouvant contenir une

    balance plus précise pour les pesages moindres sera prévu (ex : métaux non ferreux) et les pesages

    intermédiaires lors d’un arrivage composé de plusieurs matières (balance d’une tonne au maximum).

    Dans ce local fermé se trouve également un minimum d’outillages tels que balais et pelles (à prévoir

    en grand nombre). Adjacent au local technique, se trouvera un hangar ouvert permettant de ranger

    le matériel roulant et de faire office de garage.

    3.3 FLUX ET CIRCUIT DE LA MARCHANDISE

    3.3.1 ETAPES D’ENTREE DE LA MARCHANDISE DANS LA DECHETTERIE

    Pour le dépôt de la marchandise sur le site de la Déchetterie, les étapes sont les suivantes :

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    1) Livraison de la marchandise : La marchandise livrée directement ou récoltée dans les

    industries est pesée à l’entrée de la Déchetterie sur la grande balance à côté du bâtiment

    administratif de l’unité de compostage (poids brut).

    2) Identification du chargement : Le chauffeur entre dans la Déchetterie et s’arrête pour

    annoncer la qualité de son chargement (papier, ferraille ou bois, etc). Si le chargement est

    composé de plusieurs matières, le chauffeur doit annoncer, lors de la livraison, leur

    disposition sur le pont de son véhicule pour déterminer le circuit à faire (bois à l’avant du

    camion, fer à l’arrière).

    3) Orientation des livreurs : Un employé l’oriente alors vers la place de déchargement (ex : box

    n°4 pour le papier) juste devant l’emplacement du box (ou de la benne) correspondant.

    4) Vérification de la qualité de la marchandise : Un autre employé vérifie le déchargement et la

    qualité de la matière. Si celle-ci correspond aux normes, l’employé pousse, manuellement

    ou mécaniquement, cette matière dans le box ou dans la benne. Si la qualité n’est pas

    suffisante, il trie sommairement la marchandise (ex : séparer les sagex des cartons). Au

    besoin, il signale le problème au livreur en lui expliquant la nature du problème et son

    ampleur (non conformité de la marchandise ; ex : 50 kg de bois dans le papier). Une

    marchandise de qualité inférieure correspond à un prix de reprise inférieur (pénalité pour

    qualité non conforme). Si la qualité est trop insuffisante, la marchandise peut être refusée.

    5) Délivrance d’un bon : Le livreur doit à chaque déchargement retourner sur la balance

    principale ou utiliser la petite balance sur site, afin d’obtenir le poids exact de chaque

    matière déposée. Pour certifier le type de marchandise (papier, bois, fer, etc.) et sa qualité,

    un bon de sortie est émis par la Déchetterie.

    6) Quantification du poids net de la livraison : A la sortie, le livreur repasse sur la balance (poids

    de la tare), afin d’obtenir le poids net de la matière livrée. Ce poids est reporté sur le bon de

    livraison.

    3.3.2 ETAPES DE SORTIE DE LA MARCHANDISE

    Pour la récupération de la marchandise, les étapes sont les suivantes :

    a) Tarage du véhicule du repreneur : A l’entrée de la Déchetterie, le repreneur (papeterie,

    verrerie, aciérie, etc.) tare son véhicule sur la grande balance à côté du bâtiment

    administratif de l’unité de compostage.

    b) Chargement de la marchandise : Il est dirigé vers l’emplacement du box ou de la benne

    concerné. Soit son camion est chargé en vrac, soit il charge directement la benne déposée.

    c) Détermination du poids de la marchandise : A la sortie, il pèse son camion sur la balance afin

    de déterminer le poids exact de son chargement.

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    d) Système de paiement : La facturation ou la note de crédit est effectuée par la Déchetterie ou

    par le repreneur ; ainsi la Déchetterie peut à tout moment connaître la quantité de matières

    livrées, reprises ou en stock dans la Déchetterie.

    e) Pour une bonne gestion des intrants et extrants au niveau de la Déchetterie, les différentes

    quantités de matières doivent être consignées dans un registre qui est continuellement

    remis à jour. Ce document permet d’établir un bilan d’activité de la Déchetterie.

    3.4 ORGANISATION DE LA DÉCHETTERIE

    La Déchetterie est un lieu qui gère des déchets. « Ordre » et « Propreté » sont les mots clés dès le

    premier jour d’exploitation. Une déchetterie est un lieu de récupération et de valorisation des

    déchets en matière première de deuxième main (ou matière première secondaire). Chaque employé

    participe à renforcer cette perception en respectant la marchandise comme une matière et non

    comme un déchet.

    Les livreurs quant à eux viennent à la Déchetterie pour se débarrasser de leurs déchets. Pour

    nuancer leur comportement et contrebalancer ce sentiment, il faut être intransigeant sur leur

    comportement en offrant un espace propre et très ordonné. La présence d’une clôture autour du site

    évite tout dérapage vers une décharge sauvage.

    Pour assurer la bonne marche de la Déchetterie, une diffusion de documents d’information et de

    sensibilisation peut être envisagée. Cette action va d’une part inciter les livreurs à trier leurs déchets

    à la source et d’autre part les responsabiliser, ainsi que les récupérateurs, vis à-vis du respect du

    contenu de chaque box ou benne.

    Par ailleurs, il est important de poser une signalisation claire et pratique pour différencier les

    cheminements dans la Déchetterie. En effet, en plein rendement, une déchetterie peut ressembler

    certains jours à une ruche bourdonnante. Pour montrer le chemin et l’emplacement des matières,

    les cheminements doivent être signalés au sol par des flèches et également à l’aide de panneaux et

    de pictogrammes.

    Fonctionnement durant les travaux de réhabilitation et les travaux d’aménagement :

    Lors de travaux de réhabilitation, l’activité peut continuer dans un site lors de la réhabilitation et

    l’aménagement de l’autre site. Ceci dans le cas ou on opte pour l’aménagement des mêmes sites en

    déchetterie industrielle.

    Dans le cas ou on opte pour le déplacement de l’activité dans un nouveau site et abandonner les

    anciens, qui seront réhabilités uniquement, on termine d’abord les travaux du nouveau site et

    démarrer l’activité de la nouvelle déchetterie avant le démarrage des travaux de réhabilitation des

    anciens sites.

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    3.5 PERSPECTIVES D’EXTENSION DE LA DÉCHETTERIE

    Dans le futur, en fonction du développement de la Déchetterie, il y aura certainement de nouvelles

    filières à exploiter et de nouvelles matières à entreposer. Il est possible d’envisager l’accès de la

    Déchetterie à la population de Blida (déchets ménagers) et non aux seuls industriels, ou inversement

    de garder l’espace exclusivement à l’usage des industriels et de prévoir, sur l’espace vierge, un

    chantier de récupération des déchets industriels plus perfectionné en mettant en place des

    machines pour trier, couper, compacter, etc.

    3.6 MESURES DE PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT

    Des aménagements seront prévus pour la protection de l’environnement. Ces aménagements

    concerneront l’étanchéité du sol, la collecte des eaux de ruissellement et la protection contre l’envol

    des déchets légers.

    Etanchéité du sol : le site sera totalement revêtu en béton, sauf la ou il est prévu un peu de verdure.

    Le revêtement sera renforcé au niveau des zones ou il y aura une activité intense, comme la

    plateforme et le parking des conteneurs.

    Collecte des eaux de ruissellement et des liquides provenant des matériaux stockés : un réseau

    de collecte des rejets liquides sera prévu. Le réseau rejoindra les caniveaux de la plateforme, les

    caniveaux de l’aire de manœuvre, les caniveaux du parking et les caniveaux de collecte des eaux

    pluviales, ensuite les rejets liquides seront acheminés vers un déssableur/déshuileur avant leur

    stockage dans un bassin étanche enterré qui sera vidé par des vides fosses et évacué vers la STEP de

    l’ONAS.

    Protection contre l’envol des déchets : des grillage de hauteur d’environ 2 m sont prévus autour de

    la plateforme afin d’éviter l’envol des déchets légers (plastiques, papiers, etc). Les bennes de

    transport seront équipées également de filets, comme couverture de protection contre l’envol des

    déchets.

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    4 AMENAGEMENT D’UN CENTRE DE

    STOCKAGE AU NIVEAU DE LA

    DÉCHARGE EL FOULEDH APRES SA

    REHABILITATION

    D’autres scénarii sont envisageables, tel que le déplacement de l’activité dans un nouveau site. Le

    nouveau site pourra être au niveau de la décharge industrielle d’El Fouledh après sa réhabilitation.

    On rappelle que d’après l’expertise du spécialiste de dépollution des décharges industrielles, la zone

    réhabilitée ne pourra servir que pour l’implantation de projets industriels :

    « La zone est très industrialisée et comporte un centre de transfert de déchets et une usine

    sidérurgique. Elle est bordée partiellement par d’autres industries au Nord-Ouest.

    Nous considérons comme hypothèse de base que cette zone restera à usage industriel et qu’il

    convient d’adapter les solutions de réhabilitation pour cet usage.

    Il ne paraît en effet pas raisonnable d’envisager un usage plus sensible (résidentiel ou de loisir par

    exemple) compte tenu de la présence d’industries lourdes difficilement compatibles avec ce type

    d’usage. »

    Ce scénario a des avantages et des inconvénients :

    Avantages Inconvénients

    Elimination de l’impact visuel des sites actuels et

    les éloignés des axes routiers principaux surtout à

    l’entrée des villes de Menzel Bourguiba et Tinja

    Eviter la pollution des champs agricoles voisins

    des sites actuels

    Surface plus importante pour l’aménagement

    d’une déchetterie de déchets industriels

    Plus de sécurité contre les risques d’accidents

    routiers à la sortie ou à l’entrée des sites actuels

    Augmentation de la valeur foncière des terrains

    des sites actuels (après réhabilitation) et des

    terrains voisins

    L’activité de l’entreprise ne s’arrête pas lors de

    l’aménagement du nouveau site

    Déplacement de l’activité dans un endroit encore

    plus proche du lac.

    L’accès devient plus compliquer.

    Pollution d’un autre site

    Plus d’investissement dans la réhabilitation pour

    garantir une certaine stabilité mécanique du

    terrain avant l’aménagement génie civil de

    nouvelle déchetterie

    Un dérangement possible par l’activité des

    véhicules d’El Fouledh qui utilise la porte côté lac

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    Le propriétaire de l’entreprise El Araar, n‘avait aucune objection sur le déplacement de ses deux sites

    en un seul dans la zone à côté d’El Fouledh sans aucune condition.

    L’aménagement du nouveau site et son exploitation sera de la même façon décrite ci-dessus.

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    5 ASPECTS ADMINISTRATIVES ET

    JURIDIQUES

    En Tunisie, jusqu’à ce jour aucun privé n’a crée une déchetterie ou un centre de tri et de stockage des

    déchets ménagers ou industriels.

    Mais généralement pour le lancement d’une activité dans la gestion des déchets solides (transport

    des déchets, recyclage, collecte des déchets industriels ou ménagers, compostage, …) il y a des

    procédures administratives à suivre :

    1) Déposer un dossier dans l’Agence de Promotion de l’Industrie (API) avec toutes les pièces

    économiques, financières, foncières, …

    2) Déposer une demande d’agrément au ministère de l’environnement. Cette demande sera

    discutée lors d’une commission composée de responsables du ministère, de l’ANGED, de

    l’ANPE, du ministère de l’industrie, du gouvernorat concerné et du ministère de la santé

    publique

    3) Préparation d’une étude d’impact environnemental et social pour l’ANPE. L’approbation de

    l’ANPE est indispensable pour le dossier de la demande de l’agrément

    Nous rappelons que l’entreprise El Araar possède déjà un agrément pour l’activité de collecte et de

    transport des déchets industriels non dangereux dans le gouvernorat de Bizerte. Cet agrément

    pourra être un appui dans le dossier de la demande d’agrément pour l’ouverture et l’exploitation

    d’une déchetterie industrielle dans la région de Menzel Bourguiba.

    Un tel projet pourra bénéficier de certaines subventions comme le FODEP (jusqu’à 20% de

    l’investissement total sur le projet) ou de l’assistance technique de l’ANGed durant la première

    année de fonctionnement.

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    6 COÛTS

    Les coûts mentionnés dans ce chapitre concerne les actions de réhabilitation et d’aménagement. La

    solution la plus adaptée pour la réhabilitation des sites El Araar est:

    La dépollution par excavation de la couche contaminée et transport pour son traitement

    dans d’autre site par lavage ou traitement biologique. Il existe la possibilité d’un traitement

    dans le centre de traitement des déchets dangereux de Jradou, à voir avec les services

    compétents de l’ANGed.

    L’aménagement de la nouvelle déchetterie au niveau de la zone réhabilité côté El Fouledh

    Sachant que :

    la surface totale des deux sites est de 2 ha,

    la couche du sol pollué à enlever est d’environ 50 cm pour M. Bourguiba et 1m pour Tinja (à

    ajuster par des carottes et des analyses),

    Le recouvrement de la surface par des terres propres sur une épaisseur de 40 cm

    le nouveau site sera d’une surface totale d’environ 1,5 ha.

    Les coûts se présentent alors comme suit:

    Action Unité Prix unitaire (DT) Quantité Coût (DT)

    Travaux de réhabilitation

    Excavation des sols pollués m3 13 18 000 234 000

    Transport vers Jradou m3 5 18 000 90 000

    Traitement à Jradou m3 42 15 000 630 000

    Mise des terres propres m3 25 15 000 375 000

    Aménagement de la nouvelle

    déchetterie F - - 500 000

    Total 1 829 000