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Download DE WOLFRAM LOTZ MISE EN SCأˆNE OLIVIER ... gأ© avec Wolfram Lotz, et notamment أ  propos de ce concept

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  • THEATRE DE POCHE

    RIDICULES TÉNÈBRES DE WOLFRAM LOTZ

    MISE EN SCÈNE

    OLIVIER BOUDON

    SAISON 19/20

  • TA B

    LE D

    E S

    M A

    T IÈ

    R E

    S

    RIDICULES TÉNÈBRES

    1 / PRÉSENTATION GÉNÉRALE DU PROJET p 4 ................. Que raconte le spectacle ? p 4 ................. D'où vient le titre ?

    2 / PRÉSENTATION DE L'ÉQUIPE ARTISTIQUE p 8 ................. Interview

    3 / QUELQUES ÉLÉMENTS D'HISTOIRE p 10 ............... Décolonisation ? p 13............... La guerre en Afghanistan p 16............... Le conflit des Balkans p 18............... Le conflit autour de l'extraction du coltan en Afrique + Propositions d'activités pour les profs ou les anima- teurs

    4 / THÈMES QUI TRAVERSENT LE SPECTACLE p 20 ............... L'ethnocentrisme p 23 ............... Les frontières p 26 ............... Les ténèbres à nos portes : les migrants + Propositions d'activités pour les profs ou les anima- teurs

    5 / DRAMATURGIE p 29

    6 / PISTES POUR PROLONGER LA RÉFLEXION p 29

  • 4 5

    Biographies

    Olivier Boudon - Metteur en scène

    A sa sortie de l’INSAS en 2008, il a monté Manque de Sa- rah Kane à l’Epongerie. Ce premier spectacle a été à l’origine de la fon- dation de la Schieve Compagnie, qui est restée depuis lors sa struc- ture de création et de production.

    Après avoir voyagé en Haïti pour créer une adaptation de La Chair du Maître de Dany Laferrière à Port au Prince, il a mis en scène, à Bruxelles, Les Exclus d’après Elfriede Jelinek au Théâtre Varia, puis Cible Mouvante de Marius von Mayenburg dans les Anciens Magasins Vanderborght.

    Cible Mouvante a donné lieu par la suite à une adaptation radiophonique qu’il a réalisé avec Brice Cannavo et l’AMO Samarcande.

    Il a ensuite collaboré avec Jean-Luc Piraux pour les créations de En toute inquiétude et de Six pieds sur terre, deux spectacles qui ont largement été décentralisés.

    En 2016-2017, il a mis en scène L’Absence de guerre de David Hare au Théâtre Océan Nord et Quar- tier 3, destruction totale de Jennifer Haley au Théâtre de Poche. Ces deux spectacles ont rencontré un suc- cès de foule et d’estime.

    En Janvier 2020, il met en scène « Nous avons crû à l’amour qu’Il a pour nous » de Meissoune Ma- jri au Théâtre de Liège. Ce spectacle est le fruit d’un processus de création qui s’est déroulé entre la Bel- gique et la Tunisie.

    Depuis 2014, il enseigne à l’INSAS.

    Benoît Verhaert - Comédien

    « Eh bien mon personnage est un gars étrange. Insaisissable. Déroutant. Il est de la famille de Godot, qu’on passe son temps à attendre. Celui-ci on va finir par le trouver mais est-ce que ça valait vraiment la peine de le chercher ? Je ne sais pas… »

    Depuis sa sortie du conservatoire de Bruxelles il partage son temps entre l’interprétation, la mise en scène, l’écriture, la production, mais aussi la média- tion, en milieu scolaire et depuis peu en milieu car- céral.

    En 2013, il a fondé le Théâtre de la Chute, dont le projet est essentiellement de monter des adap- tations de grands textes dans une forme théâtrale légère et mobile qui invitent les spectateurs au dia- logue lors d’échanges qui suivent chaque représen- tation.

    Sept spectacles ont déjà été produits par cette compagnie : La Chute et L’Etranger, d’après Camus, On ne badine pas avec l’amour d’après Musset, Dom Juan de Molière, Les Carnets du Sous-sol d’après Dostoïevski, Un fils de notre temps d’après Ödön von Horvàth, mais aussi, et dans un style tout-à-fait différent, Claque une petite création café-théâtrale auto-dérisoire. Ces spectacles, ayant pour vocation d’être itinérant, ont voyagé dans un grand nombre de théâtres de notre communauté mais aussi en France et en Afrique.

    Benoît Verhaert a joué au Poche il y a une di- zaine d’années dans les contes érotico-urbains en 2005.

    Jessica Fanhan - Comédienne

    « Mon personnage, Ultimo, est né d’un vrai fait divers. Fantasmé, il est pourtant bien réel. Il se peut qu’il nous interroge entre autres sur les apparences. Ha les apparences... on en parle? »

    Née en Guadeloupe, elle gran- dira dans un petit village wallon, c’est là qu’elle connaîtra ses pre- miers émois scéniques. Le virus l’a mordu et ne la lâchera plus. Elle poursuivra ses études à l’INSAS. Elle en sort diplômée en 2011. Elle rencontrera Christine Delmotte, Sylvie Landuyt, Isabelle Jonniaux sur des créations féministes et questionnant le genre. Elle sera récompensée du prix du « meilleure espoir féminin » pour son rôle dans Elle(s) de S.Landuyt.

    2 / PRÉSENTATION DE L'ÉQUIPE ARTISTIQUE

    D’où vient le titre ? "Je courais à travers les ténèbres. Tout était très

    silencieux. Je courais, courais. Il faisait sombre mais j’ar- rivais à m’orienter. J’avais l’impression qu’en moi aussi, tout était sombre et calme. C’était comme si je ne faisais que déambuler en moi-même. Les ténèbres ne me fai- saient pas peur, non, elles étaient très simples, presque ridicules."

    Olivier Boudon, le metteur en scène, a échan- gé avec Wolfram Lotz, et notamment à propos de ce concept de ténèbres ridicules. Voici ce qu'il nous en dit :

    « La démarche de Wolfram Lotz est super in- téressante : il met en parallèle dans son texte cette remontée du fleuve Indo-Kouch avec la remontée de son fleuve intérieur, pour aller voir tout au fond du fond, qu'est-ce qui ferait bien que de cette position qui est la sienne, il a un point de vue supérieur sur le reste du monde. Or, tout au fond, c'est vide, il n'y a rien. Et c'est là où les ténèbres sont ridicules : dans le fond intérieur de l'Homme blanc, il n'y a rien qui jus- tifierait tout son rapport au monde, tout ce qu'il a fait au reste du monde. Comme dans le poème de T.S. Eliot, Les Hommes creux. C'est parce qu'il y a ce vide en nous qu'on peut le manipuler, et aussi le remplir de plein de fantasmes, et de cette idée de supériorité. La démarche de Wolfram mêle le très ludique et le très profond, avec ces questions-là. »

    Que raconte le spectacle ? "Au commencement tout était ténèbres et n’était point du tout là et Dieu dit : ces ténèbres et ce néant ne suffisent pas. Et Dieu créa une grosse mitrailleuse et il créa un pick-up et il créa une entreprise française qui fabrique des munitions traçantes et installa la mitrailleuse sur la surface de chargement du pick- up et se mit à tirer comme un dingue des munitions traçantes dans les ténèbres et c’est comme ça que le ciel a été créé."

    Ridicules Ténèbres est le récit de la remontée en bateau d’un fleuve noir aux confins de la civilisa- tion, vers l’inconnu - révélateur ultime de ce qui nous habite et de ce qui nous hante. Écrite en 2014, la pièce est construite sur les mêmes trames que le ro- man Au cœur des Ténèbres de Joseph Conrad et que le film Apocalypse Now de Francis Ford Coppola (qui s’était lui-même inspiré de Conrad).

    Ridicules Ténèbres est l’histoire d’un voyage. Au Congo de Conrad et au Vietnam de Coppola suc- cède chez Wolfram Lotz le reste du monde. Dans cette version moderne teintée d’absurde, l’Afghanis- tan, l’Afrique et les Balkans ne font plus qu’un.

    L’Adjudant-chef Pelletier et son Caporal, Sté- phane Dorche, les deux protagonistes principaux de la pièce, remontent le fleuve Hindou-Kouch avec comme mission de retrouver Détanger – sorte de Kurtz version moderne - pour l’éliminer. Au fil de cette remontée, Pelletier et Dorche s’enfoncent dans une zone de crise mondialisée et rencontrent des per- sonnages rescapés ou acteurs de différents conflits. Leur embarcation, radeau de la méduse occidental, est à l’image d’un continent à la dérive qui finit par tanguer jusqu’à se retrouver face à lui-même, face à son incapacité à accepter l’autre. Et dans cette jungle insondable, ceux-là même qui prétendent sau- ver l'humanité se rendent ridicules.

    Wolfram Lotz compose sa pièce avec une habileté stimulante. Son style pourrait apparaître comme décousu, fragmenté. Mais, au fil de la pièce, on comprend que la mécanique mise en place est parfaitement huilée et qu’elle draine avec elle des questions sur notre incapacité à distinguer le statut de « l’Homme blanc occidental » de celui de « civi- lisé et dominant ». À l’heure où l’Europe ferme ses frontières et brade ses valeurs humanistes, il paraît essentiel de faire entendre la voix de ceux qui com- battent le repli sur soi.

    1 / PRÉSENTATION GÉNÉRALE DU PROJET

  • 6 7

    Lucas Meister - Comédien

    « Stéphane Dorche a 31 ans et est célibataire. Il vient de la Lorraine, de Pont à Mousson. Il a fait des études pour devenir travailleur social mais il n'est pas allé jusqu'au diplôme. Après ses études, il n'a pas trouvé de boulot et il s'est engagé dans l'armée de terre. La sexualité lui manque. »

    Né en 1988 dans le Jura français et licencié en journalisme à Sciences-Po Aix en Provence, il est entré à l’INSAS et en est sorti en 2015.

    Depuis lors, il vit et travaille à Bruxelles no- tamment avec Transquinquennal (We want more), Clément Thirion, Marie Henry et la Kosmocompany (Pink boys and old ladies), Olivier Boudon (Ridi- cules ténèbres), Simon Thomas et La horde furtive (Should I stay or should I stay), Emilien