anthony buckeridge bennett 01 ib bennett au collège 1950

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ANTHONY BUCKERIDGEBennett au collgeQue ceux qui aiment bien rire lvent la main!

Toutes les mains sont leves? Bon.

Alors, ouvrez ce livre la page 1, et faites la connaissance de Bennett, ce petit Anglais la mine veille qui fait aujourd'hui son entre au collge de Linbury.

Bennett est un garon l'imagination dbordante. Il n'a pas son pareil pour se fourrer dans des situations impossibles... et pour s'en sortir!

Et voici auprs de lui son insparable camarade Mortimer, toujours prt le suivre dans ses entreprises hasardeuses. Et voici le rugissant M. Wilkinson, le calme M. Carter, et M. le directeur en personne, et tous les lves de Linbury, avec qui vous allez vivre des aventures d'une drlerie irrsistible!

BENNETT

AU COLLEGE

ANTHONY BUCKERIDGEBENNETT

AU COLLEGE

TEXTE FRANAIS D'OLIVIER SCHAN ILLUSTRATIONS DE JEAN RESCHOFSKY

HACHETTE243l'dition originale de ce romana paru en langue anglaisechez collins, londres,sous le titre :JENNINGS GOES TO SCHOOL Librairie Hachette, 1963. Tous droits de traduction, de reproduction et d'adaptation rservs pour tous pays.TABLEI. Bennett se met la page

8II. Des ennuis l'horizon

22III. Bennett se fait une rputation

33IV. Bennett arrive trop tard

50V. Alerte au feu!

66VI. Le truc de la corde indienne

83VII. Suspense et suspension

98VIII. Le chef-d'uvre littraire

107IX. M. Wilkinson a une ide

120X. L'araigne venimeuse

133XI. Attention, danger!

144XII. Bennett fait travailler sa tte

162XIII. Une ide de Mr Carter

172Imprim eu France par Brodard-Taupin. Imprimeur-Relieur, Coulommiers-Paris 59185-2-1-6696. Dpt lgal n 685. 1er trimestre 1963.

CHAPITRE PREMIER

BENNETT SE MET A LA PAGE

c'tait la veille de la rentre de septembre au collge de Linbury. En parcourant les couloirs encore dserts, M. Carter savourait le calme et le silence qui n'allaient pas tarder tre pulvriss par l'arrive des soixante-dix pensionnaires, dbarquant du train de quatre heures moins dix. Quelques lves avaient dj t amens en auto par leurs parents, et, runis devant le tableau d'affichage, ils se gravaient dans la tte les diffrents avis, afin d'tre les premiers renseigns. Il tait sans doute trs important de savoir qui serait chef de classe, chef de dortoir ou bibliothcaire, mais le plus important de tout, leurs yeux, c'tait de pouvoir annoncer ces informations aux foules avant que n'importe qui d'autre ait pu placer son mot.Quand il s'approcha du tableau, M. Carter fut accueilli avec enthousiasme par le groupe d'lves. Oh! bonjour, m'sieur! Comment allez-vous, m'sieur? Avez-vous pass de bonnes vacances, m'sieur? crirent douze voix simultanment.Douze fois de suite, M. Carter dut serrer une main; douze fois de suite, il eut le plaisir de rpondre que sa sant tait excellente, et douze fois de suite il dut dire qu'il avait pass de trs bonnes vacances. Enfin il parvint s'loigner, la main droite lgrement poisseuse.Quand il pntra dans le rfectoire pour y afficher le plan des places table, M. Carter aperut le directeur qui faisait visiter les lieux un monsieur. Celui-ci avait un air de curiosit inquite qui permettait de le ranger, sans erreur possible, dans la catgorie nouveaux parents ; et il tait accompagn par une rplique de lui-mme, modle rduit, que l'on pouvait galement tiqueter sans erreur possible comme nouvel lve .La ressemblance entre le pre et le fils tait frappante; tous deux avaient les cheveux fins et blonds, ceux du pre tant moins fournis sur le sommet du crne, mais mieux lavs; tous deux avaient les yeux bleu clair, des lunettes, et quand ils ouvraient la bouche, tous deux parlaient lentement, en articulant avec un soin exagr. Et maintenant, monsieur Mortimer, voici la caractristique la plus intressante de ce rfectoire, disait le directeur. C'est que l'air y est maintenu une temprature gale, grce des panneaux chauffants placs dans les murs. Vraiment? Trs intressant! trs intressant! articula M. Mortimer. Vous remarquerez galement notre systme de ventilation par le plafond, poursuivit le directeur. Il assure chaque lve un minimum de trois mille cinq cents mtres cubes d'air... M. Mortimer, bloui par ces chiffres, regarda au-dessus de lui, mais fut incapable de distinguer autre choseque les lampes lectriques. Il s'extasia tout de mme : Trs intressant! dit-il. Ex-tr-me-ment in-t-res-sant! Le directeur se demanda soudain s'il avait vraiment voulu dire 3 500 mtres cubes. Peut-tre s'agissait-il seulement de 350 mtres cubes, ou mme de 35 mtres cubes? Il essaya de se livrer un rapide calcul mental, puis y renona. Aprs tout, on ne peut pas demander un professeur de lettres classiques d'tre galement un as en mathmatiques ! Oh! il est dj quatre heures! dit-il en changeant de sujet. Voulez-vous venir prendre une tasse de th chez moi, monsieur Mortimer? 'M. Carter regagnait son bureau juste au moment o un sourd pitinement annonait l'arrive du gros de la troupe, venant de la gare. Tous ces petits pieds claqurent sur les marches de l'escalier, en produisant le bruit d'un rgiment de cavalerie chargeant travers la plaine, et M. Carter se trouva de nouveau au centre de bruyantes salutations. Bonjour, m'sieur! Comment allez-vous, m'sieur? Avez-vous pass de bonnes vacances, m'sieur? M. Carter dut de nouveau serrer d'innombrables mains la ronde et rpondre d'innombrables questions. Mettez-vous en rang! ordonna-t-il enfin. Vous allez me donner vos cartes d'identit, vos certificats mdicaux, votre argent de poche et les clefs de vos malles. L'ordre fut rapidement rtabli, et M. Carter se mit enregistrer ce que lui remettaient les lves. Cela n'allait gnralement pas sans quelques difficults. Cette fois, par exemple, l'lve Morrison avait tendu sa carte d'identit en mme temps que son billet au contrleur de la gare Victoria, et la carte avait t poinonne! Le pre d'Atkins tait parti pour son bureau en emportant dans sa poche la clef de la malle de son fils. La mre de Briggs avait perdu son certificat mdical, mais elle envoyait un mot M. Carter pour lui dire tout va trs bien, n'est-ce pas? ... faisant probablement confiance au regard d'aigle de M. Carter pour reprer tout microbe qui se dissimulerait sur la personne de son fils. Bon! fit M. Carter. Au suivant! C'est moi, m'sieur! dit une voix.La premire rencontre de M. Carter avec Bennett n'eut rien de remarquable : un professeur trs affair voyait arriver devant lui un jeune garon fort peu diffrent des douzaines d'autres lves rangs prs de la porte de son bureau. Ses vtements, ses chaussettes et sa cravate taient conformes au modle rglementaire. Ses cheveux chtains, qui paraissaient ignorer l'usage du peigne, ressemblaient beaucoup ceux de ses camarades, et son visage tait peu prs du mme type que ceux des autres garons de sa gnration. Cette premire rencontre apprit donc fort peu de choses M. Carter. Mais par la suite, il devait en apprendre long! Ah! un nouveau! dit M. Carter. Comment vous appelez-vous? Bennett, m'sieur. Oui, je vous ai l sur ma liste. J. G. T. Bennett, dix ans et deux mois. C'est exact? Non, m'sieur, pas tout fait. Dix ans, deux mois et trois jours, mardi dernier. Nous n'allons pas discuter l-dessus , dit M. Carter. Il avait maintenant repr ce nouvel lve. Le matin mme, le directeur lui avait montr la lettre d'un certain M. Bennett exprimant la crainte que son fils qui n'avait encore jamais quitt la maison paternelle ne puisse s'habituer la vie d'interne. M. Carter lana un second coup d'il au nouveau venu : il avait pourtant l'air d'un garon qui se dbrouille fort bien tout seul. Nous vous mettrons au courant des habitudes de la maison, dit M. Carter, en commenant trier le petit tas de documents que Bennett avait dpos sur sa table. Carte d'identit... a va; argent de poche... et votre certificat mdical?

Venez, que je vous prsente. Je crois que je n'en ai pas, m'sieur, dit Bennett. Il vous en faut un! dit M. Carter avec un air de gravit souriante. Comment pouvons-nous savoir si vous n'tes pas atteint des oreillons, de la rougeole, de la varicelle, de la coqueluche, de la scarlatine et de la peste bubonique? Une lueur d'inquitude passa dans les yeux de Bennett. Mais je n'ai pas toutes ces maladies! affirma-t-il. Je vous le jure, m'sieur! Tiens! n'est-ce pas cela? demanda M. Carter, en extrayant le certificat mdical qui dpassait de la poche de Bennett, et en l'examinant. Bon! je le pensais : vous tes en parfaite sant. Mme pas un peu de peste pouponique? dit Bennett, presque du, maintenant que tout allait bien. Non, mme pas les oreillons ou la varicelle. Je plaisantais. Maintenant, il nous faut trouver quelqu'un qui vous mette au courant. II tourna les yeux vers les lves groups devant la porte. Venez ici, Briggs! dit-il un gamin d'une douzaine d'annes, aux cheveux bouriffs. Oui, m'sieur? rpondit l'interpell. Venez, que je vous prsente. Vous allez mettre Bennett la page. A ma gauche, annona-t-il la manire d'un arbitre de boxe, ma gauche, voici Briggs, facilement reconnaissable ses lacets qui tranent toujours... Oh! m'sieur! protesta Briggs.- ... Et ma droite, Bennett, dont il faut s'occuper. Briggs, je vous prsente Bennett; Bennett, je vous prsente Briggs. Comme pour renforcer cette comparaison sportive, une cloche sonna au mme instant dans le lointain. C'est la cloche du dner, expliqua M. Carter. Briggs, emmenez Bennett au rfectoire, et traitez-le comme votre propre frre. Oui, m'sieur, rpondit le traneur de lacets. A la rflexion, n'en faites rien! ajouta M. Carter.

J'ai dj vu la faon dont vous traitiez votre frre. Veillez donc sur Bennett comme sur vous-mme, et